‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 101 sur 132 · PARTIE DE LA TERRE HABITÉE PAR LES BEAUX PEUPLES · texte numérisé non relu

PARTIE DE LA TERRE HABITÉE PAR LES BEAUX PEUPLES

AU milieu de la plus haute chaîne de montagnes se cache, comme un paradis, le royaume de Kachmir. De riantes et fertiles collines sont entourées de montagnes qui s'élèvent progressivement et finissent par confondre leurs neiges éternelles avec les nuages. Là coulent de beaux fleuves et de belles rivières : le sol se pare de plantes saines et produit des fruits agréables; des oasis et des jardins ressortent au milieu de la belle verdure, les gros pâturages abondent; les animaux venimeux et sauvages sont inconnus dans ce paradis. On pourrait, suivant l'expression de Bemier, appeler innocentes ces montagnes, sur lesquelles coulent le lait et le miel et où la race humaine n'est pas indigne de cette belle nature. Les Rachmiriens passent pour les plus fins et les plus spirituels des Indiens, capables de poésie et de science, habiles dans les métiers et dans les arts, ce sont les plus beaux des hommes et leurs femmes sont souvent des modèles de beauté.

Combien l'Indostan serait heureux, si les mains des hommes ne s'étaient unies pour ravager le jardin de la terre et imposer

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le joug de la tyrannie et des préjugés aux plus innocentes des créatures humaines. Les Indous sont la race la plus douce du monde. Jamais ils ne tourmententvolontairement un être vivant. Ils honorent tout ce qui apporte la vie, et se nourrissent des mets les plus innocents : lait, riz, fruits des arbres, les herbes saines, que leur climat leur donne en abondance. Leur taille, dit un voyageur récent, est droite, souple et belle; leurs membres ont des proportions délicates, leurs doigts sont longs et effilés, la figure ouverte et bonne, les traits du visage ont chez la femme les lignes les plus délicates de la beauté et, chez l'homme, présentent le caractère d'une mâle douceur. Leur marche, et tout le maintien de leur corps, est au plus haut degré sympathique et séduisant. Les jambes et les cuisses qui, dans les pays du nord-ouest, étaient faibles ou raccourcies comme celles des singes, s'allongent ici et ont une beauté toute humaine. La race mongole, elle-même, qui s'est unie à celle-ci, â acquis de la dignité et de l'élégance. Semblables à la constitution physique on retrouve les qualités originaires de leur esprit et même leurs habitudes, en tant qu'on les considère en dehors du joug de l'esclavage et de la superstition. — Modération et tranquillité, un doux sentiment, une sérénité profonde de l'âme caractérisent leurs travaux et leurs goûts, leur morale et leur mythologie, leurs arts et jusqu'à leur tolérance du joug extérieur des hommes. — Heureux agneaux, pourquoi ne vous fut-il pas donné de paître sans secousses et sans soucis dans le parc où la nature vous avait placés.

Les anciens Perses étaient un laid peuple de la montagne, comme on le voit par ce qui en reste, les Gaures. Mais, comme il n'est pas en Asie de peuple plus ouvert aux immigrations, et comme la Perse se trouve précisément entourée des plus belles tribus, il s'est développé dans ce pays une race qui, dans les nobles Persans, unit la beauté à la dignité. Ici c'est la Circassie,

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