‹ Philosophie des beaux-arts appliquée a la peintureChapitre 54 sur 73 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Nous espérons nvoir présenté l'ensemble des connaissances étendues qu'embrasse In peinture d'une façon assez complète pour que toute personne s'occupa nt des beaux-arls ou les aimant puisse en retirer une utilité pratique.

Les lois qui régissent la peinture sont très-nombreuses, et il en est parmi elles d'assez abstraites pour qu'il soit indispensable de les commenter longuement; de plus, elles doivent être tellement familières a la pensée, qu'elles puissent s'y présenter d'elles-mêmes. Il est donc indispensable de les posséder toutes au même degré, de grandir avec elles, et d'en Taire une étude de tous les jours pour atteindre au sublime.

Une telle éducation chez les peintres du quinzième

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siècle o préparé les voles do la belle époquo do la pclnturo en Italie, et, si les élèves do Raphaël, de Michel-Ange, do Titien, du Corrége, avalent étudié leur art aussi sérieusement quo leurs Initiateurs; s'ils no s'étalent pas contentés de les aider dans leurs immenses travaux, do les copier ou de les imiter, il est probable qu'ils se seraient élevés au-dessus d'eux, comme ces grands hommes ont surpassé leurs propres maîtres; car ce n'est que par un immense travail que l'on peut réaliser les spéculations de l'esprit.

Les maîtres de la Hcnaissance n'ont pas réalisé tout l'idéal de la peinture, et il est présumable quo lo divin lluplmêl lui-même n'a pas égalé la beauté et la force d'expression des peintres do l'antiquité. Dieu qu'il no nous reste, pour asseoir notre jugement, quo les peintures trouvées à llcrculanum, Pompeia et Stabidy dans les catacombes et les tombeaux do Homo, on doit reconnaître quo ces œuvres ne sauraient être comparées aux tableaux célèbres dont les auteurs anciens ont fait de si pompeux éloges; et, si Ton juge parles statues et les pierres gravées que nous possédons de ce que devait être la peinture des Zcuxis, des Timanlhe, dcsÂpcllcs, des Protoyènc, des Vannât , etc., on peut croire que la beauté des lignes, la force et la grâce de l'expression du clair-obscur devaient être alliées au plus haut degré à la beauté et à la vérité du coloris, et que la même philosophie était la base de tous ces arts destines à représenter le beau idéal.

Du moment où Ton apporte de la négligence dans les études, du laisser aller dans l'exécution, la décadence se Tait aussitôt sentir. Et, si les peintres do la Rcnaimncc n'ont pas atteint au mémo degré de perfection que les anciens, il est peut-être réservé aux âges futurs de s'en approcher davantage, sinon de les égaler ou de les surpasser.

Nous aurions pu enrichir cet ouvrage d'un certain nombre de gravures qui auraient présenté une application immédiate des régies dont nous avons parlé; mais il sera facile d'y suppléer en s'cnlouruut de quelques gravures de maîtres, et de cette manière chacun pourra suivre l'impulsion de ses goiUs personnels, car les lois qui régissent les beaux-arts s'appliquent indifféremment 6 tous les genres.

Les diverses manières do peindre en usage do nos jours, ainsi que la préparation des toiles vernis, etc., existant dans des ouvrages spéciaux sur ces matières, nous croyons devoir nous contenter de faire connaître les plus précieux.

M. Mérimée a publié un volume dans lequel on trouve indiqués les meilleurs procédés pour la préparation chimique des toiles, vernis, la restauration des tableaux, etc, etc

Les procédés de la peinture h la cire ou & l'encaustique sont contenus dans le savant ouvrage de M. Hittorff, de l'Institut, intitulé : De l'Architecture polychrome.

PHILOSOPHIE DES BBÀUX-ÀRTS. toi

Les brillants résultats que nous avons été à même de constater dans le paysage et dans la reproduction d'un tableau de Mctzu nous ont paru devoir mériter une attention d'autant plus sérieuse de la part des or-

\ listes, que ce genre do peinture est inaltérable, d'un emploi facile, varié, et aussi puissant que celui de la peinture à l'huile.

Le manuscrit de Ccnno-Ceimini, mis en lumière par le chevalier Tamhroni, intiluté : Trattato délia Pillura, Homa, 1821, fait partie de la bibliothèque du

. Vatican, où il est resté ignoré pendant de longues années. 11 donne la manière de peindre des (Irm et celle qu'il avait apprise lui-même, qui descendait de Giotto, par Taddco et Ange (laddi, dont il Tut l'élève pendant plusieurs années, On y trouve également les procédés de la peinture A fresque, & l'huile, sur mur, sur bois, sur pierre, et « duve In roi. »

Il est résulté de la découverte do ce manuscrit, qui date de 1437, et de quelques autres de la même époque, que les Italiens ont revendiqué l'invention de la peinture & l'huile, qui était pratiquée principalement à Naplcs, et bien longtemps avant le Geniiiui. Le plus grand éloge de ce traité se trouve dans Vasari, lorsqu'il loue la bonne conservation des fresques de Gcnnini et la beauté de leurs couleurs. Dans un des chapitres de ce précieux ouvrage, il trace le plan Je conduite que doivent suivre les artistes, auxquels il recommande « la sobriété en toutes choses,

3M PilILOSOPlILS DES BEAUX-ARTS.

une vie chaste, el la solitude; h moins de rencontrer un ami qui ait les mêmes sentiments et la même aptitude au travail. »

Léonard de Vinci Tait do semblables exhortations dans son Traité do la peinture; aussi n'est-il pas surprenant que les artistes de cette époque, en suivant de m tels préceptes, aient donné a leurs œuvres cette force, *';. cette élévation de sentiments, cette naïveté, ce véritable caractère chrétien, qui font notre admiration.

a Les beaux-arts, pris dans ce sens, dit M. Villemain, sont l'interprétation savante du plus pur des enthousiasmes qui ramène sans cesse & la présence divine, cette poésie de l'univers, et au spiritualisme, cette réalité immortelle de l'âme. »

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TABLE DES MATIÈRES

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