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V. aussi A. Cieszkowski, Le crédit et la circulation

(84) Cest ce que proposait M. Louis Blanc en 1848.

Pour M. Louis Blanc, il doit en effet exister, au moins à titre transitoire , une organisation de la production par l'État et une organisation du crédit par l'État.

Et veut-on savoir en quelle conception politique ou sociale se

* Ducange* au mot Rumpbrb, rupturarii.

résume finalement l'idéal de M. Louis Blanc, écoutons-le luimême :

c Je voudrais une organisation sociale où l'État (M. Louis Blanc veut dire le gouvernement) ne serait qu'une réunion d'hommes dévoués et intelligents, librement choisis par Jours égaux pour jouer à l'égard de la société le rôle que, dans l'organisme humain, la tête joue à l'égard du corps. »

Mais moi, qui ne serai peut-être pas de la tête, je réclame.

Bon à mettre avec les théories de Jean-Jacques, de Hegel, de Comte, de Renan, et finalement du tzar de toutes les Russies et de M. de Bismarck!

(85) On sait notamment que la Convention avait enfermé dans les%mites les plus strictes et placé sous la réglementation la plus tyrannique, le droit pour le propriétaire de disposer à titre gratuit (L. du 17 nivôse an h).

C'est au droit romain et à ses légistes, imbus des pauvres doctrines de Pothier, que la grande Assemblée fut redevable de telles erreurs.

Pour les développements, v. Manuel de Droit ctvtZ, tome II, pp. 32, 377, 415 et 731.

(86) V. d'ailleurs, notre exposé philosophique sur le Contrat de louage. (Manuel de Droit civil, tome III, 3e édit, p. 343 et suivantes.)1

(87) Voici quelques documents sur le nombre des esclaves à Athènes et à Rome, en particulier sur le nombre de ceux qui étaient attachés au service de la personne.

D'abord, en ce qui concerne Athènes, un des meilleurs documents est le recensement fait au temps de Démétrius de Phalère; or, M. Wallon, discutant les chi lires donnés par Athénée comme résultat de ce recensement, évalue le nombre des esclaves mâles employés au service intérieur à 40 000, et celui des femmes esclaves occupées aux mêmes travaux à 30 000. Dix mille autres étaient réclamés par les soins divers des fermes, des fabriques ou du petit commerce.

Voici le tableau général des évaluations de M. Wallon :

Esclaves domestiques 40 000

• Esclaves agricoles 35 000

Esclaves des mines 10 000

Esclaves employés dans l'industrie, le

commerce et la navigation 90 000

Enfants au-dessous de 12 ans pour 40 000

femmes 20 000

Vieillards au-dessus de 70 ans 6 000

Total 201000

La population libre qui comprenait 30 000 familles se décomposait ainsi qu'il suit : Athéniens, 67 000 ; Mélèques (étrangers admis à la jouissance des droits civils), 40000. (H. Wallon, Histoire de Vesclavage dans V antiquité, 1" partie, t. I, chap. viii, p. 245-263, 254-255.)

Quant à Rome, le môme auteur (M. Wallon) estime, d'après le recensement des forces militaires de toute l'Italie puisé dans Polybe, qu'à l'époque de la seconde guerre punique, bien que le nombre des esclaves tendit déjà beaucoup à s'accroître, la population servile était encore loin d'égaler, à ce moment, la population libre.

En revanche, quand, vers le temps du premier consulat de Pompée, tous les alliés italiens ayant été admis à se faire inscrire dans la cité, la population libre fut descendue à 1 600000 habitants, M. Wallon pense que le chiffre de la population esclave lui fit, pour le moins, équilibre. (H. Wallon, Histoire de Vesclavage dans V antiquité, t. Il, ch. ni.)

Et les constatations de Mommsen corroborent et amplifient même celles de M. Wallon, a Jamais grande ville autant que Rome, écrit Mommsen, ne fut pauvre en moyens d'alimentation : les importations réelles, les métiers exercés par la domesticité esclave, y faisaient d'abord l'industrie libre impossible. L'esclavage, lèpre mortelle de la cité antique, entraîne partout des suites funestes : à Rome le mal dépassait tout ce qui s'était vu ailleurs. Nulle part dans le monde, pareilles bandes d'esclaves, remplissant les palais de ville des grandes familles ou des opulents parvenus. Nulle part ailleurs, pareil assemblage ie foules serviles, récep-

tacle des peuples des trois continents : Syriens, Phrygiens, et autres semi-Hellènes, se coudoyant avec les Lybiens et les Maures, Gètes et Ibères, mélangés avec les Gaulois et les Germains dont le flot allait grossissant. » (E. Mommsen, Histoire romaine, traduite par G. A. Alexandre, t. VIII, liv. V, ch. xi, p. 110 et 111.

V., au surplus, 8œckh,tr. Laligant, Economie politique des Athéniens, et Dureau de la Malle, Economie politique des Romains.)

Pour le moyen âge, je me contenterai de citer les deux passages suivants, l'un puisé dans les prolégomènes du Polyptyque de l'abbé Irminon par le savant Guérard, l'autre extrait de l'Histoire d1 Alexis Monteil.

Voici, d'abord, le passage de Guérard :

« Que les esclaves aient été fort nombreux chez les Romains #t que les personnes de condition servile ne l'aient pas été moins dans le moyen âge, c'est ce qui résulte des recherches de plusieurs écrivains, tels que Pignorius, Potgiesser, Gibbon, William Blair et Mlle de Lézardière. Je ne rentrerai pas dans les détails qu'ils nous donnent et qui prouvent que les gens riches possédaient jusqu'à 2000, fcOOO et 8000 esclaves ou serfs, et davantage; je me bornerai, en renvoyant à leurs ouvrages, à présenter les renseignements nouveaux que fournit notre Polyptyque sur le nombre des serfs, » etc. (Polyptyque de l'abbé Irminon, tome I, p. 358.)

Monteil, de son côté, a écrit :

« Combien y avait-il de serfs sous Charles-le-Chauve? J'étais encore clérichon comme toi quand je fis cette question à notre provincial, rempli de science et de bonté. Il me répondit : « Durant la décadence du grand empire de Charlemagne, tout ou à peu près était serf dans les villages, dominés par les châteaux qui appartenaient aux forte et puissants. Tu me fais aujourd'hui, à moi, devenu provincial, la même question pour notre temps présent. Je crois pouvoir te répondre qu'il y a maintenant en France les trois quarts d'hommes libres, et à peine un quart d'hommes serfs. Et pour que sur la terre, du moins en Europe, du moins en France, ce quart soit devenu libre, je ne donne pas au temps pour plus de trois ou quatre siècles. » (Alexis Monteil, Histoire des Français des divers étals, t I, p. 110-111.)

Que l'on groupe maintenant toutes ces données et qu'on en compare les résultats avec le nombre de nos domestiques actuels qui ne forment pas plus de la 37* partie de la population générale*, et Ton se convamcra sans peine de la diminution graduelle du nombre des individus appelés à rendre des services personnels.

(88) V. Manuel de bruit civil, tome I, p. 575 et 576, et note lt p. 575.)

(89) « La valeur des dîmes pérçueta en France a été estimée officiellement en 1789 à la somme de cent trente-trois millions et de cent vingt-trois million^ dé ïîvfttë, si Ton en distingue dix millions de dîmes inféodées: Cela feraitabjourd'hui au moins deux cent cinquante millions de francs. Arthur Young dit qu'alors ce n'était guère à' plus du douzième qu'il fallait porter le chiffre moyen delà perception des dîmes; il ajoute que les cultures nouvelles n'y étaient pas assujetties, par exemple, les pommes de terre, les grandes plantations de choux, les ensemencements de trèfle; mais aussi le clergé s'opposait-il de toutes ses forces à ce que les cultures fussent changées et voulait-il faire condamner à l'immobilité le travail et les récoltée des champs. Là où il avait droit de lever la dîme dû seigle, il fallait faire du seigle indéfiniment; là où il avait droit de la lever sur le blé, il fallait faire du blé, et en faire toujours, ou laisser le sol en jachère, sinon les assignations ne tardaient pas. Quelle agriculture que celle qui subissait de telles entraves ! » (Paul Boiteau,

* Je dois ce chiure à l'obligeance de mon excellent collègue à la Société d'économie politique, M. Maurice Block, si compétent en cette matière; voici la note qu'il m'a communiquée :

D'après le dénombrement de 1872, le nombre des domestiques est, en France, de :

289 059 domestiques hommes 666157 — femmes

Total 955 216

Ce nombre total a été formé par. l'addition de 57 nombres particuliers, le document officiel se bornant à indiquer combien de domestiques sont attachés à chaque profession ou classe sociale.

Il y a d'ailleurs, ce semble, un léger excès* dans cette évaluation; on y a sans doute compris quelques ouvriers.

Dictionnaire général de la politique, par Maurice Block, au mot

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