LES BASQUES, LES GALLOIS ET LES CIMBRES
De ces nombreuses tribus qui ont habité jadis la péninsule ibérique, celle des Basques est la seule qui ait survécu depuis la plus haute antiquité : dispersés aux pieds des Pyrénées françaises et espagnoles où on les retrouve encore aujourd'hui, ils ont conservé jusqu'à ce jour leur langue originale, une des plus anciennes du monde. Il est probable qu'ils ont occupé jadis ime grande partie de l'Espagne, comme l'indiquent, malgré toutes les altérations qu'ils ont subies, une foule de noms de fleuves et de villes de cette contrée (1). Môme le mot Silber (argent) doit nous venir d'eux, c'est-à-dire le nom du métal qui , avec le fer, a été l'instrument de la plupart des révolutions de l'Europe et du monde. Suivant la tradition. l'Espagne fut,
{!) Voir InvesUgaziones JUstoricas de las Àntiquedades de Navarra^ por Moret, Pamplona, 1665, Lib. L Oihenarti, Notitia utriusque Vasconiœ^ Par. 1638, Lib. I, et particulièrement Larramendi, Diccionaria tfiUngu€i de las perfecciones de el Baseuence, p. 2.
en effet, la première contrée de TEurope qui exploita ses mines; voisine des Carthaginois bt des Pliéniciens, ce fut le premier Pérou pour les premières nations commerçantes de cette partie du monde. Les peuples mêmes qui nous sont connus sous les noms de Yascons et de Gantabres sont représentés dans Thistoire de l'antiquité comme yi&i actifs, braves, passionnés pour la liberté. Ils accompagnèrent Annibal en Italie, et leur nom même est pour les poètes romains un objet de terreur. Alliés aux Celtes de TËspagoe, ce sont eux qui rendirent si difficile aux Romains l'asservissement de cette contrée. Auguste fut le premier qui pût en venir à bout, et encore seulement en apparence, puisque tous ceux qui ne voulurent pas se courber sous le joug de Tesclavage s'enfuirent dans les montagnes. Lorsque les Vandales, les Alains, les Suèves, les Goths et d^autres nations teutoniques commencèrent leurs sauvages incursions dans les Pyrénées, en fondant à la hâte quelques royaumes dans le voisinage, ils surent bien montrer qu'ils étaient restés le peuple brave et impatient du joug que la domination romaine n'avait pu dompter ; plus tard, quand Charlemagne, après avoir battu les Sarrasins d'Espagne, traversa leur pays, ils les trouva tels qu'avaient été leurs pères ; et ce furent eux qui, par une attaque imprévue, consommèrent la déroute de Roncevaux, si célèbre dans les romans du moyen âge, et où périt le grand Roland. Ils soutinrent contre les Francs en Espagne et en Aquitaine des luttes aussi acharnées que celles qu'ils avaient soutenues jadis contre les Suèves et les Goths; ils ne laissèrent de trêve aux Sarrasins qu'ils n'eussent arraché leur patrie de leurs mains, et leur caractère resta le même, dans les siècles de la plus profonde barbarie, et même sous le joug des moines. Enfin, lorsqu'après ime longue nuit, on vit se lever sur l'Europe l'aurore de la science, la poésie des Provençaux projeta