Plus Iiaut^ leçon v
des événements, soit des événements extérieurs, soit des événements intérieurs, de nos sensations ou de nos pensées ou de nos actes ; et ce seul terme donné, sans le comparer au temps qui vous est encore profondément inconnu, vous jugez que la succession des événements est nécessairement dans un temps : de là l'idée, la connaissance du temps. Ainsi cette connaissance, loin d'être le fruit d'une comparaison, ne devient la base possible d'une comparaison postérieure qu'à cette condition, qu'elle vous aura été donnée d'abord dans un jugement, lequel ne porte pas sur deux termes, mais sur un seul, sur la succession des événements \
Cela est encore plus évident pour l'infini. Si nous connaissons l'infini, nous devons le connaître, dans la théorie de Locke, par un jugement, et par un jugement comparatif; or, les deux termes de ce jugement ne peuvent être deux termes finis qui jamais ne pourraient donner l'infini ; il faut que ce soit le fini et l'infini, entre lesquels l'entendement découvre un rapport de convenance ou de disconvenance. Mais je crois avoir démontré, et je n'ai besoin que de le rappeler ici, qu'il suffit que l'idée du fini nous soit donnée, pour qu'à l'instant^ nous jugions que l'infini existe, ou, pour ne pas dépasser les limites dans lesquelles nous sommes restés, l'infini est un caractère du temps et de l'espace que nous concevons nécessairement à l'occasion du caractère contingent et fini des corps et de toute succession d'événements. L'en-