‹ Philosophie de l'expérience [microform]Chapitre 16 sur 58 · Some Dogmas of Helhjion. p · texte numérisé non relu

Some Dogmas of Helhjion. p

l'idéalisme moniste

elle consiste à prendre comme accordé que tout ce qui est postulé comme désirable par le socialiste, se trouve posé comme tel d'une manière illimitée. La méthode consiste à imaginer que toute proposition faite par lui doit être mise en pratique par des monomaniaques effrénés, et à faire ainsi du rêve socialiste un tableau qu'on puisse présenter à une personne candide, qui éprouve des scrupules. — « Voilà le Socialisme! —ou voilà le Pluralisme, selon le cas. — « C'est bien là le Socialisme? — - Assurément! et c'est bien là ce dont vous ne vouiez pas ! »

Telle est bien la méthode employée contre le pluralisme. Moi-même, quand j'exprimais des doutes sur la nécessité logique d admettre Pabsolu ou de courir à l'extrême opposé, que de fois on m'a répondu : « Mais oui, assurément, il faut bien qu'il existe quelque lien entre les choses ! » Comme si j'étais un monomaniaque en délire, niant follement tout rapport, quel qu il soit! A vrai dire, toute la question tourne autour du mot quelque. La notion qu'exprime ce mot, l'empirisme radical et le pluralisme en soutiennent tous deux la légitimité. Pour eux, chacune des parties de l'univers est en quelque manière liée à toutes les autres, tandis qu'en quelque manière aussi, elle ne leur est point liée; et l'on peut discerner de quelle manière elle se trouve leur être liée ou de quelle manière elle ne l'est point, car bien souvent l'un et l'autre cas sont

PHILOSOPHIE DE LEXPEHIENCE

l'idéalisme MONISTtaî

d'une parfaite évidence, ainsi que leurs diiïérences entre eux. La philosophie de l'absolu, de son côté, semble affirmer que l'idée qu'exprime ce mot, quelque^ est une catégorie irrémédiablement infectée d'une contradiction interne : les seules catégories qui soient intimement cohérentes, et par conséquent appropriées à la réalité, sont tout et rien.

Cette question se réduit d'elle-même à la question, encore plus générale, avec laquelle M. Bradley et de récents écrivains de l'école moniste nous ont rendus on ne peut plus familiers : il s'agit de savoir si toutes les relations possibles d'un être avec les autres sont primitivement renfermées dans sa nature intrinsèque et rentrent dans son essence; ou si, à l'égard de quelques-unes de ces relations, cet être peut exister sans avoir aucun rapport avec eux ; et, dans le cas où il y rentrerait jamais réellement, s'il le pourrait d'une manière tout adventice, et, pour ainsi dire, après coup. C'est la grande question de savoir si des relations « externes » sont possibles.

Elles semblent possibles, incontestablement. Mon manuscrit, par exemple, est sur ce pupitre. La relation consistant à être sur quelque chose ne paraît impliquer aucunement la signification intérieure du manuscrit ou la structure intérieure du pupitre : ces objets ne s'y trouvent engagés que par leurs Qôtés extérieurs, et cette relation ne paraît être qu'un accident momentané dans leur

histoire respective. En outre, ce terme sur n'apparaît pas à nos sens comme un de ces inintelligibles intermédiaires qui doivent être raccrochés séparément aux termes qu'ils ont la prétention d'unir. Et cependant, toutes ces innocentes apparences sensibles, nous dit-on, ne sont pas acceptables aux yeux de la raison. Il y a là un tissu de contradictions dont seule peut triompher l'absorption complète du pupitre et du manuscrit dans l'unité supérieure d'une réalité plus absolue.

Le raisonnement sur lequel s'appuie cette conclusion est trop subtil et trop compliqué pour qu'on puisse s'en occuper convenablement dans une leçon publique, et vous me dispenserez de vous inviter aucunement à l'examiner.

Je me sens d'autant plus libre de passer outre maintenant, qu'il me semble avoir, bien qr.e d'une manière rapide, suffisamment étudié l'attitude de la philosophie de l'absolu, pour mon dessein actuel. Si je juge non prouvée cette philosophie, — et c'est à quoi je m'en tiens pour le moment, — rien ne m'oblige de justifier mon verdict en discutant chaque point spécialement. Attaquer de flanc coûte moins cher et, à certains égards, donne un meilleur résultat que d'attaquer de front. Peut-être croirez-vous, après avoir entendu les leçons suivantes, que l'alternative d'un univers absolument rationnel ou absolument irrationnel est quelque chose d'outré,

et qu'il existe une voie intermédiaire que, d'nrcord

avec moi, quelques-uns d'entre vous reconnaîtront préférable. Assurément, quelque rationalité caractérise notre univers; et, comparant une sorte de rationalité avec une autre, nous pouvons estimer que les diverses sortes de rationalité incomplôle qui se manifestent sont, en somme, aussi acceptables que l'espèce absolue de rationalité à laquelle tiennent les monistes épris de systématisation à outrance.

Tous ceux de ces monistes qui ont écrit depuis Hegel, lui ont dû pour une grande part leur inspiration. Môme quand ils n'ont eu à faire aucun usage de sa dialecti(iue triadique particulière, ils ont puisé confiance et courage dans son allure autoritaire et conquérante. C'est à lui que va être consacrée ma prochaine leçon.

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