I. l'oincaré. lor. cil
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exemple, crun seul élémciiL ou d'une seule subslancc, la primauté de l'énergie deviendra d'imc évidence éclatanle ; car elle seule par ses \arialioris, par ses transformations, par son iniluence sur rarcliilecturc de l'atome et des particules dites matérielles, elle seule, dis je, pourra expliquer la diversité colossale des corps matériels.
Car les diflérences de structure ne sauraient être alors que des résultats, des cflets, des conséquences de l'énergie c'està-dire delà force agissante qui se révêtirait d'une forme adaptée à son orientation. Ce qui importera donc dans les cor[)s matériels, c'est l'énergie ; et c'est l'énergie qui de ses propres matériaux et de sa propre substance aura organisé et construit la matière pour lui servir d'instiument et de représentation sensible. Des corps autres que les éléments radioactifs, le mercine par exemple dans son action sur l'aluminium et le magnésium, nous donnent également le spectacle d'une disproportion colossale entre la masse matérielle et l'énergie. Il y a là une ressemblance, une analogie utiles à retenir, car elles tendent à démontrer l'indépendance occasionnelle de l'énergie, et la possibilité de concevoir et d'entrevoir l'autonomie complète de cette dernière et la libération de toute forme sensible par un abaissement progressif des masses et par leur disparition finale.
Je borne là l'exposition des faits et des discussions scientifiques. J'ai cru devoir leur faire ici nne assez large place, car il me semble en lésulter que la science de la matière et de ses énergies est en voie de transformation et f[ue le sens dans lequel paraissent s'orienter les tendances actuelles de la pbysique et de la chimie est plutôt vers une reconnaissance de l'inqjortance et de la primauté de l'énergie, une constatation de l'actixilé permanente et s|)ontanée des constituants de l'univers sensible, l'alTirmalion de l'énergie comme dominante et comme làctcnr princi[)al, tandis que l'idée de matière, l'idi'e ancienne^ de matière comme substance, comme entité autonome indépendante et connue source des énergies, semble faiblir et subir une éclipse qui pourrait bien aboutir à une disparition. Par là se prépare et s'acclimate dans rcntendement la conception de l'éneigie libre et
'|i() PHILOSOPHIE ni: t, kifout
('m;uu"i|)('o, jiour la(|iiollc la matière nauiail été f|u'uno loiiiie (Oiitiiif^vnte cl passai^rrc, une figure sensible, produit (le cfflnincs roniies de Taetivilé inènie de réiiergic.
A cette conception, la découverte de la radio-aclivilé, celle des rayons calliodi([nes, des rayons \, de la matière radiante de Croockes, et en dernier lieu, les expériences de M. (Iusla\c Le Bon sur la dissociation de la matière, ont ap[)orté des éléments [)récicux de dénionslralion ap[)elés à Taire naître cette conviction que si l'énergie est impérissable et éternelle, la matière nVsl pas destinée nécessairement à jouir des mêmes [)rivilèges; et cprelie semble appelée à passer ilu pondérable à l'impondérable par une dissociation lente el continue.
Mais l'impondérable ré[)andu dans l'univers comme énergie cosmique mobile et émancipée devient la source et la matière [)reniière de l'esprit ; et sa transformation en énergie mentale est le suprême écbelon de cette ascension de l'énergie, et l'achèvement parlait de cet effacement de la matière qui [Hjurrait consommer la disparition du cosmos, et établir dénnitivement le règne exclusif de l'esjirit.
(l'est de cette ilernière phase possible de l'évolution de l'univers (ju'il sera question dans l'Essai qui va suivre.