CHAPITRE XXX
LE PRIX
L’homme ne connaît pas et ne connaîtra jamais la substance des choses. Pour lui, tout ce qui est, est infiniment grand et infiniment petit comme étendue dans l’espace et- dans le temps; il n’en connaît pas les limites.
Mais l’homme peut prendre une limite artificielle, un point de départ; il rapportera toutes choses à une chose; toutes qualités, idées, à une qualité, une idée; toutes longueurs, surfaces, volumes, nombres,
à une longueur, surface, un volume, nombre.
Alors l’homme peut connaître les choses par rap^ port à la base qu’il a adoptée ; il peut les connaître ensuite l’une par rapport à l’autre.
Pour avoir une notion plus claire de la valeur de toutes choses, l’homme a pris, suivant sa condition, la valeur dhine certaine chose pour base ; comme point de comparaison il a pris le blé, le bétail, la
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journée de travail, le riz, le fer, le cuivre, et surtout et partout l’or et l’argent. Cependant, aucune de ces choses n’a une valeur invariable; aussi, il n’a jamais été possible d’établir la valeur exacte de toutes les choses.
Le prix est la valeur de toute chose rapportée à la valeur de for et de l'argent.
Tout ce que nous avons dit de la valeur peut s’appliquer au prix. Cependant prix et valeur ne sont pas forcément identiques.
Le prix résulte de l’emploi du capital auxiliaire, de la monnaie, dans le phénomène de l’échange.
Au lieu qu’un homme échange directement une chose contre une autre, il l’échange d’abord contre de l’or et de l’argent; puis il échange l’or et l’argent contre d’autres choses. Deux quantités égales à une même troisième sont égales entre elles. Deux valeurs égales à un même prix peuvent être égales entre elles, mais ne le sont pas nécessairement, car le prix, c’est-à-dire la valeur en or et en argent peut avoir changé pendant le temps qui s’est écoulé depuis la première partie de l’échange jusqu’à la deuxième et d’après la différence des lieux où l’une et l’autre se sont faites.
Le prix des choses dépend, pour la demande de la chose et l’offre, de Cor et l’argent :
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1° Du besoin que l’homme a de 1 la chose;
2° De ses moyens d’acquérir la 1 chose; I
3' De l’utilité directe et indirecte; ! i« De l’appropriabilité ;
KO 1 . - [ demande,
5° De la rareté; I
6” Du fait de ne pas avoir à subir I
les effets nuisibles des travaux qu’il )
a fallu faire pour produire la chose ; ;
T Du besoin que l’homme a de ;
la chose plutôt que de l’or et l’ar- !
gent ; i
8° De l’absence d’autres moyens I
d’acquérir la chose; f -.r .
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y De 1 utilité indirecte de l or et ^ „
l’argent; et l argent
10«Deréchangéabilité; Vourl offre.
11" De l’abondance ;
12° Du fait de devoir remplacer les choses qui ont servi à l’acquisition de l’or et de l’argent. '
En simplifiant on peut donc dire que le prix d’une chose dépend, lorsqu’elle est demandée :
1° De la valeur de la chose demandée ;
2° De la valeur de l’or et l’argent offert.
LE PRIX
De même, le prix d’une chose offerte dépend :
1° De la valeur de la chose offerte;
2° De la valeur de l’or et l’argent demandé.
Donc, en résumant l’offre et la demande, on peut <iire que le prix d'une chose est déterminé :
1° Par la valeur de la chose; 2° parla valeur de Cor et l'argent.
Les prix peuvent varier de trois manières :
1“ Lorsque la valeur des choses seules varie ;
2° Lorsque la valeur de l’or et de l’argent seuls varie ;
3° Lorsque les deux varient en même temps.