‹ Philosophie de la raison pure [microform]Chapitre 10 sur 13 · AU POINT DE VUE DK LA CRITIQUE HISTOBIQUE · texte numérisé non relu

AU POINT DE VUE DK LA CRITIQUE HISTOBIQUE

La résurrection de Jésus est la chose la plus extraordinaire qui puisse se concevoir. Avant d'y ajouter foi comme à un fait réel et positif, il convient donc de l'examiner mùrenienl dans les relations que nous en ont laissées les auteurs contemporains. C'est ce que nous allons faire.

Tout d'abord nous sommes frappé de cette circonstance que personne, parmi ceux (\m nous racontent la résurrection de Jésus, n'a été témoin oculaire du fait : tous ne le connaissent que par oui-dire, et, aussi, sur le témoignage des Écritures : secundum Scripturasi^l). Le fond de ces récits repose ainsi sur la foi à une apparition de deux anges, et sur le sens symbolique d'un passage du prophète Jonasqui, huit siècles auparavant, avait séjourné, à ce qu'il est dit (3), trois jours et trois nuits dans le ventre d'un poisson.

(i) SiC, Joan., Kl, 4^.

(1) Cf. suprà, p. 97.

(2) /. ad Corm//j.,XV, li.

(3) Jonas, ii, 1. CI". MaUlu, Xll,39, ^lO j Wll, 4; Luc, XI, 29. scHni:REL, 9

Quelque disposé qu'on î>cil à ajouter créance aux textes des Évangiles, il faut cependant convenir quela raison et même le simple bon sens sont en droit de demander des preuves un peu plus positives que celles qu'on vient d'indiquer. Voyous donc s'il s'en trouve de meilleur aloi, et, pour en avoir le cœur net, reprenons les choses d'un peu plus haut.

Jésus tut cloué à la croix par les mains seulement. D'un passage de saint Luc (xxiv, ^0), on pourrait inférer qu'il y lut cloué aussi par les pieds. Mais cela n'est pas dit expressément, et ainsi l'on est autorisé à penser qu'il s'agit ici, quant aux pieds, de la marque des cordes avec lesquelles, tout en clouant les mains, on liait les patients afin de les ajuster plus solidement a l'arbre du supplice. Dans un endroit du texte de saint Jean (xxi, 18), il est fait allusion à ces ligatures, si je ne me trompe.

Après que Jésus eut rendu l'esprit, on ne lui rompit point les jambes comme les Juifs l'avaient demandé, dans le but, évidemment, de s'assurer de la mort du crucifié et de pouvoir l'ôler de la croix. Car le sabbat allait commencer, et la loi de Moïse ne perniettait pas que le corps demeurât à la croix lej'>ur du sabbat (1). Cependant les soldats de garde, à l'instigation, on ne peut en douter, de leur pieux commandant [centurioj, qui était dt ja gagné à la cause de Jésus, ne satisfirent pas à la demande des Juifs; ils se bornèrent à percer avec une lance un des côtés du crucifié ; mais il n'y a

(1) \oy. DQuier., XXI, 23.— Joan,, XIX, 31.

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