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étendit la portée, en af randit rinfluence. L'analyse et la dialectique reprirent le rang qui leur appartenait à côté de l'histoire. Les trop éclatants succès de 1 828 servirent du moins à retenir la foule et à lui faire supporter des expositions plus solides que brillantes et des discussions sévères. C'était un assez curieux spectacle de voir un si nombreux auditoire assister avec un intérêt soutenu à l'examen critique des diverses écoles de l'Inde, de la Grèce, du moyen âge et des temp^ modernes, et à l'analyse méthodique et détaillée des idées de l'espace et du temps, de l'infini, de la personnalité, de la cause, du bien • et du mal. Ces nouvelles leçons, fort différentes de leurs aînées, ont fait autrefois quelque bien, et nous avons l'espoir que les deux volumes qui les représentent en feront encore.
Le premier de ces volumes offre une esquisse de y Histoire générale de la Philosophie ^ depuis ses plus faibles commencements jusqu'au dix-huitième siècle, qui devait être le sujet spécial du cours. Oseronsnous dire que cette esquisse, si imparfaite qu'elle soit, a- jeté en France les fondements de l'étude vraiment philosophique de l'histoire de la philosophie ? Tous les systèmes y sont ramenés à quatre systèmes élémentaires, qui ont de si fortes racines dans la nature humaine qu'elle les reproduit sans
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cesse. Leur lutte constante est le fond môme de riiistoire. Discerner en eux Je vrai et le faux, le faux qui passe et le vrai qui dure; mettre a profit les erreurs en en montrant les causes, à savoir l'exagération même du vrai, l'ambition des principes absolus, l'imprévoyance et la précipitation de Tesprit humain ; surtout recueillir les vérités qui sont nécessairement dans tout système un peu célèbre, qui l'ont fait naître et qui l'ont soutenu, et porter ces vérités dégagées, épurées, réunies à la lumière de notre siècle, comme l'enfantement légitime du temps, ainsi que parle Bacon, le legs du pasfeé et la dot de l'avenir, telle est, selon nous, la tâche de l'historien philosophe, telle est l'œuvre ou du moins tel est l'objet de Téclectisme. L'éclectisme n'est point un système, c'est une méthode, une certaine manière de considérer les choses, trop élevée sans doute pour être populaire et courir le monde, mais aussi trop raisonnable pour être entièrement nouvelle. L'éclectisme est déjà, en effet, dans Platon et dans Aristote, autant et mieux que dans Plolin lui-môme \ Au faîte du plus grand siècle qui fut jamais, Leibniz croit se proposer un assez haut des-
i. Nous l'avons souvent signalé dansPlaton. Pour Aristotc, nous nous bornons à renvoyer au premier livre de la Métaphysique^ dont nous avons donné la traduction.