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iiiQ déhonstrâtiqn de L'IMUORTALITÉ.
vie dans la vie éternelle incarnée. Je veux poser ma tête, coller ma bouche iiir le cœur de l'amour éternel.
Vou^ avez, dit saint Pierre, les paroles de la vie éternelle. Je les cherche dans votre Évangile, Seigneur. Je trouve celle-ci :
a Son commandement est la vie éternelle. »
Puis je trouve cette autre parole : « Le cornac mandement que je vous donne est de vous aimer a les uns les autres comme je vous aime. » Et puis : « Lorsque deux ou trois d'entre vous s'unissent en « mon nom sur la terre, je suis au milieu d'eux. « Quoi qu'ils demandent, mon Père le fait. » Puis : « Qu'ils soient un comme nous sommes un *. » Voilà quelques-unes des paroles de la vie éternelle. Je m'y arrête. Montrez^moi leur sens, ô mon Maître ! Ah 1 j^ai lu et relu ces textes pendant bien des années; je ne les comprends qu'aujourd'hui.
J'y vois d'abord une première vérité : c'est qu'il y a un6 loi divine dont l'accomplissement libre
* Mandatum ejus vita œternaest. (Joan. xii, 50.) Mandatum novum do vobis ut diligatis invicem sicut dilexi vos. (Joan. xiii, 34.) Si <)uo ex vobis consenserint super terram, de omni re, quamcumque petierint, fiet illis à Patre meo. (Math, xviii, 19.) Ubi sunt duo vel très congregati in nomine meo, ibi sum in medio eorum. (Ibid. HO.) Siiït unutn, sicut et nos unum sumus. (Joan. xvii, 22.)
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uit à la vie éternelle, ou plutôt constitue cette lême : « Son commandement est la vie éter- . » Mais quel est ce commandement ?
Le commandement que je vous donne, dit le ître , c'est de vous aimer les uns les autres [nme je vous ai aimés. » Voilà la grande parole vie éternelle. Voilà le commandement dont il dit: ce Son commandement est la vie éternelle. » lis qui saura comprendre, et qui voudra Sonia profondeur de cet admirable mystère? O Maître, aidez-moi!
li, il y a dans ces paroles la science intime de Qortalité. L'abrégé de cette science intime est ce simple mot, aujourd'hui très -clair à mes : a s'aimer les uns les autres , c'est la vie éterle. »
mment ceci est-il clairement vrai ?
ux autres paroles de la vie commencent à Texer. Celle-ci d'abord : « Qu'ils soient un comme is-même sommes un. » Et cette autre : v Lorsî deux d'entre vous s'unissent en mon nom la terre, je suis au milieu d'eux : et, tout ce ils demandent, mon Père le fait. »
serai d'abord, ô Verbe créateur, afin d'éclai- Hi à peu mon faible esprit, comparer le mysle votre création visible aux saints mystères de
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votre parole révélée. Je vois donc que, si deux êtres humains s'unissent par Tamour sur la terre, rétonnante puissance de Tunion vous oblige à intervenir , ô raon Dieu , et vous force presque à créer 1 Vous créez un troisième être humain, là où s'unissent les deux premiers. Je le vois donc, dans ce reflet torn^tre, je le vois de mes propres yeux : Funion produit la vie. Et, en ce moment où Tunion produit la vie , je vois aussi le reflet terrestre de cette autre parole : « Qu'ils soient un comme nous « sommes un ! » En effet, trois personnes humaines sont en un. La troisième est le lien des deux : elle est leur mutuel amour. Il y a là quelque imitation terrestre de la vie incréée, et de l'union du Père au Fils, du Fils au Père dans l'unité du Saint-Esprit. Qu'ils soient un comme nous sommes un !
Assurément, ce mystère visible de la généi'ation ne doune pas la vie éternelle , et n'est pas la vie éternelle, mais il en est une puissante image. Par lui, la vie du genre humain se continue. Par lui, le premier homme qui habita ce globe, vit en nous tous qui sommes ses fils. C'est la vie continuée ; c'est la vie développée en multitudes , en races et en générations ! Grande chose assurément !
C'est la loi primitive : « Croissez, multipliez ! n C'est le pivraier des deux grands mouvements de
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ie. C'est l'analyse du genre humain : c'est la nction des personnes se succédant sur terre , ' dispcreant dans l'espace. Elles paraissent tour ur, et s'effacent par la mort. La génération ne la vie, mais la reprend. Elle est plutôt sœur a mort que de la vie. Et d'un autre côté elle t point l'amour même. IN'est-elle pas, trop sou- , sœur du dégoût , du mépris et de la répul- , plutôt que de l'union et de l'amour? ous avons donc ici, dans ce mystère fondatal do la nature visible, une image énergique 'amour, non Famour même; une force qui la vie, qui est la vie, non la vie éternelle, mais image, la vie continuée* Nous avons une image a pluralité des personnes en Dieu , mais non de leur unité, sinon pendant la durée d'un ir. Nous avons l'analyse et la subdivision du •e humain, la distinction et même la séparation personnes. Tout cela est la vie naturelle, celle passe et tombe dans la mort, mais non pas la kernelle.
3ur ce qui est de la vie éternelle, ô Verbe régé- Lteur, elle consiste à s'aimer comme vous ai- ; à s'unir véritablement, ô Jésus crucifié, en e nom; à être un, comme vous êtes un, ô Fils Heu, avec le Père et l'Esprit-Saint.
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Il y a donc , par l'ineffable grâce de Dieu, un second mouvement de la vie, qui, après cette multiplication immense, veut l'unité. IjC premier Adam est le père du premier mouvement qui multiplie et donne la vie qui passe. Et le second Adam est père du second mouvement , qui recueille et qui donne la vie éternelle. Le premier, par l'instinctive et puissante expansion de la nature, multiplie, subdivise et disperse dans la mobilité du temps. Jje second, par le libre et surnaturel crucifiement de la nature , recueille , consomme et stabilise dans la paix de l'éternité. Le premier, tout en multipliant la vie, l'abaisse, et la morcelle par cet amour tourné vers soi et vers sa propre joie ; amour que connaît l'animal 1 Le second rassemble la vie et la relève, par l'amour crucifié, tourné vers Dieu, par l'amour libre et dévoué jusqu'à la mort, dont l'homme seul est le prêtre.
Je crois voir sur la terre telle qu'elle est, je crois voir, par cet amour tourné vers soi, les personnes humaines isolées comme des points électriques sans lien. Le tout- puissant fluide, qui est la vie, l'amour, le feu, se divise et se subdivise selon la multiplicité de cette poussièrp. Plus il est fort, plus il sépare les points, et accélère entre eux le choc et l'étincelle. Et chaque étincelle, c'est une n^ort.
OÉMOMSTRATION DE LlMMQRTAUT^. m
le teitips vient où DiçU versie sur cette poussa douce rosée, et le souffle de l'autre amour, ■à-dire de Tamour tourné vers Dieu. Pour cela, acun des points . séparés il offre une tige vi- 3 dans le centre commun, et aussitôt, partout oints dont la tige a su prendre en Dieu, tout lide s'écoule au centre, et revient du centre tous : tous devienrient une seule vie en lui, et tiême esprit avec lui ; et le cercle Sans fin de la ternelle et unique s'établit, transforme la créala transporte de la terre au ciel, lie image ! maigre comparaison 1 Ne peut-on mieux exprimer la vérité !
e éternelle incarnée , ô Jésus ! appuyé comme : Jean et avec saint Jean sur votre ad omble 'ine, n'y puis- je donc pas puiser de plus vies et de plus saisissantes paroles pour expliles vôtres ?
mer ! ïl faudrait faire rendre à ce mot un son
n'a jamais rendu. Et alors tout serait expli-
Mais ce son-là dépend surtout de celui qui
te, et ne retentit qu'au dedans. C'est le Maître
neur, c'est Dieu qui fait vibrer au plus pro-
de l'âme le sens céleste de ce mot, et le son
l'exprime, ce son nouveau dont il a dit : « Je
us donne un commandement nouveau. »:
Toujours est-il, qu'en présence de la vie que j'aime, et de la mort que je redoute, je me presse contre vous, ô Jésus, comme l'enfant effrayé sur le sein de sa mère. Et non - seulement je me réfugie et me presse sur votre sein, ô Dieu vivant, mais encore sur le sein de tous ceux que je dois aimer. Je les embrasse, pour me retenir dans la vie. Car enfin, qu'est-ce donc que ma vie, si ce n'est vous, Homme-Dieu, et lui, et elle, eux tous. Seigneur, eux tous que vous m'avez donnés, et à qui vous m'avez donné ? Et pourquoi donc est-ce que j'aime la vie, sinon parce que je les y trouve ? Pourquoi la mort m'épouvante-t-elle, sinon parce que j'ai horreur de les perdre? Est-ce que je tiendrais à la vie, si j'étais seul ? Si j'étais seul, ô Dieu, si j'étais le seul homme vivant, j'imaginerais, par horreur du désert, la mort sans la connaître, et je l'invoquerais; car j'aurais l'espérance, en m'en allant d'ici , de rencontrer quelqu'un ailleurs ! Ainsi, bien certainement, ce sont eux qui me tiennent dans l'amour de la vie. Est-ce assez dire ? Non, il faut dire que ce sont eux qui me tiennent dans la vie. Est-ce assez dire encore? Non, il faut dire que, par vous, après vous, avec vous, mon Dieu, ils sont ma viel Aussi, la principale démonstration de l'immortalité de l'âme, c'est que l'on a
DÉMONSTRATION DE L'IMWORTALITÉ. 2â9
besoin d'aimer toujours ceux que Ton aime. C'est vous qui l'avez dit, ô Maître bien-aimé, en deux paroles que j'ai le droit d'unir : « S'aimer les uns a les autres, c'est la vie éternelle. »
Unir mon âme à une autre âme, dans le sens où vous l'entendez, ô Jésus, cela même est la vie ; car vous dites : « Lorsque deux d'entre vous s'unissent « en mon nom sur la terre , je suis au milieu <c d'eux. » C'est donc vous, vous la vie éternelle incarnée , que l'on trouve dans l'union , l'union céleste dont vous parlez.
Il me semble que je vois les âmes toutes pleines de vous. Verbe éternel, notre vie. Mais elles vous enveloppent, et vous enferment, et ne vous manifestent pas. La parole inspirée l'a dit : « Le « Christ , qui est le souffle vivificateur de notre « bouche, est retenu captif dans nos iniquités '. » Comment le délivrer pour qu'il paraisse, et qu'il éclate, et qu'il soit glorifié au sein du genre humain? Que les âmes s'unissent Tune à l'autre, et lui , comme la lumière et comme le feu , ruisselle de l'une à l'autre, et le soleil de la vie éternelle est levé. L'Esprit-Saint le fait voir par ces adorables
* Spiritus oris nostri Chrislus Dominus, captus est in peccatîs nostris. (Thren. iv, 20.)
paroles qui (dpivent ravir d'admiration quiconque sait l^s entendre ; « Lorsque vous vprsez , commei ce ^n souffle, votre âme dans une âme altérée, et « que vous remplissez de vous l'âme attristée^ alors a votre lumière éclate du sein de vqtrfe nuit, et vos « ténèbres se changent en un jour plein . Dieii vous a donne son inaltérable repos, et il remplit votre a âme de ses splendeurs * . »
N'est-ce point parce qu'alors ces âmes ont pratiqué la suprême volonté du Sauveur : « Qu'ils « soient un, ô mon Père, comme nous sommes a un 1 » Et ne croit-on pas voir ces âmes^ ces personnes humaines qui s'embrassent, s'unir en vérité comme les personnes divines dans la Trinité incréée , s'embrasser comme le Père et le Fils , et, dans leur mutuel embrassement^ faire éclater le torrent de flamme qtii est le Saint-Esprit, l'Esprit d'amour, le lien de la vie éternellfe ?
Mais ici, dans la divine union des âmes, cette génération d'mi troisième, n'est plus tine vie autre et diverse, un être qui se sépare} c'est l'ancien qui se perpétue, qui se transforme, et qui se glorifie,
^ Cum effuderis esurienti animam tuam, et animam afllictam reploveris, orictur in tenehris lux tua, et tencbne tuaeerunt sicut mendies. Et requiem tibi dabit Dominus semper, et implebit splendoribus animam tuam. (Is. cap. lviu, 40 eMI.)
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t qui arrive ainsi à l'inaltérable repos ^ et à la )leine splendeur de l'éternel midi.
Ce n'est plus la génération qui morcelle, ce n'est )lus la génération au dehors; c'est la génération nterne, qui ne multiplie pas, mais qui élève.
La génération intérieure, par l'amour permanent iclon Dieu , est l'oiivriére de la vie éternelle dans le monde à venir, comme la génération du dehors, dans la matière, par l'anlour qui passe, est l'ouvrière de la perpétuité de la vie sur ce globe.
Et parce que Dieu, pour faire le ciel et l'éternel royaume, ne détruit pas la terre et la nature, itiais purifie , consacre , élève et glorifie la nature et la terre, je comprends et je vois de mes yeux la force qui, transformée, deviendra, sous la bénédiction de Dieu, et sous l'amout* des âmes, l'ouvrière de la vie éternelle.
Tout ce qu'il y a de puissance génératrice au sein de nos corps, tout ce qu'il y à, dans les âmes et les corps, de force multiplicatrice, et dp paternité et de maternité , toute cette puissance manifestement aÈsez grande pour étendra et perjpétuer sans limites la race humaine, tout cela, concentré par la chasteté, transformé par le sacHfice, élevé au-dessus de terre par la divine puissance du premier-né de la vie à venir, tout cela deviendra la
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force physique de la vie éternelle. Chaque vivant vivra toujours, parce que tousse soutiendront tous dans la vie. Us vivront véritablement d'une inêmc vie, continue, grandissante, par une mutuelle, et perpétuelle, et invisible génération. Voici que la nature nous offre le touchant et symbolique spectacle de ces tribus et de ces républiques où tous les citoyens, quoique distincts et séparables, se tiennent et vivent dans un même tout, qui est, à la fois, un seul vivant et tout un peui)le; de même aussi, dans la cité céleste, nous serons tous un seul vivant et l'humanité tout entière, et, comme le dit saint Paul, plusieurs et un même corps, et tous membres les uns des autres.
Oui, notre Père, le but de votre création et celui de votre rédemption, c'est de rassembler toutes les âmes, tous vos enfants, toutes les personnes créées qui aimeront, dans un seul embrassement, dans une seule flamme d'amour, une seule vie, un seul cœur qui sera le cœur de l'Homme - Dieu , qui sera la vie éternelle, et la flamme de l'amour éternel , et l'embrassement du Saint-Esprit. Oui , vous établissez en vous, à votre image et pour toujours , la pluralité des personnes en un ; c'est là votre œuvre, ô Dieu. Et quand vous l'aurez consommée, et recueillie dans votre gloire, qui vien-
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ra la détruire ? Et qui renipêcliera de tressaillir, de grandir éternellement en vous par la perpéité du divin embrassement ?
Ah ! quand le cœur est plein d'amour, et que la e déborde dans la poitrine, on a Tinstinct de utes ces vérités ; mais parce qu'on ne vit pas dent Dieu, on les profane, ou plutôt on ne les voit is, on ne les pratique pas. On en pratique je ne is quelle image mortelle, vaine ou impure 1 Mais avec quelle force pourtant et quelle con ction l'on sait dire : « Te donner toute mon âme! Te donner tout mon sang! Mourir pour toi, et vivre en toi! » C'est ainsi que s'exprime Tinstinc- ' mouvement de l'amour, de l'amour suprême et us bornes , qui nous crie de nous donner tout itiers, sans réserve, pour trouver la félicité ; qui ms crie de mourir à nous-mêmes, à notre vie irtielle et séparée, pour trouver la vie pleine, la 3 unie en autrui et en Dieu.
Jésus , vie éternelle rendue visible , oui , j'ai le mheur de puiser, sur votre poitrine adorable, certitude et même l'intuition que ceci est la vie ernelle, pour nos âmes, pour nos corps, pour ut cet univers créé, pour le monde sidéral qui, i aussi, dans son infatigable marche, cherche la [^ et le repos.
Î54 DÉMONSTRATION DE LiMMORTALITÉ.
Mais j'ai le regret , ô Seigneur, de ne pouvoir pas dire ce que vous me montrez. Le peu que j'en ai bégayé ne peut être compris que des cœurs en qui vous ferez retentir vous-même le nouveau son
du mot AIMER.
Retenons Seulement, et gardons en nos cœurs, avec respect, cette simple démonstration de l'immortalité, démonstration absolument certaine pour qui sait voir, et surtout pour qui sait aimer : « Je « veux aimer toujours tous ceux que j'aime. Donc « ils vivront et je vivrai. » Cette démonstration-là ne s'oublie pas. Elle est certaine, si Dieu existe, et si sa création n'est pas une ironie. Pourquoi cela? Parce que le Dieu d'amour « n'est pas le Dieu des (c morts, mais des vivants. »
Mais certes , nous n'avons pas fini l'étude de l'immortalité. Je crois à l'immortalité, à la vie éternelle. Mais qu'est-elle en elle-même ? Qu'en puisje dire? Qu'en puis-je savoir? Qu'en puis-je conjecturer? Est-ce la pâle immortalité de l'âme des Traités de philosophie pure ? Est-ce l'ironique immortalité des sophistes qui la montrent absolument vide, abstraite, immatérielle et immobile, pleine d'un ennui sans fin, dans une éternelle et stérile contemplation de Tabsolu ? Oh non ! C'est l'immortalité de l'Évangile, c'est la vie éternelle du
dogme catholique, la résurrection de la chair, et la transformation de l'univers entier pour la vie libre, sans mélange de fatalité; pour la vie pleine, sans mélange de mort 5 pour Téternelle béatitude, sans mélange de mal ni de larmes.
Nous avons essayé déjà, dans nos chapitres sur la transformation de l'âme par Dieu, et du corps par Dieu et par Famé, d'indiquer, d'après d'admirables paroles de Bossuet, comment on peut arriver à comprendre que le corps même est parfois, dés cette vie, pénétré des principes de la vie éternelle, des germes de la résurrection glorieuse. Mais pourrait-on, dans la même lumière et le même but, jeter aussi un regard sur l'ensemble de la nature et de la création ? Pourrait-on comparer aussi les destinées de l'univers à celles de l'âme ? Est-ce que les astres, les soleils et les mondes, et tout l'ensemble de la matière n'est pas le lieu, la base, le support de la vie ? Est-ce que la vie intelligente et libre est sans rapport, sans lien réel avec les globes , leur vie et leurs mouvements ? Esprits et âmes, corps vivants animée par des esprits libres, ou seulement par des âmes sensitives, soleils et terres, excitateurs ou supports de la vie, est-ce que toutes ces choses, visibles ou invisibles, ne sont pas un même tout créé de Dieu ? Est-ce que ce
tout n'a pas un but unique et une même fin? Pourquoi donc n'essaierait-on pas de comparer enfin ce qui doit être comparable, et de lire, en toutes ces créatures, l'harmonie de leurs destinées? Pourquoi n'oserait-on, par exemple, jeter les yeux sur le ciel étoile, pour y chercher aussi le caractère mobile et passager de notre vie présente , et les traces d'un état futur; pour étudier la forme transitoire de la maison de Dieu, et sa forme idéale possible, et découvrir, peut-être, l'harmonie de ces formes avec les formes et les états de la vie de nos âmes ?
Il y a un lieu de la vie qui passe, un lieu de ce qui naît et meurt. Y a-t-il donc aussi, ou peut-il y avoir un lieu de la vie qui demeure, un lieu de l'immortalité?
Nous allons essayer, bien humblement, de po* ser, de sonder un peu ces grandes et belles questions.