‹ Philosophie de la Révolution françaiseChapitre 27 sur 41 · T. 11,1. n,c. VI · texte numérisé non relu

T. 11,1. n,c. VI

MM. MIGHELET ET gUlNET 93

voilà le peuple ! » Selon M. Michelet, la question ouvrière n'existait pas alors, et même « la classe ouvrière n'était pas née. » La France nouvelle, celle du paysan et de Touvrier, s'est formée en deux fois : « le paysan est né de l'élan de la révolution et de la guerre, et de la vente des biens nationaux. L'ouvrier est né de 1815, et de l'élan industriel de la paix (1). » Écartez l'hyperbole, et nul doute que ces lignes ne soient l'expression de la vérité.

Si M. Michelet combat avec autant d'esprit que de sens historique la doctrine du jacobinisme socialiste, lui-même est à son tour sous l'empire de certaines passions et de certains préjugés qui altèrent singulièrement la justesse de son coup d'oeil. Il a deux ennemis, et, comme on dit vulgairement, deux bêtes noires : c'est le prêtre et l'Anglais (2). De même qu'on disait autrefois que tout était la faute de Voltaire et de Rousseau, tout est, pour M. Michelet, la faute du clergé et de l'Angleterre. Ce sont les deux traîtres de mélodrames qui viennent troubler dans son histoire les candides élans de son mysticisme humanitaire. « Une main perfide,

1. Voir, pour toute cette discussion, la conclusion du lome II : De la méthode et de l'esprit de ce livre.

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