LIVRE XV!. - CHAPITRE II
ne sait pas jusqu'oui» les Finnois se sont avancés en Norwége et en Suède ; ce qui fest positif, c'est qu'ils furent sans cesse refoulés par les Germains Scandinaves vers les . frontières du Nord (pi'ils occupent encore aujourd'hui. C'est sur les côtes de la mer Blanche et de la Baltique que leurs tribus 'paraissent avoir été le plus actives, puisqu'elles se livraient à la piraterie et à un petit commerce d'échange. Dans la Permie ou Biarmie, leur idole Jumala avait Tin temple d'une magnificence barbare. C'était là le point de réunion du plus grand nombre des aventuriers de l'Allemagne du* nord qui s'y rendaient pour des échanges, pour piller et lever des tributs. Jamais cette race n'a pu s'élever à un état complet de maturité, et cela, non pas en raison de leurs facultés, mais en raison de leur situation : ils n'étaient pas guerriers comme les Germains; car, aujourd'hui même, après de si longs siècles ji'oppression, toutes les traditions, tous les chants populaires des Lapons, des Finnois et des Esthoniens témoignent de leurs goûts pacifiques. Comme aucmi lien commun n'unissait la plupart de ces tribus, qui souvent même n'avaient aucune forme d'institution pohtique, il arriva, ce qui ne pouvait manquer d'arriver, lorsqu'ils furent heurtés par d'autres peuples, que les Lapons furent chassés vers le pôle nord; les Finnois, les Ingres, les Esthoniens, réduits en esclavage ; les Livoniens, presque exterminés. Voilà quel fut le sort des nations des bords de la Baltique : triste page dans l'histoire de l'humanité.
Les seuls peuples de cette race qui se soient rangés parmi les conquérants, sont les Hongrois ou Madgyars. «Il' est probable qu'ils s'établirent d'abord dans le pays
et Thistoire ancienne des peuples du Nord. Il fait vivement désirer de voir recueillir les divers travaux du même genre de Ihre^ Suhm, Lagerbring.
des Baskirs, entre le Volga et le, JâjDk:; Us fondèreoft alors, entre la mer Noire «t le Yolga, un rojaiyue hongrois qui se démembra Jbientôt. Après cela ils furent assujeUis fsa les Khazares ; Xes P^tcbénègues \m dispersèrent-coiottae Sb fondaient le royaume de Madgyars sur les frontières de k Perse et que, malgré la guerre acharnée que leur faâisaieÉt lesBulgares, Us pénétraientenBurope divisésfiiisq^hordes. Repoussés par ces derniers, ils courent au secoursdéreDq)^' reur Axnolphe qui les avait appelés pour mar^eher contre Jâi Moraves* De la Pannonie, ils font irruption en Momyie, ^ Bavière, dans la haute Itahe, qu'ils ravagent impitoyablement. Ils mettent à ieu et à sang la Thuringa, la Sas^ h Franconie^ le pays de Hesse, la' Souabe, TAlsace, la France et enfin Tltalie. Us imposent un tribut honteux aux empereurs d'Allemagne, jusqu'à ee qu'enfin, réduîls par la peste et par les terribles dtfaâtes de leurs armées ^&i Saxe, en Souabe, en Westphalie, ils jae fussent pins ua^ objet de crainte pour les Allemands, et que laUongiie elle-même fût jointe aux domaines apostoliques. Itaïait»nant -qu'ils sont m^és à des Slaves, à des Grermains, z des Yalaques et à d'autres peuples^ et qu'ils ne tosnmgjjÈ que le plus petit nombre des habitants, il est probable que dans peu de siècles ixx ne retrouvera plus de traces de leur langue.
Les Lithuaniens, les Courlandais ei les LetUmi^iis «ol une origine fort incertaine; selon toute probabilité, ils furent peu à peu refoulés jusque sur les riv^tges de la Baltique. Malgré l'altération qu'a subie leur langue, eUe conserve encore un caractère particulier et seooble fille d'une mère née elle-même dans des contrées plus élcô^ gnées. Entourée des peuples germains, slaves et finnois, la paisible race lettonienne ne pouvait s'étendre bien loin, encore moins se polir comme ses voisins les Prussiens : ce qui lui fit le plus de mal, à eux et à tous les habitanis de