‹ Philosophie de l'histoire de l'humanitéChapitre 162 sur 208 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

PROTECTEURS TEMPORELS DE L'iîaLISE.

Dans le principe, les rois des tribus et des nations germaniques étaient des chefs élus, des gouverneurs, des juges suprêmes. Lorsque les évêques les eurent sacrés, ils devinrent des rois de droit divin, des défenseurs de TEglise de leur pays ; le pape ayant couronné Tempereur romain, il en fit son coadjuteur; aussi, dans le ciel de l'Église catholique, était-il le soleil brillant et radieux, le roi du ciel, tandis que tous les monarques de la terre n'étaient que d'humbles étoiles. Enfanté dans les ténèbres qui accompagnent toujours sa marche, ce système cependant finit bien vite par se dévoiler au grand jour. Déjà le fils de Karl le Grand avait déposé sa couronne aux pieds des évèques qui lui en avaient donné l'ordre, et sans un ordre contraire, il n'aurait jamais consenti à la reprendre. Sous ses successeurs, on convint tacitement que les ordres spirituels et temporels se devaient un mutuel secours dans les affaires de l'Église et de l'État. Enfin, le faux Isidore établit en principe que les clefs sacrées donnent au pape

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