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LIVRE XVI. — CHAPITRE I

ses rayons les plus éclatants sur ce pays, à qui la France est redevable de plus dW beau génie. Il serait à désirer que la langue, les mœurs, Thistoire d'un peuple si brave et si actif nous fussent mieux connues et que, de même que ce qui a été fait par Macpherson pour les Gallois, un second Larramendi le fit pour les Basques, en recueillant les restes épars de leur génie national (1). Il est probable que c'est chez eux qu'a été conservée la tradition de cette célèbre bataille de Roland qui, reproduite par l'épopée monacale de l'archevêque Turpin, a donné naissance dans le moyen âge à tant de romans et de poèmes; au moins leur pays, semblable à l'antique Troie, a-t^il longtemps servi de pâture à l'imagination des peuples en lui présentant tant d'aventures qu'on croyait véritables.

Les Gallois, qui sous le nom de Celtes et de Gaulois, furent toujours plus connus et plus renommés que les Celtes, eurent le même destin. Possesseurs en Espagne d'une contrée riche et étendue, ils engagèrent, pour la conserver, une lutte glorieuse avec Rome ; dans les Gaules, auxquelles ils donnèrent leur nom, ils tinrent César en échec pendant six ans, et, dans la Grande-Bretagne, leur résistance fut telle, que les Romains durent finir par abandonner l'Ile. En outre, i'Helvétie, l'Italie supérieure, le midi de l'Allemagne, le long du Danube jusqu'à l'Illyrie et la Pannonie, étaient enpartie occupés par leurs tribus. Dans les premiers temps, les Romains n'eurent pas d'enjiemis plus redoutables. Leur Brennus mit Rome en cendres et fut sur le point de mettre une fin prématurée aux exploits de cette cité qui devait asservir le monde. Un parti

(1) Larramendi, dans son ouvrage si étendu sur la perfection de la langue basque, ne pouvait songer à rien de semblable. g§ IS-iO.

V Histoire de la Poésie espagnole, de Diege, p. 111, fait, du i'este, #'*galement voir que le môme reproche s'applique à son Arle del Basfjucnce.

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des leurs pénétra jusqu'en Thrace, en Grèce et en Asie- Mineure, où ilslse rendirent plus d\Lne fois redoutables sous ' le nom de Galates. Mais où rétablissement de la nation présenta plus de cbances de durée et quelque apparence de culture, ce fut dans les Gaules et les îles britanniques. Là florjssaient leurs druides et leur religion druidique ; là se formèrent ces institutions dont la Bretagne, llrlande et les îles voisines montrent encore les monuments dans d'énormes monceaux de pierres ; semblables aux pyramides d'Egypte, ces monuments doivent sans doute durer encore des milliers d'années, et ils resteront probablement toujours aussi une énigme pour la postérité. Une forme de constitution civile et militaire, propre à eux seuls, se maintint jusqu'au temps où les Romains, la trouvant déjà ébranlée par les discordes intestines des chefis, achevèrent de la détruire. Ils avaient sur la nature et sur l'art des idées en rapport avec leur condition; ils avaient surtout aussi ce qui fait l'âme des peuples barbares, des chants et des poèmes. Dans la bouche de leurs bardes, ces hymnes servaient à célébrer la valeur et les hauts faits des ancêtres (1). A côté de Cé3ar et de ses armées si perfectionnées, ces nations semblent, à la vérité, à demi sau-

(1) En dehors de ce qui a été recueilli ou inventé, touchant les Celtes, par d'anciens écrivains, tels que Pelletier, Pegron, Martin, Picard, etc., et de ce qui a été dit sur Torigine et les institutions des habitants indigènes des Iles britanniques par des Anglais, des Écossais, des Irlandais, tels que Barrington, Cordiner, Henry, Jones, Macpherson, Maiblaud, Lhwyd, Owen, Shaw, Vallency, Whitaker, etc., nous pouvons citer un ouvrage allemand dont la critique est de beaucoup supérieure à celle de tous les auteurs que nous venons ô.*èji\imèTeT:c*esiVHistoiredelaGrande' Bretagne, par Sprengel (continuation de Y Histoire universelle, t,XLVII). Dès le commencement il dévoile une foule d'erreurs qui avaient cours depuis longtemps concernant les Gallois et les Cimbres, et il décrit en . peu de mots, suivant son habitude, et avec beaucoup de justesse, les monuments historiques des Bretons.

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