FORME DES PARTIES DU CERVEAU
VII. — DE LA FORME DES KaRTIES DU CERVEAU ET DE SA SIGNIFICATION
La signification morphologique des diverses parties du cerveau a reçu des recherches simultanées de rembrvoloffie et de l'anatomie comparée une évidence incontestable, et a été constatée pour la première fois par Baer. Chez les vers inférieurs, par exemple les lurbellaires, tout le systèpie nerveux central consiste dans la paire supérieure des ganglions pharyngiens, d'où partent des filets nerveux qui rayonnent vers les diverses parties du corps; chez les annélides et les articulés, le nœud pharyngien supérieur s'élargit en un anneau pharyngien, qui, à son tour, s'allonge en moelle abdominale. Chez les larves des ascidies, chez 1 amphioxus et les vertébrés, le nœud pharyngien supérieur s'allonge au contraire en moelle épiniére. Chez la larve de l'ascidie et Tamphioxus, la moelle épinière est encore un (îordon simple, uniforme, dont l'extrémité antérieure paraît semblable à l'extrémité postérieure. 11 faut l'examiner attentivement pour y découvrir à la partie antérieure une faible protubérance vésiculaire. Chez les cyclostomes (Myxine et Petromyzon), celte vésicule se gonfle en forme de poire»à mesure que l'embryon se développe, et constitue ainsi l'origine du cerveau des vertébrés. Elle se différencie ensuite en se décomposant en une série de vésicules placées en ligne droite les unes derrière les autres. Ce processus d'étranglement se reproduit dans le développement embryonal de tous les vertébrés sans exception.
Trois parties se développent tout d'abord : le cerveau antérieur, le cerveau moyen et le cerveau postérieur (chez les vertébrés supérieurs, l'ampoule des hémisphères, les tubercules quadrijumeaux et le cervelet). Le premier se présente alors comme ganglion olfactif, le second comme panglion visuel, le troisième comme ganglion auditif. Mais
516 PHYSIOLOGIE DES CENTRES NERVKl'X.
la différenciation s'accuse bienlôt davantage. Du cerveau antérieur se détache le cerveau intermédiaire (couches optiques) ; et du cerveau postérieur, l'arrière-cerveau (moelle allongée). Le premier de ces organes peut être défini comme un organe plus délicat pour les perceptions du toucher; et le dernier constitue le centre automatique par lequel sont régularisées les fonctions compliquées de l'organisme qui sont nécessaires à la vie. Chez les cyclostomes ces cinq parties sont disposées en ligne droite les unes derrière les autres; elles ont à peu près la môme importance, et se conservent sans modification essentielle. Les poissons cartilagineux présentent surtout un développement sensible du cerveau moyen et de l'arrière-cerveau ; les vertébrés supérieurs, au contraire, celui du cerveau antérieur et du cerveau postérieur : le premier y recouvre entièrement le cerveau intermédiaire et moyen, le second l'arrière-cerveau. Une différence de même nature se remarque entre les reptiles et les oiseaux, d'un côté, et les mammifères, de l'autre. Chez les premiers, le cerveau moyen et la partie moyenne du cervelet sont relativement assez développées; chez les derniers, le cerveau anlérieur se développe de plus en pins au détriment de toutes les autres parties, au point qu'il finit, chez les singes et chez l'homme, par recouvrir entièrement le cerveau postérieur (1).
Dans le cerveau humain, au cerveau antérieur appartiennent les deux grands ' hémisphères, le corps slrié, l^ corps calleux, la voûte; au cerveau intermédiaire, la couch»» optique, et les autres parties qui entourent le troisième ventricule, avec l'infundibulum et le conarium; au cerveau moyen, les tubercules quadrijumeaux, l'aqueduc de Sylvius; au cerveau postérieur, les hémisphères cérébelleux »*f le ver moyen; à l'arrière-cerveau, la moelle allongée avec le sinus rhomboïdal (ou quatrième ventricule), les pyramides, les olives, etc. Les fonctions originaires des cinq parties se sont conservées sans modification pour le cei'veau
(Ij Voir Hflpckcl, Anthropogmie, p. 5i1-52îK