‹ Philosophie de LockeChapitre 16 sur 56 · ÉCOLE SENSUALISTE AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

ÉCOLE SENSUALISTE AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

Si^Ûet de cette leçon : Revue des divers systèmes de Técole sensualiste en Europe au dix-huitième siècle, en Angleterre, en France, en Allemagne. — Que, par fidélité même, Thistoire doit s'attacher aux systèmes les plus célèbres. Dans quel ordre les étudier ? Méthode ethnographique. Trois objections : 1^ qu'elle est arbitraire ; 2<» qu'elle ne montre pas le véritable enchaînement, l'action réciproque des systèmes ; 3^ qu'elle est défavorable à l'instruction scientifique. — De la vraie méthode : Suivre à la fois les dates des systèmes, leur dépendance, et l'analogie des matières. — Commencer par les métaphysiciens et par Locke.

La précédente leçon a mis sous vos yeux la classification générale des systèmes qui remplissent la philosophie du dix-huitième siècle. Nous avons ramené ces systèmes si divers et si nombreux à quatre écoles ; nous avons déterminé Tordre dans lequel ces quatre écoles ont paru, et par conséquent celui dans lequel il faut les présenter.

C'est Técole sensualiste qui précède les autres : c'est donc elle que nous examinerons la première.

Mais cette école est vaste ; elle embrasse plusieurs nations et bien des systèmes. Par où commencer ? Remarquez que ce n'est pas moi qui vous arrête quelque temps encore sur cette question préliminaire ; c'est la

méthode elle-même, la méthode, qui met un frein à l'impétuosité naturelle de la pensée, et la condamne à ne rien entreprendre dont elle ne se soit rendu un compte sévère. C'est le propre de la philosophie naissante de se laisser emporter par son objet, et de se précipiter d'abord dans toutes les routes qui s'offrent à elle ; mais c'est le caractère d'une philosophie plus avancée d'emprunter à la réflexion les motifs de toutes ses démarches, et de ne s'engager dans aucune route sans l'avoir mesurée tout entière, sans avoir bien reconnu le point d'oîi elle part et celui oh elle arrive. Ainsi, comme, en abordant le dix-huitième siècle, nous avons commencé par rechercher l'ordre dans lequel nous devions étudier les diverses écoles dont il se compose, de même nous ne pouvons aborder à l'aventure l'école sensualiste; il nous faut aussi rechercher l'ordre dans lequel nous devons étudier les différents systèmes que renferme cette école. .

Mais nous ne pouvons classer des systèmes dont nous n'aurions pas la moindre idée ; nous sommes donc condamné à commencer par une sorte de reconnaissance, de revue rapide de tous les monuments de l'école sensualiste du dix-huitième siècle. Assurément je ne dois, je ne veux entrer dans aucun détail, car j'anticiperais sur les leçons étendues qui doivent suivre; je ne veux vous citer que des noms propres, des titres d'ouvrages et des dates ; mais enfin ces noms propres, ces titres, ces dates nous sont absolument nécessaires pour que nous puissions nous orienter dans le monde où nous faisons aujourd'hui les premiers pas.

Locke est le père de l'école sensualiste du dix-huitième siècle : placé entre deux siècles, il forme la tran-

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sition de l'un à l'autre ; il est le dernier mot de l'école sensualiste du dix-septième siècle, et le preinier mot de celle du dix-huitième, ^n effet, parcourez tous les philosophes sensualistes du dix-huitième siècle, il n'y en a pas un qui n'invoque l'autorité de Locke ; je ne parle pas seulement des métaphysiciens, mais des moralistes et des publicistes, et non pas seulement en Angleterre, mais en France, et d'un bout de l'Europe à l'autre. Locke est le chef, le maître avoué de toute l'école sensualiste du dernier siècle. Voici maintenant les représentants les plus célèbres de cette école.

En Angleterre, sans parler de Collins, de Dodwell et de Mande^ille *, que vous connaissez, nous trouvons un peu plus tard David Hartley, avec ses Observations sur r Homme *. C'est la première sérieuse tentative pour rattacher l'étude de l'homme intellectuel à celle de l'homme physique. L'auteur de la Zoonomie ^ poursuivit l'œuvre de Hartley. Contemporain de Darwin, Priestley^ qui s'est fait un nom comme physicien, a marché dans la même route et laissé un grand nombre d'ouvrages, dont le plus connu est ^n Traité de la Matière et de r Esprit'' y où il

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