‹ Philosophie du budgetChapitre 23 sur 50 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

JDr la €})anti na^aU.

La responsabilité de Thomine n'est point en-^ gagée dans tous ses malheurs; il en est qui Sem-

leur déshonneur; on ne devinerait pas quelles délicatesses raffinées ont imaginées les philanthropes pour favoriser l'immoralité: les femmes y sont reçues masquées , sons un £blux nom , et personne ne peut entrer dans l'appartement qu'elles occupent (dans, le Grand Hôpital de Tienne } c'est à peu près la même chose à Santo Rocco de Rome et aux Incurables de Naples; la nutgnificence de la Maison d'Accouchement ^ fondée par rimpératricednère de Russie, passe toute idée, voyes jy Granville, Tour, vol. II , p. 299); les maisons seules suffisaient sans toutes ces recherches -, l'hospice de la Reine à Bayswater est obUgé de n'admettre que des

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blentl<Mnberde la maind'uoe aveugle destinée. Sans doute^ ces déviations de l'enchainemeat habituel des événemens sont régies par qudfue grande loi naturelle^ qu'une observation plus profonde rattachera , un jour ^ à l'ordre universel ; mais si le hasard est la. chimère mystique de l'athée ou l'imbéciUe invention de l'orgueil impuisKuit , pour le mdheureux qu'elles frappent^ elles n'en garderont pas moins le caractère d un accident déréglé^ supérieur à son pouvoir, et l'Ëtat peut intervenir dans la souffrance qu'elles infligent sans assurer le désordre contre son répensionnaires, parce qu'il s'y présente trc^ de femmes enceintes {JPietas Londinensis , by A. Hygmore, p. 193); les dotations de Thospice d'Accouchement de la cité de Londres, sont devenues insuffisantes {ïdem^ p. igS), et cependant il y a jusqu'à douze Sociétés de charité maternelle ; à Dublin , sur une population à pane de aoo,ooo habîtans , 4e nombre des femmes qui vont se fidre accoochet dans les hospices s'élèTe jusqu'à 3 ou même 4|Ooo par an. Les deux cinquièmes des enfans abandonnés à Pans proviennent de l'hospice de la Maternité (sur les 4>do3 de i833, i,75i en sont venus, et 281 des autres hôpitaux, nVt-on pas bien raison de parler de la honte) ; et sur les 21,000 femmes, qu'on y a reçues pendant dix ans , 17,000 n'étaient pas mariées ; Jobnstone , Public Cfiarity in France > p. 354-

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gsllat ou ârWoudre l'iropréToyance de sa peine : k inoralisation individiiefle ne oamprometplus b monliti publique.

Telles ik>Ht les infirooités de naîasaBcë qui atteignent letrayail de toute lavie,. etcondamnaat fetaplement à la misàre; ee ne sont point des excepticms tellement penonnelles que la çéné^ ralité doÎTe décliner ea compétence ; oea mal-^ heur$4à appartiennent plus à i'hnmanilé qu'aux Tictime» qu'ils se eboîstssent dans la fouie, elles éeoncMnies où reposait l'arenir de la fanûUe en*tiére, sont bientôt épuisées par des besoins, iifr» puissans à s'aider en rien, que l'infirmité multiplie et rend plus coûteux. L'intérêt actuel de la société est plus direct encore; la lassitude du fardeau retombe jusque sur l'incapable, Tégoisme s'en prend à lui des sacrifices qu'imposent ses souffirancea; les liens du sang scmt insultés , méprisés, soorent même des traitemens outimgeiix attentent plus gravement à la moralité des familles. Mais, au lieu de les' briser à son tour, le devoir de TÉtat est d'y laisser l'incapable, et d'alléger sa charge par des secours annuels , arbitrés d'après ses besoins et leurs ressources. Des soins personsidsnegrévent pas autant que le prix dont il faudrait les payer à Thospice , et lorsque le

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n^cetttire ne liera plm vemcé, on ti^aCtidieni par ses attestions, on se liera par ses ïÀenhks, et une opinion publi^pe plus généreuse eS phis puissante prêtera son cooncoors à Faction eivittsa^ tricederilat.

Qiielqtiefeb> cependant , le traitement à domicile ne relèverait pas Thomme de ses dégradatiatts* accidenidies de naissance; l'éducation à» aveugles y resterait imparfaite ^^elle demanda nn ' enseignement particulier, exclusivement adapté

' La pvemièi» iééc , au mmift em &m>pe , d'aa éla- UîflBemem pour insinÛM tes aveugles , «tt âae à IL Va^ lentixiHaùy» et fut mise à exécution à Patb en 17845 bientôt il la réalisa aussi à Saint-Pétersbourg et à Berlin. Quoiqu'il n*y ait presque plus d'Etats qui n'aient une école d'aveugles , ils sont encore loin d'avoir rempli leur devoit de charité; d'après des docnmens dont nous n- entendons pas garantir la vérité^ la proportion des aveugles instruits aux aveugles ignorons serait, en Saxe, iea6, en Angleterre, i:37t eu France, i laaS, en Pniàse (sans la Silésie) , la proportion serait encoJiçe plus élevée, i : 36i . En Autrichei il y a 7 établissemens pour les aveugles , et 3oo élèves {Nouy. Rep. Germ. , 2* aér. t. a, p. 66); en France, il n'y a que deux ctaUistemens à Paris, et, suivant M. de Villeneuve (t. III, p. 52) , il y a, en état de recevoir de l'instruction, 3,o5o aveugles^ dont 2,000 à 2,5oo nepeuventla payer.

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aux sens qui ne leur ont pas ëlë déniés. Des ate^ liers spéciaux leur peuvent seuls assurer et tad^ liter une occupation permanente ^^ ei il leur importe de n'être point abandonnés à toutes les ipauvaises pensées de l'oisiveté; bientôt l'ennui les conduirait au désespoir et au blasphème *; il nous importe à tous que le spectacle de malheureux erranS sans but et sans place, n'accuse point la religion de mensonge ou la société d'im* pnissance.

La nécessité de dispenser aux sourds-muets tous les secours de la charité publique est plus instante encore : sans communication d'intellrgence avec personne , ils végéteraient dans un engourdissement stupide, si une éducation créatrice n'apprenait Touîe à leurs regards , et la parole à leurs gestes^ ; ces facultés de main

' n est impossible de songer à localiser la dépense , qQand on voit des différences si considérables de département à département; en 182g, par exemple, il n'y avait dans les Bouches-du-^ône , qu'un aveugle sur 25,000 babitans , et dans le département du Nord y il y en avait un sur 1,000.

* Il fallait huit ans dans l'établissement des Jeunes Aveugles pour être mis en état de se suffire à soi-même par son travail.

' Ce fut un Bénédictin espagnol, nommé Pedro Pouce,

d'homme ne s'assouplissent pas, eu un jour ^ les organes de la nature; ce n'est qu'après de longs efforts dirigés par des maîtres habiles ^ qu'elles les approprient à leurs nouvelles fonctions^ et les dépenses d'une t^einstruction sont trop élevées pour les laisser exclusivem^it à la charge des familles'; souvent leurs ressources n'y suffiraient pas, et, suivant le sort de leur naissance, les sourds-muets deviendraient des hommes , ou resteraient des brutes humaines sans intelligence et sans organes. L'argent des communes ne saurait suppléer à la pénurie<des parens ^; elles sont trop circonscrites , et leurs revenus trop limités; elles se refuseraient à privilégier quelques indi-

qui trouva le premier, en 1570 , le moyen d^instruîre les* sourds-muets ; son établissement était à San Salvador , dans le royaume de Léon. Il mourut en i584> et Bonat, son compatriote et son successeur, publia sa méthode, en 1620 , sous le litre de Riduccion de làs.Iettras y arte para ensannar a hablar les mudos. Un autre Espagnol , Ramirez de Carion , est auteur du plus ancien ouvrage que nous ayons vu citer sur cette matière.

' Il faut au moins cinq ans pour achever l'éducation des sourds-muets.

' £n Danemarck , où cependant les pauvres sont à la charge de leurs paroisses , la dépense des sourds-muets est acquittée par la caisse du district.

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4l8 DEPENSES

vidusau dëlriment d'intérêts plus généraux % et leur résistance égoïste paralyserait toutes les prescriptions de l'État *.

' Il est d'autant plus nécessaire de ce^traBser les dépenses des sourds-muets qu'elles affecteraient fort* différemment les diverses localités ; les chiffres ont même refuse de se plier aux explications qu'on a voulu en donner (Noui^. Reuiie Germanique, t. III, p. ii5). Dans tout le royaume de Prusse, il y avait, en 1828, uh sourdi muet sur i ,548 habitans , et dans la Prusse orientale , il y en a un sur i ,078 ; dans le Ôèves-Bèrg , un sar 2,844 ^ ^^ France, oà^ pour tout le royaume, le rapport est de, I à 2,62$, il est, dans le département du Cher, de I à i^^Sqx , et en Corse à 658; dans le canton de Berne , il est de 1 : 35o, dans celui d'Argovie, 1 : 36 1 , dans ^ celui de Vaud 1 ^ 1,000, et dans le district de Moudon , du même canton , i : i $3 ; Bemouilli , Schweizerischc Archw fur Stajtistick ,^, i ^ S. 126.

* On compte, sur la sur&ce de la terre, environ 568,4 1 3 sourds-muets et 1 3o établissemens^ où Ton en instruit à peu près 3, 800; comme. 760 sont renouvelés tous les ans , il n'y en a pas plus de i/25 qui reçoive de l'instruction. En Europe, où, pour i45,i3i sourds-muets, il y a 122 ctablissemens , ayant 3,320 élèves, dont 660 sortent chaque année , le huitième au moins est instruit (cette évaluation est bien différente de celle de M. Palluy, Rei'ue de Paris, 6"* vol., p. 36 ; il prétend que, même en retirant la Turquie , il n'y a pas plus du tren-

D'autres misères sont immédiatement créées par son action^ et il doit au moins les soulager par ses secours, lorsqu'il ne peut les réparer par

tièmè des sourds-muets d'Buix>pe à qui l'on donne de l'instruction ; il faut reconnaître que le gouvernement prussien fiiit de constans efforts pour arriver à des résultais plus favoraUes t voir Beckedorff ^ Jahrèûch. des Preuss, Volks, fi. 3> SS. 8i-i5i). Il y a, en Portugal, I ,g5o sourds-muets et un établissement pour 20 élèves; Espagne, 7,i5o sourds-muets, i établissement, 3o élèves; France, 20,800 sourds-muets (d'après les relevés récens de M. Pissin-Scard , il y en aurait au moins 5o,ooo), 28 établissemens , 760 élèves; Italie, i3,ooo sourds-muets, 5 établissemens , i5o âèves; Suisse , 4)000 sourd»-muets, 5 établissemens, 70 élèves ; Hongrie , 6, 1 39 sourds-muets , i établissement , fyo élèves ; Pays-Bas, 3,900 sourds-muets, 5 établissemens, 220 élèves; Danemarck , 1,260 sonids-mnets, 2 établissemens, 180 élèves; Suède et Norwége, 2,740 sourdsmuets, I établissement, 4o élèves; Russie d'Europe, 28,677 souids-muets , 2 établissemens, 120 élèves; Boulogne, 2, 4o5 sourds-muets , i établissement, 5o é)èves; Iles Britanniques , i i,65o sourds-muets , 1 1 établisse^ mens , 4^ élèves ; . Etats-Unis , 6,000 souds-muets , 8 établissemens , 4<>o élèves; royaume de Saxe, 1,168 sourds-muets, 3 étabbssemens, 70 élèves; Prusse, 8,4 5o sourds-muets, 16 établissemens, 270 élèves; Autriche, 1 1 ,900 sourds-muets , 5 établissemens , 180 élèves ; Bavière, 2,817 sourds-muets, 8 établissemens, 70 élèves; Wurtemberg , i ,25o sourds-muets , 4 établissemens, 60

sa justice ^ Si le service militaire devenait une profession libre et volontaire^, ce serait un acte de reconnaissance, peut-être aussi une nécessité politique de ne point dénier d'abondans secours à des invalides dont les souffrances serviraient de leçon aux imprudens, tentés de se dévouer pour leur patrie; mais tant que TÊtat arrache les citoyens aux exigences de leurs affaires , qu'il s'empare de la destination de leur vie, et châtie d'une peine aftitctive.le refus d'obéir à son appel, il piQend l'avenir du soldat à son compte : quanA un acte n'est pas libre , c'est à la foixîe qui l'impose de supporter ses conséquences.

Les maladies qui frappent rinielligence sont, plus fréquemment encore que les autres , un châ-

élèves; Bade, .i ,870 sourds-muets , 3 établissemens, 4^ élèves; Hanovre , 976 sourds-muets, i • établissement , jo élèves; Brunswick, 182 sourds-muets, i établtssement,i28 élèves; Conv, Lexicon .der neu. Zeit iind Li-teratur, XXVI und XXVII , SS. 6o4^5.

I Le premier établissement pour les invalides militaires fut les Quinze^ Vingts, que Louis IX fonda potir les croisés que les sables et le soleil de la Syne avaient privés de la vue.

' Rien n'est plus brutal et plus sauvage que des lois de recrutement fondées sur le tirage au sort ; au lieu de pivciserdans la loi des exemptions judaïques , il faudiait aussi les faire prononcer par un jury de conscience^

liment de la nature ' ; des vices grossiers étouffent la raison dans le marasme de leurs plaisirs; en s'abandonnant à la frénésie des passions , on l'a laissée se pervertir et s'éteindre; mais l'intervention de l'État i^'a pfais ici de funestes conséquences. Une responsabilité aussi accidentelle n'entre point dans les prévisions de la conduite , et si jamais son idée se présentait, à la pensée , elle effraierait trop de son horrible perspective , pour que le traitement si incertain que lui protnettrait TÉtat ruinât son influence. C'est à ce prix d'ailleurs qu'il peut remplir son bût; il n'a d'action légitime que sur la raison ^ là ^ où elle maiique, sa puissance est détruite^ et ce n'est pas seulement une moralisation individuelle qui lui échappe 9 la sécurité publique est menacée sans qu'aucune force la rassure ; le respect des propriétés et l'invicdabilité des personnes ne dépendent plus que d'un caprice ; l'intelligence ellemême est compromise; chacun vit si intimement de la vie des autres, qu'il n'est pas jusqu'aux désordres de la folie qui ne deviennent bientôt contagieux. L'État qui ne pourvoirait pas au

' Dans la maison des fous de Lyanwell , il y en a 7a sur 100 , dont la folie doit être attribuée à rhabitudc i}q l'ivresse; Hoicjc 0/ Gommons , 3 june i834.

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traîtement des maladies odeataks , rcmettraii donc l'accomplissemeiit de son devoir aux har sards d'une volonté étrangère^ souvent même impuissante; car le succès tient surtout à la promptitude des secours % et la famille les re«

' Dans la maison de Glascow , on obtient 5o guérisons sur loo nouveaux cas , et i3 seulement sur loo cas invétérés (de i8i4à 1819, ^^^^^^- ^cp.); à York-Retreat, sur 4? cas de folie ne datant que de 3 mois, 40 guécisons et a nmlades en tnikement ; sur 4^ cas de moins d'un an , 2S guérisons et 8 maladen eu traitemenll sur 79 remontant à p^us de deux ans , i4 guérisons eW 28 malades en traitement (depuis 1796 jusqu'à 1819); à York-Asylum , 4^ guérisons sur 100 nouveaux cas, 12 sur 100 cas invétérés (de i8i5à i8ig, Hîst, York' Asylum , app. , p. 6). Pendant qu'à la Salpêtrière , de 1804 à i8i3 , on obtenait en masse 62 guérisons sur 100 ( Rapp. sur V^at des Hépùaux) , de 1806 à r8o7 , il y en avait,' sur les nouveaux cas, jusqu'à 86 (Garler, ^ip-. count of/oreign Hosp,) ; dans la u^f^son particuUèi:e de Spring-Yale, il y eut, jusqu'en 18 16, 84 guérisons sui' 100 nouveaux cas, et 35 sur 100 cas invétéiés, et dans celle de Droitwich , 76 guérisons sur 100 nouveaux cas, et 17 seulement sur 100 cas invétérés {Pari. Rep. i8i6, pp. 45, 5i);led' Burrows, qui, sur 296 cas récens de folie, était parvenu à en guérir 246, n'avait pu obtenir que 19 cures sur 54 cas invétéi^és {Tnquiry into certain rrrors rclatwc to Jnsanitf), Il faut cependant

tarde aussi long-temps qu'il lut est possible d'entretenir quelque espoir dansTaction de la nature. Lorsque enfin elle se résout à consulter un médecin^ elle n'accueille que dés remèdes cachés, qui n'élH*uitent point la maladie^ un traitement insuffisant la laisse s'invétérer encore et chaque jour qui ne guérit pas enlève à la guérison une chance nouvelle. La toi ne saurait attendre des communes une bienfaisance plus empressée ; avant de payer la pension de leurs insensés^ elles «tendraient que quelque danger pour la paix les l|i intéressées à devenir charitables^ ou qu'instruite par la clameur publique^ l'autorité supé-

reconnaître qu'il est bien difficile de préciser l'époque de la première atteinte de la maladie , et qu'il s'y inclc souvent des complications qui influent sur le sort du traitement. Les soins moraux doivent y exercei- aussi une autorité puissante; la diffusion des connaissances médicales est trop complète pour expliquei* autrement les différences de succès : seloif M. Dubuisson, dans son Traité des Yésanies, sur loo insensés , on en guérit 47 en France, 35 en Angleterre, 28 eh Prusse, et 27 en Aatriche; et M. Ferrus a dit dernièrement, dans soii Rapport sur les aliénés, au Conseil Général des Hospices , qu'à Charenton , on obtenait une guérison sur 5,^1 , a la Salpêtiièrc sur 3,27 et à Bicctre sur 2,55.

/p4 DÉPJSRSBS >

rieure les y,co^traigp$^ L'État que n'influencent point les préjimgés de l'opinion et les mesquin neries dq l'écoi^omie municipale; VÈtaX dont l'action n'est ppint eijitravée par la modicité de ses ressources, et la nécessité de firapper d'un impôt spécial des cit4;»yens aussi étrangers que les autres aux malheurs qu'il leur &ut soulager ; r£tat seul secourt utilement les aliénés sans mettre de l'injustice dans sa charité %

' Gela ;Se passait en An({letieii«^ comme en Frandll (First Minute of Evidûnce on Moif houles ^ p. ^^X'yétjjf dépenses sont d'aillçurs fort éleyées (environ 3qo fir. par an ), et il n'y a que l'arbitraire de l'administration supérieure qui puisse déterminer quelles communes sont en état d'y subvenir; ce n'est point, un fait matériel, mais le résultat delà balance des recettes ordinaires, avec les dépenses obligées ; il .faudrait u^ établissement général pour chaque district, ainsi qiji'ep Anglelienrç ( depuis le 4^ Geôiçe III, c. 96), et iL n'y.fi qnci^Q départemçns qi^ aiçnt des étahUssemens spéqanxv

* Naguère encore-, d,an9 toutç l'Europe (à l'exoeptipa de Rome , grâce à Piç yi)>.les insensés étaient enfermés dans les cachots des prisons ; sv^ Içs $2 .comtés de l'Angleterre , il y en avait 29 , qui ne çoxupiafssaitent pas d'autre moyen de les secourir {Sa^enth Rep. for thç improv^ of Prison Discipline, etc., p. 86, à la note; (ru^çy en cite aussi des exemples nombreux en Ecosse; Notes on a

LfOrs même que son assistance n'a point empêché la sensibilité de dominer la raison, son

visitmadeto the prisons in Scotland, etc. ^ 2^ éd., 1819, PP* 199 39 et seq., 108 et seq.); on les âaignait dans les Maisons de Travail poar les rendre tranquilles (Te#timmy of lord Bob. Stymour, Minutes of Evidence, i8i5^ p. ii4), et on les traitait de la manière'la pliishonp*' teuse pour rhumanitë (Minuies ofEvid. bef. the Comm. on Luiuuicsj p. 32 et passim; c'est de même en Sardaigne , où il n'existe pour eux qu'un seul établisse^ teent, Otto, Reise^ S. 3 18}; en i83i , il y en avait 12,723, et qnne traitait q^e 2,959 honunes et 3,478 femmes (Rapport de M. Ferrua), Bans les prisons des États-Unis , il / a plus de trois cents aliénés ( Second annual Report, p. 33), et leur condition n'est pas plus satisfaisante en FranceiEconom, poL chrét.j t. 2, p. 277)1 bien qu'eUe se soit déjà considérablement améUorée {Rcifiie Médicale y déc. 1823, p. 377 et seq.). En 1818, il y en avait i ,222 d^s les établi^semens spécUlement destinés pour leur réception, 3,ig6 dans les hôpitaux et hospices, ayant des endroits disposés pour lesjrecevoir; 6; 3 dans les ))ép6ts de Mendicité ou Mai^pnls de Correction, et dans différens petits hôpitaux et prisons, par aperçu, i ,000 ( Rappçrt du Ministre de l'Jntfneur sur la situation des insensés et des établissemens qui leur sont destinés y en i9i8); le Ministre de l'Intérieiir, avouait encore, le 29 janvier i83o, à la Société des pri-r sons, qu'il y avait 5,700 aliénés qu'on ne servait oùpla-.

œuvre .de progrés n est pas désespérée ; le repentir suffit pour réhabiliter la conscience , et tout impuissant que soit l'État à grandir immédiatement la force morale , quand les séductions qui Tout vaincue ont épuisé leur empire , il peut du moins aplanir les obstacles extérieurs qui s'opposeraient au retour à la vertu. Tel est le mérite des Maisons de Refuge, ouvertes aux femmes qui aspirent à sortir de la débauche *. Lors-

cer , et il n'en comptait pour toute la France que g^ooc; M. Ferras les élève à 12,750 (et encore ceux de ]f ' Gor^e et des départeinens du Jura, de la Nièvre, du Nord et de la Seines-Inférieure , sur lesquels on n'a nul renseignement au Ministère , n?y sont pas compiis) , et prétend que g^']^o sont placés dans des ëtablissemens publics. Depuis long-teinps , à Gheel , dans la province d'Anvers , on les place avec succès chez des cultivateurs ( Globe ^ t. III , n® 1 1 ; Description géographique des Pays-Bas , par M. de Gloet , p. 323, Des Colonies agricoles, par M. Hueme de Pommeuse, pp. i4o-3). On aétabH unbdpital-moctèleà €harénton, et nous croyons que l'on peut consulter avec firuit la lettre publiée dans hiBiàUathèque Unifferselle de Genève, de novembre 1824^ cl l'ouvrage de M. Jacobi, Ueher die Anlegung und , Einricktungy u. s. w. , i834-

' Le premier établissement pour les Fdies repenties fîit foAdé , suivant IVocope , par Tliéodora , femme de l'empereur' Justinien (Kroger, Archiu. fur fVaiservzund

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•qu'elles trouveraient dans la société li op*de mépris et d'ahaadon pour.se moraliser dans une vie nouTelle , ces établissemeas de bienfaisance n'ont certes^ en cAixHuémes, aucune funeste influence; tendre la main au repentir^ c'est sup- {urimer le vice et mm ses peines; Topinion pu* blique n'^i poursuit pas moins de ses dédains^ et le remords de ses déchiremens '• Sans de graves

Armenerziehimg, B. 2, S. i24)* Flusiears grandes filles avaient , dès les XII* et XIII'' siècles, des Maisons sous rinYOKation de Sainte Marie Egyptienne. Nous connaissons à Londres die Magdalen Hospital , fondé en 1 768 ; die London female Penitentiary, en 1807 ; the Guardian-Society and Asylum for the préservation of public moral, en 1816; à Edimbourg, the Magdalen Asylum, en 1797 ; il existe dnq étabKsseraens à Dublin, dont le plus aneieu remonte à 1 766, ^et Jean Parish enfoHda on à Bath en 181B. Les MaifiOBSide refuge îxj^eiA établies enFrance par Ie.dà:fct du 26 décenobre 1810, celle de Versailles fut approuvée le 23 juillet 181 1, et celle de Saint-Brieuc le 10 octobre suivant : il en existe deux ou trois à Paris ; mais nous ne connaissons officiellement que celk que les dames de Saint-Thomas de Villeneuve instituèrent en 1822 sous le nom du Bon Pasteur,

' Ce n'est pas tout que d'ordonner, ainsi que Justinien {Cod, , lib. V, lit. 4^ i* 2^)f V^ '^ femmes de inauvaise vie soient considérées comme n'ayant jamais

4^8 DÉPBNSKS

hiconvëniens ^ l'Étal ne saurait cependant accorder au dégoût de la prostitution un asile et une nourriture assurés ; en intéi^essant aurq^entir 9 il ea ferait de Thypocrisie.

Sans doute ^ ce n'est point sur le calcul de leurs Qonsëquetices qu'on. se décide froidement pour le vice ou pour la vertu. Avant d'oi venir là , on aurait déjà nié sa conscience ; l'exemple des parens , leur instigation > une corruption dont la précocité a devancé la réflexion , l'entrainement de la séduction et l'étourdissement des passions sont les seules causes générale^ du libertinage. Le présent est trop dominant pour laisser place à l'avenir dans la pensée; mais, quand par hasard il s'y présente avec ses. menaces et ses terreurs y loin de neutraliser son influence par d'imprudentes promesses;, l'État doit, en donnant plus de certitude à la flétrissure et à la misère, s'efforcer de le rendre encore plus effrayant. Son droit de justice ne va point jusqu'à.punir li prostitution , et reût-il jamais, le passé serait racheté par le repentir; de pareilles Maisons sont dope, forcément des asiles

failli , sitôt qu'elles reviennefit; à la i^ertu , il foudrsût faire exécuter la loi.

commodes y où Ton échappe aux rancunes de Topinion , tout au plus des lieux d'épreuve > où la moralité s'afiermit par l'habitude d'une conduite régulière. Si la discipline était trop lourde^ et le régime emprunté à la sévérité des prisons » les pénitenciers sont ouverts , et les converties, bientôt lasses de ce châtiment volontaire, retourneraient à leur vie de débauche *. Il Faut , d'ail-

' n faut cependant reconnaître que tes faits semblent contraires à notre opinion. Madame Fry Aurait montré ce que même , parmi 3oo femmes enfermées pele-^mêle à New-£ate, l'éducation et la religion pouvaient faire germer de repentir et de morale (voir Sa Relation , et Inqiùry into Prison Discipline^ by Fowell Buixtoh) ; et les résultats obtenus dans différentes Maisohs de refuge , en Angleterre, devraient rassurer nos inquiétudes; mais nous croyons que le désir d'obtenir d'heureux effets de sa bienfaisance , et de glorifier l'établissement que Ton dirige, s'est fait souvent illusion, et s^est hâté de juger sur les apparences sans un examen approfondi et une épreuve assez longue. Quoi qu'il en soit , voici les faits que l'on allègue : du 10 juillet 1758 au 3i décembre 18126 on reçut, dans le Magdalen Hospitàl de Londres, 5,383 femmes ; on doit en 6ter io3 folles ou atteintes d'un mal incuiable , 98 mortes dans l'établissement , et 80 qui y étaient encore : c'est donc 5, 103, sur qui on peut juger du système , et il a réussi pour 3,6i4' Dans le London femnle Penitentiary on avait admis, au i^ avril 1827,

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leurs , des éventualités bien rares pour qu'un repentir véritable pénètre au milieu de la prostitution; plus tard y sand doute^ il deviendra

1,469 personnes, 22. étaient mortes^ 94 habitaiefit la maison , et siir les i ,353 autres , 88a étaient sorties corrigées.. The Guardian-Society n'attend pas le repentir; ses membres vont le provoquer dans la clemeure du vice, et jusqu'à Bridewell : il y a donc bien plus de chances pour échouer dans ses efforts , et cependant , sur 953 filles reçues avant le 3i octobre 1826 (il y en a eu 62 de plus, mais nous en ôtons 11 mottes et Si qui étaient encore dans ^'établissement) , les résultats avaient été heureux pour 522. The Magdalen Asylum d^Edimbourg n'a pas été aussi utile : 547 filles y étaient entrées au 3i décembre 1 826, et 2 iSseuIement s'étaient réconciliées avec leurs familles ou placées en condition^ il serait juste de défalquer du total les folles, les mortes et celles qui étaient encore dans la maison, mais nous n'avons sur ces points aucun renseignement , nous savons seulement qu'elle en contenait 52 le i^' mai 1827. Nous devons Êiire remarquer aussi que l'âge moyen dans toutes les Maisons de refuge de l'Angleterre n'est que 18 ans ; le plus puissant moyen de protéger les mœurs serait certainement de supprimer la prostitution publique, ou du moins de ne la tolérer qu'à l'âge où la loi permet de se marier malgré la volonté de ses parens. Il existe en France quelques restrictions à la liberté de cette industrie, mais il est honteux d'avoir à dire que la police n'y tient pas la main.

CHARITABLES. /|Sl

sincère; plus lard, il n'écoutera que la conscience; mais d'abord la foi au bien moral lui manque ; il se préoccupe de ses conséquences sensibles; et, si les rigueurs du pénitencier effrayaient, jamais il n'en passerait le seuil. Pour amener à la renonciation de son indépendance, et compenser la perte de ses grossières voluptés, de bons traitemens sont nécessaires ; et l'on se raidira moins courageusement contre les séductions du libertinage, quand on apercevra, au bout de ses plaisirs, une existence facile, que ne garantit même pas une vie de labeurs et de rudes vertus. Ces dangereux moyens ne conviennent qu'à la charité privée; alors les inconvéniens disparaissent; nul n'est plus investi d'un droit qu'il n'ait point à mériter par les circonstances de sa faute et de son repentir, la réconciliation ne devance plus l'expiation ; et, lorsque la pruderie^ le mépris ou l'indifférence empêchent la bienfaisance individuelle de suffire à toutes les dépenses légitimes, l'État peut, sans s'immiscer dans l'administration des secours , les mettre, par une subvention extraordinaire, au niveau de leur tâche * .

' Les enfans abandonnés ne doivcnl pas avoii* un dioit

La charité ne sait pas même se faire pardonner les incenvéniens de son principe par l'ititelligence de ses applications; elle veut réparer des malheurs que le mérite de l'individu était de prévenir^ que son devoir est de combattre, que sa moralisation sera de méconnaître, et les souffrances du fait de la loi , la loi ne les soulage point. La société répand sa fortune dans d'aveugles générosités, et la responsabilité financière de ses actes, elle la décline. On ne peut fonder une famille qu'avec un titre acheté du notaire , défdndre son droit que par l'intervention salariée d'officiers ministériels , il faut de l'ar-

reconnu , car il est impossible que ramoctr paternel s'é^ teigue entièrement , et l'incertitude de leur sort retiendra. Quant aux orphelins , ils ont Tavenir à eux , et Ton s'en chargerait par spéculation , si ce n'était par charité ; il faudrait seulement que la société intenrtnt dans leur contrat d'apprentissage avec le maître , et qu'un magistrat jEut leur tuteur d'office, toutes les fois que leur fortune ne présenterait pas de garanties suffisantes à l'avenir, et que la famille ne voudrait pas lui en donner* Nous ne sommes pas non plus partisan , en principe ^ des Salles d'asile payées par la société , surtout de celles où l'on serait tenté de renouveler l'exemple de Hambourg, en 1788. D'après le rapport du baron de Voght, on faisait plus que d'y garder les enfans, on^es nomiissait.

GHiUMTiltUIS. 4SS

gent pwr obteoir îwtiee^ pour mipUr ms^é»* voîfs hiiBMmteire» ; et l'iiÉait m toiige fm k relever la moralité des pauTia «de la déchëànn doot lafiAffOift 9U Mféftvlatiom Smfhêi, Il Iftur paie dirt «édacm, il ouirreà' i^obbiIs frabdes faoipîoesàleiifBiiidbdiesj saÎBleurm^nftla main va inatnumeiijt da tsarvaA fin les enln^ tîaaiie dans I^ santé fi les kabitadga d'uM faonne irie^ il ne Vmi œcBpe fpas. Nagnène Vé^ ducation était abandonnée aux frais de cbacun el à l'arbitraive de itous les systèmes ; nvlk part ènoore (es beaiUMUts n'ont été reiicfais acoessi- Mes à la foule et appliqués aux dércSoppemenS humanitaires; et <piand la société ne fluatérialise pas la retigion dans la compétence de son adminiiiti»ition ret J^es régleme^s de m iK>Uce, elle 9fi dai^w fM$ y pi^md^e quelque iatAvéL Le plus puitsantœyemdemonilitttien, cdui qui donne à tous ks aiitres leur «neâdu «t leQrl)ase, l'État le remet au bon plaisir des masses; il s'imagine que Dieu 3ortira de la moralité ; il attend le princiype d'une conséqmence à priori^ et systématise son indifférence athé^ dans unç to|l4raiice ,ttiii^ ¥evsdto* D'AïUeiura» par Mâature, la fcbarité ne saurait wpir de portée sociale ; c'est un moyen d'étouffer individuellement les faits.

Philosophie do Budget, i . tS

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pcMiF se difpens^ de remonter à leur cause ^ et d'ajourner une réforme obligatoire par Thypo* crisiè des bienfaks*

. €e n'esé pas dire ique la charité Ugale soit for^ cânent inipuissante à produire aucun bien , la politique ne s'isole pas dans des 'conclusions métaphysiques de l'espace ist du temps; il n'est pas- jusqu'aux Monls-de-Piété qui ne puissent être légitimés, par les circonstances '. Quand la

' Dans les. pays où l'aiigetit est nure, d'un intéiJèt âe?é , et où les habitudes sont frugales , labcni^uses et économes. . Pour que les Monts-de-Piété fussent Yraiment charitables , il Êiudrait qu'il n'y eut pas d'intérêt (à Paris, il s'est élevé pendant long-temps à 12 p. 100 ; depuis une décision ministérielle du 3o décembre i83o il a été réduit à g , et lies résultats ont prouvé l'impossibilité de Fàbaisser^dàvauti^e); et ils ne cesseraient d'êxciteir à l'imfwévoyance et ne^e^sbdràient moraux, que si les prêt» ne se faisaient qu'à des ouvriers laborieuxiet honnêtes , pour des besoins bien constatés et imprévus. Il a existé à Hambourg une SociétédebienCaisance qui prêtait, sans dépôt de gages y aux gens sûrs (voir Historische Darstelh ung* der Hàmburgischen Anstalt zur Unterstûtzung der Durftigen , etc. , 1862 ) ; c'est ce que feraient les Banques, dont nous .afvoas réthkné l'étabUssement, d'une manière plus complète eaacorè; ce: ne- serait pas la foitune qui f^it ^ulç la suitet^ \ ee Aérait aussi la probité.

CUARITÀBLBS. ^ 4^^

vie matérielle était engagée dans des luttes incessantes ayee la nature , c'était un devoir de l'entourer d'une protection efficace^ et cette considération devint même assez pressante pour absoudre l'esclavage ; quand la naissance fermait aux classes inférieures toute voie à la fortune y et qu'un esprit de bienfaisance n'avait pas encore pénétré dans les autres , il fallait bien que l'État fît de la charité à leur place; mais de telles i^fiessités ne durent qu'un temps ^ et^ loin d'érîgerieurs conséquences en principe^ on ne s'y soumet que pour gagner un progrés qui les anéantisse. La charité n'est méritoire que lorsqu'elle est libre et développe l'amour; elle n'est utile qu'à condition de ne point entraver les progrès de l'humanité , et de lui servir d'échelon pour atteindre à une position plus indépendante et plus haute.

Fllf DU PREMIER VOLUME.

TABLE DES MATIERES

CONTEHDS&

Imtkoimtction. 5 BUDGET DES DÉPENSES.

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