‹ Philosophie de l'économie politique [microform]Chapitre 91 sur 92 · LA. DECADENCE · texte numérisé non relu

LA. DECADENCE

tante est en décadence et de prévoir le sort qui lui est réservé.

En général, lorsqu’une famille, une ville, une nation est en décadence, l’instinct de production s’affaiblit; l’instinct de reproduction^ disparaît ; la volonté des individus s’émousse ; ils s'abandonnent à l’action du

milieu factice dans lequel ils vivent.

En même temps, l’instinct de conservation individuelle se fortifie et grandit au-delà de toute mesure. L’homme a peur de s’user ; il recule devant le travail et la peine. D’ailleurs, l’accumulation des richesses rend toute nouvelle production superflue. La conservation et l’épargne deviennent l’unique préoccupation des uns, tandis que le besoin de jouissances et de luxe, la passion de la destruction

s’emparent des autres.

La nation a perdu sa vigueur, elle ne s’accroît plus. Au premier choc, elle fond devant l ennemi,

« le barbare, » qui démolit en un jour la civilisation vermoulue, sur le point de s’écrouler toute seule, de la nation affaiblie. Incapable de résister aux coups du dehors, elle use ses dernières forces dans des querelles intestines ; elle cesse d’exister comme

État.

La guerre peut précipiter la décadence d une nation, mais elle n’en est jamais la cause. Au contraire, la guerre seule est capable de remuer une

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'Chapitres.

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