‹ Philosophie des langues, et introduction par l'hébreu à la connaissance élémentaire des racines et des formes de toutes les languesChapitre 29 sur 39 · ORGANE VOCAL ET SONS FONDAMENTAUX · texte numérisé non relu

ORGANE VOCAL ET SONS FONDAMENTAUX

Il offre à nos études un mécanisme simple et des jeux très-variés.

Les lèvres, laissant échapper l'air largement, font B ; moins largement p , et nasalement m. F et v sont le produit des dents supérieures jouant avec la lèvre inférieure. F>v , comme b> p. Les Hébreux n'ont que deux signes ^ et ^ pour représenter probablement ces quatre sons. Il est probable aussi que l'intensité et la nature de l'action réglaient celle de la lettre , et que ;2 > 2 rendaient aussi F et v. Quelques Juifs prononcent même varâschit n^\?;t^*^;2* M est une labio-nazale qui s'ajoute au radical comme sa faible n , et elles sont toujours étrangères à la racine , de manière qu'il faut constamment les retrancher pour remonter au premier radical.

La langue , heurtant contre le dentier supérieur à des hauteurs et avec des émissions plus ou moins grandes, plus ou moins sourdes , sifflantes, chuintantes , produit tous les sons rendus par les sept dentales hébraïques , "7 ;, to ' P ? D ' U^' * ' j> ' ^^ nos d , z , .f , ç, Ô , T , C'A , i^ , X même. Nous ran-

gérons dans celle deuxième série tout ce qui n'appartient ni à la première , ni à celles que nous allons décrire. ^ est passage ou anastomose de cette série aux gutturales : -j^^^ caro , chair; carduus chardon.

R, «-j est élément primitif de tous les mots de toutes les langues , mais prononcé différemment depuis la vibration du bout de la langue jusqu'à celle de son origine et du voile du palais, comme dans le ronflement du sommeil , où la langue dort immobile au fond de la bouche. Ici je redoute l'inertie de l'organe pincé, sourd, monotone de notre prononciation française. Les Orientaux, l'allemand et ses idiomes ont trf) ? VdUC^ , ÎUac^en ? n ' ^^ hota , aspiration plus ou moins gutturale , voisine d'un -| profond , exhalant , exprimant admirablement par expiration certains sentiments tendres , s'échappant du cœur , rendant l'aspiration affectueuse , les actes pénibles où h p se fait entendre. Chez nous le Parisien a son r raniculaire , pas d'autres; la Touraine son r, commun à tant de provinces , pas d'autres. L'Auvergnac le roule à sa manière ; le Provençal touche au g (ne prononcez jamais j , mais Gué , et de même pour c , toujours dur, non s). A Londres, Berlin et Paris de 93, dans nos colonies r s'atténue. La Haye dit père avec une vibration profonde , dure , gutturale , énergique par trop; l'enfant pèle, mêle, ou peie^ meie , pê , me; car tel est le sort de *| qu'il s'élève aux gutturales pègue , mègue , pèque , pèce ( prononcez c dur), peh ^ et ce p; est le passage des gutturales aux voyelles. Je crains, cher Lecteur, que vous

ne prononciez m aime , z zaide ; G non gue , niais j; f aif. En persévérant dans cette mauvaise voie , et en n'essayant aucune prononciation nouvelle , étrangère , on arrive au dégoût , car on ne comprend rien aux transformations d'une lettre. Etudiez bien la linguale -^ ; constatez que -| devient en croissant ^ , ;3 , p , p; ; en tombant S ' ^ O ' ^ ' 11'^*^ même , très-rarement , ^ , ^ ; ceci dans les mots sans énergie , doux , suaves , exhalants. Ex. : -j-|r) en s'affaiblissant devient ^^'^, nSs f ni^S ' nS • P^^^^<^ -, piano ; pleno , pieno ; V*1B ' îûSs ? Tr'XaT , plat^ ]-(^^ m(ioç , puteus , pot, pateo enfin. C'est que partager, ouvrir est un acte violent ; le résultat est une ouverture , porte , bouche, tonneau , puits, pot , un large. Pat , spat , pand. , panse , deviennent signes de l'extension.

^ , labio-nasal , s'ajoute au radical dans le verbe pour faire le participe; à la fin du nom masculin pour faire le pluriel. 3 , son faible et nasal, donne au mot un aspect passif, féminin, q ^^^ plus, ^ moins.

Les voyelles ne sont point une articulation , mais des sons prolongés à volonté , dépendant d'une disposition générale des cavités , de l'ouverture de l'organe, j^ est haut, grand , noble; -j vital , féminin , doux ; PI incisif, aspirant ; «| signe du pluriel , caverneux , passif; 1 petit en signe , son et idée ; j est ^ légèrement arrondi , affaibli , ou «^ , ^f et est souvent passif, chutant.

Page 1