‹ Philosophie. De la Connaissance de l'ÂmeChapitre 11 sur 33 · DÉ»^0«S^^\AT^PN A^ L'^Ik^^WTA^T^fc · texte numérisé non relu

DÉ»^0«S^^\AT^PN A^ L'^Ik^^WTA^T^fc

sa liberté. La mort doiic ne pq^irrait-elle pf^s être un sommeil éternel ?

C'est la seule question ^ poser. Ce qui est ce^tain immédiatement , c'est que Tâme ^ s^ e^e est , sera. Tant qu'elle sera, e^le sen^ libre et intelligente, au mên[ie titre qu'un cercle ou qu'un triangle aur^ tqujpurs les propriétés qiii ré^^)t^t de sop esis^nçe. L'âme se^-îj donc toujours actuellement cftpsiblf^ d'intelligence et de volontç. Dè^ que c^tte c^p^tcité passera en acte, l'âme ^ aura cpnstcience, et, par c?U même, consci^çe 4f5 spn idftntité if^dividuçUe. Mais nç se pfiiU-U p^». qu'une amfi soit condamnée au sommeil pour toute l'éternité?» Là est tqute la question.

Qr, si c'e^t là toutç la qwfistiqn, on aperçoit ^'abo.rd qu'elle pe sera pas difficUe k résoudre. C^x s'agit-il d'uwe âpie, de qu^lqu^ âmes, ou de tout^ les âmes? S'il ne s'agit pas de toutes les. âmes, si une seule âme reste éveillée, l'immortalité de l'âme est gagnée, en principe. Il faut donc que ce soit toutes les âmes ; il faut admettre que toutes les âmes créées, quoique pouvant être éveillées, comme leur existence actuelle le démontre , quoique devant toujours rester capable» de réveil, toujours esseii« tiellement intelligentes et )ibves, cependant dormiront toujours^ et n^esierceront phis jamais n\ odle

DÉMONSïflATïON DE L'IMMORTAUT^ ?27

intelligence, ni cette liberté qu'elles posi^dent, et qu'elles auront toujours en germe et en puissance.

Méditez cette supposition, et yous comprendrez qu'elle est fansise.

L'âme qui est , qui est spirituelle par essence , c'eat-4-dire capable, p^v et^seuce, de liberté, de cou^ cience et d'intelligence, qui est inexterminable, comme tout ce qui est, ou qui du ipoins, pour êtye £(néantie deiu^nderait l'intervention de la toutepuissance divine, c'estrà-dire une parole de con^rar fiction que Dieu prononcerait sur sa parole de création ; J'âme, dis-je, capable de conscience, d'intelligence, de liberté, aurait pour fin d'être et de deflf^eurer, éternellement sans conscience, intelligence ni Ul^^^té, et sans exercice actuel de ses forcer et de ses^ qualités essentielles, après avoir été î^ppe^ée à les développer pendant un temps.

VoU^i la suppo.sition qu'il faut faire.

Ëst-il bien téméraire d'affirmer qu'une telle auppostitioin e^t dénuée de sens ?

QUQi ! la providence du père des hommes se réduirait» en ce qui concerne la création, à veiller, pendant l'éternité, sur un immense chî^mp de mort rempji des tombes de ses enfants, ou bien encore, eu admet^nt Iç mot ç^u Cbrist : c^ Ije n^onde e$t Iç

« champ, et mon père est le laboureur, » il y aurait un divin laboureur qui, après avoir créé et défriché le champ , et avoir fait lever une moisson d'àmes, reprendrait la moisson entière pour lare^ mettre dans les sillons , et par sa toute-puissance, défendrait à chacun des germes, sans exception, de percer la terre et de revenir au jour, lui enjoignant de rester clos, malgré la fermentation de la vie, et l'inévitable présence de l'éternel soleil!

Certes tout cela est encore impossible, et il n'y a plus qu'un seul et dernier refuge pour l'adversaire de Timmortalité telle que l'entend le genre humain , c'est d'admettre l'immortalité des âmes^ leur renaissance après la mort, leur réveil éternel, ou tout au moins périodique, mais de nier la persistance de la conscience et la mémoire des âmes.

C'est-à-dire qu'il faut ôter à Fâme une de ses facultés, la mémoii^. Il la faut nuitiler, et il faut admettre qu'une àme puisse avoir la conscience d'elle-même , sans reconnaître son identité. Mais la conscience de soi n'est que la conscience de son iilentité, ou du moins la conscience du moi est esstnitielleœent et d'abord conscience de cette identité« A^'oir conscience de soi, c'est se connaître, je veux dire se reconnaître, comme je connais un homme quand je le reconnais à son visage. Sup-

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posez que je cesse de me reconnaître à chaque instant, je n'ai plus la conscience du moi. Supposer qu'on ait conscience de soi , sans avoir la conscience de son identité, c'est une supposition aveugle qui ne se comprend pas, que les mots posent, mais que leur sens ne peut porter. L'âme , étant identique à soi, comme tout ce qui est, avoir conscience de l'âme, c'est, avant tout, la reconnaître comme identique , de même que le degré le plus superficiel de la connaissance d'autrui, c'est de reconnaître sa face, c'est-à-dire son identité. Si Tâme a conscience d'elle-même quelque peu, ce qu'elle saura d'abord , c'est qu'elle est elle. Quand j'ai conscience de moi, ce que je sais d'abord c'est que c'est moi.

Toutes ces suppositions désespérées, ces subter^ fuges pour éviter la foi universelle du genre hu*main, ne sont que le travail stérile d'esprits vains et malades, qui ne sont pas en possession des pleines lumières de la raison.

Ces arguments abstraits, ces raisonnements sans entrailles, et surtout cette tendance à la négation, ne sont point la vivante lumière de la raison. C'est

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une sorte de lumière décomposée, isolée de sa chaleur et de sa force.

Un penseur excellent â dit : oc 11 fâut éviter dabfe « nos opérations intellectuelles tôltt êe qili séparé « TéSprtt de Tâmë. L'habihidé dil ràisdtirifemeht a abstrait a ce terrible inconvénient. » Inutile d'ajouter tjue Tinconvénient: est terrible en ce qu'il déiôuriife l'esprit du beau, du bien, du vt-ài.

tieprenôtis donc la question de l'immortalité dé l'âme , avec botre âme ehtière , et noti plus avec riotre esprit seulement ; avec tontes nos forces unies, et dans le plein, dans le réel, dans le solide de la vie totale. Mettons-nous bien en face de Dieu, eh face de l'âme, esprit et cœur, et en face de l'histoire du monde présent. Sortons de l'abstrait ; entrons dans ce qui est. Laissons, quoiqu'il soit assez fort pour lier les sophistes, laissons ce fil tout linéaire du raisonnement séparé , qui n'enveloppe jamais aucun objet, à moins de dérouler autour de cet objet un nombre infini de cercles , opération qui n'est pas terminable. Quittons ces lignes pour entrer dans la substance et dans la profondeur, dans l'âme vivante sous l'influence et sous le sens de Dieu.

En face de Dieu, c'est-à-dire si ron croit en Dieu , qu'est-ce que l'immortalité ?

DÈMôwstfeÂfiôifi faE L'iMuioiitÂtîTfi. isi

Ou Dieti agit sâhs but, ou rdeuvrë de Dieu, la création, est iihé société d'âmes destinéeis à râmoUr. Dôtic les âîhes destinée^ à s^aitner, ne sont pas des-^ titièës à cesser dfe s^âimei^, en ô'éhdorthàht dans la mort éternelle. Donc elleé soht ihimortelles, dans le Sens où nôlis rëhtèhdôns tous.

Dieu nous donne à tôuà le seris, Tinstirict et lé besoin de rimhibrtaliké ; est-ce pour nous tixîmper ? Dieii nous â iFait goûter la vie; est-ce pour nous rôter quand noufe eu avons Jiris le goût ?

t)ieu est bon , sage et aimant : bon comme uîi hotntiie qui le séî'àit infiniment, aimant comitie uii père bu iilié mère dont 1 âmoUr ii'aiirait aucunes bornes. Dieu nous a créés par amour. Il gouverne sa création. Il la surveille, la bénit, la développe par la plus sage éducation , l'embellit par la vie croissante, là glorifie par une lumière et un amour toujours rehouvelé. 11 n'en peut pas être autrement si Dieu est Dieu, c'est-à-dire si l'Être est.

Le doute SUr ces grandes vérités ne vient que de la faiblesse maladive des cœurs, sourds aux inspirations de Dieu, et de l'état encore inculte et barbare des esprits, incapables de suivre jusqu'au bout les saines et fortes lumières de la raison.

I^a condition unique de la vie croissante et éternelle des âiiies, c'est leur dorisëntement à l'amour

libre donné de Dieu. Admettons, ce qui est assurément inévitable, que plusieurs ne donnent point leur amour et se fixent dans Tégoïsme, peut -on croire qu'aucune âme ne choisira l'amour, et ne se donnera librement à Dieu? C'est impossible. S'il avait dû en être ainsi, Dieu certainement n'eût pas créé. Donc je vois clairement, et cela ne peut pas ne pas être, que s'il y a des âmes qui doivent s'enfoncer dans la mort en s'écoulant toujours vers le néant sans l'atteindre jamais, il en est qui croîtront dans la vie , en s'élevant toujours vers l'infini qu'elles n'atteindront jamais, qu'elles ne seront jamais, mais qu'elles posséderont, et qui les grandira sans bornes.

D'où il suit encore clairement que la négation de l'immortalité de l'âme ne peut s'appuyer que sur un seul principe, l'athéisme. Mais l'athéisme c'est l'absurde même, puisqu'il consiste à affirmer que l'Être n'est pas.

Telle est , en présence de Dieu , l'idée de l'immortalité.

Et maintenant, en présence de Fâme et du sens intime, qu'est-ce que l'immortalité ?

Certes , si tous les hommes trouvaient en eux ,

daiii» la conscience que notre âme a d'elle-même, l'assurance certaine de l'immortalité, la preuve du sens intime serait irréfragable. Mais ce que beaucoup d'hommes trouvent en eux, beaucoup d'autres ne l'y trouvent pas. Plusieurs affirment qu'ils y trouvent le contraire, et que, s'ils interrogent leur âme, ils la sentent destinée à l'évanouissement et au néant. Ils disent, comme saint Paul, mais dans un sens bien différent : a J'entends en moi la a réponse de la mort * . »

Oui, il y a des âmes qui sentent la mort en elles, et non pas l'immortalité.

Cicéron déjà s'était demandé pourquoi tous les hommes ne sentent pas en eux la noblesse et T immortelle destinée de leurs âmes.

Voici notre réponse à cette question. C'est que beaucoup d'hommes perdent le sens intime, ou du moins ne l'ont que partiel et superficiel , et cela parce que leur âme ne vit que par parties, dans sa surface, ou plutôt, en un certain sens, ne vit pas.

Le christianisme, cet évangile de l'immortalité, le christianisme a un mot immense , qui est une grande révélation : il parle de Vâme vi\>ante et de Yârne morte. Il serait très-utile à la philosophie de

* In nobismetipsis responsum mortis habiiimiis. (H. Cor. i, 9.)

23è DÊiibNSTttiiibî^ m vmmmktnk

côttiprendrë la Valëui^ tië ces ttittts. Bltéh des diffiêliltê^ tbttiberaieHt^ et de grandes UlttiièréS àllrvifehdhlient.

Eséâ^bHs de les expliqiië^.

Eàr-il difficile dé fcôhiprehdbe x^mi 3^ â de* mé^chàiite et deâ bbns, des sagés et dë^ ihsènsé^ : de^ âltiës ttm aitoëht, et des âméS qtti h'âimettl |iaàf ë'est-à-dire qui n'aiment tja*ëlleS ?

Les âttiéà dés égoïstes , des îniséilsés fet des théchants ont-elles le même rapport hibrâl et ihtellectdël avec Dieii, àvefc la lumière, que leà âmes droites , généreuses , bonnes et feâgés ? 11 est (clair que les tiries ibHt détournées et feéparées de DlëU par l'intelligence et lé cœtlr ; les àutréà lui ftbrit Uiiiés.

Y a-t-il là quelque fchosë dé dbuteux ?

Non certes. Or, ndus appelons âmè morte, Fâme séparée de Dieuj et âme uiutinte, celle qui liii est unie.

Le Christ dit aUx âmes mortes : * Vbiis n'avez « pas la vie eh vous ^ * Et àcelleë qui (consentent à vivre par la foi et Tamotir, Il dit • fc Vblis àlîrez en * vous une soUhîe vive qiii jàillifa jltstjilë dâHs là ît vie éternelle *. »

^ Non habebitis vitam in vobis. (Joan. vi, 54.)

* Fièt in eo tons aquae salieùtiâ in Vitâtn âet^rnam. (lodti. tv, 44.)

DÉMOÏfSTRAtîON DE LIAiMOAf AtttÊ. ÎSè

Eh bien, tiliahd l'âme fest hibrtë, Hbliè hë Sentons et découvrons en noti* tJUe vidé, hilsère, tHs^ tesse, ittânîtéj flegrét Gt dé^ëspôlt^, ^i hbtià rentt*ons en hbtis. JVïàta hbus ëh Sortorià au fcorithilrë de tëlitëà tios fbf ces ; nohà fti^bhS le déàërt et là tiUil intérieure , fel nous tibus jëtbns àll dëhbrs poUf trbûtéî* la Vie dàhà les sëHs, et dâhi tbltS ëes ob* jets visibles qui isëinblént là donnei*.

L'âftie âlbt^s, détachée de Dieu, rivéë aux SërtSj esclave dii monde viàiblë, qui dëviéht feoil idole j âu lieu d'être son marché|iiedj Tâtnë alors Vllrellë d'une vie pleine? Nbh certes. Elle vit évidetttîtient d'une vie partielle, superficielle, et n'a qu'Un sens Ibtime partiel, Superficiel, et séparé dU Sebs dlVili qui dort oU qUi est mort dâris l'âme.

Comment veut-on qu'uhe âmë, ëii cet état, ait le sens de l'imtnonalité ? Elle à plutôt le sens de là inôrt étefnelle, et du néant, vers leqUél elle descend, quoiqu'elle ne puisse TÉitteindre.

L'âme monte ou descend. Elle va vers DlëU bil s'en éloigne. En montaht, elle rencontre Ibutes les vérités, en descendant, toutes les èrrëUrs.

Quand l'âmë desëend, elle perd successivement le sens de sa réalité, de sa force, de sa substantialité, de sa simplicité , de son unité, de sa liberté et de son immortalité. Elle regagne tout cela ërt montant.

Et c'est pourquoi la vertu donne le sens de Timmortalité, le vice Fétouffe.

Comprenons bien comment le sens intime, séparé du sens divin par le mal, ou par la mort de l'âme, ne peut donner à l'âme le sens complet ni la vraie connaissance d'elle-même. Que sent l'âme morte ? Elle sent une âme séparée de Dieu : elle sent un être qui n'est pas par lui-même ; elle ne sent pas, en même temps, la source de cet être, ni la cause permanente qui le pose et le porte : elle ne sent pas sa substance relative, si elle ne sent la substance absolue qui garantit sa stabilité. Ma substance absolue n'est qu'en Dieu, dit la sainte Écriture \ L'âme dénuée du sens divin sent donc bien moins, ou ne sent plus du tout sa substantialité.

De .plus, l'âme n'a vraiment son unité qu'en Dieu. Abstraite de Dieu par un sens partiel, l'âme de ces morts parlants et écoutants , comme s'exprime Bossuet, cette âme ne sent pas la vivante unité de sa racine en Dieu .

De fait, la vie présente, c'est-à-dire la vie habituelle des hommes, dans les sens et dans la matière, est une dispersion : dispersion de l'âme, de

* Substantia mea tanquam nihilam ante te... subslantia roea apiid te «st. (Ps. xxxviii, 6 et 8.)

DÉMONSTRATION DE LIMMORTALITÈ 237

ses facultés, de ses forces, de ses instants, de ses pensées, de ses désirs et de ses affections. Où trouver l'unité dans cette multitude et dans cette confusion? Par sa sensualité, Tâme se matérialise, et prend des ressemblances étranges avec les corps. Elle devient, comme les corps, multitude ou légion. « Plus de raison ni de partie haute : tout est « corps, tout est sens, » dit Bossuet.

Recueillez toute cette dispersion, par le retour de la chair à l'esprit, ce recueillement vous rendra le sens de l'unité de l'âme, de sa simplicité et de sa spiritualité.

Esclave des sens et des passions, l'âme exerce très-peu sa liberté : tout l'emporte ; elle cède à tous les entraînements, comme un mobile inerte ; elle marche comme elle est poussée. Quoi d'étonnant qu'elle ne sente plus sa liberté?

Mais dès lors si elle a perdu, ou totalement ou à peu près, le sens de sa substantialité, de sa force, de sa liberté, de son unité, de sa simplicité, de sa spiritualité, comment pourrait -elle conserver le sens de l'immortalité ?

Ame vaine, âme vide, âme dispersée, âme répandue dans la matière, âme esclave, rompez vos liens : parvenez à vous distinguer de cette masse de chair. Que l'esprit revienne à lui-même; que

l'exercice réel et ^ctuel de la pensée et de la liberté lui rappelle ce qu'ellp est, que la vie s^ fasse si^lir en vivant \ que 1^ tumulte sensuel de ces niult^tVtdes anarchiques soit réprimé par l'unité dv| pQmiuandement de la raisqp, et de la velouté uiiie à la raison. Qi^e l'esprit ramené sur lui-même, que Tame plv<s recueillie, ramenée yçrs sa sipi^rcei et vers la vie ceutr^le , repreni^^ uu Pfl^ur reinpU de Dieu ; qu'elle retrQuye Die;u , e^ q\}} seul est i^otre uuUéj natre substtiuce indéfectible, notre sQurce éternelle i qu^ Vl^wei alors s'iqterroga de nouveau; au lieu d'entendre une répqqs^de mqrt^ elle eutendrs^ 1^ réponse d^ la v\e : Tu vas mourir, dis- tu. I^QU, tu vas vivre 1

AIai«! il y a encore ici d'a\^trça mystères qi^'vl faut tpucher en quelques mots. Vàme ne ^nt pasi seulement Dieu en ell^méme, elle sent so.n corps ;[ e,\ l'état du çprp^ , est Vin[iage de l'état de Vâme.

Qri U est tréi^Tçertaffl q^^ ««tr^ corp^ porte en

Iw iw principes, dç sa mort proçha^fle, la teçid^nc? et la peute vers cette inévitable fin. L'âme le sent, et c'est ce sentiment qui lutte avec celui qu'elle a aussi ^e l'immortalité : et d'ordinaire , 1^ plus vif çt le plus grossier des deux étouffe Vautr^.

^a^s il y a pl\^sie^rs états possiblei^ de no.tre 9^ps. Il j a cet état où la yie i^ rfl>^ud et se pré-

te ver« la mort par U gép^ratioq -, c est VéUii presque tous les hommes ; et il y a cef état inanty étrange, m^i*v^UleMx^ oùy par ta cl^çteté faite, U ^ recueille pqur ViWWP»talité. Q'es^ ui>

bien connM qi^^ V%çte générateur don^ie à ii^pie le $entiqient (le la mort, comme l^ chas-

coiisommée lui donne 1^ plein - sentiment de ie. La iAi>rt et )a géoérat^çiq sq\x% manifestement X sœurs y deux phénpiq^nesi cprrélat^fs- Dan^ liver», dit mwi Tbqmas d'Aquiq» la W^ort cesi quand la géuératiftq cessera. Qupi d etraqge

la vertu divine, surnaturelle, de chasteté qui t à dieu ^ pan pas seulement rame, waii^ le ps, et repd ce CPrpsi, diseut les mysitiques, parpan t de la substance de Dieu \ donu^ à ces

^ privilégiées le ^eu9 de la vie éternelle , dpp^

$ put réellement les prém^ce^ daqs l'âme et dansi orpsl « Qanc, ô ^fiinte chasteté, a écrie posj^uet,

rnement immpvtel des cprp^ mprtels).... Yien% )nsacrer ces corps eprrupttUf#9 Yi^4^^ iwr être n baume éternel et wn céleste pTé^rvattf cputre. i carrwptipu ^ », GHt par la chaateté suriput,

rituçille e( simple^ mais édats^te en beauté, r^ (Ollier^ vie et s chrétiennes. Chap. vu.) yennon sur la Résurrection.

2/iO DÉMONSTRATION DE L'IMMORTALITÉ.

comme le fait entendre Bossiiet au même endroit, que, a durant ce temps de corruption, Dieu com- « mence déjà dans nos corps l'ouvrage de leur « bienheureuse immortalité, et que, tandis que ce « corps mortel est accablé de langueurs et d'in- « firmités. Dieu y jette intérieurement les principes « d'une consistance immuable. »

L'âme, qui sent tout, du moins confusément, sent sourdement en elle, et dans son corps « ces c( principes dune consistance immuable y » et quand elle sent ces divins principes, elle croit à l'immortalité.

En résumé, le sens intime d'une âme isolée, séparée de Dieu, dispersée dans son corps, répandu dans un corps emporté par le torrent de la génération, ce sens ne fait connaître à l'âme, ni Dieu, ni l'âme, ni le corps; encore moins lui fait-il pressentir l'immortel avenir que peut donner l'union à Dieu. L'âme morte pressent la mort, non pas la vie. Mais l'âme vivante, qui porte en elle la vie, c'est-à-dire Dieu, vie éternelle et infinie, l'âme qui recueille en Dieu toutes ses forces sans les écouler dans le monde, qui grandit et qui monte, au lieu de se multiplier, cette âme porte en son fond la promesse infinie ; cette âme sent l'immortalité.

DÉMONSTRATION DE L'IMMORTALITÉ. 2ftl

VTais tout ce qui précède est encore quelque peu 1ÇU à la manière des penseurs séparés. Dans te question suprême « être ou n'être pas » je ne is pas me contenter de raisons qu'on oublie , rguments que l'on comprend un jour, et qui Ffacent le lendemain. Ces arguments, vrais, mais itraits, ne peuvent pas donner à mon âme la X, le repos dans la foi. Pour moi, je cherche 3UX. J'ai besoin d'appuyer tout mon être sur la même, et, pour le dire en d'autres termes que ;rois plus complets, je voudrais appuyer ma tête, nme saint Jean, sur la poitrine de Jésus4^hrist, ir y puiser , non plus la conclusion abstraite , is la vue et la science, et la mémoire ineffaçable l'immortalité.

îeîgneur ! il y a encore des disciples de Platon, )eut-étre même d'Aristote. Mais moi je suis votre ciple. Et à chaque instant j'ai besoin de reirir à vous. Vous êtes, à la fois, la lumière intégre qui me donne la raison , et la lumière plus érienre encore qui donne la foi divine ; et puis is êtes surtout la vie éternelle incarnée. Eh bien, veux plonger mon âme , je veux enraciner ma

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