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CHAPITRE XLIII l’épargne

L'épargne est un retrait de la consommation, ]j épargne est le contraire du luxe. Cependant l’épargne n’a d’utilité que dans de certaines limites^ I>assé lesquelles elle n’est plus productive.

L’effet utile de l’épargne est (V économiser sur la (onsommation ; l’effet nuisible est de retirer des^ capitaux de là circulation et de la production. •

A un moment donné, le fait d’épargner — de conserver— peut donner lieu à plus de travail et de t eine que le fait de produire la même valeur. Lorsque 1 épargne se manifeste avec cette intensité, elle const tue une phase de la décadence.

L’épargne est différente suivant qu’elle Q^Undiviüuelle ou nationale. Un individu qui peut être riche ei possédant beaucoup d’or et d’argent peut naturellement-épargner sous forme d’or et d’argent. 11 peut éDargner sous forme de toutes choses, à l’exception

de celles qui ne résistent pas à l'action du temps : il peut épargner sous forme d’améliorations et d’augmentation de ses capitaux. fixes.

^ Mais la nation qui épargnerait sous forme d’or et

d argent retirerait tout simplement de la circulation

une certaine quantité de ce capital et, par ce fait

n’épargnerait rien du tout, car l’épargne, sous formé

or et d argent, n’est productive que par la circulalion, l’échange.

Vouloir échanger en un moment donné de grandes quantités d’or et d’argent, c’est diminuer la valeur de ces métaux ; et vouloir conserver longtemps de grandes quantités d’or et d’argent

demande un travail de conservation, mais ne produit rien.

^ La nation ne peut épargner que : 1» sous forme d ameliorations de toutes sortes apportées à son territoire ; 2'’ sous forme d’agrandissement de son territoire et de son innuence.

A ce point de vue, on a pu dire qu’une bonne

colonie est un placement de bon père de famille

Les fonds d’épargne, chez l’individu comme chez

la nation, ne peuvent être pris que sur le produit net.

Le fait de placer de l’argent dans une caisse d épargné privée ou publique constitue une opéra- i

tion d’échange ; ce n’est plus de l’épargne, c’est un

emploi de l'épargne qui n’est possible que lorsque l’épargne est faite.

Quant à l’État, il fait de véritables emprunts par rintermédiaire des caisses d’épargne.

Pour des individus très riches, habitant des contrées riches et civilisées, certaines consommations de luxe peuvent constituer une véritable épargne, telles l’acquisition et la possession de bijoux, d’objets en or et en argent, d’œuvres d’art, dont la valeur peut grandir avec le temps.

Il n’en est pas de même pour la nation.

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