‹ Philosophie de l'histoire de l'humanitéChapitre 69 sur 208 · LIVRE XVI. — GMMTEEj · texte numérisé non relu

LIVRE XVI. — GMMTEEj

Les Cimbres, ainsi que kur.ncHXL Tindique, habitaient des montagnes; et, en admettant qu'ils fassent les mêmes que les Belges, nous les réncoïi^ppife le long des bords occidentaux du Rhin, depuis les Alpes jusqu'à son embouchure; peut-être aussi s'étendirent-ils jadis jusqu'à la Chersonèse cimbrique qui, dans l'origine, était probablement mie contrée beaucoup plu? étendue. Harcelés sans cesse par les tribus germaines, et refoulés peu à peu sur les rivages de la mer, ils poussèrent à leur tour les Gallois dans la Grande-Bretagne et s'emparèrent bientôt des côtes orientales et occidentales. Comme d'ailleurs leurs tribus entretenaient des relations entre elles des deux côtés de la mer et que, dans plusieurs arts, elles avaient plus d'expérience que les Gallois, leur situation même devait les poussa à exercer la piraterie. Ils semblent néanmoins avoir'ét^ plus sauvages que les Gallois, et leurs mœurs ne s'adoucirent guère sous le joug des Romains. Dès que 0eux-ci*eurent abandonné l'Ile, leur barbarie s'accrut entore et ils tombèrent dans un tel état de faiblesse, qu'ils fuient obligés, tantôt de les rappeler à leur secours, tantôt de recourir à l'appui mercenaire d'une armée de Saxons, appui qui leur coûta cher : dispersées en hordes, ces bandes gonnaines mirent le pays à feu et à sang ; ni les hommes,

Tautre- ne cherche à établir ses droits en publiamt les plus beaux poèmes d'Ossian avec le chant original, qui paraît s'être conservé dans le peuple. U serait difficile, du reste, de les inventer; et ces poèmes, reproduits dans Tidiome natif, accompagnés d*un glossaire et de quel* ques notes, non-seulement se serviraient de preuves à eux-mêmes, mais aussi nous feraient mieux connaître la musique, la langue, la poésie des Gallois que toutes les démonstrations de leur Âristote, Blair. Non-seulement les admirateurs indigènes du poète trouveraient dans une semblable anthologie gallique une sorte d'ouvrage classique, qui conserverait ainsi les plus beaux modèles de la langue, mais les étrangers y trouveraient une importante source d'ètndes, et ce livre serait toujours d'une haute utilité pour l'histoire de l'humanité.

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ni les choses ne fardai èp%Tgùé&m Le pays entier fut changé en désert, et à la fin nous trouvons les restes des malheureux CinibreU réfagfés à la pointe occidentale de TAngleterre, dans les montagnes du pays de Galles et de Comwaille et dispersés jusqu'en Bretagne.

Ce fut une haine sans égale que celle que conçurent les Cimbres contre les traîtres Saxons, une haine qui, loi|i de s'éteindre, s'alimenta et se conserva vivace pendant de longs siècles jusqu'au fond des montagnes où ils cachaient leur existence. C'est là , dans leurs .sauvages solitudes qu'ils conservèrent leur indépendance, le caractère natif de leur langue, leur gouvernement et leurs mœurs, dont nous retrouvons quelques traces dans l'ordonnance qui réglait la cour des rois et des officiers (1). Mais entretemps leur fin approchait. Le pays de Galles fut conquis et réuni à l'Angleterre. La langue des Cimbr^*seiale se conserva et subsiste encore de même qu^ Bretagne, mais tellement mutilée qu'il faut s'empresser de fixer «l gnôios son caractère dans des hvres (2); car il est hors de ^oute que, de même que toutes les langues parlées parades peuples asservis et détruits, elle périra infailliblement, et, très-probablement, d'abord en Bretagne. Suivant le cours naturel des choses, les caractères des peuples »'effac^ peu à peu, leurs traits s'altèrent et, jeté§ dans le creuset des temps, ils s'y confondent en masses inertes ou s'y purifient pour recevoir une empreinte nouvelle*

Ce que les Cimbres nous ont laissé de plus remarquable, et ce qui a agi le plus fortement sur l'imagination des hommes, c'est leur tradition du roi Artur et des Che-

(1) Sprengd^ BUUnre de la Grande'BreUxgne, p. 379^^03*

(2) Y. fiorlare. Ballet, Lloyd, Rofliranen, le Drigant^ Ui tradvcUon de I* Bible, etc.^ les traditions poétiques du roi Artur et de ses com* pagnom n'ont cependant été jusqu'ici que très-peu étadiées dans leurs formes originales.

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