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Ibid., Le Semeur, XI, p. i

/Jya PHILOSOPHIE DE L EFFORT

existence propre, s'il est le créateur de Tiinivers, et s'il Ta créé, non ex-nihilo, ce que la raison ne saurait admettre, mais en puisant son germe dans ce qui était antérieurement, c'est-à-dire en Lui-même, il est logique de penser que dans l'univers se retrouve la trace, la marque, les caractères de l'hérédité divine, et que l'étude de l'univers est susceptible de nous révéler sinon tous les caractères de la nature de Dieu, du moins assez de linéaments pour composer une esquisse plus ou moins imparfaite de sa personne, ou tout au moins pour réaliser la représentation de quelques-uns de ses traits.

La nature entière peut nous donner un aperçu de sa puissance, de sa grandeur, de son intelligence, de sa science ; mais elle peut aussi nous éclairer sur son caractère moral, car, en dépit de philosophes ou de théologiens qui n'ont jeté sur la nature que des regards superficiels, la nature est morale et profondément morale ; car elle est vraie, elle est belle, elle est sage, elle est harmonieuse et logique. Mais les attributs moraux de Dieu déjà lisibles dans la nature considérée dans son ensemble, le sont incomparablement plus dans l'être, qui pour nous, habitants de la terre, est le couronnement actuel et local de la nature, et qui par conséquent nous représente le degré le plus élevé de la marche évolutive imposée par l'hérédité divine. — J'ai nommé Vhomme.

11 est très possible que dans d'autres régions de l'univers, sur d'autres terres, il existe des êtres moraux supérieurs à l'homme et par conséquent moins éloignés de la ressemblance paternelle. Ces populations stellaires sont mieux placées que nous sans cloute pour se faire une conception de Dieu moins indigne de lui. Mais je crois fermement que les lignes morales de notre conception anthropomorphique de Dieu doivent se retrouver dans ces esquisses meilleures que les nôtres, mais imparfaites elles-mêmes.

Les idées générales et fondamentales de puissance, de vérité, de justice, de sagesse, de bonté, d'amour, ne sauraient varier suivant les zones et les régions de l'espace. Elles font partie de l'absolu ; et tout être capable de penser,

VIE r.T KSPUIT l)A^S L\ >ATt KK ^^'J^

quelle que soit la planète (|u'il liahite, ne saurait nianc|iier de les rapporter à celui qui, ayant tout créé, a aussi tout ordonné, suivant les lignes immuables de sa volonté et de sa nature morale. Que des différences de climatologie, de lumière, de pesanteur, de densité de l'atmosphère, de configuration du sol, de relations avec des astres influents, aient pu et même dû modifier plus ou moins fortement la constitution physique des liabitantsdcs divers mondes habités, leurs formes extérieures, la composition et le nombre des organes des sens, des viscères de la vie végétative, aussi bien que des organes de la vie animale, nous n'aurons garde de le nier ; mais pour les habitants de Mars, de Jupiter, aussi bien que pour celui de la Terre, les notions générales de justice, de bonté, de vérité, constituent certainement un fonds commun qui correspond à vm absolu, à une nécessité, et qui par conséquent ne saïuait varier d'une manière essentielle.

Les formes extérieures, la constitution physique sont des moyens de manifestation de l'esprit qui peuvent et doivent varier; mais Tesprit, c'est-à-dire l'énergie, ne varie pas dans son essence.

D'ailleurs, l'énergie de l'univers a aux yeux mêmes de la science, une origine commune et uniforme, puisque les diverses parties de l'univers actuel seraient dues aux condensations localisées de la substance chaotique primitive, forme homogène de l'énergie dont les astres actuels, comme d'ailleurs les immenses espaces qui les séparent ont reçu leur part respective. Il V a donc partout des trésors d'énergie provenant de la même origine et renfermant des virtualités fondamentales identiques, capables de leur donner des destinées et des réalités identiques.

L'anthropomorphisme n'est donc pas au fond une méthode vicieuse pour s'acheminer vers la connaissance de Dieu. Mais si la méthode n'est pas vicieuse par elle-même, elle peut le devenir par un emploi peu judicieux qui en fausse les résultats.

Si rhomme est le fils de Dieu, s'il est de la race de Dieu, il ne s'ensuit pas que l'on doive retrouver en Dieu toutes

f\"j[\ PlllI,OSOPHIF, PE I-'eFFOUT

les im[)erfeclions, loiitos los faiblesses de l'iioinme. Ce dernier représente la phase actuelle d'une évolution progressive vers ridcal divin qui ne se réalise qu'à travers des tâtonnements, des luttes et même des reculs momentanés. Il ne faut pas oublier que l'évolution de l'univers est avant tout une évohition morale; et que l'évolution physique et mentale ne sont au fond que des degrés nécessaires, mais relatifs et préparatoires, de l'évolution morale.

Au fond l'organisation merveilleuse de la matière comme forme de l'énergie, l'épanouissement de l'intelligence et les ])rogrès de la science qui en sont les conséquences, l'activité physique aussi bien que l'activité intellectuelle, doivent aboutir à la constitution de plus en plus élevée de l'être moral. La vérité, la beauté, Tbarmonie ne sauraient être séparées de la justice et de la honte. Si nous en jugions par ce qui se passe sur la terre et par ce que nous pouvons conclure de l'histoire de notre vie et de notre expérience, il s'agit avant tout et par dessus tout du développement de l'esprit et de la conscience morale. « Le but de ce monde est le développement de l'esprit » a dit fort bien Renan ; et c'est dans la nécessité d'atteindre ce but que se trouvent les seules explications et justifications rationnelles de la douleur. La divine bonté n'a pu permettre un fait, si contraire en apparence à ellemême, que parce qu'il était indispensable pour la réalisation dans un milieu libre d'une fin bien supérieure par sa valeur intrinsèque, par son importance morale et par ses conséfjuences éternelles au bien-être d'un moment. Mais le développement de la conscience morale comporte nécessairement la présence de la liberté. « La première condition du développement de l'esprit c'est la liberté » a dit encore Renan. Et la liberté est, en effet, répandue dans l'univers à des degrés divers, expliquant les tâtonnements, les erreurs mêmes, les reculs momentanés de Toeuvre évolutive. Il y a dans l'évolution de l'univers les mouvements indécis et imprécis de l'embryon et de l'enfant, les hésitations et les crises à travers lequelles il se développe et grandit, les pertubations et les erreurs de son organisme imparfait, et de son rudiment psychique. Et ces variations, ces perturbations, ces chutes et

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co^5 reculs acquicrciil craiilaiil pins d'ampliliide (|ue la libellé s'accentue davantage, que Têtre moral se caractérise plus netlenionl. Ainsi s'explique ton que chez l'homme les dévialians de la voie normale puissent atteindre des proportions bien plus élevées que chez les animaux, el à plus forte raison que dans le règne végétal et minéral. C'est «pic la liberté est bien plus grande dans rimmanité ; el à un degré bien [)lus élevé riiomnie a la liberté du choix dans la direction qu'il peut imprimer à sa volonté. Aussi peut-il commettre de plus grands écarts.

Mais en lui aussi est plus nettement et plus profondément imprimé le code de la loi morale. Plus que tout autre, il peut entendre au fond de son être el au sein même de ses chutes, le retentissement du cri de la conscience cl l'accent impératif du « ta dois ». Et voilà pourquoi l'homme peut s'élever et grandir moralement. Il sait qu'il y a des voix qu'il doit écouter, et ce sont justement celles de V hérédité divine, el d'autres qu'il doit étouffer, et ce sont celles de V hérédité bestiale.

■ On peut donc concevoir l'homme moral qui sera essentiellement riiomme normaL l'homme vraiment achevé, par opposition à l'homme immoral qui correspond à l'homme anormal, à l'homme qui ne doit pas être. Or c'est dans le premier que l'anthropomorphisme bien compris doit trouver l'image de Dieu, et qu'il doit rechercher les traits et les attributs de son créateur. Tout ce qui, grandissant dans l'homme, grandira l'homme lui même, appartient logiquement à la figure de Dieu ; et c'est là le critérium d'une bonne méthode antliropomorphique. L'agrandissement de l'intelligence, de la science, de la vérité, du besoin d'aimer, de la bonté, rentre évidemment dans cette catégorie, mais il ne saurait en être de même de l'égoïsme, du mensonge et de la méchanceté, de la vengeance ; et ce sont là les traits qui doivent être absolument écartés de toute conception de la divinité. C'est pour ne pas l'avoir fait que le paganisme sous toutes ses formes el notamment le paganisme gréco-romain a peuplé le ciel de dieux sensuels, injustes, vindicatifs,

trompeurs cl cruels même, qui n'ont rien de ccMuiiiun avec

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le Dieu père de Tunivers que nous avons le privilège de penser et de connaître. C'est pour de semblables raisons que le Dieu de la loi mosaïque et même celui de Féglise cbrélienne a vu sa figure, pourtant grande et majestueuse, déparée souvent par des traits où se lisaient des sentiments indignes de la divinité.

11 est certain que par cette méthode nous ne parviendrons pas à acquérir une image parfaite de Celui qui est parlait. Notre faiblesse, notre petitesse, notre esprit borné, notre nature encore si incomplète ne sauraient certes nous permettre d'embrasser du regard la ligure de Celui en qui sont toutes les grandeurs et toutes les perfections, mais du moins serons-nous assurés de n'avoir placé sur sa face aucun trait qu lui soit essentiellement étranger, et qui l'altère et la dépare.

11 est possible que sur d'autres terres des personnalités morales plus élevées, plus éclairées, plus grandes que l'iiuinanité soient parvenues à se faire de l'image de Dieu une esquisse moins imparfaite que la nôtre, mais du moins, en agissant comme nous l'avons fait, avons-nous travaillé selon noire mesure ? Dans tous les cas nous avons pris la seule voie qui nous soit ouverte pour connaître Dieu. C'est dans notre être moral que nous l'avons cherché, et nous ne saurions le chercher et le trouver ailleurs.

L'hostilité déclarée contre la méthode anthropomorphique dans la recherche de la conception de Dieu me parait à peine compréhensible chez des hommes qui croient à un Dieu autre que celui du panthéisme. De tels hommes veulent-ils prétendre qu'il n'y a en Dieu aucune des facultés qui caractérisent la nature psychique et morale de l'humanité? N'y aurait-il en Dieu, ni intelligence, ni raison, ni justice, ni volonté, ni sensibilité, ni bonté, ni conscience, etc.? ^lais qu'y a-t-il donc alors? Quelle conception se font-ils ou peuvent-ils se faire de l'Etre suprême ? Et s'il n'y a rien en Dieu de toutes ces facultés humaines, n'est-il pas plus simple et plus logique de considérer pour nous Dieu comme n'existant pas et comme n'étant qu'un nom qui ne saurait, pour notre raison, recouvrir aucune réalité. Tout cela n'est vraiment pas rationnel et fourmille de contradictions.

VIE ET ESl'IUT DANS t. A >ATIHE /|-y

La seule prélcnlioii jusliliable est celle de penser qu'en Dieu, justice et puissance parfaites, il yadetoutcelainlininient plus que dans l'homme cl disposé en un groupement d'une harmonie parfaite qui laisse infiniment en arrière de lui Tincoliérence et la dél)ililr d(> la nature humaine. On peut encore penser légitimement cpril pcul y avoir et qu'il y a en Dieu des facultés et des puissances (jui nous sont encore inconnues et que l'évolution de l'esprit dans l'univers pourra faire un jour apparaître et grandir dans la créature. Mais l'idée d'évolution elle-même nous permettant d'entrevoir dans la personnalité humaine une étape de la marche de l'esprit vers l'idéal divin, l'homme peut se croire autorisé à reconnaître dans la constitution de l'être moral qui nous correspond, le reflet pâle, li^ès pâle certainement, de la lumière supérieure, et comme une empreinte très indécise du type divin.

Je ne crois pas nécessaire de plaider plus longuement la cause de la méthode anthropomorphique. Ce que je viens d'en dire, et bien des pages des essais précédents me paraissent répondre à cette boutade d'Haeckel. « L'homothéisme, ridée anthropomorphique de Dieu a abaissé ce concept cosmique suprême a. Y îilal de vertébré gazeux. »

Le pittoresque dépareille fantaisie d'expression n'en assure certes pas la justesse et la valeur. Je ne sais pas d'accusation moins rationnelle et moins justiciable. Ce n'est pas un être pourvu d'un squelette vertébré que vise la connaissance anlhropomorphique de Dieu. Les explications qui précèdent ont fait justice d'une accusation si puérile. C'est par l'esprit et par les analogies de l'esprit que l'anthropomorphisme cherche à atteindre Dieu, et qu'il veut parvenir à sa conception comme esprit et énergie. Si tel est son but, je ne vois pas clairement ce que la colonne vertébrale et la consistance gazeuse ont à faire dans la circonstance, car je n'ose supposer que l'auteur du monisme considère l'espril et l'énergie comme un corps gazeux.

Puisque pour lui l'esprit c'est l'éther universel, il ne devrait pas oublier qu'il est forcé de confesser son ignorance complète sur la nature même de l'éther, et que, voulaiil malgré

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son impuissance, le décrire cl le caractériser, il lui attribue, gratuitement d'ailleurs, une structure dynamifjue qu'il ne nous lait pas connaître, et le déclare en même temps une substance continue, élastique, non composée d'atomes. Or, cette structure dynamique, qu'il nous laisse le soin de faire suivre d'un point d'interrogation, et cette absence d'atomes, ne sont pas, que nous sachions, le propre des gaz et des vapeurs. On voit donc que la plaisanterie manque de science, de logique et de sérieux. Il en aurait fallu un peu pour la faire pardonner.

Au reproche fait à ranthropomorphisme, notre système me paraît donc répondre victorieusement. La filiation entre Dieu et l'homme est une justification suffisante de la valeur de la méthode. Mais il est d'autres critiques auxquelles notre système semble devoir également échapper.

Le monisme d'Haeckel et de bien d'autres n'est certes pas le dogme infaillible; mais il contient, comme tous les systèmes, des fragments de la vérité. Le système que j'expose me paraît posséder ces parts-là dans une mesure rationnelle et satisfaisante. Il évite en effet ce dualisme outré qui fait de Dieu et de l'univers deux êtres distincts, jusqu'à être étrangers et opposés l'un à l'autre. Ce dualisme exagéré et radical n'est certainement point l'expression de la vérité, et il est en dehors de ce que l'observation de la nature et les intuitions de la conscience conduisent logiquement à penser. Pour nous, il y a parenté et rapports paternels et filiaux, il y a relation genésique et par conséquent ressemblance essentielle de nature entre Dieu, énergie pure et infinie, et la créature énergie figurée et finie. H y a aussi échange, communication, et dans une certaine mesure, pénétration ; mais il n'y a ni confusion, ni fusion, et par conséquent ni monisme absolu, ni panthéisme. C est là un résultat heureux, me semble-t-il, et qui peut être invoqué en faveur de la conception proposée.

Nous pomrions donner à cette discussion des conceptions monistes de l'univers une bien plus grande étendue, mais il convient de s'arrêter. Je ne le ferai pas sans appeler un ins-

VIE ET ESl'IUT l»A\S I.A >ATl UK l-f)

tant rallention sur ces paroles d'ilacckel : « En lanl que ccltecroyance (chrétienne) iuiplique l'idée d'un Dieu personnel, elle esl toul à l'ail insouhMiahlc en l'ace des progrès récents de la connaissance nioniste tie la nature. » Est-ce na'ïveté ;* Kst ce trop grande sini[)licité de ma part? mais je ne puis m'enipècher (\e croire que les pages de ces essais sont loin de donner raison à ce jugement aussi absolu qu'injustifié. Les formules magistrales de l'auteur du monisme veulent bien tomber ex cathedra ; mais elles attendent le concile qui proclamera leur infaillibilité. Jusqu'alors, et à condition encore que les membres de celte auguste assemblée subissent avec succès l'épreuve de la vérification des pouvoirs, je me permettrai de penser que dans la Profession de foi d'un naturaliste il n'y a peut-être pas un argument contre la personnalité divine auquel le contenu de ces essais (où cependant les progrès de la science sont tenus en grand honneur) ne puisse fournir une réponse digne d'attention. — Nous n'aurons donc pas lieu de regretter l'usage que nous avons fait de la méthode anthropomorphique. Mais ce que nous pouvons et devons regretter, c'est de ne pas posséder une plus complète connaissance de Celui de qui l'univers tient la vie, le mouvement et l'être. Nous devons croire que la lueur qui nous éclaire est suffisante pour notre état actuel et pour le niveau que nous occupons dans la voie ascendante du perfectionnement de l'esprit.

Si d'autres êtres pensants situés sur une autre terre et ayant atteint dans cette voie un rang supérieur à celui que nous occupons sont plus favorisés que nous, et sont dotés d'une lumière plus éclatante, nous devons espérer que notre horizon s'élargira un jour, et que des clartés grandissantes nous seront acquises à mesure que nous approcherons de Celui qui a créé toutes choses et en qui doivent se retrouver toutes choses, de Celui, de qui, par qui et pour qui sont toutes choses, comme l'a dit si éloquemment l'apôtre Paul, et après lui le sage empereur Marc-Aurèle (^Pensées, vi, aS).

Fornuile profonde et admirable ! embrassant dans son extrême concision toutela philosophie de la vie de l'univers ! (( De (jui», alfirmant le délachemeiU d'un fragment de la

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divinité comme origine du monde ; « par qui ! » spécifiant le caractère libre et volontaire du Créateur et par conséquent de la chose créée ; et « pour qui ! » marquant le but suprême de l'acte créateur destiné à répondre à l'altruisme divin en donnant à Dieuim objet à aimer et en ramenant finalement dans son sein paternel des êtres issus de lui, semblables à lui, et dignes de lui I

TABLIl des MATIKKES

Pages Introiiuction. — Responsabilité de Dieu et responsahililé de la

nature i

Prcinier essai. — De rorienlalion de la méthode en évolutio-

nisme ig

Deuxième essai. — Evolution et liberté 4q

Troisième essai. — Evolution et socialisme io8

Quatrième essai — La prière. — Introduction i3i

I Prolégomènes • iSO

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