‹ Philosophie de l'histoire de l'humanitéChapitre 6 sur 208 · UVRE XIV. - CHAPITRE I · texte numérisé non relu

UVRE XIV. - CHAPITRE I

eèrent de beaucoup la plupart des républiques grecques dans la reconnaissance des droits étemels de Thumanité. Leur alphabet môme a servi de type à tous ceux de l'Europe et nous pouvons ainsi considérer TÉtrurie comme la seconde mère de notre civilisation occidentale. D'autant plus est-il à regretter qu'aussi peu de monuments rappellent le souvenir de ce peuple si distingué par sa culture et son génie? Mais un destin contraire a jeté un voile épais et sombre jusque sur l'histoire de la catastrophe qui amena sa chute.

Quelles furent les causes de l'épanouissement de cette fleur étrusque ? Comment, au lieu de s'élever au type de la beauté grecque, s'estr-elle flétrie avant le temps et au moment d'atteindre la perfection? Quelque peu que nous connaissions de l'histoire des Étrusques, nous voyons ici aussi que la nature, fidèle à cette* loi suprême d'où relève l'éducation des peuples, a laissé cette nation se constituer suivant ses forces intimes et ses rapports extérieurs avec l'espace et la durée. Natipn européenne, elle était éloignée de l'antique Asie, cette mère des civilisations primitives, et elle ne pouvait guère, sous ce rapport, tirer de secours des hordes pélasgiques, encore à demi sauvages quand elles abordèrent en Italie, La Grèce, au contraire, était placée au centre des nations policées. Plusieurs nations se fondirent donc entre elles sur ce point de l'Italie, de même que leurs langues semblent s'être mêlées dans la formation de r^rusque (1). Dans cette Italie si diversement habitée, la fleur de la civilisation ne pouvait donc sortir d'un germe bien pur de tout alliage. Les Apennins seuls, peuplés de hordes grossières, et s'avançant jusqu'au milieu de l'Italie^ s'opposaient déjà à cette unité de puissance et ^ goût national qui, pour tous les établissements humains,

(1) Voir PûMerH Paraiipom, ad Demsîery etc.

iâ PHILOSOPHIE DE L*HISTOIRE.

est une condition essentielle et première de force et de durée; même dans les derniers temps, aucune contrée ne causa autant de fatigues aux Romains que lltalie, qui n'attendit que le moment de la ruine de leur puissance, pour reprendre ses anciennes divisions, son état naturel. Cette division, d'ailleurs, était naturellement indiquée par la disposition du sol, les contours sinueux des montagnes et des rivages, la variété des caractères nationaux. Aujourd'hui même, que la politique tend à tout ramener à xme même forme, l'Italie est encore le pays de l'Europe qui présente le tableau des divisions les plus tranchées. Bientôt les Étrusques se virent assaillis de toutes parts par leurs voisins; et comme ils étaient -plutôt un peuple commerçant que guerrier, leur art militaire, quelque perfectionné qu'il fût, dut céder devant les attaques brusques et réitérées de quelques nations barbares. Les Gaulois leur enlevèrent l'Itahe supérieure et ils se trouvèrent ainsi renfermés dans l'Étrurie proprement dite ; plus tard même, leurs villes coloniales de la Campanie leur furent ravies par les Samnites. Peuple qui honorait le commerce et cultivait les arts, était-il en état de résister à des tribus aussi nombreuses que grossières et barbares? D'autant plus que les arts et le commerce traînent à leur suite la mollesse et la volupté et qu'une molle langueur s'était appesantie sur les riants rivages de l'Italie. Enfin les Romains, dont malheureusement ils étaient trop près, fondirent sur eux; malgré leur héroïque résistance, leur civilisation et leur union fédérative devaient succomber. A demi amollis, ils avaient à combattre les Romains, vaillants et rudes guerriers qui avaient su les désunir au point que leur fédération ne leur fut d'aucxm secours au moment du danger. Divisés, attaqués isolément, ils furent soumis, bien qu'ils se défendirent avec valeur. A la même époque, paraissent les Gaulois sur un point opposé;

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