CHAPITRE XXXI
LA. MONNAIE
Le capital auxiliaire de la circulation est de deux espèces :
1° Le capital auxiliaire réel, l’or et l’argent ;
2 Le capital auxiliaire moral, ou signes représentatifs : le billon, le billet de banque, l’effet de commerce ; en un mot, la monnaie fiduciaire, la monnaie de confiance.
Combien peu la monnaie compte dans l’ensemble des richesses est prouvé par le fait qu’elle peut être remplacée par le signe, et que le signe peut être détruit sans qu’on ait précisément détruit une valeur, une richesse.
L or et laigent constituent le capital auxiliaire, l’intermédiaire ou de la circulation. Ils
trouvent leur meilleur emploi dans l’échange.
Ln dehors de cette qualité, ils ont celle d’être des capitaux, comme toute chose.
LA MONNAIE
Faisons observer, néanmoins, que l’or et l’argent, comme produit, comme marchandise, sont, la plupart du temps, destinés à la consommation non prp-
1 ductive, à la fabrication d’objets de luxe.
Fort peu d’objets d’or ou d’argent sont vraiment indispensables à la production.
L’erreur qui consiste à prendre l’or et l’argent comme les seules véritables richesses est donc d’autant plus grande que ces deux métaux sont, en euxmêmes, les moins utiles des métaux et que leur
emploi n’est pas indispensable dans les échanges. Il est bien rare que, dans les grandes transactions entre peuples civilisés on se serve de l’or et plus rare encore qu"on se serve de l’argent.
Pour une nation, l’or et l’argent, pris isolément,
i ne sont nullement de la richesse; en revanche, ils
^ peuvent constituer de la richesse pour un individu,
à condition que cet individu se trouve dans un milieu
I où l’or et l’argent sont relativement rares, et les
autres produits abondants.
La valeur intrinsèque de l’or et de l’argent diminue dans un pays à mesure que la civilisation se développe. La première raison en est que la production de l’or et de l’argent est plus considérable que leur consommation.
L’or et l’argent devenant moins rares, leur valeur
d’échange diminue d’autant.
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Les métaux précieux perdent encore de leur valeur, parce que, par le progrès de la civilisation, rensemble de toutes les richesses augmente, non seulement en quantité, mais encore en qualité et en variété.
Supposez que, il y acinquante ans, une nation ait eu 100 de richesses dont 1 de métaux précieux, le rapport
entre les deux était Considérez la même nation
de nos jours, et prenez qu’elle ait 150 de richesses dont 1 1/3 de métaux précieux. Ceux-ci se trouveront
avec l’ensemble des richesses dans le rapport de ^
1 ^ 100’ soit à peu près —, rapport qui est plus petit que
le précédent; ce qui veut dire que les métaux précieux tiennent, de nos jours, moins de place et ont moins d’importance dans l’ensemble des richesses.
Pour la même somme d’argent vous aurez moins de toutes les richesses dans un pays riche que dans un pays pauvre.
Cette loi est confirmée par le phénomène de la cherté de la vie qui est toujours plus grande dans un pays riche que dans un pays pauvre.
Cependant, on peut avoir certains produits isolés à meilleur marché dans un pays riche que dans un pays pauvre. Cela dépend simplement des quantités
de ce produit isolé qui peuvent se trouver dans l’un et l’autre pays.
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La valeur des métaux précieux change donc suivant l’espace et le temps.
Dans un même pays la valeur de l'or et Vargent diminue ou augmente suivant que l'ensemble des richesses augmente ou diminue de valeur.
D'un pays à l'autre, la valeur de l'or et l’argent est petite ou grande, suivant que l'ensemble des richesses y possède une grande ou une petite valeur.
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