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CHAPITRE V

0r0 €olonuB ajivuolts\

La philosophie eût-elle autorisé rétablissement des colonies agricoles , la théorie céderait le champ à la pratique^ et les questions d'administration primeraient les décisions de la science. Il y a des terres qui coûtent plus à cultiver, des

' Beaucoup d'écrivains en ont soutenu les avantages. En Angleterre, les rédacteurs des trois grandes Reçues, Fullarton , Sinclair, Wilberforce , Goiqu'houn , Dikson, Practîcal agriculture or a complet sjrstem of modem hus^ handrf, et M. W. hVLcn ^ Colonies at home , i832 : en Allemagne, Justi, Gunow, Resewitz, Rockow, Lùttwitz, Notslitz, Soden, National Oekonomie; Beinse, Darstellung eines sicheren Mittels die Dwrftigkeit zu entfemen ; LawàtZ) Veber ArmennKolonien ^ Brauns, Ideen ûBer die Auswanderung nach Amerika; Karthofer, Beitràge zur

CHARITABLES. 34l

pays ou les salaires sont dans un rapport jrfus insuffisant avec le prix des subsistances ; d'au-» très où les habitudes remuantes et dépensières de la population élèveraient encore les charges^ et forceraient de recourir à des mesures plus démoralisantes. Ailleurs un déficit permanent de céréales y et des voies de communication ouvertes , au loin , feraient pres(^ue une spéoulatiou d'un pareil mode de bienfaisance; partout des influences diverses s'approprieraient des résultats différens, et avant de s'engager sur la foi des considérations générales , il faudrait . renier aussi rinductâon des exemples, voisins^ et s'en-

Beurtheihuig des f^ortheils der Kolonisation eines Theih des Aîpeins wciden; dans les Pays-Bas, MM. de Keverberg , de Sjrckhoff, Moreau de Bellaing , Edouard Mary et Van den Bosch , Verhandling ot^er een Amien^Inrichiing; en France , des Colonies d'indigens , et des Moyens d'en établir sur les landes du département de la Gironde, Bordeaux, 1825 ; Études administrât it^cs sur tes Landes^ par M. d'Haussez ; M. de Yilleneuve, M. de Toumon, et particulièrement M. Huerne de Pomnieuse, Des Colonies agricoles, et de leurs avantages ; le Conseil Général de la Seine a émis le sasa quç le Gouvernement en établisse (Moniteur du 2 octobre 1 828) , et une ordonnance du mois de novembre i832 a rrcc une rommission d'enquête.

342 DKPENSBS

qnérir mÎBUtîenaeiiiait ées cireonstances du temps etdupftys ^ Si totrs les'teFrflins étaient en valeur, les pau-

' Le «uccèi «in «obnics lioUandaises , (Mir /exemple , Uendndt à des oauses locales doDt leB aiitx^ États me pourraient rien conclure pour eux-mêmes. U' seml dû à l'esprit actif, patient , industrieux des colons; à Tintérêt qui ne s'élève qu'à 4 pour 100; au petit nombre d'agriculteurs de la Hollande septentrionale ^ qui laisse un débouché voisin et très avantageux , aux comikaulications fàdàes et peu coûteuses. A Freâeri<At- «ooid, par exemple, les ttiotériaux éCfùt veuui pdr tm canal large de ao à ^4 p&ods , d'une profondeur moycnae de 5 , dont , au besoin , on pourrait , au moyen des quatre écluses , élever l'eau jusqu'à 16 pieds , et où pas«sent avec chaires pleines les vaisseaux du Sûdersée , qu^ ne tirent que 4 pieds et demi , à la tourbe et au sable, qui sont peut-être particuliers à la HoUaiide , et, saiu rien coûter, améliorenl: la ierre aussi bien que tout auti*e engrais. Les résultats financiers ne pourront, d'aitleurs , être reconnus qu'à l'expiration des seize ans , pour lesquels l'aigent a été prêté. M. Bueme avoue luimême un déficit de Si,^k>o florins, et l'on ne saur^ accorder à ses renseignemens une créance bien entière ,, puisqu'il dit , p. û3 , qu'il a constaté plus posiiipemeni les recettes , les dépenses , et les résultats de la colonie de Wortd', en Belgique. La question est , d'ailleurs, iQal posée ; peu importe que les colonies puissent saô&-

vues ne se «jotonisaaMiii qu'en «xpnbanl dos labonnors y qui ks rempUcetaieiit dans leur ftiinèra} les paufres ne disforaltraient points et les oavriers qai, avant l'iotarvcnlî de l'État^ se soutettaksit moralement par leurs phropres ef^ forts y seraient déchargés de toute responsabilité et dispensés de la moindre prévoyanoe. Ce syslètne exige ^Qc avant tonit des terres vacantes * ^

&ire à toutes leurs chai^ges, grâce aux souscriptions forcées ou volontaires , et à tous les dons <iui leur sont faits , ce qu^il s'agit âe savoir, c'est si Taisent de la charité publique ei privée ne petit être ptiis utilement étoiplô^ qif à étàbfir âes colotfdtdB à^tolès ; et l'on est fevcéde-cÉxÂteikë ooDOtraii^, q«a«d ^od Voll le ièle phi«- Jaii Aropiftte #e lalfatir en BoHasde , ci s'^n détourner enBeI|;ique.(.^AJt. de VAgncuU. franc* , N"^ 70) p» igS). Les résultats actuels sont bien loin d'être encourageans. A la fin de i83o , la colonie fondée à ÏVederich- J9d>é« pAr des i^hihaitfaropes dTAlMnay ae aoutemût à petiie^ malfré ses huâtantiées de dniée ,1e petit nombre itb set pràvws , «sa AtuaSian iajtmtÊiAè ^ k pofrtoe dte meilleurs dâboachéa v et ime donaïkiB testaseentaiie xenmdérabky ■ettof.ks'élaMÎMnmBns ibelges sont pour ainsi dire abandonnés depuis la révoliitiGn de iS3o ; AappoDt de H. fincpétiaux , B»pué Encyehfédéfm , déoenln» i8i%*

' BaMSkiabkau, nP a , wneiLé àsoo ouviage avr les Colonies agricoles, M. Hueme de Pomm^ise évalue les

que les coosôminations plus aboudantes^deseo^ lons ne prélèvent rien sur la production. halHtuelle^ que leur emploi ne déprime point la oondition des autres ouvriers , et qiie les travaux du défrichement les préparent à ceux de Tagriculture.

Quelques économistes ont soutenu , dans ces derniers temps^ que la mise en.culture des sols » d'une nature inférieure , nécessitait une élévation dans le prix des grains , et affectait la prospérité publique j, c'était prendre la cause pour l'effet. Une plus g^nde quantité de blé n'élève point son prix, c'est le prix plus élevé, qui provoque Tej^ploitation de terres dont les produits n'auraient pu avant là hausse couvrir les dépenses; il est bon d'étendre le travail quand il est trop resserré, de multiplier les céréales quand leurs valeurs

terres qui restent incultes en France k 7;i85,475 heo^ tares , et encore remarque-t-il , pag. 362 , que, quoique dressées d'après des documens officieb ,' ses ^valnatioBB peuvent être regardées omune insuftsante», à cause de rintérét que toutes les oonuuones croyaient avoir à dissimuler rétendue et Timportance de leurs biens : d'ici â long^temps l'emplacement ne nousrmanquerait paspotu* établir des colonies agricoles à bon marche. Nous^avons dit ailleurs que cette évaluation n'avait aucun caractère d'authenticité..

sont exagérées^ en un mot, de défricher/ quand les hras restent sans emploi et les besoins en souffrance. Une théorie aussi erronée n'aurait pas , même ici , d'application rationnelle; il ne s'agit point pom* Tagriculture charitable de réaliser aucun profit^ mais d'obtenir des produits bruts; pour elle^ ce sont presque des produits nets. lies colon» étaient pauvres y parce que. la valeur du travail qu'ils appliquent à cultiver la terre était à peu près nulle , et, puisqu'ils . recouraient à L'aumône, leur consommation dépassait leur production; en les colonisant, la société recouvre le surplus; et ce n'est pas à fertiliser leur mai»d'œuvre, à sauver leur moralité des accîdens et des nécessités qui la eomprimaient, que sebome son action; l'emploi était trop limité , le prix des subsistances disproportionné au salaire, et

• Voyc» J. Stuaxl^s Inqmry into the Princip, of /lo- Vtiic. £con,y b. I, cbap. xrv. Il i^ut cependant reconnaître que si l'on ne compte p^ sur la vente poar subvenir à la nourriture du pauvre qui la gagne en nature , il n'en est pas de niéme pour l'intérêt des frais de^preinier établissement ,< et les dépensa quotidieuMs .d'efi«» tretien et d'ei^ploitation qu'il iant réaliser en argent ,^ et une aussi gmnde quantîtë de produits agmoks^ petée sur )e marché, aurait leur dépréciation pour effet nceelsaûre.

346 DÉPBNSKS

elle bénéficie tous les ouvriers en réénisant la demande d'ouvrage y tous les consoDHiiatMiFS eu restreignant la demande des subsistances ^ A tort^ d'alUeurs^pr^ugecaitHin les produits^ d'à* prés la fécondité naturelle du sol^ ils dépendent plus eni9ore du capital empbyé à la cutturey et le travail du colon^ exploitant à la bâehe^ en représenteun plus considérable que l'argent et lêsm»* obmes de l'entreprenew d'agriculture *•

Ce ne sont point les principes de la scieûce économique qui réprouvent d'avance les coioinies agricoles^ ^)e ne les jugé que sur leurs résultats; mais rjÉ)tat n'a pas le 4rok d'engagé l'avoir dans des endssaras financi^M y à olMique jour ses charges ei ses dépenses', et s'il n'^t ^s de fetv*

' Nous ne patrlons pas de Taugmentation de leur offre , on pourrait nous contester qu'il y en eut.

' Cette jnaisoti n'est que, transitoire; msjB hwngfxe le capild sem devenu asset étendu pour tiièr de la terre tout ce qu'dk peut produire, lajnÎBère.anKa presque disparu.

' Lorsqu'il n'en est pas ainai , c'est que qndque devoir en fiiit une nécessité , ^t moms sfana,proiiTé.qiie fat dubrîté publique n'-était pat. obUfgatoise. Vous w^ieadfons sur eetle oQifcaîdénition y dans le chapisrc où nous paiie^ rons des entprunts*

rain qui ne ê&ix susceptible d'un genre quekxinque de euliure ' ; souvent les premiers frais de mise en valeur absorbent dee sommes ^ dont les récoltes ne pourront servir tes intérêts; peut^^tre^ méme^ n'arrivenutit-^Ues jaitaais à balancer les dépenses quotidiennes ^ , et chaque année léguera

' Jacob , on Poor soiU, p« 4 ^ passiin , les 4 lUforts on Bogs of Ireland; Philanthrope, i8ft2 , p. i5 et seq. ; Nieinazms, Fors4statistik derdànischen Staaten; Dorfers, Topographie von Holstein, S. 73 , ft. s. w. Il n'y a pas àe sob assez ingrats ponr ne pas donner tme récolte complète de blé , après que des tumeps y ont été consommés ipm dst mpu«0»s ; les phts MérBes sotit sâre-^ msaX cfitt qiâ sost chargés de partknfas tnéttdKiqnes , soortoat pkiiiib«glne«Bes, «C ce ii^est què danit «eil9t4à qUe «ém^iît pérfakwnant VArènarim *émnà, ooittHie 'Sîr imefh BaiAt l'a p«euvé par l'^iqiérleAce. L'épicéa , plusieurt pins {le Mroàas, n$ëri$imà, auâtraiis, ett,y, le mélèze y le saule , s'arrangent 4m temins lés pltts'mpvodti€ti6, et lus disposent à des produits d'«a autre genie^ Nods m vooIom c^etfdimtpâB nier qu'à mdiiis d'inimenseii tvttvawt , dont on ne semit paë dédommagé par les résukàCs matérieb, il en est qu'on ne petit utiUser : (ek sont ks crêtes dek grandes chaînes de mbnf agnes , remplacement des Todiers , les ravins , les pentes trop esGâtfpées ^ les Hts des toirens d'orage , les marais sa- Uns , etc.

* M. Skarbek dit , dans le Jithf^cher der SMffhund

un fardwn progressif aux années suivantes. L'expérience des premières années d'unecolonie n'est point une raison suffisante de confiance^ l'extension du système diminue ses chances èe succès; un terrain profondément défoncé acquiert une fertilité factice qui s'épuiseï^ bientôt \y et ce ne serait pas assez de pourvoir^ au jour le jour , à toutes les dépenses; il faut amortir le capital et assurer un fonds de réserve , qui répare les accidens nécessaires , ^ont la prospérité de semblables établissemens est incessanune^t menacée \

BesserutègszzJnstalten^ etc., i83o , p. 809, ipie , même sans prendre en considération rintârét des difEérentes sommes pour l'achat de la terre , des bestiaux , des instrumens d'agriculture^ des semences-, des engrais ^ la construction des bâiîmens , l'achat des habits , des ustensiles de ménage et de la nourrilure nécessaire , les produits ne compensent pas les irais.

' A mollis qu'à force d'engrais et de. dépenses de tout genre , on ne change la aature du terrain , conmie dans le pays de Waës , entre Anvers et Gand , dans une partie du duché de Clèves , près de Goch , etc. , etc.

* Les mauvaises i-écoltes , les inondations , les tempêtes , les cpizooties ^ les guerres , les incendies , d'autant plus fréquens et dangereux , que souvent, comme dans les Pays-Bas , on serait obligé de bâtir les maisons en planches goudionnécs.

L^ pauvres ne sont point généralement habitués aux lourdes fatigues de la campagne' ; cette vie agricole si régulière et si monotone dans sa variété les découragerait promptement^ ils ne se mettraient au travail qu'avec répugnance ^ s'y appliqueraient avec moHesse, sans intelligence aucune^; ils n'apporteraient pas dans tous les détails de leur exploitati<Hi cet esprit d'ordre, ménager du temps et de la dépense, cette prévoyance courageuse qui , pour éviter quelques pertes , ou préparer, de légers bénéfices, s'impose d'amères privations et de pénibles sueurs. Si , d'ailleurs , après s'être formés comme ouvriers sous un maître, ils ne passaient fermiers sous un propriétaire, la société ne se libérerait point de leur charge^ et chaque jour en ajouterait de nouveaux à ceux qu'elle aurait hérités du passé , jusqu'à ce qu'elle en fût écrasée; force lui serait

' Gomme les travaux sont plus fatigans, il faudra pluft de sauté pour s'y livrer, et ils la dérangeront plus souvent.

' A Wortel , la colonie forcée produisait prfes du dou*bie d'une colonie libre et du quadruple de l'autre (Des Colonies agricoles, p. 1 06) ; on a été obligé de reprendre aux colons leurs fermes , leurs bestiaux , et de les payer en monnaie de plomb. Ce sont vraiment des ateliers de charité appliqués à Fagriculture.

55a DÉPENSES

méïM, alors ^ de faire un bail à lofiigaes aa&ées avec leurs besoins. Quand ils ne sont que lempo^ raires , ce système de bienfaisance n'y peut lien , ou il ne tient nui compte de ce qu'ils ont de pas* sager ; il suppose l'ouvrier dëcbu de toute ressource présente y et désormais incapable de se rdever de la position néeessîteiise où l'ont réduit des circonstances fugitives ^ Vainement d'heuraix retours viendront changer sa fortune; vainem^M l'iadustrie reprendra le cours de ses prospérités^ la charité le tient attaché à la glèbe; peu importe que la ciTilîsaitioo ait proclamé que le vassebge de Thoaune à la terre s'opposait à l'accQmf^ssement de' ses.destinées , la chai4té prétepd le réhabiliter etmettre en contradiction la raiâon de l'État a^sec celle de l'humanité.

Ainsi dégradée par cette aliénation de leur liberté y les pauvres seront plus accessibles aux séductions de la sensibilité^ leur résistance déploiera moins d'énergie, car ht confiance gras^ dit la force, la dignité du caractère la déve* loppe, l'estime pubiique l'encourage, et la dépravation n'est rien autre que l'afihiblissement

' Les dispositions industrielles sont perdues j il ne leur fkllait qu'une occasion que leur gardait peut-être Tavenir, et l'Etat rend toutes lés chances impossibles.

àe^ ressorts moraux; puis robslacle ou l'on s'est loDÇ-^temps mutilement heurté dégoûte de toute lutte y ou fait prendre en haine la force ^ quelle qu'elle soit^ contre quises^eflcMts se brisent. Il faudra donc une disciplineexigeante, des peines dictées par la nécessité, qui corromprait, tout à la fois, le juge et le patient. La surveillance sera trop eontinae pour être indÎTiduelle ^ ; on réunira 6e larges masses pour la centraliser et dans cette accumulation de gens démoralisés , fermenteront tous les levains d'immoralité que l'isolement eât étouffés \ Ces victimes de la société s'apprendront à la hair, ils se compteront, et, vienne une occasion de trouble, il ne s'arrêtera plus à la surface politique , les révolutions inscriront la loi agraire sur leur drapeau; à cette condiUôn-là, elles trouveront des dépôts

' AWortel, on a reconnu lu difficulté de maintenir Toidre parmi les mendianB , et au lieu de les faire coucher dans les' fermes, le gouverneur est obligé de les avQir, la nuit, sous son inspection iounédiate , M. Huerne de Pommeuse , p. 1 20.

* Le mauvais exemple d'une portion de la colonie agncoIe,influaitsur l'autre (M. Huerne de Pommeuse , p. io5). Sur les i,a5o habîtans d'Ommerschans, il y a jusqu'à 187 surveillant.

35 a DÉPENSES

de recrutement et des greniers: d'abondance. Comme les autres systèmes généraux de bienfaisance publique , celui-là n'a que le choix des inconséquences; au nom de la charité, il i*end son intervention violente et cruelle, ou, pour moraliser, il la (ait dépravante : ce travail à Tair libre, avec garantie de Tavenir et certitude de deyenir un jour propriétaire, n'aurait rien qui intimidât les ouvriers et les intéressât a rester indépendans ; leur horizon n'a point de perspective aussi brillante , c'est toute une vie d'inquiétudes et de labeurs , sur le champ d'un maître, pour un salaire toujours incertain et dissipé par rhd)itude et l'exemple de la dépense. Il faudrait retourner l'intérêt naturel par ivie discipline, d'auitant plus sévère que la surveillance est obligée .de regagner, par l'intimidation de la peine, tout ce qu'elle perd de force, par sa dissémination nécessaire, et cette sévérité, fût-elle une impitoyable dureté « n'y parviendrait pas encore ^ , les pauvres du dehors ne verront point les humiliations de tous lesinstans dont les colons sont abreuvés, ils

' A moins d'une paresse répréhensible , et qu'on ne tolère pas {Des Colonies agricoles, p. 69).... Oa a recours à des voies de rigueur; Id.jp. 71.

ne sauront rien d'eux, qu'une habitadon sa-lubre, une nourriture abondante \ une vieitlessede propriétaire, et les autres se réconeilieront bientôt par la dégradation a:vec les cruautés disciplinaire^ ; leur peau s'endiircira sous h fouet qui la déebire, ils ne s'inquiéteront plus du nombre de leurs, enfahs, l'État leur garde à tous un diamp à défiriober,^et des titres de' propriété au bout du sillon ; la population à la charge de la- société n'en tendrait pas moins fatalement et progressivement à s'ac^ croître.

Loin de suffire aux oonséquences des colo* nies, l'État ne pourrait d^ subvenir à leurs iiéoessités actuelles; les dépenses sont si élevées, qu'il ne 'saurait les universaliser à tous les pauvres ^ , il serait forcé de faire un choix, et il

' La déperdition des forces , camée par la fatigue et la chaleur, l'action de l'air vif de la campagne, et l'exer'* cice en plain champ , nécessitent un régime plus copieux et plu3 substantiel.

* Dan« les colonies du midi, la dépense est de i ,og4 fr. par individu (M. Hueme, p. iBg) ; dans les colonies du. nord , la dépense est de 4. millions et demi de florins (p. 79) pour 7,81 5 personnes (p.,88) ; elle s'élève aipsi, par tète , à 675 florins ou i,i5o fr. Nous ne savons sur.

Phiiosopbic du Bucigrt. I. 28

554 DBKNSBS

n'en a pas Le droit; sod actioo toujours nationale ne se particularise dans aucune exception, ses reyenus levés sur tout le pays ne se dépensent au{Nrofit d'aucun privilège; il exprime la raison générale du temps ^ ses devoirs ont pour première condition d'être possibles^ et les charités individuelles ne se réclament qiie des éUouisafemens de là sensilnlité. Mais oette direction de Tindustrie qui lui appartient s'étend aussi à ragriottlture; si Içs produits ne sont plus e» rapport avec la consommation y si les bras ne savent où trouver de l'emploi ^ il les doit occuper à défricher et {Sartilis^ des terres dés^tes. Ce n'est pas une mesure au bénéfice des pait« vres^ il la prend dans l'intérêt public ^ pour la civilisati(m commune; il préfère les ouvriers les plus laborieux, les plus productifs , et n'impose point des désistemens d'indépendance, où la moralité s'atrophie, et des engagémens à longs t^mes, qui font désespérer jusqu'à du hasard.

quels rensagnemens on a dit , dans le Bullei. Unifier. , Sciene, géogr,, tom. Vil , p. a5 : L'établissement d*un ménage dans les landes de Hakdorffen , en Hollande , coûte 3,55o fr. ; on compte ordinairement sîxjpersonnes par ménage.

CHAKITABUS. S55

Ce sysléme n'a d'aîHeurs rien 4'mdvclrsel ^ ni d'absohi^ qni lui donne une valeur sdentifiqne; sa posffiibilité dépend de teirains sans cultnre ^ qu'il ferait bientôt disparaître , son résultat de leur fertilité 9 sa convenanœ de b situation des intérêts agricoles^ et là ^ où la misdre provient d'une population trop dense, un dasaement quelconquci serait dérisoire; aussi les thëort* ciens de la charité publique en s<ttitr*iUT6aua à proposer la colonisation extérieure \

Si paissant que soit ce moyen, il ne aaifinit pas encore; il ne serait applieablequ'aux indigène qu'une ruine complète aurait laissés sans espoir; car l'État ne peut se dépeupler ainsi de bras industrieux, souvent les pauvres par accident lui manqueraient, quand les causes de leur miséte auraient cédé à son action ou à odle du

' Jusqtt'à ces daonen temps y on bc connut q«e «die* là , et j^rcsqoe Ioujobis ella éuiS forcée. livitts Dnmù pn^posa une loi pour envoyer 36,ooo Romains dans les colonies ; Gësar en envoya 20,000 dans la Campanie ( F'elUius Pûterculus, II , 44 ) » Auguste fit des colonieB du peUt peuple , qui lui semblait trop nombreux ( Montesquieu, G fond, et Décad. , ch. XIII). Bn TVance , on voulut, en 1709, déporter les mendians aux coknitft; roppoflUion des Parlemens^ik ^honer le pvoîtl.

s 56 DéPftNSBS

tem^. L'ëmigratioTi n'est point, au. reste, une resscrdroe commode que Ton veuille embrasser dèsttsL première atteinte du malheur ; seules, de longues et' doulouneuses souffiranoes^ détermineront les masses à courir les chances d'un autre climat, à rompre avec leurs habitudes, àts'«Kiler de leurs amitiés; Finduction du passé ne serait itï qu'un sophisme, chaque jour la civilisaticm^dévdoppe leà besoins de latie mo^ raie, et diminue les séductions physiques du biem-tètre. Oh. ajouraera une résolutiùa aussi dés^çpéréeijusqu'à ce. que d'inuninentes* nécessités aient brutalement, détruit toutes les influences du progrès. L'État, qui ne légitime sa charité que par le devoir de sauver ses pauvres de faction dégradante de la misère , n'interviendrait qu'après leur entier abrutîtsemeot, ^t, d'ailleurs, si les diverses classes ne sont pas soumises à une destinée, commune,. le^ mêmes cifitenstances les affectent, la dépression de la plus malheureuse réagit sur toutes , chaque retard nécessitera une émigration plui large, et savant que tous le^ pauvres se soient résignés aux bienfaits de l'exil, leur misère en aura gagné d'autres qui i ne les accepteront pas. En vain compterait-on sur des émigrans volontaires.

CHARITABISS. S5j

ils apprendraient bientôt toutes 1^ incerlitudei des premiers ëtaUissemeDS» toutes les ckaiaic^s où s'exposent les nouveatux ocdolis; s^ils ue ^'en effirayaient pas, c'est qu'ils : se sentiraient assez d'énergie et de ressources pour ^vrmon^. ^s difficultés qui les attendent,; avec des pvoduc* teurs utiles y l'État perdrait aussi des capitaux matériels : ceux«*la n'émîgreraient pas pour viyre^ mais pour courir la fortt«oe^

Il fMidrait que la eolomsatkm fqlTorçée et la panvreté déclarée y au Gode pénal, crinpepa3* sible de la d^)ortation ' ; l'intérêt iminiaLd^i^n* drait k loi suprême des fociéifcéffi M ti^V^U foodamentale de L'État. Lesdépms^de lati:aBST portation ne l'acquitteraient pas de. sa tàchej il devrait encore assurer aux coloufrune vieabçtndante, leur pFq>arer tous les bonheurs. fk la famille > et eu prfalaiH ainsi l^ry avenir )à foid^)l| il les provoqiieiait. à rimpiféyoyance^ et à vfen-^ dre leurs instruiticviis de t(a,xitil po^ s!aba«^don^ ner aux quiétudes de la paresse .et aux. exqta^ ûons dte rinjtewpérance ; il les démoraliserai ( plus activement qu^e ne L'anrait pu la misère*

' Les dépensas seraient trop étendues pour que l'État s*CDgag<A dans «ne pai^eiUe voie, sans avoir la certitude d'y trouver mt soulagement aitnpkà ; il ne paurrait s!cn rapporter au caprice des pauvres j

358 ftJÊPEITBfiS

Lies écoDomistes eux-mêmes onl reconnu la nécessité de les inréresser à leur conduite , ne futce que pour indemniser la mère patrie d'avanr ces qu'à moins de ruine complète elle ne saurait garder à son compte ^ ; mais jusqu'à ce que Touvrier soit acclimaté^ sa santé est trop chancelante^ et sa fortune trop incessamment eompro* mise par chacun des ébranlemens de la colonie pour imposa le tra¥afl. Plus grande est encore» cependant, l'impossibilité d'asseoir la taxe Hurle profit; les capitaux qui, seuls, vivifient et conso* lident ces hasardeuses entreprises s'en détourneraient et chercheraient ailleurs quelque terre franche^ tnmns desséchée par le fisc; et l'assiette de l'impôt fût-elle trouvée, d^aussi fortes rentrées demanderaient de longs termes ; des contributions qui solrtent du pays et l'épuisent ressemblent bientôt à un tribut. On oublie les bienfaits passés pour ne se ressouvenir que de la maltôte ; la iTipture est imminente , elle sera violente, étemelle, et n'attend plus rien qu'un prétexte; il n'a fallu qu'un droit de timbre aux États-Unis pour déclarer leur indépekidance.

' €'eat encore augmentejr U répapisare d«s {lauvrcs à ëmigrsr, et faise d'ane autoûcé ooeocàtive la preimère condition du système.

CHARITAIUIS. SSg

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