‹ Philosophie du budgetChapitre 17 sur 50 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Le travail n'a poiut.de valeur qui lui soit propre et se réalise par son seul fait, sans rien

' Voir sur cette influence, Euergesia, oder Stuat urut Kirche in Bezîehung au/ die Armenpjlege, Esèen i8ao.

* Ce chapitre traite en même temps des Dépôts de Mendicité ; à mqins d'être des hospices , ce sont, de véritables Maisons de Travail.

emprunter des cîreonstances ; il suspend quelques uns des mobiles^ dont l'oisiveté se sert pour tenter au mal; mais il n'apporte rien au sentiment moral qui le fortifie ^ et les valeurs nouvelles qu'il crée ne deviennent réelles qu'après l'entier remplacement de celles qu'il avait transformées et consommées à la tache. Deux devoirs opposés s'imposent donc à l'État qui fait travailler par bienfaisance : il lui faut^ tout à la fois , élever le salaire pour amjéiiorer la position du pauvre qu'il emploie,, et réduire la dépense^ ^ pour rentrer dans ses débours y ou du moin3 ne pas épuiser toutes les ressources de sa charité dans les prodigalités d'une seule année. A moins de rendre la main-d'œuvre plus productive, par la surveillance et la spécialité , et de diminuer les frais en produisant sur une large échelle, et en éconcuaaisant par la vie commune sur le prix des subsistances , il ne saurait remplir sa double tâche *.

' Les anciens avaient des Maisons de Travail conrecùonneUes sous lé nom d'Ergtuiula (GohimeUa, lib, x^ cep, 6 y g): n paraît , d'après Guaiinos ( Èconotm polit, , 1801), que, dès 1578, on eut en Espagne l'idée d*un établissement obaritaUe pour donner du tiavail aux pauvres , et qu'on la mit à exécution en \ 598 ; onr éki' at- Philosophie da Budget. 1 . ai

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Puisque 1«8 pauvres ne se soutierment point pai* leur travail y il est inférieur à celui des autres ouvriers qui vivent de leurs bras ; Féducation n'a point développé leurs forces naturelles ^ l'ap-

tribue l'inventioii, en Ahgleteitr , au Gliief Justice Haie, quoique son discours n'ait été imprimé jqu'en 1683^ {Eden, State of tke Poor, vol. i" , p. i65) : Fouvrage de Stanfey l'avait déjà été en 1646, et celui de Thomas Firmin en 1678. Il existait une Maison de Travail à Hamboui^ dès 1622 , et le premier projet de Saint-Georges de Baii'euth, ftit formé en 1713 (FY. von Jf^elâen's Gesqhichu der .Errieht. der Strafajijéeùsh. iU Si, Geotg, bei Baireiuh ). En Fiance , la premii^re tentative eut lieu à Paris, en 1682; mais, après avoir dépensé 6,000,000, il fiadlut y renoncer. L'ordonnance de 1764 voulut en oi|[aniser sur une plus lai*ge écheUe, et on en comptait 18 en 1778 > 21 en 1781, 27 en 1786, et 33 en 1792 : le second essai ne fut pas pbis heureux. Le décret du 5 juillet 1808 rétablit, une troisième fois, dés Dépôt» de Mendicité; mAis de 69 qu'il fonda sur le papier, 37 seulement furent ouverts. Constamment attaqués par les Conseils Généraux, tous les ans, il en dispalaîsflait quelqu'un ; en 1818 il n'en restait plus que 22 , et , sept ans après , ils étaient îrédnits à 6. |ia populaiité passagère des deux Maisons, fondées à Bordeaux par M« d'Haussez, et à Paris par M. BebeUeymc , y fit revenir encore une fois : on voit dans les comptes de 181^ qu'il y- en avait alors 3i . Une foule de paroisses en ont

CHARITABLES. SsS

jMPOntîdsage d'un métier n'y a rien ajouté. Ceux* là même dont le salaire eut, sans quelque bmIlieureux acoident, largement suffi à kurs be-* soins, la nécessité de simplifier les ateliers, et de fabriquer ai grand, foroerait.de ne point les occuper dans leur industrie, et jusqu'ici on n'a pu en découvrir aueune jqui , sans demandfu* d'appraitissage , soit aasez lucrative pour subve^ nir constamment aux dépenses de la vie. Souvent l'indigenee n'est qu'une respon3abiUté de la pa-« resse, et les Maisons de Travail suppriment tous les motifs d'inquiétude et d'espérance , qui hii faisaient encore obstacle * ; on refuse d'y rien

établi en Angleterre et en Danemarck, beaucoup de TÎlles en Allemagne ; il y en a 8 dans les Pftys-Bas , a à Yérone, 2 à Gènes, i à Florence, i à Bologne^ et, en i8o3, en en comptait jusqu'à leà en Russie; £>a;w jtellung des Rus, Mon, von Wichman.

' Dans la Pia Casa di Lavoro de Florence, on diminue la ration des pauvres qui ne travaillent pas assez , et Ton expose dans le réfectoire une machine qui fixe les pieds et les mains des paresseux à qui Ton inflige publique** ment la fustigation ( F'oyage en Italie, par le D^ Valentin, 2« édit. , p. 129). Le directeur de THâpital Général de Paris avait le droit de raser, de mettre an cacbot , ei de condamner au carcan et au fouet.

3^4 DÉPËNSHS

entreprendre à forfait * , et si les directeurs des ateliers arbitraient les forces ^ et mesuraient à chacun sa tâche ^ ils traiteraient les pauvres plus cruellement que les forçats , qui du moins n'ont pciint rifnpoâsible à parfaire. On n'a plus de privations à cfâindre dans l'avenir ^ , plus de joui^ saKces à attendre de ses économies ; l'intérêt des frais d'étaUissemeùt et d'entretien *, la cherté

* n faut une raison à ses fatigues , et ici il n'y a ni profit , ni espoir ; la position ne peut changer, c'est touionrs le régime de la Maison. Si lajQourriture n^était pas coAimune , les inconvéniens seraient bien plus graves encore. Quel que fut le travail^ le salaire déviait suffife à la subsistance , ou l'on chercherait ailleui*s le moyen de vivre , et rester assez bas pour intéresser à n'y pas entrer, c'est à dire qu'on y excite à la paresse par tous les moyens possibles.

* L'État prend toute la vie à son compte ; quand on ne pourra plus travailler, il nourrira sans demander de travail.

^ En Angleterre , on a dépensé environ cinq millions sterUng pour la construction et l'ameublement des Maisons de Travail. Celle de M. Dcbelleyme devait coûter iy5oo,ooo fr. pour 3oo détenus; en i&^,la dépense montait, dans les Dépôts, à 220 fr. par téte^ dix ans après, elle atteignait aSo. En supposant que depuis elle n'eût pas augmenté, les frais se seraient élevés , dans la Maison de Refuge de Paris, jusqu'à 5oo fr. pour chaque détenu. Le moyen de généraliser un pareil système !

de l'admiiiistratioiiy la dëprcissîon de l'in^luatrie et la diminutioa dont une production plus éten*due frappe encore ses profita, là nécessité de rë^ partir sur les ouvriers yalides une partie de 1^ dépense des incapables ', ne permettent pas d'intéresser à la production par un large pécule ^ ; et le pût-on , sans préparer la ruine de l'établissement ' et compromettre sa discipline,

' A Uckermùnde , 3ur loo détenas , il n'y eu a eu lopg-t^mps que 2 j tout à (ait capables, de tfavail.

' Dans les établissemens qui semblent leur en laisseï , les rations sont plus insuffisantes , et des. besoins réels réclament tout ce qu'ils gagnent. Quand l'âge ou la maladie leur rend le travail impossible^ ils y souffrent bien plus que daps les autres.

' Les recettes sont déjà loin de balancer les dépenses , et quand la misère sera plus générale, que le salaire aura baissé, que plus de Maisons se feront concurrence, leurs profits seront encore considérablement réduits. A Sheffield, en 1797, i^Q pauvres ont produit 170 liv. ( Eden, State oftkepoor, vol. III , p. 8.7a ) ; à Nonvicb, en 1796, i,4o3 pauvres i,356 1. i4 »cb. 3d. (Eden, vol. II, p. 5ig ) ; la même ai^née, Iq travail des 345 pauvres de Hull n'a valu que i4ol. st. (Eden , vol. III , p. 837); en 1794, les dépenses se sont élevées, à Sbrewsbury, à 4)822 1. 15 sch. 2 d., et les recettes à 862 1. 8sch. 6d. (Eden, II , p. 636); à Leeds, en 1792, les

les pauvres ii'aunrient plus oeUe coafianoe en eux-mêmes ) cette conscience d'un deroir à remplir par le travail^ celte puissance sur leur avenir, qui doublent lés forcées, et relèvent du découragement et de la fatigue, ils sentent que leur vie ne se libérera plus de la charité publique^ et s'ils ne se' laissent aller au désespoir , c est qu*à force de dégradation ils se réconcilient avec leur destinée.

Des produits, si peu abondans, sent en nième temps trop grossiers pour se dédommager de

premières ont monté à 1,246 I. 12 sch. 7 d. ,. et les produits ne sont ardrés qu'à 1 4o 1. ( Eden , m, p*. 858 ) ; en.i8o3, le produit moyen fut pour toute TAngleterre de 2 1. 2 sch., et la dépense de 1 2 1. 3 sch. 6 d. , non compris le loyer de la maison et l'intérêt des frab d'établissement {Poor Returns of i8o3); à Manchester, en 181 5, les dépenses se sont élevées à 5,44' ^' '^ ^^^* ' d., et les recettes seulement à 222 1. 12 sch. ad. ( Gêner, Report^ ]8i5); à Edimbourg, en 1816, la maison de Westkirk a dépensé 3,ooo 1. , et prodiût un peu plus de 100 1. ; à Glascow, d'août 18 16 à août 1817, les dépenses sont arrivées jusqu'à 4s5o8 1. g sch. 8 d. , pour un pjnxiuit de 267 1. I sch. 3d. (Ewing, Rep,j p. 72). Il parait, diaprés Rose {^Ohser9, on the Poor-laws, p.. 56), que le taux moyen de la dépense peut être évalué , par an , de 9 à 1 2^. , et le produit à un peu plus d'une.

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leur rarelé par Vtiévwûon des fuix, el la demande lesar manque aussi bien que la quahtité et la qualité. Quand la misère a pénétré dans les massesi ce ne sont plus des faits individuels qui la causent^ mais des généndités sociales , le début d'emploi 'y Tinsuffisanoe du salaire^ uue oonsommalioo trop restreinte par le capital, et l'on ne crée point de la praq^lé pahlii|ue en bâtissant des Maiscws de Trtrjai) ; leurs nouveaux produits ne s'ouyrent point de débouchés nouveaux , ils ne se plaoent qu'à eondkion d'en dé^ placer d'anjtres. Si les pauvres radeiviennent^m* vrien^ c'est pajrce que des au^ri«rs sont réduiis à se ùnn pauvres ; ils ont une famille à soutenir, UB avenir à prévoir, des faaUtaMks de dépense que d<Hinent la civilisatiMi et les exigence^de i'(^[HMon , et ijys ne peuvent résister à la concurrence dç malheureux qui, sans besoin d'esttme ni souci de leur famille , ne travaillent que pour assouvir leurs néees^ûtés du oMiineist. L'État se sdbstitne à leurs devohv de père et d'iioimme ci-

•1 ' Dans jpkuôeiirs pamissei anglaw^» le4éfimt 4!em-* ploi est arrivé au point que Ton ne ^uveplitsàQQciiper les jpauvres fpiela loi ob%e de nourrir; Qa,le«t' bàtse la liberté d'aller tiavaiUer aiUeurs. ( fVulkw^ pisses.)

vilisé, et il n'est point un entrepreneur de spéculations, mais de charité; il ne s'inquiète point de réaliser des profits , il sait que les frais ne seront couverts que par son budget; tout ce qu'il espère y tout ce qu'il tente, c est de Jes réduire, et il rabaisse ses produits jusqu'à ce qu'ils obtiennent la préférence. Vainement l'ouvrier se dévouer ait*-il à une existence toute de labeurs et de vertus, il ne rectteille plus la responsabilité de sa conduite. L'État, qui devait mettre le bien* être à sa portée , paralyse tous ses dTorts de fortune ; sa tâche était d'affiranchir l'esprit de la domination des choses, sa valeur de développer le sentiment moral , et il déprave , par Timpuissance de suranonter les premières difBeultés de la vie, et le désespoirde l'avenir; Tindustrie libre est fatalement étouffêe par son industrie charitable*.

• ' On établit à lifts , .avant la- rëvôlatioii^ mne Maison de Tiavail poi^r 8op mendians^ et Yen recbiinat cfoe^y grâce à leur concurrence et à leui^ bas prix, la pauvreté y augmentait. A Nîmes , les ouvriers extérieurs ne pouvaient soutenir la concurrence avec les détenus du Dépôt i et, sur leutis plaiiites , Tadministration fut obligée de décider que les objets qui y seraient manufacturée ne pourraient être vendus qu'aux prix les plus élevés du

CHARITABLES. SsQ

Cette qh&rité des Maisons de Travail ne peut même se réclamer d'aucun bienfait sensible dont elle se fasse un prétexte ; elle déporte de cette patrie de l'enfance^ qui ravive les plus doux souvenirs, et jette sur l'existence comme un reflet du bonheur qui n'est |^us; elle rompt les amitiés lorsque^ endurci par l'âge et rendu défiant parle malheur , le cœur ne s'ouvre plus à de n)ouveaux sentimens. Toutes les joies de la famille sont anéanties , tous ses amours méprisés. Des vieil-* lards, dont les cheveux ont blanchi dans la pratique des vertus, sont attachés à la même chaîne industrielle que des criminels libérés et des pros^ tituées ; leur premier besoin est un peu de paix et de repos , le bruit des métiers le poursuit sans relâche de leur assourdissante monotonie, et quand ils baissent la tête sur leur poitrine , pour reprendre baleine çt prier Dieu de leur donner le couine de vivre jnsqti'au bout, la voix rauque

commerce : c'était , pour ainsi dire , renoncer à en tir^er perti. Lts^lisaerands el im oordiende la ville d'Agen se sota^plÛAtS) dan» uxkt pétition adressée aux Chambres, d'être radiés par les déteoua de laMaison d'Bfsses' qài expkÂtent' presque toute leur industrie ;• A/onêr. du 3o novembre i83i;.yoir 9,um le chapitresur le Sfsêèmc pfinitfimiaire.

33o DÉPENSES

du surveillant les gourmande de ieuc fainéanlise. Des enfans^ arrachés aux caresses de leur nràre^ à Tinquiète vigilance de leur père^ y sont écroués avec une âme yienge encore^ et vide de tous les enseîgiiemens qui les eussent fortiiés contra la dépravation : ils apprennent à aimer la société y entourés de ses vidîmes qui la Masphèmeot ; à remplir des devoirs morauK^ au mi* lieu d'une corruption ^hôntée ^^ sous Taiintraire des argcHisins de la bienfaisance publique. La vie elle-même, tout angoissée et démoralisée qu'oft.la fasse, n'y saurait être un bat possible; une atmosphère étouffée , diargée de Todeur des baillons et d'exfaalaÎBons empoisonnées , détruit «{ndement la constilnttoin ; les salubrités du plein air et le oontenteinent de son^ort ne la sontiennent poônt , une nourriture anbstantielle et géDërèuse ne la répare point , et la mort s'y multiplie sous toutes lea formes et frappe 4es deux mains '• En vain même, l'État pourrait-il en-

' EaiBi^^lamortriicétedexsiarSdaBsleDépMde Mendirité ds Mmm, et cisa tw49 âi^iSydaBS oehô de Boom; eHe 'était, dans le MjamM d» I^ys-Bas , de I «or 43989 etdansicB divm Mpt^ de t 9w9,9 (Rgckérciies tur ta papuiaiiêu, Uê^noUêmncôt ^ Us d^ ces, etc. , eu, , rf<ww le royaume des Pofs^Boâ , par

tretenir quelqœ illusioa sur 4es rémikaU matériels de ses Maisons de Trayaii, il ne lui serait pas perfidis de se iBdvqier sur ks conditions du bonheur^ Entre lui et la moralité, il y a plus de liens indissolubles que la sensibilité ae le suppose; il n'est point extérieur , dans un morceau de pain plus gros et plus Uanc^ il est avant tout dans une bonne oonscicnce et de tranquilles re«h smiTenirs, dans une indépendanoe qui se sent supérieure aux influences du dehors^ et ime ésMTgie qui attend, la tête haute et les bras déployés, toutes les éventuaUlés de l'avenir.

Si la dëprase des Maisons de Travail était bds-^ sée aux communes^ ks revenus des plus pauvres ne suffiraient pas à la change; et les frais d'étabUsaement et d'adhoainiatiatfton dépasseraient toutes las ressources du capital social. Pour en faire un moyen paierai et: possible , il Cau( que

M. Qnetelet). £b Fiance^ il y fimmt derfijèrement I pamve sur 6; mwmt k réjT^kttiea^'c'éUttt i #ujr 5 (4»6oo wâr ^yM04 Sixième Atppart du Comité de Mêh^ étcHé); etaufiépAc deSaÎBtpOeBÎs, laconsomTOrfion d'hommes était •encore plna effroyable ; il eci mowMi toas les ans fÊès d^un «tiass, 191 a/3.flur 661» terme moyen de ^8^6, 1817 tt iSiS ; M. V«emé> jÉcadém. des S€iemes, sg «ot.. i8a4-

l'État les centralise; et, puisque son budget s'impose sur toutes les communes, toutes auront également le droit d'y placer leurs pauvres , d'en obtenir une dans leurs enclaves \ et elles en useront toutes; car les malheureux qu'on enverrait au loin, dans tm pays qui ne kur parlerait point de leur passé, dans des^ ateliers où ils ne connaîtraient personne, que leurs parens et leurs amis ne pourraient visiter dans leurs heures de repos, ni consoler dans leurs jours d'affliction, souffriraient bien plus douloureusement de la bienfaisance publique que les autres; et l'État serait condanmé à des préférepces, sans raison aucune, que de minces considérations financières et le bon plaisir de son injustice.

Ce ne serait pas seulement aux pauvres d'ha* bitude qu'il devrait de l'emploi , mais bien à 'tous les pauvres par cas fortuit et transitoire^ . Son

' Nous nlnsîsterons paB sur la dépense des voyages ded paavres; elle ne serait pas asses considéi-ablepour que Ton s'en occupât. Mais la violation de la fiuniUe serait encore plus complète ; on la disperserait dans les divetses maisons où il resterait des places.

* Dans la Maison de Travail d'Amsterdam, il 7 & quatre larges salles pour les ouvriers qui n'ont pu trourver d'ouvrage : ils s'en vont quand ils veulent ; on les

obligation deviendrait d'autant plu» impérieuse, que souvent leur misère ii&rfài une conséquence directe de l'ouverture de ses Maisons. Aux raisons de sa charité s'ajoutarait encore lé devoir de répondre de ses œuvres; et, quelque opulent qu'il fût^ l'entreprise serait impossible. Quand viendrait une de ces crises générales que toute ' sa prud^cice ne saurait prévenir, l'industrie serait trop fortement ébranlée;. les spéculations parti* culières auraient trop hâte de resserrer leurs affaires , et de ré^ser leurs capitaux, pour qu'une immense quantité de bras ne fût point réduite à frapper à ses ateliers ; et rien ne serait prêt pour les recevoir, rien pour les occuper. On ne pourrait compliquer l'administration et. disséminer la surveillance dans une foule de. fabri* ques diverses; et un accaroissement au^si imprévu, dans la demande d'une matière première et dans l'offre de ses produits manufacturés , déprimerait encore les recettes, et multiplierait indéfiniment les frais \

appelle f^rjr Tf^iUigers, A moins d'être inconaéquent , c'est une nécessité du système.

' Elles seraient d'autant plus nàneases, que la consommation serait fort restreinte imot la criae ^ et que

554 DÉrewsES

Au Hcfo d'être temporaires et de se régler, jour par jour, sur la misère, tes dépenses atteindront un minimum dont rien ne les fera descendre ; une année abondante et des circonstances favorables auront beau réduire l'indigence , l'entretien reste le même ^ ; et il y a des frais de direction et de poHoe qui ne se mesurent point sur le nombre des pauvres; à moins de les laisser incomplètes, on arrive bientôt à une limite nécessskire* Quelq[ue intense que soit la misère , encore n'est-<n:i point dépouillé de toutes ressources, on trouve çà et là de l'emploi; le salaire n'est pas en rapport avec les exigences de la vie et des circonstances; mais un secours, souvent 1^^, aurait rétabli l'équilibre, et l'État, qui fait la cbarité avec des Maisons de Travail , se charge du pauvre tout entier. Tout ce que sa position particulière conservait de ressources, il le néglige ; il n'y a plus de diffiirence entre le

rÉtat aurait à supporter à ïa fois toittes les non-valeun de l'apprentissage.

' A moins de se résondre à un système de chiirité insuffisant, on est même obligé de calculer le nombre et retendue de ses BfaÎMms sur la plus mauvaise année que l'on puisse raisonnablement prévoir.

CHAftITABLES. 335

dernier dénûment et la première icoaffrance : ses prodigalités preonent tout exdusivement à leuroHiipte^

Avant de s'aventurer d»DS un système aussi dépenûer^ il faudrait au momS avoir la certitude de suffire à ses éTentualités ; et ici l'on ne peut rien inckiire du passé ^. Chaque année jette de

' Arant rëtablissement de la Maison de Travail d'Édimbonrg , il n'en coûtait pas, pour les pauvres, plus de 1 ,5oo 1. par an ; elle dépensait , seule , en 1783 , environ 4,000 1. ( ATFarlane , Jnquirjr conceming the Poor, p. 123). La ville de Glascow secourait , en 1782 , à peu près 900 pauvres avec 600 1. ; si elle en avait mis seulement la moitié dans des Maisons de pauvres , il lui en eût Callu 2,000 (M' Farlane, Inquiry^ p. 4i<>)>

* Presque partout, cependant, où des dispositions vexatoires ou humiliantes ne violentent point les tendances naturelles , la population des Dépôts de Mendicité est en progression continue. Voici leur mouvement, à Edimbouii; :

AISON BB TRAVATt

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