‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 118 sur 132 · LIVRE Ytl. — GltAPITRfi II. ^SÊ · texte numérisé non relu

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et (m les fait danser; on leur promet un beau pays où ils auront i)eaucoup de femmes et une abondante nourriture. Et, malgré cela, on a encore de douloureux exemples de marins surpris et asAssinés par eux bien qu'ils laissassent cependant aborder le navire. »

Et que d'exemples plus tristes encore on a de ces tnalbeurenx qui se sont donné la mort ! Sparmann raconte qu'il tient de là boucbe d'un propriétaire d'esclaves, que pendant la nuit ces malheureux tombent dans une espèce de désespoir furieux^ qui les porte au meurtre de n'importe qui, même du leur propre : tt car la pensée douloureuse de leur patrie et de leur liberté perdue se réveille surtout la nuit, alors qu'ils ne sont plus distraits par les bruits du jour. » Et quel droit, êtres humains» aviez-YOus d'approcher seulement du pays de ces malheureux? je me tais sur vos ruses, votre barbarie et vos rapts. Depuis des milliers d'années ce pays leur appartient, comme ils lui appartiennent; leurs pères l'avaient acquis au prix le plus précieux, à condition de prendre la forme et la couleur de nègres. Le soleil africain qui les façonna les avait adoptés, et leur avait imprimé son cachet ; dans quelque pays que vous les transport tiez vous n'êtes que des voleurs d'hommes, des brigands.

En second lieu : les guerres des sauvages au sujet de leur pays et de leurs frères enlevés ou insultés se distinguent par la cruauté. — De là l'antique haine des Américains contre les Européens; ils la ressentent toujours vivement. « Ce pays ne vous appartient pas ; il est à nous, à nous seuls. » — De là encore les traits nombreux de trahison de ces soi-disant sauvages^ alors même qu'ils semblaient s'être complètement radoucis au contact de la civilisation européenne. Dans le premier moment» quand se réveilla en eux le sentiment national héréditaire, la Ibiffime, après avoir longtemps et avec peine couvé sous la eendre, s'élança tout à coup, fit d'horribles ravages et sou-

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vent même ne se reposa qu'après que les indigènes se fussent rassasiés de la chair des étrangers. Cela nous semble abominable; c'est parfaitement vrai; et cependant les Européens furent les premiers instigateurs de ces horreurs ; pourquoi dbnc aborder à ces rivages? pourquoi s'y montrèrent -ils maîtres cruels, impitoyables, insatiables? Pendant des milliers d'années les habitants de ces pays étaient pour eux-mêmes leur univers ; ils les tenaient de leurs ancêtres et d'eux aussi, ils avaient hérité l'horrible coutume d'infliger des supplices cruels à tous ceux qui voulaient les séparer de leur pays ou empiéter sur leurs droits. Ennemi ou étranger c'est tout un pour eux ; ils ressemblent à la Muscipula qui, enracinée dans le sol, s'empare de tout insecte qui l'approche ; le droit de dévorer des visiteurs inattendus ou incommodes est l'accise de leur pays, imposition aussi lourde que nulle part en Europe.

Enfin je rappelle le lecteur au souvenir des instants de bonheur, des scènes de joie alors qu'un enfant de la nature éloigné de son pays revoit les rivages paternels et rentre au sein de son pays natal. Lorsque le noble prêtre Job Ben Salomon revint en Afrique, chaque Fouli lui fit un accueil fraternel, « à lui, le second d'entre eux qui fut jamais revenu de l'esclavage. » Et avec quel plaisir il retournait parmi les siens, combien peu les témoignages de respect et d'admiration de l'Angleterre que du reste il recevait avec reconnaissance en homme instruit et bienveillant, remplissaient son cœur ! Il ne fut tranquille que quand il fut bien sûr du navire qui devait l'emmener. Et ce sentiment ne tient ni aux honneurs, ni aux agréments du pays natal. Le hottentot Korée se débarrasse de son armure et de tout ce qu'il devait à l'Europe pour retourner à l'existence pénible de ses semblables. Presque dans toutes les parties du globe on pourrait citer des exemples semblables ; et les pays les moins agréables sont ceux qui retiennent leurs enfants par les liens

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