‹ Philosophie de l'histoire de l'humanité (volume 2)Chapitre 84 sur 132 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

AUeUIf POUVCNEH DANS LA NATURE n'eST SANS ORGANE, MAIS lAMAIS l'organe n'eST LE POUVOIR MÊME QUI AGIT PAR SON INTERMÉDIAIRE.

Priestley et quelques autres ont objecté aux spiritualistes que dans toute la nature on ne connaissait pas d*esprit pur et que l'état interne de la matière nous était de beaucoup trop peu connu pour avoir le droit de lui refuser la faculté de penser ou d'autres facultés spirituelles. Je crois qu*ils ont raison sur ces deux points. Nous ne connaissons pas d'esprit qui agisse en dehors de la matière et d'une façon indépendante d'elle ; d'un atitre côté» nous voyons dans le monde physique tant de pou^ voirs qui paraissent appartenir au domaine de la pensée, qu'il i&e semble, sinon impossible, du moins très peu probable qu'il 6xiate un antagonisme absolu entre l'être matériel et l'être intelligent, quelque grandes que soient les difiërences qui les sépa* feut : et comment ces deux êtres pourraient-ils agir de concert, dans une action une et harmonique, s'ils étaient complétemrat dissemblables et essentiellement opposés l'un à l'autre ? et com-

ment pourrions-npus affirmer qu'il en est ainsi, alors que dans leur essence nous ne connaissons ni la matière, ni la pensée? Lorsque nous voyons agir un pouvoir, c'est qu'il agit par le moyen d'un organe avec lequel il est en harmonie. Sans cet organe nos sens ne pourraient l'apprécier ; mais il existe avec cet organe, et si nous pouvons nous en rapporter à l'analogie universelle de la nature, il s'y est lui-même conformé. Et cependant nul n'a vu de traces de germes préformés, préparés depuis le moment de la création; l'activité des forces organiques, voilà tout ce que nous pouvons remarquer dès le premier instant de l'existence d'une créature. Si l'être individuel les possède en lui, il se reproduit par lui-même; si les sexes sont séparés, alors chacun d'eux doit participer à l'organisation de sa postérité, chacun à sa manière et suivant les lois différentes de sa structure. Les créatures de la nature des plantes, dont les forces, plus simples, agissent avec une énergie d'autant plus grapde, ne demandent qu'un contact léger et rapide pour produire des êtres qui se créent eux-mêmes. Il en est ainsi également chez les animaux, lorsque le principe vital et une vie tenace résident dans chacun de leurs membres et dans lesquels tout, pour ainsi dire, est pouvoir de production et de reproduction; souvent même l'embryon n'est animé qu'au sortir du sein maternel. Plus l'organisation est compliquée, plus il est difficile de reconnaître ce qu'on appelle le germe, c'est à dire la matière organique, qui doit recevoir les pouvoirs vitaux, avant d'arriver à la forme complète de la créature. Combien de métamorphoses ne s'opèrent pas dans un œuf, avant que l'oiseau ait acquis sa forme et qu'il l'ait complétée. Les pouvoirs organiques doivent détruire, tout en organisant; attirer les parties l'une vers l'autre et les diviser, et il paraît même que si plusieurs pouvoirs étaient en lutte, il en résulterait d'abord un avortement, jusqu'au moment où l'équilibre se serait rétabli et que la créa-

Page 1