‹ Philosophie de la musiqueChapitre 18 sur 18 · CHAPITRE XIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIIL

Maintenant que nous avons étudié la dernière forme de Tart, la musique instrumentale, c*est-à-dire la musique pure, libre, sans mélange, nous allons essayer de faire comprendre ce qu'est en lui-même Tart des sons.

Nous pourrions après tant d'autres donner ici notre définilion, mais nous ne sommes pas très-partisan des définitions. Nous répugnons à appliquer à la pensée ce brodequin de force, nous aimons mieux développer noire idée pour la faire comprendre, que de la mutiler en Tétouffant dans quelques mots. Ce procédé puéril de tout définir est un vieux reste de scolastique qu'on a trop prôné à notre avis.

Mais avant de rassembler en faisceau les résultats principaux de notre analyse, lesquels nous donnent la nature de l'art musical, voyons comment certains esprits d'élite ont parlé de la musique.

La grande majorité, nous l'avons déjà dit, l'a définie Vart du sentiment^ ou la langue du sentiment. Nous avons assez longuement combattu cette idée pour ne pas y re-

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venir* Si la mmique vocale avec ses paroles peut faire un instant illusion à ce sujet, cette idée de langue du sentiment ne soutient pas le moindre examen quand il s'agit de la musique pure, de la musique instrumentale. Nous avons vu que si les sons agissent sur les sentiments, c'est de la façon la plus générale, la plus abstraite, en tant que le sentiment est du mouvement, c'est-à-dire par le côté purement mécanique du son.

D'autres, nous les avons combattus également, ont prétendu que la musique est une véritable langue exprimant sentiments et idées tout à la fois, commençant où la poésie finit^ une langue supérieure à la parole... Nous rappellerons que nous n'avons pas eu besoin de grands efforts pour prouver que la musique ne peut être ni une langue ordinaire, ni une langue symbolique.

Certains esprits ont fait de la musique un art purement matériel, ne s'adressant qu'à la sensation, n'ayant d'autre but que de chatouiller la sensibilité d'un organe, comme l'art culinaire ou l'art du parfumeur. À ceux-là aussi nous avons répondu.

D'autres, tombant dans l'excès opposé, l'ont considérée moins comme un art que comme une science, et sans s'inquiéter de son côté sensible n'y ont voulu voir que les règles mathématiques auxquelles obéissent les vibrations des corps et les différentes combinaisons des sons.

Un grand nombre enfin, sans système, saisissant l'art musical sous les points de vue les plus opposés et les plus incomplets, en ont donné diverses définitions plus ou moins éloignées du vrai. Bossuet a dit : a La musique est l'art qui, par la juste proportion des tons, donne à là voix une force secrète pour dilater ou pour émouvoir, »

Montesquieu l'a définie, si cela peut passer pour une définition, « le meilleur des plaisirs, parce que c'est celui

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192 PHILOSOPHIE DE U MIJSIQUE.

a qui corrompt le moins Tàme. b Comme si rarcbitecture, par exemple, était plus immorale que la musique !

Le chef de Técole écossaisse, Thomas Reid, s'exprime ainsi : « L'harmonie des sons musicaux a son principe » dans l'harmonie des sentiments dont elle n'est que » l'expression. Quant à la mélodie, il me semble que tout x> motif qui platt est une imitation des tons de la voix » humaine dans l'expression d'un sentiment ou de quel- » que autre bruit naturel et que la musique comme la B poésie est un art d'imitation, »

Reid, quoique observateur éminent et profond philosophe, est tombé lourdement dans cette double erreur de la musique, art du sentiment et art d'imitation.

Si l'on est curieux d'une autre surprise du même genre,, qu'on lise les lignes suivantes écrites par un poète philosophe, et qui plus est, allemand.

a La musique est sacrée ou profane. Un sujet sacré » sied bien à sa dignité : c'est ainsi qu'elle fait la plus » grande impression et qu'elle exerce la plus grande B influence. La musique profane devrait toujours être » gaie.

B La musique qui mêle le caractère sacré et profane > est impie. La musique maladive qui se platt à exprimer B des émotions faibles, sentimentales et mélancoliques, B est absurde, car elle n'est pas assez sérieuse pour être » sacrée et pas assez gaie pour être profane. C'est une B musique bâtarde.

B La sainteté de la musique religieuse, la gaieté et la B verve des mélodies populaires, voilà les deux axes B autour desquels gravite la véritable musique, qu'elle B émane de ces deux points elle produira toujours beau- » coup d'effet : du recueillement ou des danses I Hais le B mélange des modes étourdit : le mou devient fade et

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CE QUI CONSTITUE L'ESSENCE DE LA MUSIQUE. 183 » si la musique veut se faire didactique ou descripiive, » elle devient insupportable, m

Disons de suite à la décharge de Goethe, car c'est de lui ce jugement informe, qu'il avoue lui-même n'avoir jamais rien compris à la musique. Ces lignes auraient pu suppléer à son aveu. Pourtant en changeant les termes tout à fait impropres de musique profane et sacrée, il faut reconnaître que le grand poète a exprimé au moins une idée juste, à savoir que la musique ne peut rendre que deux grands sentiments, la joie et la tristesse. Mais celte rencontre heureuse n'excuse pas le contemporain de Mozart et de Beethoven , des grands symphonistes, d'avoir prétendu qu'en dehors de la peinture de ces deux sentiments la musique est absurde.

Nous l'avons vu, au contraire, l'expression des sentiments est chose tout à fait accessoire, et Goethe en condamnant la musique qui se propose un autre but méconnaît l'art proprement dit, avec lequel la plupart du temps le sentiment n'a rien à faire, l'art qui ne consiste qu'en un développement architectural des formes musicales.

Mais laissons là les opinions des autres, c'est à notre tour maintenant d'essayer de préciser ce qui constitue en dernière analyse l'essence et le but de la musique. Pour cela, nous n'avons qu'à résumer les résultats que nous avons obtenus dans notre patiente investigation.

Ainsi que nous l'avons observé tout d'abord, il y a dans la musique comme dans tous les autres arts, un côté sensible, matériel, physiologique, et un côté intellectuel. Le son musical plaît en lui-même comme une bonne odeur ou une bonne saveur, et certaines combi-

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194 PHltOSOPHtE DÉ LÀ MdSlQUÊ.

naisons de sons, pourvu qu'elles soient conformes aux lois mathématiques qui règlent les vibrations, procurent aussi à la sensibilité une sensation de plaisir. En effet, la matière nerveuse reproduisant exactement la vibration du corps, il est naturel qu'elle soit soumise aux mômes lois qui règlent cette vibration et que par conséquent la sensation qui en résulte soit agréable si les vibrations sont pleines, faciles et se combinent selon des proportions régulières, et désagréable dans le cas contraire.

Il ne faut pas perdre de vue non plus que l'oreille est ici un sensorium, un centre nerveux, possédant des facultés spéciales, un ordre de jouissances à part qui n'ont aucun nom dans la langue humaine et qu'on ne pourrait faire comprendre à ceux qui ne les éprouvent pas. C'est à cette faculté spéciale que s'adressent les combinaisons de sons , les accords savants , nouveaux, exquis, relevés de dissonances, toute cette partie très-importante de l'art, qu'on pourrait appeler la cwisine musicale et qui est du domaine de l'harmonie, il y a ici tout un ordre de sensations et de phaisirs analogues à ceux que ])rocurent à l'œil la distribution des ombres et de la lumière, la richesse des couleurs, leur harmonieuse combinaison, leur vive opposition, le clair-obscur, etc., tous éléments qui sont essentiels à la peinture et qui en forment la caractéristique principale, absolument comme les éiéments dont nous venons de parler forment le caractère fondamental de la musique et en font un art se mouvant dans un domaine bien déterminé.

Toujours en demeurant dans la sphère de la sensibilité, il faut dire encore que l'impression musicale est agréable, physiquement, à cause de l'activité générale donnée au système nerveux par la vibration. C'est pour

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ainsi dire un accroissement le vie que le corps reçoit par rébranlement, et la sensation est d'autant plus salisiaisante que le mouvement est régulier, réglé selon des lois qui sont comme les lois générales de la matière rendue perceptible aux sens.

Ainsi donc ce qu'il faut en premier lieu reconnaître dans la musique, c'est une partie physiologique dépendant essentiellement de l'organe, de l'ouïe.

2** Comme corollaire découlant immédiatement de cette sensation, un certain état de l'activité amenant à sa suite un sentiment général de joie ou de tristesse, de bien-être ou de malaise, d'énergie ou de langueur, sans détermination plus précise.

Mais ce ne sont pas là tons les caractères essentiels de l'art musical, nous ne sommes pas encore sortis de la sphère des éléments simples, du timbre, du rhythme, etc., et de leur action sur la sensibilité. Il nous faut rechercher maintenant ce qui est au fond de cet arrangement particulier de sons qui constitue la mélodie^ laquelle est la forme caractéristique de l'art.

Si vous jetez dans l'eau calme d'un bassin une poignée de petits cailloux, tous k la fois^ ou les uns après les autres , mais à des intervalles très - rapprochés , vous voyez se produire à la surface de Teau une foule de cercles plus ou moins grands, se coupant les uns les autres et dont l'ensemble constitue un dessin compliqué et changeant. Lorsque éclate dans l'air un accord de plusieurs notes ou lorsque plusieurs sons se suivent dans un chant, quelque chose d'analogue, sous une autre forme, se produit : les vibrations de l'air ou ondes sonores, forment un dessin qu'on peut rendre visible k l'œil au moyen de procédés qu'il serait trop long de décrire ici. Or toutes ces lignes qui s'en*

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id6 PHILOSOPHIE DE LA MUSIQUE,

trecroisent avec ordre et régularité, si elles ne produisent qu'un effet très-insignifiant sur l'œil, forment un dessin qui, perçu par un autre organp, par l'oreille, peut constituer la plus belle mélodie ou Taccord le plus heureux.

Cette comparaison que nous venons d'établir entre deux faits assez semblables qui s'adressent à des organes si différents a pour but de montrer seulement que ia musique agit sur l'oreille comme des combinaisons de lignes et de couleurs agissent sur l'œil, abstraction faite du sujet, ou de limitation que les arts du dessin peuvent se proposer pour fin. Comme nous avons suffisamment prouvé que la musique ne peut rien exprimer d'une façon bien certaine, ni sentiment, ni idée ; que d'autre part elle ne peut pas non plus reproduire quelque objet de la nature, qu'en un mot elle n'imite rien, il suit de là que les combinaisons de sons et de mouvements équivalent à peu 'près à ce qu'est pour l'œil l'art pur de la décoration, de l'ornementation, les capricieuses arabesques, les culs-de-lampe, les dessins d^étoffes, de tapisserie, etc. Il n'y a pas beaucoup plus d'idées philosophiques, de sentiments, d'imitation, de sujet littéraire dans la musique qu'il y en a dans le dessin d^une riche étoffe de damas ou de brocart, ou dans les peintures décoratives des vieilles cathédrales. Ces rinceaux, ces feuillages, ces zigzags, ces frettés, ces tores, ces boudins, ces fleurs monstrueuses, ces semis, ces palmettes, ces grecques, ces torsades, ces astragales, ce mélange fantaisiste, de lignes et de tons, qu'on trouve dans l'art de la décoration, n'a la prétention de rien imiter ni de rien exprimer. L'artiste a cherché des combinaisons originales de lignes, des assemblages harmonieux de couleurs, une diversité aussi grande que pos-

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CE QUI CONSTITUE L^ESSENCE DE LÀ MUSIQUE. 1Ô7 sible reliée cependant par le lien subtil de la tonalité pour les couleurs et d'une certaine symétrie pour les formes. Il a créé ce monde complexe avec toute l'indépendance, toute la liberté de son caprice, donnant ainsi l'image microcosmique de la riche variété de la nature, de cet ensemble de toute espèce de formes et d'organisations, dans lequel cependant nous soupçonnons vaguement et où les efforts de la réflexion finissent par nous montrer un ordre supérieur, un enchaînement, et une symétrie.

Ces tableaux que le décorateur tire de son imagination et qu'il fait avec des lignes et avec des couleurs, le musicien les compose avec des sons. Il dessine avec le rhythme et il peint avec l'harmonie.

Une symphonie n'est donc autre chose, dans la sphère de l'oreille^ qu'un vaste tableau décoratif dont les lignes sont en mouvement : un tableau qu'on nous découvre successivement. Tout le monde connaît le kaléidoscope, cet instrument où les formes coloriées s'agencent au moyen d'un mouvement continu imprimé par la main en toutes sortes de combinaisons bizarres et souvent magnifiques : autant que deux choses aussi différentes que les sons et les lignes de couleurs peuvent être comparées^ Timpression générale de la musique sur l'oreille est la même que celle du kaléidoscope sur l'œil.

Il est donc aussi absurde de vouloir raconter une symphonie, comme la plupart des critiques le font, c'est-àdire de traduire avec des mots les diverses idées ou sentiments qu'elle est censée exprimer, que de raconter un tapis d'Aubusson, un châle de l'Inde, une riche reliure, des rideaux à ramages, etc.

Mais il nous faut entrer dans de plus amples détails,

BEAUQUIER. 12

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IdS PHILOSOPUtE DE U MtJSIQUE.

sur ce que Ton doit entendre par les formes musicales.

Le son en lui-même n'étant qu'une modification passagère de la matière, un phénomène rapide qui s'évanouit et dont il ne subsiste rien que le souvenir, les formes musicales peuvent être considérées de même que les points et les lignes idéales des figures de géométrie, comme des abstractions, des formes pour ainsi dire de la pensée et que cependant nous concevons, que nous imaginons, que nous voyons nettement dans notre intelligence bien qu'elles n'aient pas de réalité objective.

Quoique la ligne musicale ne se développe pas dans l'espace, mais dans le temps, elle n'en donne pas moins l'idée d'une forme, puisque l'idée de la forme résulte essentiellement de la comparaison et du rapport, et que cette comparaison peut se faire aussi bien pour la durée que pour l'espace qui sont deux conceptions équivalentes.

De même qu'on ne peut concevoir un point quelconque de la matière sans le comparer à un autre point, et sans avoir par conséquent l'idée de la forme, de même aussi on ne peut concevoir un instant quelconque de la durée sans le comparer à un autre et sans avoir par conséquent aussi l'idée de la forme.

Les vibrations dont les rapports s'expriment par des nombres, peuvent très-bien être comparées, et l'expérience nous montre qu'en effet nous les comparons instinctivement et que nous établissons entre elles des différences comme entre des lignes, ne disons-nous pas d'un son qu'il est plus élevé qu'un autre, absolument comme s'il était question de formes dans l'espace. Les sons hauu et les sons ba^ font pour ainsi dire monter

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et descendre Toreille comme le regard monte de la base au sommet de Tédifice en suivant les lignes qu'il profile sur le ciel ; et si nous y faisons bien attention, en entendant deux sons séparés par un grand intervalle, spontanément notre imagination nous les représente reliés par une ligne, tant est grande l'analogie qui existe entre l'œil et l'oreille.

C'est surtout dans la mélQdie que se trouve la forme musicale. C'est là en effet que les différentes durées des vibrations constituent les intervalles les plus distincts, et c'est là aussi que les différentes durées des notes sont le mieux accentuées par le rhylhme. L'unité de ton et de mouvement, cette symétrie, celte proportion qui se rencontrent dans la mélodie, donnent une forme précise, à ce champ indéterminé des vibrations qui s'étend à l'infini, comme l'espace; c'est par le rhythme, par cette ligne se mouvant dans le temps et la circonscrivant, c'est-à-dire par la forme, que vaut la mélodie.

Là les lignes sont simples, pures, faciles à comparer, mais dans l'harmonie proprement dite, où le rhythme peut être presque nul, en dehors de cette comparaison inconsciente qui nous fait distinguer les différentes notes entre elles, il n'y a rien pour l'intelligence, il n'y a pas de formes. Aussi l'harmonie (je parle seulement des accords), ne s'adresse pour ainsi dire qu'au côté matériel, celui de la sensibilité qu'elle impressionne comme la couleur dans un tableau agit sur l'œil : elle produit un sentiment de gaieté ou de tristesse selon l'énergie de l'ébranlement nerveux et ne sort pas de la sensibilité, tandis que la mélodie étant le dessin, la forme, s'adresse plus volontiers à l'intelligence.

On comprend maintenant ce que nous avons voulu

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dire en parlant des formes musicales, du dessin de la mélodie et de la couleur de l'harmonie.

Il ne nous reste plus qu'à nous résumer en quelques mots.

Nous avons essayé, dans la longue analyse qui précède, de délimiter exactement le domaine propre de l'art mu.^ical, le domaine qui est le sien, qui ne peut être revendiqué par aucun autre art. Nous sommes arrivé à cette conclusion que la musique instrumentale, qui n'a pas recours à la littérature, à l'expression des idées ou des sentiments, constitue la musique pure, l'essence même de l'art. Bien des personnes trouveront que c'est rabaisser l'art musical, l'étouffer, le confiner dans une sphère trop étroite que de le mettre ainsi à part, et de n'en pas faire l'auxiliaire naturel de la poésie où il renforcerait l'expression des idées ou des sentiments. Nous ne croyons pas que le but des arts et leur mérite soient précisément l'utilité, et que leur supériorité se mesure sur leur ressemblance avec la littérature, qui a spécialement pour fin d'exprimer des sentiments et des idées déterminés. L'organisation humaine est assez riche pour que tous les arts puissent trouver un large développement en eux-mêmes, sans sortir de iear sphère spéciale. Puisque nous avons la littérature et la poésie pour un certain ordre d'émotions, laissons à la musique ce qu'elle seule peut nous donner, des idées toutes spéciales, des idées musicales. Chaque organe est comme un centre complet qui a dans une certaine mesure son intelligence, sa sensibilité, son imagination : or l'oreille matérielle et spirituelle est la sphère dans laquelle l'art musical doit se renfermer. En conseillant à l'artiste de s'en tenir là et au

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public de cultiver ce seas spécial, nous croyons être plus utile à tous que si nous laissions Tart des sons aller cher* cher des auxiliaires ailleurs et s*épuiser à produire des effets que d'autres arts produisent très-bien sans lui et mieux qu'il ne saurait le faire.

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