Sur M. Jacobi, voyez p
après sa mort et balance celle de son illustre rival, M. Schelling. Quant au mysticisme, on est bien sûr de le trouver en abondance dans la patrie de Bohme.
Cette revue très-incomplète suffit pour démontrer ce qu'il fallait établir, que, si dans chaque pays de l'Europe a dominé peut-être un système particulier, ce système particulier n'a pourtant aboli nulle part les autres systèmes. Maintenant, tirez de ces différents pays et rapprochez tous les systèmes analogues ; mettez ensemble tous les systèmes sensualistes de la France, de l'Allemagne et de l'Angleterre, puis les systèmes idéalistes, puis les systèmes sceptiques, puis les systèmes mystiques, et vous avez sur le théâtre de la philosophie européenne quatre grandes écoles, qui, toutes les quatre, se recommandent par des services considérables, et présentent k l'impartiale postérité des noms presque aussi célèbres les uns que les autres. Si, d'ailleurs, on recherche la part de chaque pays dans le travail, on trouvera que la France et l'Angleterre représentent surtout le sensualisme et le scepticisme ; l'Ecosse et l'Allemagne le spiritualisme, à des degrés différents ; pour le mysticisme, il est un peu partout, et particulièrement en Allemagne.
Tel est le résultat que donne l'observation : l'observation confirme donc la théorie. L'induction, appuyée sur l'histoire entière du passé, divisait d'avance la philosophie du dix-huitième siècle en quatre grandes écoles, et nous avons trouvé qu'en effet cette époque de l'histoire de la philosophie se divise ainsi. Cette division qui, en elle-même, ne serait qu'un fait réel, mais arbitraire j devient un fait nécessaire par son rapport à
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l'histoire entière qu'elle continue ; elle en exprime une loi. Nous la suivrons scrupuleusement. Comme l'Europe philosophique au dix-huitième siècle est divisée en quatre grandes écoles, de même ce cours sera divisé en quatre parties.
Je ferai passer tour à tour sous vos yeux l'école sensualiste, l'école idéaliste, l'école sceptique, l'école mystique. Mais dans quel ordre dois-je vous les présenter, et par laquelle de ces écoles commencerai-je?
L'analyse de l'esprit humain ne nous a pas donné seulement quatre points de vue différents ; elle nous a donné ces quatre points de vue dans une corrélation intime qu'il importe de rappeler. L'esprit humain ne débute pas par la négation ; car, pour nier, il faut avoir quelque chose à nier, il faut avoir affirmé, et l'affirmation est le premier acte de la pensée. L'homme commence donc par croire, soit à ceci, soit à cela, et le premier système est nécessairement dogmatique. Ce dogmatisme est sensualiste ou idéaUste, selon que l'homme se fie davantage ou à la pensée ou à la sensibilité, mais il répugne que l'on commence par le scepticisme. D'autre part, si le scepticisme présuppose le dogmatisme, le mysticisme à son tour présuppose le scepticisme. Car qu'est-ce que le mysticisme? c'est, encore une fois, le coup de désespoir de la raison humaine qui, après avoir cru naturellement à elle-même et débuté par le dogmatisme, effrayée et découragée par le scepticisme, se réfugie dans le sentiment, dans la pure contemplation et l'intuition immédiate. Voilà le mouvement naturel des systèmes dans l'esprit hu-
n PREMIÈRE LEÇON.
main*. En concluant de Tesprit humain à son histoire, nous n'avons pas craint d'affirmer qu'ici encore l'histoire reproduirait ce que nous avait donné l'analyse ; et la méthode expérimentale, toujours d'accord avec la méthode rationnelle, nous a montré partout, dans chacune des grandes époques de l'histoire de la philosophie, le sensualisme et l'idéalisme, le scepticisme et le mysticisme se développant réciproquement dans un progrès et un ordre invariables. Partout, sur le premier plan de chaque époque, nous avons rencontré deux dogmatismes qui bientôt, entrant en lutte l'un contre l'autre, se blessent l'un l'autre, et finissent par faire naître le scepticisme ; celui-ci réagit sur eux à son tour et les modifie, en même temps qu'ils influent puissamment aussi sur sa marche et son caractère , et c'est alors que paraît le mysticisme, qui, né en quelque sorte de la peur du scepticisme et de la défiancé de tout dogmatisme, s'écarte également de tous les deux, et s'y rattache encore par la guerre même qu'il leur livre. Cet ordre constant du développement des systèmes, nous pouvons l'ériger en loi, au même titre que la division des systèmes en quatre classes ; et, par conséquent, nous pouvons prédire qu'au dix-huitième siècle, non-seulement les mêmes systèmes se reproduiront, mais qu'ils se reproduiront dans le même ordre. En effet, si vous examinez attentivement les quatre grandes écoles qui se disputent la domination philosophique, sans jamais l'obtenir exclusivement, au dixhuitième siècle, vous verrez qu'elles sont toutes les
i. Voyez HisTOitiE GéHÉRALB DE LA PHILOSOPHIE, i'^ et x« leçonfli
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quatre entre elles dans le rapport que nous venons de détenniner.
n n'y a pas alors une seule école qui n'agisse sur les autres et n'en ressente l'influence ; et c'est ce développement relatif des écoles, cette réciprocité d'action, cette action et réaction perpétuelle, qui constitue la vie philosophique de l'Europe.
Faites-vous une idée exacte de la véritable situation de la philosophie au dix-huitième siècle. Le siècle précédent s'était terminé partout, excepté en Angleterre, par le triomphe de l'idéalisme; l'idéalisme n'avait pasétoufTé, mais il avait vaincu le sensualisme ; et luimême il s'était perdu dans ses propres fautes, dans les hypothèses ingénieuses mais chimériques qui marquent l'ascendant et amènent la ruine du cartésianisme. C'est alors que la minorité philosophique du dix-septième siècle, forte des fautes de la majorité, devint majorité à son tour ; le sensualisme, qui ne comptait qu'un certain nombre de partisans au dix-septième siècle, monta au dix-huitième au premier rang, d'abord en Angleterre, puis en France, et vers i750 Locke était le philosophe de toute l'Europe éclairée. L'idéalisme du dix-septième siècle résistait sans doute, mais il était battu sur tous les points. Plus tard parut un nouvel idéalisipe, celui du dix-huitième siècle, celui de Rousseau et de Turgot, de l'école écossaise et de l'école allemande. Mais Rousseau est évidemment un opposant, un homme de la minorité, qui lutte contre la majorité sensualiste, représentée par les encyclopédistes. De même Reîd est un antagoniste de Locke ; l'école écossaise est une protestation du bon sens permanent de
riiumanité contre les extravagances de la majorité nouvelle ; car, retenez7le bien, je vous prie, on n'est jamais majorité impunément. Kant, c'est Reid en grand, c'està-dire encore un antagoniste de Locke. Ainsi, tandis que le sensualisme du dix-huitième siècle est une réaction contre l'idéalisme du dix-septième, l'idéalisme de la fin du dix-huitième siècle est une réaction contre le sensualisme qui le précède. Quant au scepticisme, essayez, je vous prie, de comprendre Hume sans Locke et Berkeley. Qu'est-ce que Hume * ? Le dernier mot du système sensualiste de Locke et du système idéaliste de Berkeley. En Allemagne, Schulze--ffinesideme* et Hume-Jacobi' supposent une école sensualiste et une école idéaliste puissantes et redoutables ; car leur scepticisme, surtout celui de Jacobi, tombe à la fois sur Tune et sur Tautre. Et par parenthèse, remarquez comme l'histoire est bien faite, comme l'esprit qui y préside fait toute chose en son temps avec poids et mesure, et amène les systèmes quand il est bon qu'ils arrivent : après Locke et Berkeley, après Condillac et Kant, le scepticisme était nécessaire, et c'est alors qu'il est venu. D'un autre côté, Saint-Martin n'a-t-il pas été poussé à son mysticisme par l'effroi que lui causaient et le scepticisme auquel il voulait échapper et le triste dogma-
1. Premiers Essais, p. 55-66, et Philosophie écossaise/ jt^a^^m?.
2. Le grand ouvrage de Schulze est intitulé : Mnesideme, ou des Fondements donnés à la Philosophie allemande par le professeur Reinhold avec une défense du Scepticisme contre les prétentions de la Critique de la Raison, 1792. Voyez sur Schulze nos Fragments et Souvenirs, Souvenirs et Allemagne , p. 109.
3. Jacobi est auteur du traité célèbre; David Hume et de la Foi, ou l'Idéalisme et le Réalisme, On ne connaît guère parmi nous ce noble e^rit et ce noble cœur qup par son roman philosophique de Wolde- MAR, traduit par Vanderbourg, 2 voj. in-12, an IV.
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tisme de son temps? Il en est de même de Frédéric Schlegel, deBaadéret des autres mystiques allemands de notre âge*. Ce sont, à mon gré, les enfants d'une époque blasée en fait de spéculation, les derniers produits d'une philosophie découragée qui s'abjure ellemême. Tous ou la plupart ont été d'ardents dogmatiques, que la lutte et le mouvement des systèmes s'entre-détruisant l'un l'autre ont précipités vers le scepticisme, et qui se sont réfugiés, les uns, les plus sensés, sous la discipline régulière et bienfaisante de l'Église, les autres dans un mysticisme hétérodoxe, arbitraire et chimérique. Mais enfin tout ce mysticisme est né du désespoir de la raison spéculative, et on n'arrive au désespoir qu'après avoir passé par l'illusion. Je tiens donc comme un point incontestable que non-seulement il y a quatre grandes écoles au dix-huitième siècle, mais que ces quatre grandes écoles se sont développées régulièrement : d'abord le sensualisme, puis l'idéalisme, puis le scepticisme , puis le mysticisme.
Je ferai comme l'esprit humain et l'histoire. L'esprit humain et l'I^stoire donnent quatre points de vue, quatre écoles, toujours et partout, et aussi au dix-huitième siècle ; je diviserai donc l'histoire de la philosophie du dix-huitième siècle en quatre parties. De plus, l'esprit humain et l'histoire font paraître ces quatre points de vue, ces quatre grandes écoles dans un ordre déterminé ; je vous les présenterai dans le même ordre : je commencerai par le sensualisme; de là j'irai à Tidéa-
1. Voyez sur F. Schlegel et Franz Baader, dans l'ouvrage déjà cité, Souvenirs (T Allemagne, p. 68 et 69, et p. 71-76.
18 PREMIÈRE LEÇOS.
lisme, puis au scepticisme, et je finirai par le mysticisme. Mais j'aurai bien soin, en vous présentant successivement chacune de ces quatre écoles, de vous montrer toujours leur rapport intime et leur action réciproque à tous les degrés de leur développement. Tel sera Tordre de ce cours.
Maintenant, quel en sera l'esprit? De quel côté me rangerai-je, dans cette guerre intestine de la philosophie européenne au dix-huitième siècle? Serai-je sensualiste, idéaliste, sceptique, ou mystique ? Encore une fois, je ferai comme l'esprit huînain et l'histoire. L'esprit humain et l'histoire portent quatre systèmes ; donc ces quatre systèmes sont vrais, au moins en partie; car rien n'est, rien ne peut être qui n'ait un rapport quelconque à la vérité. La pure erreur, je vous l'ai déjà dit, est à peu près impossible : l'erreur ne pénètre dans l'esprit d'un homme que par le côté de vérité qui est en elle ; demême elle n'est admise par d'autres esprits, elle ne se soutient dans le monde que par là, et le succès de tout système y suppose quelque sens commun. Le dix-huitième siècle a pu porter ces quatre systèmes, ils y ont eu de grands succès ; donc ces quatre systèmes ont leur vérité. D'un autre côté, ces quatre systèmes ont lutté ensemble, ils se sont fortement contredits. Le jour où dans le monde paraîtra la vérité absolue, il n'y aura plus de contradiction et de lutte, tout combat cessera ; car c'est la vertu de la vérité de rallier à elle tous les esprits. Mais, au dix-huitième siècle, comme à toutes les grandes époques de l'histoire, de la philosophie, je vois des luttes, une vive pdémique entre ces -'"atre systèmes ; j'en conclus que si ces quatre sys-
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tèmes, pour avoir été, ont eu leur raison d'être, leur part de vérité, ils ont eu aussi leur part d'erreur, pour être ainsi tombés dans la lutte et la polémique ; ils sont, donc ils sont plus ou moins vrais ; ils sont quatre, donc ils sont plus ou moins faux : cela est pour moi d'une rigueur et d'une évidence plus que mathématique. Quel est alors le devoir de l'historien? Ici comme ailleurs, comme toujours, son devoir est de faire ce qu'ont fait l'esprit bumaîn et l'histoire : qu'il ne repousse pas ces quatre systèmes, puisqu'ils ont été ; et en même temps qu'il ne soit dupe d'aucun d'eux, car ils ont été non pas un, mais quatre, et par conséquent plus ou moins erronéS et défectueux. Je ferai donc deux choses : je justifierai les principes généraux des quatre écoles que présente la philosophie du dix-huitième siècle ; je défendrai chacune de ces écoles contre les trois autres, au nom de l'esprit humain et de l'histoire, qui, les ayant admises, ont eu pour cela, je pense, d'excellentes raisons que je donnerai ; et, en même temps, tout en défendant chacune de ces écoles contre les trois autres, j'accablerai du poids des trois autres, comme l'ont fait l'esprit humain et l'histoire, les prétentions exagérées et exclusives de chacune d'elles. Encore une fois, l'histoire les a portées toutes les quatre, donc je les accepterai toutes ; l'histoire les a contredîtes les unes par les autres, donc je les contredirai les unes par les autres et je n'en épouserai aucune. Ainsi, dans l'examen que je ferai de chacune des grandes écoles du dix-huitième siècle, il y aura toujours deux parties : r une partie apologétique, qui représentera pour ainsi dire les raisons d'existence de chaque écote.
dans l'histoire ; 2° une partie critique, qui représentera la lutte et les défaites qu'elle a subies.
Tel est le plan, tels sont les divisions, Tordre et l'esprit de l'histoire que je me propose de vous présenter des quatre grandes écoles du dix-huitième siècle. Mais me bornerai-je à ce rôle d'historien? Un récit fidèle, empreint d'une impartialité, qui peut avoir l'air de l'indifférence, et qui repose au contraire sur une sympathie profonde pour l'humanité et pour tout ce qui vient d'elle, est-il l'unique, la suprême tâche que je me propose? Non; je conviens que je m'en propose une autre encore, et je vous avertis que tout ceci tend et aboutira à des conclusions dogmatiques.
Un peu de vérité est incontestablement sous les erreurs contraires des quatre systèmes élémentaires de la philosophie, sans quoi ces erreurs mêmes seraient impossibles. Mais c'est l'erreur qui est diverse : la vérité est une. Ces quatre systèmes, si différents dans leurs erreurs, peuvent et doivent s'accorder dans les vérités qu'ils renferment. Les erreurs des systèmes qui s'entre-détruisent couvrent des vérités qui ne passent point, et l'histoire de la philosophie contient, comme dit heïhnh y perennis philosophia^ une philosophie immortelle, cachée et non perdue dans les développements excentriques des systèmes. C'est là le fonds conunun sur lequel nous vivons tous, peuple et philosophes : nous vivons dans la vérité et de la vérité, pour ainsi dire ; et il suffit de dégager ce fonds immortel des formes défectueuses et variables qui l'obscurcissent à la fois et le manifestent dans l'histoire, pour atteindre à la vraie
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philosophie. Je Taî dit il y a bien longtemps * : si la philosophie n'est pas déjà, vous la cherchez en vain; vous ne la trouverez pas. Ne serait-il pas absurde, en effet, qu'ici, en 1829, je vinsse me porter pour avoir découvert enfin, dans ce point du temps et de l'espace, la vérité qui aurait échappé à trois mille ans de recherches infructueuses et à tant de générations d'hommes de génie? La prétention est insensée, et toute philosophie qui se présente ainsi est une philosophie qu'il est aisé de confondre, même avant d'avoir entendu les révélations qu'elle promet. Si, au contraire, l'histoire de la philosophie contient disséminée parmi les innombrables systèmes qui paraissent et disparaissent tour à tour une philosophie toujours subsistante, toujours ancienne et toujours nouvelle, il ne s'agit que de la dégager et jde la recueillir. Il s'agit de relever le côté vrai de tous les systèmes, de le mettre en harmonie avec le côté vrai de tous les points de vue de l'esprit humain, de rassembler et d'offrir aux hommes ce qui est déjà dans les divers philosophes, mais en fragments , et comme en lambeaux, ce qui fut de tout temps et ce qui sera toujours, mais partout et toujours plus ou moins mélangé, altéré, corrompu par le mouvement du temps et des choses humaines, la faiblesse de la réflexion et les illusions systématiques du génie.
C'est là, vous le savez, l'objet de tous mes travaux; cette histoire de la philosophie du dix-huitième siècle sera donc, à proprement parler, un cours de philosophie, sous la forme d'un cours de l'histoire de la philoso-
i, Prexibbs Essais^ p. 242, etc.
12 PREmÈRE LEÇON.
phie, dans les limites d'une seule époque, de Tépoque la plus récente, la plus voisine de nous. J'aboutirai, je veux aboutir à des conclusions théoriques, je ne m'en défends pas ; mais ces conclusions ne seront autre chose que le relevé et la réunion de toutes le$ vérités qui ont été mises et répandues dans le monde par les quatre grandes écoles du dix-huitième siècle. Toute grande époque de l'histoire de la philosophie a pour ainsi dire un résultat net, qui se compose de toutes les erreurs et de toutes les vérités dues à cette époque : c'est là le legs qu'elle fait à celle qui la suit. Le dix-huitième siècle a aussi son résultat net ; il a un legs à faire au dix-neuvième siècle. J'accepte ce Iqgs avec reconnaissance, mais sous bénéfice d'inventaire; je veux l'épurer, et le présenter ainsi à la génération qui s'avance, comme son patrimoine, et le fonds sur lequel elle doit travailler.
Vous comprenez la portée de l'entreprise philosophique et historique que je me propose d'exécuter avec vous et devant vous. Le but est bon, je le crois, mais la route sera longue; ce n'est pas en quelques mois, ce n'est pas en une année, que nous pourrons arriver au terme. Il importe donc de faire les premiers pas le plus tôt possible, et j'aborderai dès la prochaine leçon la première grande école qui s'offre à nous au dix-huitième siècle, l'école sensualiste.