FORME DES PARTIES DU CERVEAU
ialermédiaire, le cerveau moyen et l'arrière-cerveau. Au contraire, le cerveau postérieur ou cervelet a déjà considérablei^ent étendu sa sphère d'action chez les amphibies et les mammifères inférieurs. Le cerveau antérieur, ou lés hémisphères cérébraux, prend chez les mammifères supérieurs une si grande importance pour toutes les facultés perceptives, que sa destination priginelle comïne centre olfactif n'est plus remplie que par une partie très-restreinte de son volume.
D'après les expériences de Gudden, le cerveau d'oiseaux nouveau-nés, auxquels il avait enlevé les yeux, cessait de se développer; chez les lapins, au contraire, le développement du cerveau n'était pas arrêté par cette opération. Cela montre combien est importante pour la vie intelligente de l'oiseau l'action fovorable que le sens de la vue exerce sur le fonctionnement des tubercules quadrijumeaux, si on compare l'oiseau aux mammifères. Qu'on fasse, au contraire, la section du nerf olfactif aux chiens nouvenu-nés, ils deviennent incapables de développer leur intelli<>:ence ou leur sensibilité; il font l'impression d'individus indiiTérents et sans intelligence : on voit combien la vie intelligente de ces mammifères dépend du sens olfactif.
Si nous considérons maintenant que l'intelligence développée par le cerveau intermédiaire et le cerveau antérieur ne présente, comme nous l'avons vu dans la partie précédente, que des dillérences de degré, le hasard semblerait dans une certaine mesure avoir fait que le cerveau antérieur ou le ganglion olfactif, et jion pas les ganglions tactiles, visuels ou auditifs, ait atteint un si haut développement chez les animaux supérieurs. Les groupes de cellules ganglionnaires, en effet, qui se sont réunis au ganglion olfactif primitif, sont devenus comme un centre universel, où non-seulement l'organe olfactif, mais encore les autres organes de sens, et presque toutes les parties du corps et les centres inférieurs trouvent une sorte de représentation centrale. Ce ne serait pas expliquer suflisammenl le fait en question que d'insister sur l'importance vitale de Torgane
olfactif. Il semble préférable de faire remarquer que le cerveau anlérieur est comme le pôle opposé de la moelle épinière et de la moelle allongée; que, par rapport au point central ou au centre de gravité du système nerveux central, il est placé justement à la périphérie. Cette remarque, en apparence paradoxale, cache pourtant un sens profond. De même que le système nerveux dans sa totalité dérive, au point de vue du développement spécifique et embryonnal, du feuillet épiilermique et sensilif, c'est-à-dire de la périphérie extrême de l'organisme; ainsi la partie du système nerveux central, qui donne naissance au centre spirituel de la conscience de soi, doit avoir la nature d'un organe périphérique pour l'organisme comme tel et pour sa vie organique.
Pour l'organisme comme tel le centre de gravité du système nerveux central n'est placé ni dans la moelle épinière trop peu active, ni dans les deux grands hémisphères, dont l'activité intelligente et consciente accuse une finalité qui dépasse les fins immédiates de la vie organique, mais dans les parties situées entre le cerveau anlérieur et la moelle épinière. Ce sont elles qui président à tous les processus réflexes de l'organisme, et accommodent ses diverses fonctions vitales aux circonstances extérieures d'après les indications des perceptions sensibles. Ce fait trouve son expression anatomique dans cet autre, que dans les ganglions cérébraux et la moelle épinière, les groupes de cellules ganglionnaires se disposent en masses centrales de moelle et envoient des filets conducteurs vers la périphérie; tandis que dans les hémisphères grands et petits la masse grise forme une couche corticale externe, vers laquelle convergent les filets conducteurs qui émergent des parlies centrales du cerveau dans des sens opposés. Cette opposition n'est pas encore claiiement manifeste dans le cerveau plus compacte ou moins creux des poissons et des amphibies. Ici, la masse entière des hémisphères est encore mêlée avec la substance grise qui est répartie très-irrégulièrement; on a comme le degré intermédiaire entre la forme nucléaire et la forme