CONCLUSION
Ce serait une belle chose» si je pouvais à présent changer au moyen d'une baguette magique en tableaux véritables, les descriptions bien imparfaites de la plume, et offrir aux hommes une galerie de dessins représentant ses frères. Mais que nous sommes encore loin de Taccomplissement de ce vœu philanthropique. Pendant des siècles on a parcouru le monde avec le fer et la croix, avec des coraux et avec des tonneaux d'eau-devie ; on pensait bien peu à la plume paisible du voyageur, et parmi tant de voyageurs à peine a-t-on songé que ce n*est pas avec des mots que Ton donne Tidée d'une organisation surtout de la plus fine, de la plus variée, de la plus changeante des organisations. Longtemps on se plut au merveilleux et l'on fit de la poésie. Plus tard on voulut çà et là, même, dans les dessins, embellir la nature, et cela, sans réfléchir qu'un vrai zoologue n'embellit pas les tableaux d'animaux étrangers. Et la race humaine seule par hasard ne méritait-elle pas cette scrupuleuse exactitude qu'on observait pour les plantes et les bêtes. Cependant, comme dans les derniers temps le noble esprit
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d'observation s'est vraiment réveillé en faveur de notre espèce, et que l'on possède les portraits de quelques peuples, en petit nombre, il est vrai, bien supérieurs à ce que nous ont donné de Bry et Le Brun, sans parler des missionnaires, il est désirable qu'un homme, au fait de ce genre de travaux, rassemble les copies éparses et pose ainsi le fondement d'une science parlante et de la physiognomique humaine. Il serait difQcile de trouver un emploi plus philosophique de l'art, et une carte anthropologique, comme Zimmermann l'a fait pour la zoologie et la botanique, sur laquelle on reproduirait l'homme sous toutes ses variétés et sous tous ses aspects divers, une telle entreprise couronnerait l'œuvre philanthropique.