‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 59 sur 132 · LIVRE IV. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE I

tête dont la partie inférieure se projette en avant tandis que la partie supérieure se retire en arrière; de sa position sur le cou, d'après les proportions des vertèbres du dos, il résulte que le singe n'est et ne sera jamais qu'un animal, quelque frapfante, du reste, que puisse être sa ressemblance avec l'homme. Pour en arriver à cette conclusion, examinons les différents aspects de l'homme par lesquels il semble, quoique de loin, se rapprocher le plus des formes de l'animal. Que faudra-t-il faire pour lui donner cet aspect repoussant de la brute? Faites avancer les mâchoires, rejetez la tête en arrière , bref, la ressemblance la plus éloignée avec l'organisation des quadrupèdes. Aussitôt qu'on déplace le centre de gravité sur lequel repose majestueusement le crâne humain, la tête semble rivée à l'épine dorsale, la mâchoire s'avance, le nez s'épate comme chez les animaux; les cavités orbitaires se rapprochent davantage, le front fuit et se déprime des deux côtés comme dans le crâne du singe ; la tête est pointue par le haut et par le bas ; la cavité du crâne se rétrécit et tout cela parce que la direction de la figure a changé, parce que cette forme libre et belle de la tête dans la position droite de l'homme a varié.

Changez cet unique point et voiîs verrez la forme devenir plus belle et plus noble. Le front, riche de pensées, s'avancera et le crâne s'arrondira et prendra un air de calme grandeur; les ailes du nez de l'animal se resserreront et leurs formes seront plus fines et mieux dessinées ; la bouche, en se retirant, se recouvrira d'un tissu plus beau et ainsi se forment les lèvres de l'homme qui manquent aux singes même les plus intelli* gents. Le menton va s'abaisser pour s'arrondir en un bel ovale perpendiculaire; les joues se rempliront quelque peu et l'œil

iûiermaxUlaire aussi développé; car Tyson^ dans ^on M^noire de dissection, dit positivement qu'il ne Ta point trouvé.

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fera jaillir ses regards de dessous la saillie du front, ce temple sacré de la pensée. Et quelle est la cause de tout cela? (Test que la tôte est formée pour l'attitude droite, et que, intérieurement comme extérieurement elle est organisée pour un ceatre de gravité perpendiculaire (1). Que celui qui n'est pas convaincu, compare des crânes de singes et d'hommes et l'ombre même de son doute s'évanouira.

Toutes les formes externes de la nature sont l'expression de ses opérations internes, et ainsi, mère suprême, nous appro- * chons du saint des saints de tes créations terrestres, du laboratoire de l'intelligence humaine !

On a cherché avec beaucoup de peine à comparer la masse du cerveau de l'homme avec celle du cerveau des autres espèces d'animaux et à obtenir les poids relatifs des cerveaux et des corps. Trois motifs s'opposent à ce que cette manière de calculer et de peser donne des résultats exacts.

1» Parce qu'un des termes de la comparaison, la masse du

corps, est trop indéterminé et ne conserve pas un rapport

invariable avec l'autre terme, le cerveau qui, lui, est rigoureusement déterminé. Combien sont hétérogènes les choses qui forment le poids d'un corps et combien variables les rapports de leurs proportions ! La nature a su alléger, par le moyen de l'air, la tête massive de l'éléphant au corps lourd et, bien que son cerveau ne soit pas très grand, il est cependant le plus intelligent des animaux. Qu'est-ce qui pèse le plus dans le corps de l'animal? Les os, or le cerveau n'a pas avec eux de proportions gardées.

2® Il est incontestable qu'il importe de connaître la fin du

(1) Je n'ai pas la la dissertetion de Daubenton sur les différences de la situation du grand tronc occipital dans Thomme et dans les animaux. — Mémoires de l'Académie de Paris, 1764. Je ne sais jusqu^'à quel point Tauteur pousse ses idées ni quelles conséquences U en tire. Mes idées, je les puise dans Texamen de crânes d'hommes et d'animaux que J'ai devant les yeux.

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