‹ Philosophie de l'histoire de l'humanitéChapitre 97 sur 208 · LIVRE XVII. — CHAPITRE II. i · texte numérisé non relu

LIVRE XVII. — CHAPITRE II. i

Église, cependant des fables servent souvent à jeter la lumière sur des traditions de ce genre (1 ).

Ce fut par l'autorité du nom des apôtres que TÉglise dé Jérusalem acquit sa grande influence sur les autres assemblées chrétiennes : Jacques, frère de Jésus, homme sage et vénérable, l'ayant Icmgtemps présidée, il est probable que sa forme servit naturellement de modèle aux autres. Modèle juif, par conséquent ; et comme chaque ville, chaque province des premiers temps du christianisme voulait être convertie par un apôtre, on vit surgir de tous côtés des imitations de TEglise de Jérusalem, des assemblées apostoliques. L'évèqùe, à qui un apôtre avait conféré Tonctioh de l'Esprit Saint, prit sa place et même son autorité ; cette puissance spirituelle qu'il avait reçue, il la partagea à son tour avec d'autres et devint bientôt une espèce de grand -prêtre, \m médiateur entre Dieu et l'homme. De même que lô premier concile de Jérusalem avait parlé au nom du Saint-Esprit, de même agirent les autres conciles; aussi est-on efiTrayé de voir la rapidité avec la^quelle' les évoques obtinrent la suprématie spirituelle dans plusieurs provinces asiatiques. L'autorité des apôtres, en se transmettant visiblement aux évoques, donna une forme aristocratique à la plus ancienne constitution de l'Église, forme qui renfermait déjà le germe de la papauté et de la hiérarchie du moyen âge. Ce que l'on dit de la pureté virginale de l'Église pendant les trois premiers siècles est ou inventé ou exagéré.

Dans les premiers temps du christianisme, on retrouve une philosopliie orientale qui s'étendit au loin et qui, con-

(1) Les documents les plus nouveaux et les plus positifs concernant cette secte se trouant dans Touvrage de Norberg : Comment, de relig, et lingua Seibœrum, 1780. Il devrait ètce imprimé avec VEsscU de Walch et d'autres, comme cela se faisait dans les plus anciens recueils.

PHILOSOPHIE DE l'hISTOIRE, T. III. iS

i%î PBILOSOraiE DE LinsToim.

sidérée de plus près, n'est qu'une branche 4e la doctrine éclectique ou néo-platonicienne, telle qu'elle pouvait se produire dans ces temps et dans ces circonstances. Elle enlaça de ses formes le christianisme et le judaîte^me, sans pourtant être née d'eux et sans leur apporter aucun fruit. Dès le principe,, les chrétiens flétrirent les gnostiques du nom d'hérétiques; ceux-là ne pouvaient souffrir au milieu d'eux ces écoles de sophistes, dont la plupart nous seraient restées inconnues si elles n'étaient inscrites sur les tables du schisme. La conservation de leurs écrits eût été dési** rable en ce qu'elle eût permit la comparaison de leurs doctrines avec le canon du Nouvoau-Testament. Il résulte des quelques opinions de cette secte nombreuse qtii sont parvenues jusqu'à nous, qu'elle tentait, par des moyens grossiers, de mêler au judaïsme et au christianisme les fictions du platonisme oriental touchant la nature de Dieu et la création du monde, et de former ainsi, le plus souvent à l'aide de noms allégoriques, une théologie métaphysique, une théodicée et une philosophie morale. Bien que dans l'histoire de l'humanité on ne connaisse ni sôhism^ ni hérésie, cependant ces informes essais n'en sont pas moins dignes de ses recherches et de ses méditations. Il est heureux pour le christianisme que de telles rêveries ne soient jamais devenues sa doctrine dominante : toutefois, après tous les troubles que cette secte a produits dans l'Eglise, une recherche purement philosophique des sources d'où elle a tiré ses idées, de ses intentions, de ses effets, ne serait t>as inutile à'rhistoire de l'esprit humain (1).

La doctrine de Manès, qui voulait fonder un christianisme parfait, s'étendit beaucoup plus loin. Le maître périt,

(i) Lêfl âerito de Beamabre, Moihdm, Bnicker, • Wakk, Jablonski, Seml«r, ont agrandi bob yii^ à ce «ujet et les ont pendues plas pr^ cises.

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