LA. RENTE
Sous le rapport de l’origine, on peut distinguer deux espèces de rentes : la rente du travail, la rente du capital.
La rente du travail est la différence entre le salaire ou revenu du travail le plus élevé et le revenu le plus bas, à égales conditions de travail.
De deux ouvriers qui travaillent à la pièce, l’un peut avoir plus d’habileté ; il gagnera plus que l’autre. Et si ce dernier gagne assez pour vivre, le premier gagne un surplus qui est la rente.
Deux avocats, deux médecins, établis à Paris peuvent se trouver dans des conditions identiques, néanmoins ils ne font pas des honoraires égaux.
Un avocat sera plus habile ou peut avoir plus de bonheur que l’autre: il gagnera plus que l’autre; la différence des deux revenus est la rente.
En comparant la situation de deux médecins établis
dans la même rue, on a un autre exemple de la renie du travail.
La rente du capital est la différence entre le revenu le plus élevé et le plus bas de deux capitaux congénères.
Supposez deux terrains d’égale superficie, l’un donnant sur une rue plus ou moins déserte, 1 autre sur une rue fréquentée. De leur nature, les deux terrains sont les mêmes ; ils ont la même /br/7?^/mais le dernier a un avantage de place sur l’autre ; avantage qui procure un surplus de revenu, lequel est la
rente du capital.
Prenez deux champs contigus de même superficie ; l’un a des qualités que l’autre n’a pas ; il possède sur l’autre un avantage de forme qui donne lieu à une
rente.
Le tracé d’une route, d’un chemin de fer, d’un canal, d’une frontière; la construction d’un port, la création d’un centre industriel, commercial, peut déterminer tout d’un coup un surplus de revenu qui sera la rente du capital.
En allant au fond des choses, on verra que ce surplus de revenu provient toujours d’un avantage de forme ou de place que possède un homme ou une
chose.
Tout avantage de forme ou de place d'un homme