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CHAPITRE XVI l

l’état, le gouvernement, la sécurité l’instinct de domination

C’est également dans l’indifférence qu’il faut chercher la cause de l’établissement et de la durée d’une forme de gouvernement. Les indifférents ne tiennent pas à faire partie du gouvernement; ils s’en désintéressent et abandonnent l’État à un petit nombre de familles et d’individus.

On peut même dire que, sans les indifférents, aucun gouvernement ne serait possible. Si toutes les forces devaient se prononcer pour ou contre une chose telle que le gouvernement, il ne se trouverait jamais de majorité un peu stable.

La majorité et la minorité seraient trop tranchées ; Tune serait trop sûre de sa faiblesse, l’autre, trop convaincue de sa force. La minorité se sachant condamnée ne risquerait rien en osant tout; la majorité se laisserait aller aux mesures extrêmes. Les indifférents constituent l’élément pondérant dans un

État ; leur inertie apparente impose au plus audacieux ; ils se tournent ordinairement contre ceux qui voudraient les forcer à prendre parti.

• Aussi la forme de gouvernement n’est pas de nature à intéresser, à un égal degré, tous les citoyens d’une nation.

Tous les gouvernements sont issus de la force et existent par la force (volonté et instinct d’un individu; instincts de la nation ; action de l’espace et iu temps).

L Etat, c’est la nation gouvernée.

La nation, étant un être organisé instinctif, composé de beaucoup d’êtres doués de raison, poursuit leux directions, dont l’une inconsciente ; elle a, pour ainsi dire deux destinées, dont l’une fatale, et I autre préméditée, voulue. Celte dernière direction est imprimée à la nation par le gouvernement.

^ Les deux directions, dont l’une inconsciente et l’iutre préméditée, peuvent être identiques : alors 11. nation est bien gouvernée. Elles peuvent encore e,re contraires; l’action gouvernementale peut aller

e 1 sens inverse des instincts de la nation ; alors

c est la lutte entre la nation et l’État, lutte qui se

termine toujours par la victoire de la nation mais

qui peut retarder de beaucoup la marche naturelle de celle-ci.

On peut dire encore que l’État est la nation orga-

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