‹ Philosophie de l'économie politique [microform]Chapitre 24 sur 92 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

lTxstikct d’association

J instinct d association ou sociabilité naît de Tac* tio 1 de l’espace et du temps sur l’instinct de conservai ion. Il existe chez de nombreuses espèces d’animaux.

ba bête incapable de vivre isolée, trop faible pour se défendre, a été poussée par l’instinct de conservât on à s’associer avec ses semblables. Tel est le cas des abeilles, des fourmis, de beaucoup d’oiseajx, etc. Les animaux domestiques ainsi que tous les animaux qui peuvent être apprivoisés possèdent 1 instinct d’association à un degré plus élevé, puisqu ils peuvent s associer non seulement entre eux^ mais encore avec les hommes.

Chez l homme, la raison a développé, perfectionné, variai instinct d’association, mais la raison n’entraine pas forcément l’existence de cet instinct. Il y a des hommes qui ne l’ont point, ou l’ont à un petit degré.

lTnstingt d’association o7

De plus, la raison et l’instinct de conservation

peuvent parfois empêcher la sociabilité de se manifester.

Il y a des distinctions à faire en ce qui concerne la soeiabilité. Le cheval, le chien ne se sont pas associés avec l’homme, mais l’homme s’est associé avec eux. L’association, pour exister, n’a pas absolument besoin d’être bilatérale.

De même, l’homme peut se trouver, par la force des choses, associé à un homme, une famille, une nation, une race. L’instinct d’association lui ferait

complètement défaut qu’il n’en serait pas moins lié par la fatalité.

Un homme ne perd pas sa nationalité ou son nom par sa seule volonté. Il doit surmonter l’action de l’espace et du temps, de la fatalité qui l’a fait naître dans une certaine communauté, sur un certain territoire.

L’économie politique repose tout entière sur l’instinct d association ou la sociabilité de l’homme. L homme est un être essentiellement sociable; isolé, il n a jamais existé et, comme tel, il n’a pu créer de 1 utile. L’économie-politique s’adresse à la société et non pas à l’individu.

Non seulement la somme, mais encore la puissance du travail est en raison directe du nombre des hommes. D une manière générale, le travail de deux hommes

Là

j ÉCONOMIE POLITIQUE

est plus considérable que deux fois le travail d’un liomine. Deux hommes peuvent réunir leurs forces; la force de l’im peut multiplier la force de l’autre. En 4’autres termes, ces deux forces peuvent s'ajouter un quantité et en tension.

Deux hommes unis peuvent combiner et, par ce fait, exercer plus utilement leurs forces; leurs elforts j»ourront être à la fois plus nombreux et plus puissants.

Deux hommes occupent ordinairement plus d’es- ]>ace qu’un seul; ils peuvent avoir plus d’action sur J espace. De même, à deux, ils peuvent vivre plus longtemps que si chacun était seul ; ils ont donc plus li’action sur le temps.

En formulant ces principes d’une façon générale, i n peut dire que la puissance ou l'intensité d,u tra-

i ail varie proportionnellement au nombre des } ommes.

Si cette loi est une vérité réelle, elle doit avoir des i mites, car toute vérité réelle a des limites, au-delà -et en deçà desquelles elle n’existe plus. Il n’y a que 1 ^s vérités logiques, créations de la raison, qui n’aient t as de limites. Du moment qu’on admet, par exemple,

1 existence de l’âme, vérité logique, il faut admettre 5 ussi qu’elle est immortelle et qu’elle est douée d’ubicuité.

La puissance du travail ne suit pas indéliniment

l’instinct d’associa.tion

l’augmentation delà population. Matériellement, un trop grand nombre d’hommes réunis sur un point peut être un obstacle au travail; d’un autre côté, parce que les hommes peuvent s'unir dans un effort commun, il ne s’ensuit nullement qu’ils soient toujours unis. Au contraire, l’action d’un homme va souvent en sens contraire de l’action d’un autre.

La sociabilité de l’homme n’est pas illimitée; l’instinct d’association, ordinairement très fort chez l’homme jeune et le peuple primitif, va en s’affaiblissant avec l’âge et la civilisation. Au début d’une civilisation, toutes les actions de l’homme et de la nation constituent un progrès, sont des travaux (produisent un effet utile); mais, avec le temps, les actions de riiomme et de la nation deviennent de moins en moins productives; l'homme s'agite, mais il n’agit plus : la puissance du travad cesse d’être en rapport avec la population. La décadence est encore une suite de l’affaiblissement de l’instinct d’association.

La sociabilité varie d’un individu à l’autre. Dans da société universelle, les individus sont diversement liés et inégalement associés entre eux. Les plus forts, les mieux doués font tourner l’association à leur avantage.

Toutes les associations rentrent dans l’une ou l’autre des deux catégories suivantes :

1° Dans la catégorie de l' association fatale et

nütw ellSy dont tous les hommes fout partie par le

fait qu’ils appartiennent tous à une certaine famille, nation, race ;

Dans la catégorie de l'association rationnelle et eméditée^ dont un homme peut faire partie si l’instinct ou la raison l’y pousse.

Les hommes, étant inégaux de nature, ne peuvent pas constituer une société qui soit également utile à tous ses membres.

Avant qu’un acte soit posé par une association,

1 y a toujours un maître ou une majorité pour déci- 1er que l’acte est utile.

L économie politique, dans ses recherches sur l’utile, doit consacrer un mot à la majorité.

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