‹ Philosophie de la science économique; concept, définition, dénomination, rapports, qualification, classification, méthode, histoire, écoles et critique de l'économie politique d'après les principaux économistesChapitre 17 sur 19 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

science autonome, indépendante des autres sciences, quoique s'y rattachant par bien de côtés, avec des principes propres, universels, fixes, applicables à tous les temps et à tous les pays, soit avec des lois générales et constantes, avec la conscience de soi-même, avec une parfaite connaissance de son objet et de son contenu, susceptible sans doute, comme toute œuvre humaine, de perfectionnement, mais qui est déjà définitivement constituée et très avancée dans la voie du progrès, qui renferme de grandes et utiles vérités, et qui a exercé et exercera encore une influence considérable sur le bien-être, tant physique que moral, des individus et des peuples, en proclamant la liberté et la solidarité humaines, en combattant tous les privilèges et toutes les tyrannies, en resserrant les liens sociaux, si longtemps rompus ou relâchés entre les hommes et entre les États.

Et pour cette démonstration nous n'avons fait que reproduire les idées, souvent même le langage, des grands maîtres de la science, des physiocrates, de A. Smith, de J.-B. Say, de Rau, de Storch, de Ricardo, de Malthus, de Rossi, de Dunoyer, de Bastiat, de Minghetti, dont nous nous avouons l'humble disciple et le défenseur convaincu contre la troupe des utopistes qui les méconnaissent, et surtout contre cette nouvelle secte de pseudo-économistes, dits socialistes de la chaire, qui, en affectant pour eux un certain respect, ont dirigé tous leurs efforts à les défigurer et les décrier.

Il résulte, encore, ce nous semble, de notre travail que 1 Economie est, comme nous le disions au commencement, la science mère de la liberté, de cette liberté dont jouissent les nations modernes, et qui consiste, non pas précisément dans le droit de changer à leur gré les formes du gouvernement, ou de nommer et de destituer les représentants du pouvoir suprême, droit déjà reconnu et pratiqué dans les anciennes républiques de la Grèce et de Rome, mais dans la faculté accordée à tous les citoyens d'exercer leur activité, selon qu il leur conviendra, c*es-à-

dire de travailler, de produire, de s'approprier, d'échanger et de consommer les biens, en un mot d'administrer, sans des tutelles spoliatrices ni de ruineuses impositions, leurs intérêts, tant matériels que de Tesprit, tant collectifs que simplement individuels.

Car, en effet, le principe de la liberté informe, comme nous l'avons vu, toute la science économique, et toutes les défiances, toutes les antipathies, toutes les accusations dont cette science est ou a été l'objet, viennent des ennemis de la liberté, de ceux qui en craignent les manifestations ou qui n'ont pas de foi dans leur efficacité, des absolutistes et des autoritaires de toutes les écoles et de tous les partis.

Protectionnistes, sectaires de List, adeptes des écoles critique, philantropique et historique, socialistes radicaux, socialistes éclectiques, socialistes de la chaire, tous combattent la liberté en combattant l'Economie, et on peut dire que le monde économique, comme le monde politique, est divisé en deux camps seulement: libéraux et autoritaires, économistes et anti-économistes.

Nous militons dans le premier: nous sommes libéraux, et c'est pour cela que nous sommes économistes.

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