DEFINITION DE L ECONOMIE
Difficulté de définir une science quelconque. — Cette difficulté s'éprouve aussi dans l'Economie. — Elle a été très-diversement définie, et cependant elle manque encore d'une définition exacte. — Il faut combler cette lacune. — Nouvelle définition, fondée sur les
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aotes ou caractères distinctifs que nous avons attribués à cette science dans le chapitre antérieur.— Concordance de cette définition avec celles de J.-B. Sa>-. Florez Estrada, Rossi, Senior, Ricardo, Malthus, Mac-Culloc, James Mill, Jhon Stuart Mill, Skarbeck, Cournot, L. Walras, Sbarbaro, Ciconne, Minghetti, Desttut-Tracy, Rau, Lotz, Ott, Fonteyraud, Roscher, J. Garnier, Baudrillart, Coquelin, Carballo, Madrazo, Pastor, Piernas, Tiguerola, G. Rodriguez, Sanromâ, A. Smith, Sismondi, Storch, Colmeiro, Chevalier, Dameth, Pontenay, Macleod, Wately, Azcârate, Giner de los Rios et Bastiat.— Accusations que cette manière de concevoir la science économique suscite contre elle.— Protestation' de l'au-
teur.
DÉNOMINATION DE l'ÉCONOMIL.
Comment doit-on dénominer l'ensemble de doctrines, aujourd'hui connu sous le nom d'Economie politique.— Importance relative de cette question. — Le nom doit convenir à la chose nommée. — Celui que porte la science économique ne lui convient nuUeiiient.— Éthimologie et histoire de ce nom. — Autres dénominations proposées pour le remplacer.— Quelle est celle qu'on devrait adopter
RAPPORTS Di; l'ixono.mik.
La science économique a des rapports avec l'Anthropologie, la Psychologie, l'Éthique, la Sociologie et le Droit, ainsi qu'avec tous les arts consacrés t\ l'édu-
Paffes.
cation et au développement de l'activité humaine.- Examinons d'abord ces derniers rapports
§ 1. — Rapports de V Économie avec les arts qui élèvent notre activité.
Division de ces arts en objectifs et subjectifs. — Technologie.— Tous les œuvres technologiques ou artistiques ont un caractère économique. — En quoi diffèrent cependant la Technologie et l'Économie. — Les arts subjectifs peuvent se réduire à la Pédagogie, avec ses auxiliaires la Poésie, la Déclamation et la Musique, la Médecine avec l'Hygiène et la Gymnastique, et la Politique, considérée comme l'art général du gouvernement.— Caractère économique des oeuvres de tous ces arts, ou productivité des professions libérales et scientifiques. — Doctrines contraires d'A. Smith, J.-B. Say, Sismondi et Droz. — Réfutation de ces doctrines, d'après Dunoyer. — Objections d'autres économistes, également réfutées. — Que l'Economie s'occupe des produits matériels, de même que des produits immatériels. — Raisonnement de Dunoyer à ce propos.— Que les adversaires de sa doctrine l'acceptent en définitive malgi-é leur hostilité apparente 36
§ 2. — Rapports de l'Economie avec V Anthropologie.
L'objet de l'Anthropologie est l'organisme humain. — Eléments constitutifs de cet organisme, âme et corps. — C'est dans la première que réside l'activité de l'homme: donc l'activité économique est essentiellement spiiituelle. — Mais l'esprit agit au moyen du corps; partant cette activité doit avoir aussi quelque chose de corporel. — Le travail, le bien, les besoins économiques, sont spirituels et corporels à la fois. — Subordination du corps à l'esprit. — -Plus d'esprit on met dans les œuvres humaines, plus économiques sont ces œuvres .52
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§ 3. — Rapports de V Économie avec la Psychologie.
La Psychologie est la science de l'esprit humain. — Cet esprit est doué de raison, de sensibilité et de spontanéité.— Donc l'activité économique qui eu découle, ou le travail économique, doit être rationnelle, sensible ou affective et spontanée. — De ces mêmes propriétés participe le but économique, qvii consiste dans le bien individuel. — Aifection au amour que ce bien nous inspire; intérêt personnel. — Ses caractères psychologiques ôô
§ 4. — Rapports de V Économie avec V Ethique.
L'objet de l'activité morale est le même que celui de l'activité économique. — Sous ce point de vue, l'Economie ne diffère pas de l'Ethique. — L'activité morale est libre et responsable; donc l'activité économique doit l'être aussi. — Liberté et responsabilité. — De ce côté, il n'y a non plus de différences entre l'Economie et l'Ethique. — Ce qui distingue ces deux sciences c'est le but respectif des actes économiques et moraux. — L'Ethique embrasse tous les buts de la vie, soit tous les biens de l'homme; tandis que l'Economie ne l'echerche qu'un de ces biens, le bien-être ou bien individuel. — Subordination de l'Economie à l'Éthique sous ce rapport. — Défense de l'intérêt personnel, comme mobile des actes économiques. — Moralité de l'Economie.— Déclarations des économistes à ce propos. — Concours que l'Economie prête à la Morale. — Ces deux sciences s'influent réciproquement ■)S
§ '). -Rapports de l'Economie arec la Sociologie.
L'objet de la Sociologie c'est le bien social. — Rapports de ce bien avec le bien individuel. — Sociabilité de l'homme. — Le concours de l'intérêt personnel et de l'intérêt général est également nécessaire pour le bien de l'individu et pour le bien de la Société. —
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Solidarité de tous les intérêts. — Démonstration de ce pi-incipe d'après Bastiat, J.-B. Say et Dameth. — Réfutation de quelques objections qu'on lui adresse. — Subordination reconnue par tous les économistes du bien individuel ou économique au bien social. — Protestation contre les tendances dissolventes ou anti-sociales attribuées à l'Economie. — Que le bien social, comme le bien économique, ne saurait se réaliser sans la liberté individuelle. — C'est en ce sens que tous les économistes sont individualistes 78
§ 6. — Rapports de l'Économie avec la science du Droit.
Difficulté d'établir ces rapports à cause de l'indétermination du concept du droit. — Désaccord des jui'istes à ce propos. — Opinion de l'auteur. — Distinction entre le droit et la liberté. — Droit de défense. — Organisation de ce droit. — Société politique ou nation; Etat. — Gouvernement. — Discussion sur le concept et les attributions de l'Etat. — Distinction entre l'Etat et la Société. — Id. entre la sphère de l'État et la sphère du droit. — Fonction complémentaire de l'Etat. — Elle est admise, comme circonstantielle ou historique, par tous les économistes, même les plus radicaux. — Explication de cette fonction d'après Minghetti et Opzoomer. — Protestation contre les idées anarchistes attribuées aux économistes. — Détermination des rapports de l'Economie avec le Droit. — Rôle de l'État sous le point de vue économique. Il doit se borner à assurer la liberté, pas comme un but, mais comme un moyen. — L'État-Providence. — L'Histoire ne justifie point cet idéal. — Laissez faire, laissez passer 101
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QUALIFICATION DE l'ÉCONOMIE.
Qn'est ce qu'on entend par science. — Conditions qu'elle doit réunir. — L'Économie possède toutes ces conditions. — Elle est, donc, une science, et même des plus avancées. — Période de développement où elle se trouve. — Elle peut et doit exister séparément de la Morale. — Mais ne serait-elle plutôt un art? — Science et art économiques. — On ne doit pas les confondre avec la théorie et la pratique de l'Économie. — Caractères des lois économiques: elles sont nécessaires, mais non pas fatales: l'homme les accomplit librement; leur universalité et leur permanence. — Objections des socialistes, réfutées. — Economie pure, ou rationnelle, et Économie apliquée 141
CLASSIFICATION DE L ECONOMIE
La science est une, mais elle se divise en plusieui-s parties ou sciences particulières.— Classification de ces sciences: 1 .o Par la source des connaissances scientifiques; 2.0 Par l'objet des mêmes connaissances. — Autre classification, d'après Mr. Delbœuf — Elle recèle une conception positiviste de la science, que l'auteur ne peut pas admettre. — L'Économie est pour lui une science philosophique-historique, en même temps qu'anthropologique, et c'est ainsi que la regardent la plupart des économi.stes 17:^
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MÉTHODE DE l'ÉCONOMIE.
Définition de la méthode. — Son importance. — Méthodes dits historique, physiologique, expérimentale ou réaliste, et philosophique, rationnelle ou idéaliste. — Analyse et synthèse. — Induction et déduction. — Hypothèse.— Lequel de ces procédés ont sui\'i les économistes.— Méthode mathématique. — Méthode constructive. — Méthodes heuristique et didactique. — Lequel doit-on suivre en Économie 190
Jeunesse de la science économique. — Pourquoi ne fiitelle pas cultivée dans l'Antiquité. — Préjugés économiques des Grecs et des Romains. — Heureux pressentiments de quelques philosophes de la Grrèce. — Travaux des jurisconsultes romains. — Influence du Christianisme. — Chaos scientifique du Moyen âge. — Cours des idées économiques pendant la période de la Renaissance, et sous le régime des monarchies absolues. — Premières théories économiques: système prohibitif, système mercantile, système de Law. — Naissance de l'Economie 209
ÉCOLES DE l'économie.
Qu'est ce qu'on appelle une école scientifique. — Di\nsion des écoles en général. — Classification des écoles en Economie 2X5
§ 1. — École économiste.
On peut distinguer dans cette école trois autres secondaires, qui représentent trois périodes de développement de la science économique
Ecole physiocratique ou agricole. Idées régnantes au XVIII- siècle en matière de Droit et de Morale publiques.— Vices économiques qu'elles avaient introduits dans le régime des États.— Critique dont ces vices avaient été l'objet de la part de plusieurs publicistes.— Les physiocrates entreprennent de les détruire.— Ils imaginent dans ce but un système complet de Philosophie, d'Économie et de Politique. —Exposition de ce système.— Influence qu'il exerce sur les idées et les institutions économiques. — Principaux maîtres de l'école physiocratique, et ouvrages
qu'ils ont publiés • •
École smithienne ou industrielle. Adam Smith fondateur de cette école.— Il part des mêmes principes de philosophie politique que les physiocrates.— Il s'en écarte dans les principes pui-ement économiques.—Exposition de sen système. — Travaux et découvertes postérieurs. — Principaux disciples d'A.
Smith, et ouvrages qu'ils ont publiés
École syncrétique ou moderne. Elle concilie les deux écoles antérieures, les complétant l'une par l'autre. — Principaux maîtres de cette école, et ouvrages qu'ils ont publiés. — Résumé de ses principes. — Économistes contemporains qui les professent. — Ecoles secondaires -^^
§ 2. — École socialiste.
Résumé des principes généraux du socialisme.— Socialistes radicaux et socialistes éclectiques; collectivistes, internationalistes, nihilistes; leurs idées et leurs écrits -'^*'
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§ 3. — Ecole économico-socialiste.
Ecole protectionniste. Résumé de ses principes. —Principaux écrivains protectionnistes et ouvi'ages qu'ils ont publiés. — List et son système d'Economie politique nationale
Ecole socialiste de la chaire. Qu'est ce qu'on entend par socialisme de la chaire. — Époque de son apparition en Allemagne. — Filiation de cette école. — Exposition complète de ses doctrines, d'après les ouvrages de ses principaux maîtres. — Faible écho qu'elles ont eu dans le reste de l'Europe. . ,
CRITIQUE DE l'ÉCONOMIK.
L'Economie est l'objet de deux genres de critique: l'une relative à la forme, l'autre au fond. — Nous ne nous occuperons ici que de la première. — Accusations que l'on adresse à la science sous ce point de viie. — Réponses de Minghetti, de Madrazo, de Moliliari, de Ciconne et de l'auteiir 2viy
CONClUSION.
Bref coup d'œil rétrospectif sur les matières traitées dans cet ouvrage. — Il en ré.sulte que le monde économique est divisé en deux camps: économistes et anti-économistes, libéraux et autoritaires. — L'auteur se déclare libéral et partant économiste 324
HB Carreras j Cîonzalez,
science economioue