T. I, Préface
révolution, a eu pour auteur tout le monde; l'époque des violences n'a eu pour acteur qu'un très -petit nombre d'hommes. Alors la nation entière, sans distinction de partis, presque sans distinction de classes, marcha sous le drapeau fraternel. » l
Le jacobinisme a été au contraire une secte étroite se substituant à la nation. « Les jacobins avaient quelque chose du prêlre. Ils formaient en quelque sorte un clergé révolutionnaire (1). )> Pour M. Louis Blanc, les girondins représentent la bourgeoisie, les montagnards le peuple. Rien de plus faux selon M. Michelet. Les jacobins n'étaient pas moins des bourgeois que les girondins ; « pas un ne sortait du peuple. » La stérilité des girondins ne tient pas à leur qualité de bourgeois, mais à leur fatuité d'avocats. Les deux sectes avaient cela de commun de se croire l'une et l'autre bien au-dessus du peuple : « les deux partis reçurent leur impulsion des lettrés. » C'est une erreur historique grave de transporter nos questions sociales d'aujourd'hui à l'époque de la révolution : elles n'occupèrent jamais que le second plan. On veut voir du socialisme dans toutes les émeutes populaires. C'est insulter au peuple et le rabaisser. « Partout où ils rencontrent du pillage, du brigandage, c'est le peuple,