‹ Philosophie de l'économie politique [microform]Chapitre 70 sur 92 · L INSTINCT DE DESTRUCTION, LA. CONSOMMATION · texte numérisé non relu

L INSTINCT DE DESTRUCTION, LA. CONSOMMATION

productive ; la destruction est une consommation non productive.

La production est l’action des hommes sur les

capitaux ; la consommation est l’action des capitaux sur les hommes.

Au point de vue de la destination, on pourrait mettre tous les capitaux en trois catégories qui

seraient :

1° Capitaux de production ;

2“ Capitaux de circulation ;

3° Capitaux de consommation ;

En règle générale, toute chose appartient indifféremment à l’une de ces catégories.

Une maison, par exemple, peut être habitée par le propriétaire. Dans ce cas, la maison est un capital

de consommation, un produit, que le propriétaire consomme.

Le propriétaire peut louer 'la maison à un autre. La location est une forme de l’échange ; etla maison sera pour le propriétaire un capital de circulation qui lui donne un revenu et peut lui donner une rente du capital.

Le propriétaire peut installer une industrie, un commerce dans sa maison ; celle-ci fera partie des capitaux de production et concourt, en cette qualité,

à la formation du produit et, le cas échéant, du profit.

l’n concluant, nous pouvons dire que tout capital qui n’appartient pas à la production ni à la circulation, qui ne concourt pas à la formation du produit et ne donne pas de revenu, festun capital de consomma ion productive ou non productive.

le même, au point de vue de la destination, on peut ranger tous les travaux dans trois catégories: 1’ Travaux de production ;

2’ Travaux d’échange ou de circulation ;

3' Travaux de consommation.

En règle générale, tout travail (action utile de 1 ho lime) appartient indifféremment à Tune ou l’autre de ces trois catégories.

L action d’un cordonnier qui se fait à lui-même

une paire de souliers, est ?m travail de, consommation

Le cordonnier qui travaille à la journée ou à la pièc; pour une maison de confection prête son travail. Le prêt est une forme de l’échange, et le travail lu cordonnier est un travail d'échange qui lui

procurera wi salaire, plus, le cas échéant, une re?2tc du travail.

Le cordonnier qui se fait marchand, qui travaille pour la vente fait un travail de production ; comme tel, son travail concourt k la formation du produit et le cas échéant, du profit.

En concluant, nous dirons que tout travail qui ne

l’instixVct de destruction,' la consommation 169

rentre pas dans la production ni dans l’échange, qu i ne concourt pas à la formation du produit et ne donne pas de salaire, est un travail de consommation productive ou non productive.

Pour que les hommes puissent travailler et produire, il faut qu’ils consomment et, pour qu’ils puissent '

consommer, il faut qu’ils travaillent et qu’ils produisent. Consommation et production sont intimement liées en théorie, mais non en réalité.

La plupart des hommes qui travaillent ii’ont pas le droit de consommer proportionnellement à leur travail, parce qu’ils n’ont pas la propriété des capitaux qu’ils produisent, parce que l’effet utile de leur travail ne leur reste pas ; parce que le salaire ne

siiflit généralement pas pour compenser l’effet nuisible.

D’un autre côté, bien des individus (les enfants,

les vieillards) consomment, mais ne peuvent produire.

D’autres (de la première classe) qui consomment le plus et qui, en théorie, devraient fournir' le plus de travail, n’en fournissent pas.

On peut poser en règle générale, que la consommation individuelle n'est jamais en rapport avecla production individuelle.

La consommation a deux effets : l’effet utile qui est de conserver et d’accroître la puissance du tra-

vail ; l’effet nuisible qui est de diminuer l’ensemble ^les richesses.

Pour que la consommation soit productive, il faut ([ue l’effet utile surpasse l’effetniiisible; donc, au point de vue de l’économie politique, toute consommation qui n’augmente pas la force productive de l’homme ])lus qu’elle ne détruit de produits cesse d’être utile ; i;e n’est plus une consommation, mais une destruction.

On peut établir que, jusqu’à une certaine limite, l’effet utile de la consommation est d’autant plus grand que la consommation est elle-même plus restreinte ; ou, en termes plus généraux:

L effet utile de lo, comommation est inversement proportiormel à la valeur de la consommation.

Chez le peuple à l’état inculte, Thomme pauvre,

1 instinct de production est développé, et l’instinct de cestruction et de consommation, grossier, rudimentaire.

Chez le peuple et l’homme civilisé les deux instincts fcont également développés.

Chez le peuple en décadence et, en général, chez 1 homme âgé, l’instinct de production devient nul ;

1 instinct de destruction et de consommation se rafüne et tient, avec l’instinct de la propre conservation, une place prépondérante parmi les instincts ce l’homme.

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