‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 60 sur 132 · UVRE IV. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

UVRE IV. — CHAPITRE I

cerveau dans l'économie animale et sa part contributive dans ses actions communes avec les nerfs. Donc en posant le cerveau d'un côté, le système nerveux de l'autre, comme les deux termes d'une comparaison, on obtiendrait des résultats plus approximatifs sans être pour cela d'une exactitude rigoureuse ; car leur poids ne déterminerait ni la délicatesse des nerfs, ni leur destination.

S"" Ainsi donc, en dernière analyse, tout dépend de la plus grande perfection de l'élaboration, des proportions dans la situation réciproque des parties, de la capacité et du dévelop^ pement d'une organisation où les impressions et les perceptions de tous les nerfs viennent se combiner avec la force la plus grande, avec la justesse la plus rigoureuse, en un mot avec le jeu le plus libre et la multiplicité la plus étendue pour se con* fondre intimement dans l'entité divine et mystérieuse que nous nommons pensée et au sujet de laquelle l'évaluation de la masse du cerveau reste muette.

Néanmoins, ces calculs (1) de l'expérience sont précieux et, bien qu'ils ne donnent pas de résultat définitif, ils nous con* duisent, au moins, à des déductions d'une incontestable importance ; j'en citerai ici quelques-unes pour établir l'uniformité croissante de la marche de la nature.

l"" C'est dans les animaux les plus petits, dans ceux où la circulation et la chaleur organique sont encore imparfaites que le cerveau est le plus petit et le système nerveux le plus incomplet. La nature, comme nous l'avons déjà remarqué, leur a donné une irritabilité plus intime et plus susceptible pour compenser ce qu'elle a dû leur refuser en sensibilité, parce que Torganisme de ces créatures ne pouvait, sans doute, comporter ou produire un plus grand cerveau.

(1) Voir le grand ouvrage de HaUer sur la physiologie.

iS8 PHILOSOPHIE DE l'hISTOIRE

2^ Dans les animaux à sang chaud, la masse du cerveau augmente en proportion du développement de leur organisation ; mais, dans Tentretemps, surgissent des considérations nouvelles qui semblent plus particulièrement fondées sur les rapports mutuels des nerfs et des forces musculaires. Dans les animaux de proie, le cerveau est plus petit; chez eux, ce qui domine, c'est l'irritabilité animale, c'est la force musculaire à laquelle le Système nerveux est presque toujours subordonné. Chez les herbivores, au caractère pacifique, le cerveau est plus grand, bien que son action paraisse surtout s'exercer sur les nerfs du sens. Les oiseaux ont beaucoup de cerveau, parce que, dans leur élément plus froid, ils doivent avoir un sang plus chaud. La sphère de la circulation est d'ailleurs plus limitée dans leur corps, généralement petit. Ainsi chez le moineau lascif, le cerveau remplit toute la tête et forme le cinquième du poids total du corps»

3« Dans les créatures jeunes, le cerveau est plus volumineux que chez celles qui ont atteint leur entier développement; ce qui provient évidemment de ce qu'il est plus mou, plus tendre et, qu'à poids égal, il présente un plus fort volume. C'est alors aussi que se prépare en abondance cette substance délicate, dont il lui faut beaucoup, puisqu'elle doit participer à toutes les fonctions vitales et aux opérations internes, à l'aide desquelles îa créature, dans ses plus jeunes années, doit former ses facultés. Avec les années, ie cerveau se solidifie et se durcit, parce qu'alors les facultés sont formées et que l'homme ou l'animal ne sont plus susceptibles de recevoir des impressions si légères, si douces et si fugitives. Bref, la grandeur du cerveau semble être une condition indispensable, non pas la seule cependant,, ni la première, pour que la créature puisse acquérir de puissantes facultés et arriver à l'exercice de l'intelligence. Parmi tous les animaux, l'homme, même tel que les anciens l'ont connu, a proportionnellement le plus grand cerveau, mais,

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