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L ETAT, LE GOUVERNEMENT, LA SECURITÉ

nisée pour résister aux autres nations. En règle générale, un gouvernement trouve sa plus grande force dans les dangers que court l’existence d’une nation.

Un gouvernement sera d’autant plus puissant qu’il a plus souvent l’occasion et qu’il est plus capable de protéger la nation contre l’ennemi du dehors. Les nations ont toujours les gouvernements les plus forts dans leur période de formation.

Au point de vue de l’économie politique, le but du gouvernement est la production de la sécurité extérieure et intérieure, la conservation et le développement des richesses collectives de la nation.

11 est encore possible de déterminer plus ou moins exactement la sécurité extérieure, mais il difficile de dire ce que doit être la sécurité intérieure.

A la rigueur, on pourrait la définir : l’ensemble des mesures destinées à empêcher les instincts d’un individu de faire du tort aux instincts de l’autre et aux intérêts de la nation. La sécurité que le gouvernement est censé être dans l’obligation de donner à l’individu est une chose extrêmement vague et changeante.

Aussi la tâche de gouverner, de produire la sécurité, est l’œuvre la plus ardue qu’il soit donné à l’homme d’exécuter.

■ Le gouvernement, pour pouvoir imprimer à la

ration une direction voulue, conforme à sa direction raturelle et inconsciente, devrait connaître les instincts et les véritables intérêts de la nation ; quelcuefois il les devine; plus souvent il les méconnaît. I.e gouvernemect qui dirige trop s’expose forcérient à commettre de nombreuses erreurs, à causer in préjudice à la nation, en établissant des mesures contraires à ses intérêts. Le meilleur gouvernement, au point de vue économique, abstraction faite de la sécurité extérieure, serait celui qui abandonnerait Il nation à sa direction naturelle et inconsciente, qui ne gouvernerait pas.

L^action si difficile de gouverner ne se complique pas seulement de l’ignorance dans laquelle on est des instincts de la nation ; il faut encore compter avec l’instinct des gouvernants, l’instinct de domination, l’ambition. Les individus à qui incombe le s)in de gouverner sont des hommes comme les aatres, quelle que soit l’origine de leur pouvoir; ils sibissent, comme tout le monde, l’ascendant de leurs instincts, de leurs besoins, de leurs passions, surtout de l’instinct de domination. Chez l’homme, iî ti’ouve son expression la plus parfaite, sa satisfaction la plus complète dans le fait d’être du gouvern3ment du monde, de diriger les hommes.

L’homme politique, quel que soit son rang, cherche a (Tant tout dans le gouvernement la satisfaction de

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son ambition et de ses autres instincts. Les grands hommes politiques ont été ceux dont les intérêts coïncidaient avec les intérêts de la nation, qui ont eu le bonheur de pouvoir travailler à la fois pour la nation et pour leur propre satisfaction.

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