‹ Philosophie des beaux-arts appliquée a la peintureChapitre 44 sur 73 · DE LA VISION · texte numérisé non relu

DE LA VISION

La vision a pour unique objet ce qui constitue l'or* gane de la vue : il est donc nécessaire d'examiner préalablement la conformation de l'œil.

L'œil de l'enfant est une machine semblable à celle de l'adulte ; cependant l'enfant ne voit pas, et l'adulte voit. De môme que l'enfant ne sait pas voir de suite, l'aveugle de naissance qui a subi l'opération de la cataracte voit d'abord les objets dans ses yeux, et ce n'est qu'après avoir appris par le toucher quelle est la relation existante entre ses sensations et les objets, qu'il

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juge de leur présence, de leur forme, de leur position. En examinant l'œil d'un animal mort depuis peu, on reconnaît que les rayons de lumière qu'il reçoit traversent diverses humeurs transparentes pour venir former, sur la membrane du fond de l'œil que l'on nomme rétine f une petite image renversée et semblable sous le rapport des lignes et de la couleur. Cette image est transmise au cerveau par l'impression du nerf optique; c'est par cette sensation que nous distinguons les objets les uns des autres; et le renversement lient au croisement des rayons visuels qui s'o- . père en avant de la rétine.

Avec l'expérience que nous acquérons par le toucher, nous apprenons à juger que tel point est situé sur le rayon visuel qui en transmet l'image sur la rétine, de telle sorte que cette image renversée nous donne aussi simplement l'idée d'un objet que si elle était droite. Dans la chambre noire d'un appareil do daguerréotype, on voit un effet semblable qui surprend au premier abord, mais auquel on s'habitue après un peu de pratique, et l'on remarque que le renversement de l'image ne nuit en aucune façon à la vision.

Les rayons de lumière, avant d'arriver sur )p rétine, traversent : 1* Y humeur aqueuse, qui est comprise entre l'extérieur de l'œil cl la surfuco des libres qui suspendent le cristallin ; 2' Y humeur vitrée, contenue entre le cristallin et la rétine, qui, après l'écoulement

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d'une liqueur très-claire, laisse voir une membrane nommée hyaloïdc; cette membrane traverse l'humeur vitrée en tous sons et lui donne, au moyen de cellules pleines de ce liquide, l'apparence gélatineuse dont cllo a tiré son nom.

Le cristallin, extrait de l'œil, réfracte la lumière solaire avec uno grande énergio, et les rayons, en passant & travers l'humeur vitrée, décrivent des lignes courbes qui se rapprochent peu & peu do Taxe visuel, pour amener le foyer sur la rétine et former l'image , des objets.

On donne lo nom de pmbyla aux personnes dont le foyer des rayons lumineux est porté en arrière de lu rétine, et celui do myope* à celles dont lo foyer est eu de ci. Les premières se servent do verres convexes pour rapprocher lo foyer des rayons lumineux; les secondes fout usage do verres concaves pour l'éloigner,

Bien que le tableau représenté sur la rétine occupe la totalité de cette membrano, cllo ne nous est pas également utile dans toutes ses parties. Lo tableau étant dessiné plus purement sur le centre de la rétine, ce sont les parties voisines do l'axe du côno visuel qui servent le plus fréquemment ù nos perceptions. Celles qui s'en éloignent deviennent confuses et tendent & se peindre par des cercles, surtout lorsqu'elles sont Irès-rapprochéca de l'œil.

Il résulte de ces faits que les parties sur lesquelles

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notre attention s'exerce davantage sont les plus sensibles et les plus propres à remplir leurs fonctions; aussi Pœll se tourne-t-il toujours de manière que l'image de l'objet regarda soit dans le prolongement de Taxe optique.

La mobilité du globe de l'œil donne la mesure des angles sous lesquels nous voyons les objets, car en reportant successivement l'axe optique, ctft plusieurs reprises, d'un point A un autre, nous nous formons Tidée do l'ongle sous lequel ces points sont vus. Cette faculté est d'une grande importance pour apprécier les distances et juger de la forme des corps.

Il parait que cette position do l'œil est déterminée parle trou do la rétine, situé au centre d'une tache jaune circulaire remarquée par Sœmmoring. Cette couleur diminue d'intensité A mesure que 1 le cercle s'agrandit; et, si elle n'existe pas dans tous les yeux humains, comme quelques anatomistes le croient, il est présumablo qu'il y a plus do personnes louches parmi celles qui no l'ont pas; A moins que l'utilité do cette tache, étant bornéo A l'enfance, no disparaisse dans un Age avancé.

Connaissant les causes qui déterminent l'œil A so diriger sur les objets et celles qui produisent l'imago sur la rétine, il faut examiner comment cette imago nous donne la sensation des formes et des distances.

On sait que les corps présentent des ombres, des pénombres, des parties brillantes, des reflets; et ces

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accidents, en se peignant sur la rétine, indiquent les causes qui les produisent. Ils aident tellement là vision en cela, qu'il suffit de les imiter sur un tableau pour créer l'illusion optique. Toutefois il n'est jamais arrivé qu'en voyant la campagne on se soit dit : Ce n'est peut-être qu'un tableau? Il faut donc qu'il y ait quelque chose dans l'œil qui fasse distinguer la réalité > de l'apparence.

11 est probable que c'est par la sensibilité de la membrane hyalolde que nous jugeons de la forme des objets; mais elle serait impuissante a nous donner l'impression de figures précises, si la rétine ne recevait, en même temps que ces objets s'éloignent de l'œil, des images moins grandes et plus confuses. En effet, dès que nous avons acquis une connaissance suffisante des corps, nous jugeons de leur éloignement par leur grosseur et l'expression ou le fini des détails.

Par le fini des objets, nous ne jugeons que des grandes distances; or, pour les petites, la division de l'organe de la vue en deux globes donne le moyen de les mesurer. Chaque œil ayant son axe optique dirigé sur un môme point, les deux axes forment un angle d'autant plus grand que le point regardé est plus rapproché; dans ce cas, les contractions musculaires sont nécessairement plus fortes. On a donc, dans le degré d'intensité de ces contractions, une mesure exacte de la distance lorsqu'elle n'excède pas la vision distincte.

Buffon croit que les enfants voient d'abord les ob-

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jeU doubles, puisque nous avons deux yeux ; mais cette erreur est réfutée par Condillac dans son Traité de* êcniationi. Ventant n'a d'abord qu'une perception insignifiante des images formées sur ses deux rétines; peu à peu il découvre les rapports do ces images avec les objets qu'il touche, et il finit par en juger au moyen seul de la vue. L'expérience confirme ses bons jugements, rectifie les mauvais, enfin il sait voir.

En regardant séparément avec les deux yeux, on voit les objets différemment et non pas doubles. Si Ton étend la main dans le plan qui divise la tôto en deux parties, l'un des yeux donnera la sensation du dedans de la main, L'autre celle du dehors, et chaque œil aura son image particulière.

Cette observation a fait découvrir le stéréoscope, ' qui donne aux photographies un relief semblable à celui de la nature. On obtient les images au moyen de' deux objectifs pareils placés sur une planchette et dans la direction d'un point de vue, afin que chaque objectif reçoive une impression identique à celle de nos yeux. Après avoir obtenu les épreuves daguerriennes, on les place suivant l'ordre ou elles ont été faites; et, en regardant par deux tubes armés de lentilles correspondant & ces images, elles se confondent en une seule, dont le rçlicf fait une illusion complète. Léonard de Vinci a remarqué que les deux yeux servent à distinguer la réalité de l'apparence; dans les musées d'Italie, pour suppléer à ce défaut d'illu-

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si on, on remet aux visiteurs un tube de carton noirci à l'intérieur, qui isole le tableau et le Tait paraître dans toute sa perfection.

La lumière, libre dans l'espace, se propage en ligne droite. Si l'on s'enferme dans une chambre obscure et que Ton y laisse pénétrer un rayon lumineux, on reconnaîtra que ce rayon, parfaitement distinct, se propage en ligne droite.

Lorsqu'on présente à ce rayon des corps tels que le bois, le papier, la pierre brute, du drap, de la toile, il ne traverse pas leur substance; il parait s'anéantir en partie à leur surface, d'où il rejaillit des filets de lumière presque insensibles, renvoyés dans toutes les directions. Ces corps se nomment : corp$ opaques.

On appelle lumière disséminée les faibles filets qu'ils reflètent en tous sens; cette dissémination prend le nom de lumière reflétée.

Si le corps présenté au rayon de lumière est un morceau d'acier poli ou un miroir, ce rayon sera renvoyé sans altération sensible; on nomme ce renvoi : réflexion, et la lumière renvoyée : lumière réfléchie.

Enfin le rayon lumineux, arrivant sur de l'eau ou sur du verre, pénètre l'eau ou le verre en se brisant à la surface, et le phénomène qui a lieu se nomme : réfraction. Les corps qui le reproduisent. sont désignés sous le nom de corps transparent*, et les rayons qui les traversent, sous celui de rayons réfractés.

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De ces trois phénomènes, la dissémination, la ré* flexion et la réfraction, le plus utile & la vision est xelui de la dissémination; car, si la lumière n'était pas disséminée, nous n'apercevrions pas les objets dans toutes leurs positions.

L'altération d'un rayon réfléchi est d'autant moins grande que le corps est mieux poli, et c'est ce qui établit une grande analogie entre la réflexion et la dissémination; il faut remarquer que plus le corps est poli, moins la dissémination est grande et plus la réflexion est forte. Par exemple, si l'on était dans une chambre noire ornée de glaces et d'objets en acier poli, la lumière d'une bougie ne renverrait que des points brillants, et les autres parties des corps ne seraient pas visibles.

Les corps opaques sont plus éclatants que les corps dont la transparence laisse passer les rayons lumineux au travers de leur substance. Deux corps de même nature étant donnés, celui qui reflète la lumière le plus perpendiculairement est le plus lumineux.

L'altération des qmbres, des lumières, des couleurs, est proportionnelle au raccourci des lignes perspectives, de même que l'affaiblissement relatif au détail des objets.

Cet affaiblissement est une conséquence de la nature des rayons visuels dont le cône optique est formé.

Le rayon du centre, que nous appelons rayon normal

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dans notre nouvelle théorie simplifiée do la perspective, est le plus puissant des rayons visuels. C'est celui qui transmet à l'organe de la vue une impression . nette, forte, de l'objet; les autres perdent successivement de leur énergie a mesure qu'ils se rapprochent des rayons extrêmes, qui sont les plus faibles des rayons visuels.

Le phénomène de la vision renferme en soi le principe des rapports esthétiques, auxquels les beaux-arts sont soumis; ces rapports étant la loi souveraine en pareille matière, nous allons présenter l'analyse des effets qui en dérivent.

i'Si nous faisons une section des rayons visuels par un plan qui figurera la base du tableau, et que nous mettions des numéros pour exprimer leurs divers degrés d'intensité, nous aurons surla sécante l'ordre de disposition suivant.

les n" 5, 5, représentent les rayons extrêmes de

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l'anglcj le 1, Taxe ou le rayon normal; les autres sont secondaires f tertiaires, etc.

Les parties d'une composition ou d'une scène de la nature vue sous un seul angle optique constituent le tableau proprement dit. L'objet dominant qui attire notre attention est vu par les rayons les plus énergiques, et les autres objets diminuent proportionnellement d'intensité, en raison de la faiblesse relative des rayons qui les représentent.

En effet, lorsque nous sommes frappés de la beauté d'un site ou d'un objet, le rayon normal se fixe sur la partie dominante, que nous appelons la phranc dramatique du sujet, et les autres rayons en nous donnant une image de plus en plus affaiblie des objets qui l'environnent, établissent une gradation qui forme l'unité optique du tableau. La phrase dramatique contient elle-même sa note dramatique, que l'on peut se représenter comme le point brillant d'un sphéroïde, et qui est en quelque sorte l'extension de la chose simple : la lumière, l'ombre et la demi-teinte.

2° Si l'on considère la sécante comme une verticale représentant le montant du tableau, nous observerons que le rayon normal se dirige au point de vue; et que, le premier plan étant vu par les rayons 5, 4, l'image des objets sera moins affirmée, comme l'observe M. Babinct dans ses éludes sur les sciences d'observation.

Si un objet, dit-il, est placé devant un autre qui lui

scrvo de fond, quelque petite que soit la distance, ces deux objets ne se peindront pas dans nos yeux avec la môme netteté, et il y aura une différence entre la sensation de l'un et la sensation de l'autre, qui nous fera naturellement distinguer leur situation respective, sans avoir recours à l'idée de l'air interposé. Car l'idée d'une différence de distance est accusée par une différence d'impression sur l'organe, indépendamment de l'air bleu de l'atmosphère, qui n'altère la couleur propre des corps qu'à de grandes distances, comme l'a démontré Ara go.

Ainsi on sera très-simplement averti que l'objet est plus près que le fond, et il se détachera de ce fond. De même, si l'objet est isolé, les parties les plus éloignées de l'œil seront moins distinctes que les plus voisines; elles tourneront, elles fuiront, et le corps prendra du relief. En un mot, l'expression : « il y a de l'air entre l'objet et le fond, » doit s'entendre par celle autre expression logique : « il y a de la distance, en lie l'objet et le fond. »

Si l'on regarde le papier sur lequel on écrit, et que l'on place la plume entre l'œil et le papier, on lira l'écriture sans distinguer le bec de la plume; mais si l'on fixe celte plume, on ne pourra plus lire l'écriture.

Ceci prouve bien qu'un objet représenté sur le premier plan peut cire exécuté de manière & ne pas arrêter l'œil du spectateur ou le détourner de l'objet

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principal qui serait placé au second plan, et que les conséquences du parti pris sont différentes dans l'un et l'autre cas.

3* Lorsqu'on peint ou qu'on dessine d'après nature, le rayon normal passant successivement de l'objet principal 1 aux objets vus par les rayons 2 , 3, 4, 5, ceux-ci deviennent, chacun à son tour, objets principaux, et ce n'est qu'en comparant la valeur de ces objets avec le sujet dominant, que l'ensemble conserve ccttc # gradation qui représente dans le tableau l'harmonie et l'unité de la nature.

i° Les objets doivent être groupés dans do certains rapports esthétiques pour constituer l'ordre, le balancement des lignes ou des groupes, et favoriser l'acte de la vision; do manière que le tableau soit vu facilement dans son ensemble, et que l'impression produite soit une, forte, persistante.

C'est encore en suivant l'ordre et la variété des rayons visuels entre eux que Ton trouve la raison de cette recherche dans la combinaison des lignes et des groupes.

Un objet principal 1 forme un tableau complet.

Deux objets 1, 2, forment aussi un tableau complet; mais, si le tableau comporta trois objets, il faut suivre l'ordre 2, 1, 5 ou 3, 1, 2, afin qu'il y ait la variété essentielle & l'unité du sujet. Car, en suivant la formule 2, I, 2, les objets 2, 2 V étant d'égale valeur, se nuiraient réciproquement; on aurait un (a-

bleau à droite 1, 2, et un tableau à gauche 2, 1, il n'y aurait donc pas de variété et de gradation dans les objets, il n'y aurait pas d'unité.

Mais, si l'on voulait conserver l'ordre 2, 1, 2, cette formule entraînerait, de toute nécessité, l'adjonction d'autres figures ou objets, 5, 4, 5 t afin d'établir la variété dans l'unité. On peut aussi considérer cet ordre 2, 1, 2 comme formant un groupe principal auquel on opposerait un groupe secondaire, un groupe tertiaire, dans une vaste composition.

Ces calculs sont les mêmes dans le paysage; ils déterminent les limites qui servent de cadre à une scène de la nature.

DR L*Alll ET DE SES MFLETS

L'air qui environne la terre forme une couche de plusieurs myria mètres de hauteur, maintenu par rattraction de gravitation, et à laquelle on donne le nom d'atmosphère. Les rayons solaires décrivent unecourbe en la pénétrant; mais elle est si faible, qu'ils sont regardés comme rigoureusement droits.

Tous les corps situés à la surface du globe sont plongés dans cette atmosphère, qui, ayant la propriété de

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réfléchir la lumière, fait elle-même l'office de corps éclairant.

La lumière atmosphérique est celle dont nous jouissons avant le lever du soleil ou après qu'il est couché, connue sous les noms d'aurore et de crépuscule. Son intensité considérable modifie les effets de la lumière solaire sur les corps, et, par cette raison, nous ne sentons pas une diminution subite de clarté lorsque le soleil disparaît au-dessous de l'horizon.

Un nuage très-élcvé est éclairé dans tous les sens par l'atmosphère , principalement dans la direction du rayon solaire, et, par reflet, dans celle qui lui est opposée; d'où il résulte que la plus grande clarté atmosphérique vient, à peu de chose près, dans la direction du rayon lumineux. Ceci fait comprendre que la partie la plus claire du tableau est celle par laquelle la lumière s'introduit.

Si l'on examine une tour, un arbre ou tout autre objet élevé» on s'aperçoit que, du côté de l'ombre, et de tous les côtés quand le soleil est caché, les parties hautes reçoivent de l'atmosphère plus de lumière que les parties basses. C'est une des raisons qui font dire à Léonard de Vinci que « la terre exhale une ombre universelle qui rend les parties inférieures des objets plus sombres que leurs parties supérieures. »

L'air est de couleur bleu foncé, car, s'il était incolore, nous recevrions, en regardant le ciel, l'impression du noir; et, comme tous les corps renvoient de

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la lumière blanche, il s'ensuit que la couleur de l'atmosphère est un mélange de blanc et de bleu foncé, c'est-à-dire bleu d'azur.

Un corps blanc, éclairé par le soleil, reçoit de toutes parts la lumière bleue de l'àir; cette lumière étant très-faible comparativement à celle du soleil, la coloration aérienne n'est sensible que dans les ombres.

Dans un appartement, la masse d'air est peu considérable; cependant il entre de la lumière aérienne par les fenêtres. Des parois blanches, reflétant cette lumière, renverront une teinte bleue sur les ombres des objets; si elles étaient colorées, ils participe* raient de la couleur de ces parois et de celle de l'atmosphère.

La lumière renvoyée par des parois quelconques est ce que l'on appelle lumière reflétée; elle est un effet de la dissémination : toutefois on la distingue de celle qui résulte de la lumière directe. <

La réflexion est un phénomène de choc extérieur que les corps opposent au mouvement lumineux, et qui arrête, en quelque sorte, la régularité de progrès- . sion des ombres.

L'atmosphère élant'd'un volume considérable, comparativement a celui d'un corps terrestre, Tes reflets qu'elle produit s'allient aux effets de la lumière directe, et semblent ne pas avoir une cause particulière; tandis que les reflets des corps sont en regard des parois qui les renvoient, et, presque toujours isolés, ils

nous font ?oir la cause accidentelle qui les produit.

On considère dans les lumières reflétées : 1* leur direction; S* leur couleur; 3* leur intensité.

Leur direction résulte de ce fait que les rayons lumineux dont la réflexion est le plus intense sont perpendiculaires au rayon incident, qui est en opposition directe avec le rayon lumineux.

Leur couleur provient du mélange de la couleur de la lumière directe, de celle de la paroi reflétante, de celle du corps reflété.

Leur intensité dépend de la vivacité du corps éclairant, de la proximité de ce corps, de la capacité de l'angle d'incidence, du poli du corps reflétant et de sa couleur, car les corps les plus blancs, les plus éclatants 9 sont ceux qui disséminent davantage la lumière.

La lumière reflétée, comme la lumière directe, éclaire plus ou moins une surface, selon sa situation relativement au rayon lumineux.

La lumière, glissant sur un plan incliné, ne renvoie qu'une partie des rayons solaires, tandis qu'un plan situé perpendiculairement à la lumière est le plus éclatant, parce qu'il les renvoie tous.

Les facettes les plus sombres d'une sphère appartiennent aux lignes de séparation d'ombre et de lumière, et les plus claires, dans l'ombre, sont les parties situées perpendiculairement au rayon atmos-

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phérique principal, c'est-à-dire opposées^ la lumière directe.

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