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sont les plus belles et les plus grandes tribus. Plus bas les plaines de la Floride sont habitées par un peuple qui leur cède en force et en courage. J'ai été surpris, dit George Forster, en examinant l'ouvrage de Cook : la reproduction des diverses peuplades du Nord de l'Amérique ^ de retrouver chez toutes un type uniforme qui ne m'était pas inconnu, et que je me suis rappelé avoir déjà observé dans la Terre de Feu.
Du Nouveau Mexique nous savons peu de chose. — Les Espagnols trouvèrent les habitants de ce pays bien vêtus, actifs, sobres, leurs fermes bien cultivées, leurs villes construites en pierres. Pauvres nations qu'étes-vous aujourd'hui quand vous ne vous êtes pas réfugiés dans les montagnes comme los bravos gentes? Les Apaches se faisaient remarquer comme un peuple courageux, agile, sur lequel les Espagnols n'avaient rien à gagner. Et que de belles choses Pages raconte des Ghaktas, des Adaïsses et des Tegas.
Mexico n'est qu'une triste image de ce qu'il était au temps de ses rois : à peine le dixième de la population subsiste-t-il. Et comme leur caractère a changé sous la plus inique des tyrannies! Dans le monde entier, je crois, il n'est pas de haine plus profonde et plus persistante que celle de l'Américain opprimé contre l'Espagnol, son oppresseur : en effet si Pages loue un un certain adoucissement des Espagnols à l'égard de ce peuple, dans bien des passages il laisse entrevoir le malheur des sujets, et les cruelles représailles exercées sur les hommes libres. Les Mexicains sont dune couleur olive prononcée, beaux et afTables, l'œil grand, animé, étincelant, les organes dispos, les jambes alertes ; leur âme seule languit dans la servitude.
Dans l'Amérique centrale où les chaleurs et l'humidité détruisent tout et où les Européens mènent la plus misérable existence, la nature pleine de ressources n'a pas permis que l'Américain souffrît. Waffer, qui, échappé aux pirates, fit un
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assez long séjour parmi les sauvages de la Terre-Ferme (4), nous a raconté sa réception an milieu d*eux et en même temps nous rapporte ceci sur leur organisation physique et leurs habitudes : « La taille des hommes yarie de 5 à 6 pieds , elle est osseuse et large et présente de belles proportions ; je n*y ai rencontré ni rachitiques ni estropiés. Ils sont souples, éveil* lés, forts coureurs. Leurs yeux gris sont animés, la figure ronde, les lèvres minces, la bouche petite, le menton bien formé. Leurs cheveux sont longs et noirs : le soin de leur che« velure est leur plus grand plaisir ; leurs dents sont blanches et bien disposées ; ils se parent et se peignent comme la plupart des Indiens. » Sont-ce là les hommes qu'on a voulu nous dépeindre comme un peuple énervé, comme de vrais avortons? Et cependant ceux-ci sont sous le climat le plus énervant de risthme.
Fermin, un exact observateur de la nature, décrit les Indiens de Surinam comme une nation bien formée, et d'une propreté aussi remarquable que celle d'aucune autre nation. « lis se baignent aussitôt après le sommeil, leurs femmes se répandent de rhuile sur le corps en partie pour Tentretien de la peau, en partie pour se préserver de la piqûre des moustiques. — Ils sont de couleur cannelle tirant sur le rouge, mais naissent aussi blancs que nous. Parmi eux point de malingres, point de difformes. Leurs longs cheveux noirs ne commencent à blanchir que dans Textréme vieillesse. Ils ont des yeux noirs, une figtire saillante, peu ou point de barbe, ils ont lliabitude d'en arracher la moindre apparence. Leurs dents blanches et belles restent saines jusqu'à l'âge le plus avancé. Les femmes, malgré leur apparence délicate, ont aussi de fortes constitutions. » Qu'on lise dans Bancroft la description des vaillants Caraïbes, des
(1) Voy. Dictionnaire de BtmSUt.
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paresseux Worroi;^ s et des sérieux Accawaws , des sociables ▲rrovraoks, etc. ; je pense que Yoa renoncera voloniairemenit an pr^iigé d'après lequel ces Indiens son faibles et bons. à rien.
Descendons an milieu des innombrables peuplades brési-
I tiennes; quelle foule de nations, de langues et de caractères CNd y rencontre! IXànciens et de récents voyageurs nous ont donné des descriptions assez concordantes. « Jamais leurs che*- Teux ne grisonnent, dit Léry ; ils sont toujours gais et contents et leurs membres sont toujours dispos. » Les courageux Taptinanobos, pour écbapper au joug portugais, se retirèrent comme plusieurs autres nations dans des forêts inexplorées et imprah
I tieables; d'antres que les missionnaires du Paraguay réussirent & attirer» ? etombëreni presque en enfance sous le joug. La cause en est en dehors d*eux, et ni eux ni leurs courageux voisins ne peuvent passer à cause décela pour des êtres abâtardis.
Mais nous a^pproehouBiS du trône de la nature et de la plus violente tyrannie du Pérou, remarquable par ses richesses et par les horreurs qui s'y sont produites. C'est ici que les pauvres Indiens supportent le joug le plus pesant , et ceux qui les oppriment sont des prières et des Européens^ plus femmes que les temmes. Toutes les forces de ces doux en&ntsd^ la nature, autrefois si heureux soniS leurs Incas, n'ont plus qu'un emploi, souffrir' et patienter en contenant leur haine. « Au premier aspect, dit PitiiOy gouverneur au Brésil ,. un Américain du Sud paraft doux et inoffensif; qn^oa l'observe de plus près on découvre daas sa figure quelque chose de sauvage, de rébarbatif, de sombre et triste. »he malheur du peuple n'explique-t-il pas tout cela? Certes ils éibaient doux et inoffensifs quand vous sdiâtQS' les treubier et c'est votre arrivée qui a provoqué chez cette race idors bienveillante ces sentiments barbares et ennemis. Av présent, pcsnvezr vous vous attendre à autre chose qu'à
trouver chez eux un esprit aigre et rébarbatif, nourrissant une haine inextinguible? C'est le ver se roulant sur lui-même qui nous paraît hideux parce que nous le foulons aux pieds. Au Pérou l'esclave nègre vit magnifiquement en comparaison des pauvres opprimés à qui cependant le pays appartient.
Cependant ils ne sont pas tous soumis et heureusement qu'il y a là les Cordillères et les plaines du Chili qui conservent encore la liberté à plusieurs nations vaillantes. C'est là qu'on trouve le Maloch invaincu, le Puelche et l'Arauke et les Tehuelhets patagoniens ou bien le grand peuple du sud, six pieds de haut, grande et forte stature. Leur extérieur n'est pas désagréable, ils ont une figure ronde un peu plate, des yeux animés, des dents blanches et des cheveux noirs et longs. J'en ai vu quelques-uns, dit Commerson, avec des moustaches longues mais peu épaisses. Leur teint est bronzé, comme celui de la plupart des Américains. Ils parcourent les vastes plaines de l'Amérique du Sud avec femmes et enfants, toujours à cheval, et se nourrissant du produit de leur chasse. Falkner et Bidaure nous ont donné la meilleure description de ces peuples après lesquels il n'y a plus que le rivage froid et pauvre de la Terre de Feu habité par les Pescheraehs peut-être l'espèce d'hommes la plus infime. Petits , laids, exhalant une ordeur infecte : ils se nourrissent de mollusques , se couvrent avec des peaux de chiens marins, souffrent toute l'année d'un froid intense , encore qu'ils ne manquent pas de bois : les maisons bien fermées leur font défaut comme le feu. Heureusement la nature a fait cesser ici le continent du côté du pôle sud ; plus avant , quelles misérables images d'êtres humains auraient traversé comme un rêve une vie rendue inerte par le froid.
Ce sont là quelques-uns des droits principaux des peuples américains : que peut-on en conclure pour l'ensemble.
D'abord que l'on ne doit qu'aussi rarement que possible
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parler d'une manière générale des peuples d*un continent qui parcourt toutes les zones. Celui qui dit : rAmérique est chaude, saine, humide, basse, fertile, a raison ; et un autre qui dira le contraire, aura encore raison en ce qui concerne les saisons et lieux divers. La même remarque s'applique aux nations, car il se trouve des hommes de tout un hémisphère sous toutes les zones. Au nord et au sud il y a des nains, et à côté d'eux des géants. Au centre on trouve des hommes de taille moyenne plus ou moins bien formés, des hommes pacifiques , d'autres belliqueux, des natures paresseuses, d'autres éveillées, en un un mot, tous les genres de vie et tous les caractères.
En second lieu, rien cependant ne prouve que tant de ramifications ne se rattachent à la même racine, et que l'unité d'origine se manifeste aussi dans la similitude des fruits. C'est là ce que nous entendons par le caractère dominant dans la figure et dans l'organisation physique des Américains. Ulloa remarque dans les contrées au centre spécialement le petit front recouvert de cheveux, les petits yeux, un nez mince recourbé vers la lèvre supérieure, une figure large, de grandes oreilles, les jambes bien faites, de petits pieds, le corps trapu ; et ces caractères se retrouvent au delà de Mexico. Pinto ajoute que le nez est un peu plat, la figure ronde, les yeux noirs ou châtains, foncés, petits et perçants et que les oreilles s'éloignent de la tête : ce qu'on retrouve également chez les peuples dégénérés très éloignés de ceux-ci. — Cette physionomie générale qui se transforme plus ou moins suivant les peuples et les climats paraît comme un trait de famille et se reconnaît chez les plus divers et témoigne assez de l'unité d'origine. Que des peuples de toutes les parties du monde se soient fixés en Amérique à diverses époques, se fussent-ils mêlés ou fussent-ils demeurés séparés, sans doute la différence devait être plus grande. Les cheveux blonds et les yeux bleus font défaut dans toute
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Cette partie du monde; tes Gessers aux yeais bieas du Chili el les Âkansas de la Floride ont disparu récemment.
En troisième lieu, peut-on, après tout cela, assigner à TAnié-' ricain un caractère général. II semble que c'est la bonté et une innocence presqu'enfiaintine dont on trouve la tiiace dûns tous leurs arrangements, dans leurs aptitudes, dans leurs artâ peu nombreux et surtout dans la manière dont ils ont reçu les premiers Européens. Sortis d'un pays barbare saas aueune assistance de la part du monde civilisé ils ôffeetuèrent leurs progrès eux-mêmes ; et sous ce rapport ils présentent dans leurs faibles commencements un aspect riehe e^ instructif de rhumanité.