MAISON DB TRAVAIL
DE GHABITB.
B« wisTiiak.
1,1 94 pauvres.
290 pauvras,
i,5oi
A Brauweiler, il y avait, le Si décembre 1824, 4» 3 détenu?; id, 1825, 524; ià, 1826, 540 {Historisck sUUis^ tischJ^chreibung, etc., von Ristelhueber, passbn). A BeuMpiausen, 383 en 1826; ^i3 en 1827 ; 610 en 1828 {Bei. zu Allg, Unterhalt, Btàttem desK. Reg-, zu. Postdam und Berlin, 1829, S, 282); à Uckermiitide , le 3i décembre 1827, il y en avait 106, et , un an après , i3i ; Preuss, Staatszeitung, lo/émer 1829.
CHARITABLES. ^5j
éooiiomie plus incessante et plus sévère , les réhabilitent dans l'aisance. Mais que les MaiscMis de Travail soient vraiment des institutions de bienfaisance au lieu d'offidnes de mortalité ; que des précautions hygiéniques dé$infectent leurs salles , et qu'une nourriture plus riche y rétablisse la constitution d^rie ^ ; ils augmenteront dans une rapide progression. Le sentiment de la dégradation sera moins amer^ il n'excitera plus à dépl|^jer sa puissance d'homme , à fatiguer le malheur à force de patience , à le fouler sous ses pieds^ à force d'énergie. On se lassera de se débattre éternellement contre les étreintes de la vie , et l'on cachera lâchement sa tête dans les Dépôts dé Charité, comme dans un abri; peutêtre même n'attendra-t-on pas la venue de l'adversité , et y pour se débarrasser d'Un seul coup des incertitudes et des responsabilités de l'avenir, se dépouillera-t-on à leurs portes de tous les sentimens qui constituent la dignité morale, et font Ja valeur humaine.
I On ne peut nier que Faction de l'administration et le régime de la Maison ne diminuent considérablement la mortalité; la preuve en est dans le tableau statistique du Dépôt de YilTonde ; dans celui dé Bordeaux , sur 354 pauvres, il n'y a eu que 19 décès, à peu près 5,87 sur 100. Philosophie du Budget. 1 . a 3
L'État, qui^ par des tmitemeni durs et des conditions flétrissantes , s'effî)rceFait de créer une répugnance factice à recourir à ses ateliers, irait à l'encontre de toutes ses intentions charitables , la bienfaisance doit donner autre chose que le choix des maux; et de pareils moyens se petoumeraient même contre le but matérieh Souffrance pour souffrance^ on l*aîiaferait mieux en plein air que dans une prison, réprouvée par la terreur publique ; et après avoîl fait la dépense des établissemens , la société aurait encore à supporter la charge des pauvres \ Il faudlrait les secourir par voie <»rrectionnelle ' ; mais
' En Fiance on avait, ^i 1818, place- pour 8^775 pauvres dans les Dépôts de Mendicité , et on n'avait pu en ramasser que 5,433. En 1659, il y eut à Paris huit émeutes excitées par les archers qui conduisaient les pauvres à l'Hôpital Général.
* Des criminalistes n^ont pas ctaint de reconnaître ce âvoit à la société (Ârnim , Bruckstâcken ûber F'erhrechen und Strafen, Bd. ii, S. i3i und Bd. îii, 10; et Lotz, Ideenûber ôffentUche Arbeitshàuser, % 38, S. 84 u. folg. § 44 > ^' gS u- f<^l9-)* 1^ Code prussien n'a pas osé être aussi impitoyable : avant d'être détenu.au Dépôt de Mendicité, il faut être mis en jugement, condamné à la' prison et avoir fait, sa peine ; Kap. iii , art. 4&; S. ii ^ art. 269-7^ , und S. iii , art. 274-82.
CHÀRITABI^S. 359
si la liberté est un bien, sa privation est une oppression ou une peine ^ et la bienfaitonce n'a pas plus le droit d'opprimer que la loi de frapper, uniquement psijtce qu'on est malheureux. Ce ne serait pas même là une mesure de police; la po^ lice prévient les abus de la liberté, et n'attente point à son usage ; elle surveille les délits et leur multiplie les- obstacles ; elle ne punit point par avancement de justice. Quand la charité de l'État se fait plus cruelle que son Code pénal , qu'elle condamne à un travail forcé pour engager à un travail libre, et veut assez épouvanter la mendicité pour prévenir la misère, une légitime indignation s'empare des pauvres. Us ne se trouvent dans le cœur qu'une haine furieuse pour cette société égoïste et cruelle , ^ui s'imagine avoir accompli son œuvre philanthropique, parce que la terreur que ses secours in^rent a bâillonné la plainte ; ils s'enveloppent dam leurs haillons , et se dévorent long-temps les entrailles en silence; puis, lorsqu'enfin, vaincus par les angoisses de la faim, ils se traînent à la Maison de Travail, ils se sentent avilis et dégradés jusque dans leur avenir.
34o DEPENSAS