CHAPITRE VII
Jùes i^pictià V€idam txtnmh'
Excitées, chaque jour, parune vie d'activitéqui hâte l'emportement du sang et une nourriture
' Eq 1816 et 1817, rAdminîstmtion deâ Hospices de Paris fut forcée, par le renchérissement du blé , de contiacter une dette de i ,52g,o86 fr.
* Avant le christianisme^ Thomme était une chose so^
qui le brulêy les passions physiques de l'homme ne connaissent souvent aucun autre frein que
ciale, à qui lai loi n'accordait aucune garantie indiyiduélle ; là , on l'exposait journellement ^ur la borne des rues (les kis de Lycurgue et ce que rapporte Strabon des habitans de Cathéa) , et de grands philosophes admi^ raient la profonde politique d'une telle coutume (Anstote , Pol: VII, c. XVI) ; ici le prentier magistrat vendait solennellement les Enfims trouves, aux entières (à Thèbes, Elien, Hist, Var, II , cap. VII) , et leurs maîtres étaient quittes envers eux, quand ils ne mouraient pas prédsëment de faim ; ailleurs on exposait tous les eiifans nés dans des jours malheureux (quo defunctus est die... partus conjugum expositi. Suetonius, Calîgula^ cap. V), ou sous des constellations funestes (nati statim exponuntur à matribus, qui Mattem et S^tumum in septimo ab horocospo loco constitutos habuerint; Fermic. Matemtls, lib. Vn ilf a/ Ae/eoj); partout on retrouve cet usage , chez les anciens peuples germaniques ( Spangenberg , Neu, Archiv. des crim, Rechts, Band II, Steck I , SS. 22-24 y 32 ; B. ni, St. I, SS. 5, und 12) , comme àla Chine (à Pékin seul on expose près de deux mille enfans par an ; Macartney, Tratf.y p. 382. GutxlafFdit, dans son Voyage le long des côtes chinoises : Es ist aOgemeiner Gebrauch unter ihnen , einen grossèn Theil der neugebomen Màdchen zu todten , uud dièses unnatùrliche Verbredien wird mit der grbssten Fiihllosigkett , ja mit laclieuden Munde begangen) ; et, s'il faut en croire les récits des
l'impossibililë de se satisfaire; roccasioti seule manque à leurs assouvissemens^ et le dernier obs-
voyageurs> l'habitude de Tiiifisuiticide lai-* même serait entrée dans les mœurs de plusieurs peuplades de l'Iode ( its prisice was regarded as the head of the Jahrijah Kajpoots, among whom the horrid crime of infanticide had long been pi^ctised , The Govern, ofindia by Maj. Gen. Malcôlm, London, ï8S3) et des iles de la mer du $ud (fiulau. Die Stuat und die Industrie, S. 20). Aussitôt que l'esprit de la religion chrétienne put entrer dans la législation , les chosçs changèrent ; par un édit de 33i , Constantin priva les pères de toute autorité sur les enfàns dont ils n'auraient pas pris soin ; les empereurs Yalentinien , Yalens et Gratien , leur ordonnèrent, en 374» de les nourrir, sot^ peine de censure pubUque , et on alla jusqu'à assimiler l'exposition à l'iniai^ticide ( au moins , voici ce que dit un jurisconsulte de la fin du lY' siècle : Necare videtur , non tantùm is qui partum perfpcat, sed is qui alimonia denegat et is qui publicis locis exposuit). Un zèle, qui n'avait d'autres lumières que celles de la charité , voulut assurer à tous les enhns abandonnés un insile permanctnt ( Justinien le désigne, en 529 , sous le nom de Bréphotrophia , et dès le YI* siècle ils en eurent un spécial à Trêves (f^ie de StUni Gour) , à Angers , en 634 ( Vi^ de Saint Mainbmuf)^ à Milan, en 785 (ifondé par l'archiprétre Dathéus), et à Montpellier, en 1080 (par Olivier de la Trau ou delà Grau, ou le comte Guido); en i^io, Innocent autorisa
tacleoù se reposait la société devientune provocation d'iôamoralité toute-puissante quand la corruption est montée jusqu'au cœur des femiâes. L'enfance est abandonnée à leurs influences, i'ame ouverte à tout vent de parole^ à toute contagion d exemple; rexpérience de la vie n'a point développé de raison qui contrôle leurs enseignemenSy Tindépendance du caractère point encore appris à réagir contre les suggestions de L'entraînement. L'avenir lui-même est atteint et
rétablissement d'un autre à Jérufialem; en 1274, on en établit un à Einbeck en Hanovre ; Fleinz fonda , en i334, rbôpital du Saint-Esprit de Nuremberg ; Paris en eut un, en 1 862 , Vienne, en 1 38o ; et bien qu'avant le XY* siècle on y recueillit déjà les en&ns dans un hôpital, en dehors de la ville, nommé Santo Gallo, et un autre dans son enceinte appelé Délia Scala, en 142 1 Florence en fit construire un nouveau dont elle demanda les dessins au Brunetto. Les funestes inconvéniens de cette charité étaient trop manifestes , pour qu'on se refusât partout à les reconnaître. Ltibeck , Cassel , Nuremberg ont changé leurs hospices en Maisons d'orphelins ; FAngleterre se hâta de revenir , en 1 760 , sur ce qu'elle avait fait quatre ans auparavant , et en 1 828 , le gouvernement des Pays-Bas voulut supprimer tous les crédits des Enfans trouvés, mais l'indignation des philanthropes de l'opposition ne le permit pas.
pourri dans sa racine; lorsqu'une nation est si profondément gangrenée^ avaiït de recouvrei* quelque moralité^ il faut qu'un cataclisme social la regénère dans un baptême de sang.
Le libertinage des femmeis^ accuse, d'ailleurs , une corruption plus profonde; l'importance de leur chasteté en fait le premier principe de leur vife; l'habitude d'un gymnéc^e étroit et d'une existence indolente et monotone se réuni^t à leur éducation pour en préoccuper leur raison à l'exclusion des autres; de lui seul, ils semblent tenir leur rang et leur valeur* Qu'elles se livrent les bras ouverts à la débauche, toute bonne pensée a péri chez elles^ la dépravation ne leur a pas même laissa un seul sentiment intact, par où puisse entrer le repentir. Pour elles aussi, l'attaque des sens est moins vive, moins emportée, et les conséquence^ de la séduction affaiblissent encore sa puissance; plus naturelles, plus faciles à prévoir, si le sentiment moral n'était déjà mort, tout défaillant qu'il fût, appuyé parla prudeiice, cette moralité de l'avenir, il suffirait à la victoire. Le remords n'est plus seulement une douleur intime, qui puise son aiguillon dans la mémoire de la conscience, le mépris populaire poursuit la faute de toutes ses flétrissures : nulle
CHABITABLES. 385
ombre qui la yoile, sa{Nneuye est patente à tous; nul oubli qui la couvre ^ ses conséquences ravivent étemdlenient son châtiment. Le public entier manquât-il aux hautes œuvres de sa justice/ la fenune dissolue n'échapperait pas encore à la pénalité de son libertinage; elle voulait jouir follement de la vie^ sans souci d'aucun devoir^ dans l'oubli de toute gène, et les besoins jle son enfant la plient à une dépendance d'esclave, la voilà désormais attachée à son bei'ceau par des liens qu'elle ne romprait que par un crime dont le bourreau lui demanderait compte; elle trafiquait de sa vertu de femme, pour quelque profit d'argent, et les dépenses de sa maternité ont bientôt épuisé le pécule de sa honteet entamé jusqu^à son nécessaire. Souventcette responsabilité extérieure arrête encore, quand la conscience ne serait plus écoutée; rien supprimer de ses terreurs, c'est relâcher son frein , c'est abandonner la vie à la domination des sens* Ces élablissemens d'Enfans trouvés, que défend une philanthropie sensuelle, étouffent la honte dans le secret de leurs crèches; ils retirent à la prostitution ses charges et la laissent s'abattre sans autre pensée, dans ses grossiers plaisirs : par la publicité qu'ils donnent à la dépravation , ils y habituent l'opinion; par l'ag-
Philosophie du Budget, r. 36
386 DBPEIfSBS
glomération de ces énfima du vioe qui, disséninës, n eussent pas au moins frappé tous les regards, Us blasent jusqu'aumépris : proYOcation officielle à l'imiuoralké publique, la charité peut être contente, les passions Ventendront ^
' Xi'Mpi^ d|08 Enfms^Tiwkyé&ie Paris reçut Uwt aon développement
en 1670 , il y en avait alors 3i2 au des. de 1% ans; en 1680, leur nombre s'éleva à 890
1690, lySo^
1780, 2,4oi
176a, 5,o3fl
(Tenon , Mémoire sur les Hôpitaux, et Dupin , Admimstration des Secours publics). Dans lesvingtannées suivantes, le nombre moyen ne fut que de 6,^208 (Chabrof, Re^ cherches statistiques)'; les tours s'étaient multipliés dans leâs provinces , qui envoyaient tous les ans phis de a, 000 enfisois à Pans ( Necker , AdaUnistraîion des Fùumces de la France); de 1 790 à 1 709, il ne monta. plus qu'à 4>ao5: les Técompenses décernées aux filles-mères , les primes accordées au grand nombre d'enfans, le partage des biens communaux et la vente des biens nationaux l'avaient nécessairement réduit; mais il recommençait à s'élever à la fin de la période, il était, le 1*' janvier 1 807 , de 5,855; pendant les trois ans 1819 à i8ai , il atteignît , terme
GHARiTABLKB. 58j
La craifite de réduire àl'ittfimticidepdr lahonte n'est qu'un prétexte dont semaseque le sentimen-
moyen, 8,191 , et, en 1828, il arriva jusqu'à i5,946 (Le Temps , i3 janvier i83o). Cet accroissement se montre partout; il y avadt, dans la Charente , en 182a, i ,o55 enf. d. les hospices.
eni83i, i,5o4 dans le Cher, en i8ag, ' 727 en 1 832, 1,190 dânsleôtxs, cai8i4t 9^1 éaiBSi, 3,600 dansks'Landea, eiir8i4, 536 en 1829, i,5o3 dans la Loire, 0^1819, 760 en i83i, r,276.
Bans leAfaAne, il y a un En&nt trouvé ittr trente-huit hahitana. Sur une plus grande édielle^les résultats wmi les mènes; €» estîmaît tons les Enfaiw tMvuvés de France, an 1^ janvier 1784, à 4^90<>^ 1789» 45,000
1798, Si, 000
i8i5, 84,5oo
talisme , ce n'est pas même une illusion ; dans des temps d'athéisme moral et decaractéres éreintés^
(MM. Benobton de ChAteauneuf, Duchâid, Haeme de Pommeiue et Chaiton). Admettant le cfaifirede M. Neckerpouri 7 84 (26,000,000, ce qui est» probablement exagéré), le rapport des Enfans trouvés à la population aurait presque triplé en 4o ans (5 j 1 2). Les pays ëtrangeis donnent les mêmes renseignemens; Thospice de Lambs- ConduclHField fiit établi en 1789; dès i^52 , il avait I ,o4o. enfinns ; en 1 756 , le Grouvernement loi donna 1 0,000 1. st. pour recevoir les en£ins au dessous d'mi certain âge , et «vant le 3o septembre 1 767 ils montaient à 5,5io, en 1760 à 6,000, et depuis , jusqu'à sa suppression , en 1771 , il coûta , année commune , au Gouvernement 33,000 1. st. Les bits sont peut-être encore plus convaincans à Mayence ; il n'y avait point d'étar* blissement pour les EnCans trouvés, et de 1799 à iSr i , on en exposa 3o ; un tour fut ouvert dans le mois de novembre 1811 et subsista jusqu'au mois de mars 181 5; pendant ces trois ans quatre mois , la maison reçut 5 16 enfans, on la supprima, et dans les neuf années
OÙ le divorcé se raisonne à haute voix et se vote en plein soleil dans les paiiemens de la sagesse
suivantes il n'y eut que 7 enCsois exposés (ces &its sont dtés dans Taiticle que le docteur Jnlius a consacre, dans son Jakrbûeher^ àFouTrage de M. Gouroff (Dugour), qui est retiré du conunerce , et que nous n'avwis pii bou» procurer nulle part, pas même à la Bibliothèque du roî^ quoiqu'il ait été imprimé à Paris). La Grande-Bretague nous fournit des objets de comparaison encore plus irrécusables ; entre des paroisses placées dans les mêmes circonstances politiques et séparées par un Cedhle ruisseau , la différence est fort marquée ; celles qui prennent soin de leurs en&ns illégitimes en ont infiniment plus que les autres (Ghalmers, Christian and civil Economy, vol./ily p. a38 à la note). En vain laisse-t-on au vicela boate tout entière , et ne le soulage-t-on que de la responsabilité matérielle y la dépense des enfims naturels monte presqiueau dixième de la taxe des pauvres (Ohalmersy/J. , p. 239), et le nombre des fiUes-mères y est à la population comme i à 200 , et même à 100 ( à Saint-Cuthbert , Carlisleshire,sar 5,884 habi tans il y a 98 filles-mères ; à Saint-Guthbert-Wells , 18 sur 3yoa4 9 ^^ ^ Strond, Glouœstersbire , 67 sur 7^097). On voit s'augmenter jusqu'au nombre des orphdîns reçus dans les établissonnens spéciaux, qui leur sont destinés; dans la Maison des Oipbelins de Frederich , à Berlin , il y en avait TSgr en 1821 , i,3o5 en 1826, 1^394 en 1827 , i,52i en 1828 ,
3gO DEPENSES
nationale y où l'adultëreesC tombé à ce point de banalité^ qu'il n'est plus seulement un agréable sujet de plaisanterie; lorsque des filles spéculent sur leur honte et demandent des eqfans à la débauche^ pour les exposer dans uu tour et vendre impudemment leur lait denouniee ^ la honte^ s'il en existe encore quelque part, la honle est déacnrmaisy sinon un préjugé ridicule^ un vague ressouvenir des chimères de son enfance, et ce n'est pas sans doute par un caprice d'imagination qu'une femme se résigne au meurtre» Il faut un intérêt bien vivant, une raison étrangement dominante, pour qu'au lieu de couvrir son enfant de baisers, une méi«^ dans les premiers transports de sa mat^nité, lui reprenne là vie par un assassinat ^.
1 ,6g3 «n i8si9 ^ 1^ frmiHaB font mains d'efibrts pmu* le&> élever ùûfê l'assiiUnce <ki public. Die '6/jfkntHehe jtrr mpnfifl^ep wJ^etUn^ SS. gg^^-^ifo.
' I(appoftdi» prâièldekGliaEreiiteaQ GbnseiiGënëral^ en i832.
* La «tatbtîqtte crimineBe, ooMuneon h fait > ne aort jamais du matéimlisiiie desea dtàÊt^B $ si l^ôii votdait en induira ifOelqUe résultat^ sur l'iniueBoé d'une législatioa ou d'une période de ciTilisation , il Mlaît au moins demander aux mag^trau , chaînés de pounuivre et d'as-
GHARITABLB6. Sgi
Ce sentiment de ThoBneur ne 8« développe qu'avec rîntelligenoe; si la terreur de l'opinioa fiûsaît ks infantâcideSy les contrées les plus écfaurëes 7 seraient plus exposées^ les faits d^ mentent cette théorie S moins d'enfans y sont même abandonnés que dans les autres '; on devrait trouver^ chez les accusés de ce crime, une supériorité intellectuelle sur les femmes inculpées d'un simple assassinat , et les données de la statistique criminelle refusent absolu-
mrer la réprestion , ks eaïues probables dn crime-, telles que Tenquète les aurait données ; FÉtat qtd oserait pubBer depareUs résultats compTett<dbiiit sa tâehe, et penserait sérieusement à la remplir.
■ En 1826, on n'a jugé en Espagne que t3 infantiddes, et, outre les 1 3â accusés de ce crime, il y a en, en France, 121 prévenus, déchargés par les Oiambres du Conseil, et 3o par les Qiambres d'Accusadon.
* Dans nos provinces riches, la civilisation est plus avancée que dans les autres,, et le nombre des Eé£sins trouvés y est dau une proportbn plus forte , avec lés en&ns nés hors mariage ; dans ceUe^-ci , sur 4y3^3 naissances iSégifîmes , il y a 3,odo expositions, près des trois quarts; dans celles-là, dur 15,900 enfans naturek, 5,S5o seulement, un peu plus du tien , sont app6rtéi aux hospices ; Cb/tsidératioM sur tes Enfans trùupés, par M. Benoiston de Châteattneuf , p. 4$.
Zga DfiPEHSES
ment de se plier à celle conséquence ^; il y aurait connexité entre la fréquence des infanticides et la difficulté de se soustraire à la honte , et nulle observation n'a jusqu'ici reconnu ce rapport ^. Un pareil sentiment n'atteindrait , au
' En 1829 et en i83a ^ pendant que la proportion des accusés de crimes contre les personnes qui savaient lire était Je 4 k sur 100 , pour les accusés d'inÊmticide elle n'était que de 12, Nous ne nous faisons point illusion sur la force de cette preuve ; les faits ne sont ni assez nombreux , ni assez longuement observés , pour autoriser une conclusion positive ; on ne pourrait démontrer suffisamment que le développement de l'intdligence ne donnât pas un contre-poids à la honte , dans l'amour maternel et la force du caractère, ou que .quelque autre progrès contemporain , purement moral et religieux ^ n'eut influé sur le résultat y et nous prouverons , en recherchant les causes de la criminalité , qu'on ne peut accorder aucun crédit aux données de la statistique.
' A Genève,, la ville formant presque tout le canton ,. les facilités sont bien grandes pour déposer les enfans à l'hospice , et cependant en'douze ans , de 1 81 5 à 1 826 , il y a eu 3 infanticides et seulement 4 assassinats ; tandis que dans le district de Dusseldorf , ou il n'existe point dç tour , on a commis , en 1828 , 5 in&nticides et 9 meurtres ou assassinats ( Tableau statistique , publié par le Gfouvemement en avril 1829), et qu'^ France, quoiquQ
CHARITABLES. SqS
moins, cette atroce énergie qu'en regard des personnes habituellement mêlées dans la vie y
les habitans des campagnes ne puissent qu'à grands frais, et avec des risques de publicité , se dëbarrasser de leurs enfÎBUis naturels , en trœs ans, de i8a5 à 1827, il n'y a eu que 4o6 accusés d'infieuiticides contre 8a4 d'assassinat {Comptes de tAdnUnUtnuion de la Justice)» Dans le canton de Yaud , où les diqK>sitions de la législ^ition aug-* mentent l'intérêt du secret , et par suite de Pinfanticide (le Gode pénal français de 1 791 y est encore en vigueur , et de i8o3 à 1826, il y a eu 7 1 condamnations pour prostitution, iS pour récidive d*eu£uis illégitimes , 7 pour fornication , 7 pour ayortement , 4 po^^r accouchement clandestin et 7 pour expoûtion d'mifant) , il y en a eu 9 pendant vingt-quatre ans , et 89 homicides ou empoisonnement avec préméditation ; en Espagne , les hospices d'Enians trourés sont peu disséminés , et en 1826, on y a jugé 1,233 homicides et seulement i3 infanticides (il fautcependant remarquer que les circonstances politiques ont beaucoiq» augmenté les accusations d'homicides )« La ville de Londres est plus peuplée que Paris (sa population dépasse i,25o,ooo âmes, et le recensement de 1829 ne porte celle de Paris qu'à 816,486 habitans) , plus im^ morale (c'est au moins probable , puisque la proportion des en&ns naturek aux enfans légitimes est, en France, de 1 sur i3.ou i4y et en Angleterre de 1 sur ï2. Rep. on Friendljr Societiesj 1827}; ^H^ ^^^ pas un seul hospice où déposer secrètement un seul enfant ( le Foundiing-Hp»-
des parras dont rintimité de tous les instans rendrait le supplice plus incessant et plus ter-
pital ne reçoit que les enfans des femmes dont la con* duite a suH on examen pi^ëalable) , et Paris en expose, tous ké aiis, à pea près 5,ooo; la lëgbiation sur les crimes de Bastardy la rend phis intéressée au secret, et en i8^, il n'y a pas eu une seule condanmation pour infanticide; tandis qu'à Taris on en a prononcé une. Tous les faits se réunissent pour prouver que la honte n'a qu'une bien fsdble part dans \té exposiùons; sur les 5,05^ enfans d^ posés, en i8ig , dans les hospices de Paris , ^4 n'étaient pas iiioUveau-4iés, et 897 étaient déclarés l^tivies ; sur ks 4^o3 de i8S3, il y en a eu jusqu'à 47^9 ^ <^^ une déclaration si indifférente pour les parens, qulls d<H-* vent presque toujoun négliger de la &ire. En 1621, on a rédaméde TAdministraticw des hospices io,S4i Enfiuis trouvés ; par suite des inspections fkites , dans plusieurs d^artemens, en 1825, 1826 et 1627, sur 19,6749 6,286 ont été retirés (on doit reconnàttre qu^Ule certaine quan* tité a été gardée gratuitement par ses parens nourriciers) ; la simple mesure de les envoyer dans un autre arrondissement vient de suffire , dans le département de Maine-et-Loire , pouir en &îre retirer, en quelques mois, plus de 800; l'Administration est tellement persuadée elle-même que ce n'est pas la honte qui remplit ses hospices, qu'elle recommande fortement d'obvier aux inconvéniens qui résultent du peu d^obstacles que les parens éprouvent à visiter leurs enfans , ou à se procurer
CHARITABLES. 3g5
rible; à ceux**lày dissisiiiler la grossesse est presque impossible, sans des cii^oonslaiices bien plus extraordinaires encore y raoooàchement ne leur reste point cac^é^ et, tout eùt-il favorisé le secret, il faudrait le i^érëler aux confidens, qui déposeraient l'ea&nt; son existence le conip(X>inettrait9 elle éreillerait Fattentioa, dirigerait kd soupçons ; si la hcmte atait jamais assez de puissanee, quelque commode qu'on fit Texposîtion^ die M s'arrêterait point dans le crime > l'infanticide seul pourrait rassurer ses terreurs*
La misère y non plus qu'elle, n'est une raison suffisante ^, une telle expKcation calomnie^ rait outrageusement l'humanité ; ce n'est pas un
des renseighemens sur leur sort ( Circulaire du Ministre de llnt^rieur en 1823 ); elle craint beaucoup plu9 la tendresse des mères que leurs dispositions à l'infanticide. ' Ukomine flTattadbe par ses sacrifices et ses douleurs ; presque toujours il préfère Fenfant né dans les pleurs et grandi dansleé inquiétudes; àGratney, sur là frontière d'Ecosse, les enfains naturels, abandonnés aux seules r(sssourcesdelew^toère, soiit élevés arec pluÉ de tendresse que de l'antre côté de la Saik , où la paroisse subvient à leurs dépenses. Lei deux départemens de {"rancé qui , en 1826 , araîent le moins d^Enâuis troufës, sont peut-être ceux où
SgÔ DEPENSES
mal éioigaé et toujours incertain, mais une angoisse instante et désordonnée , qui arme la maind'une mèrecontre lesjours de son enfant *; il faut une dépravation profonde ou un accès de folie/ impossible peut-être sans son état d'épuisement et les excitations de sa souffrance. Ces crimes, déjà si rares , se présentent encore dans des mœurs opposées, des circonstances différentes , et leurs causes sont trop cachées , trop insuffisamment observées pour les coordonner dans"^ une explication systématique. D'assez nombreuses données fussent-elles même recueillies et appréciées,, un acte aussi excentrique n'est régi par aucune loi. générale; ce» monstrueuses déviations à l'ordre universel ne peuvent sortir que de motifs purement individuels; loin de se grouper sous quelque règle nouvelle , elles ne godent pas même de rapport
il y a le plus de misère. Le Haut-Rbin n'en avait que 229, et les Vosges que 97 ; s\ le département de Seiae-et-Oise ne semble en avoir que i23, c'est qu'il les apportait dans les hospices de Paris.
' Nous ne nions pas cependant qu'une misère déjà. long*temps éprouvée ne puisse porter assez loin le désespoir ', l'avenir prend alors toute la puissance du pilent y, agrandie encore par l'imagination des besoins nouveaux.
CHARITABLES. Sg7
commun à un développement humanitaire; mais ces aberrations , tout exceptionnelles qu'elles soient , se produisent sous Tinfluence de sentimens généraux , dont Tintelligence de rËtat comprend la cause ^ dont son action doit prévenir les occasions. La politique veut, comme la philosophie, que nulle peine légale ne menace la mère d^un enfant illégitime ; ce serait, en exagérant son intérêt au mystère, la provoquer à Tacheter à tout prix, même avec pn crime; aussi impérieusement que la justice elle-même , elle défend pour toiit rejeter sur sa tête , de réunir à la flétrissure de la honte les soufirances de la misère, et de confier Timpunité du père à la protection de la loi \ Si l'État intervient plus directement par d'imprudentes promesses, à moins de mettre de la cruauté dans sa bienfaisance, il excite le libertinage à jeter son dernier frein, et l'amour maternel, confiant dans les soins de ses hospices^ se résigne plus facilement à un abandon sans péril, révocable à son caprice ^. Qu'on ne cherche pas
\Code civil , art. 34o.
* Dans des vues d'économie , de politique et d'fiuuia-
3gS DEPENSES
ailleurs que daois la législation la cause de la multiplication des Enfans troiiTés ^, la oorruption
nité^ ondoit &cilitet, autant qne possible, la i saace de^ eudms et leur retrait des hospices.
' n est même des Gouvernemens qui oat porté leur bienfaisance stupide jusqu'à solliciter à se débarrasser de ses devoirs de père, au nom de Tamour paternel; ce n'est plus seulement la subsistance qu'ils proposent , ce sont des avantages pécuniaires ( 76 livres à Milan , 5o piastres à Rome , uiie dot de 1 16 fr. S6 à Parme) , une éducation distinguée (à Halle, en Rivae, voyez sur le luxe incroyable des bospices d'Eofens trouvés, D' Gran* ville's Tour et Darsiellung dtr Rnss. Mon, ». s. w. von Wichmann) , un acted'afiranchîssement (en Russie), des lettres de noblesse ( en Espagne ) ; ces primes ont produit leur effet naturel : dans les pays où Ton défr^e les enfans naturels avec le plus de magnificence, il y en a davantage. Sur 100 naissances, on en compte, en Savoie;, 5,83 ; dans le comté de«Nice, 6,06 ; à Bnixdles, 1 4»^ > ^ Vienne, 20,43 -, à Rome, 27,99 ; à Moscou, 29 j^> et , à Pétersbourg, jusqu'à 45 ; la raison et l'expérience avertissent les Gouvememens qu'ils croient faire de l'humanité et provoquent au crime. Charles Vil en savait plus que les grands hommes d'Etat du siècle' des lumières : Moult gens, écrivait-il dans ses Lettres patentes de 144^9 moult gens feraient moins de difficulté de eux abandonner à pécher , quand ils verraient que tels enfans bâtards seraient nourris , et qu'ils n*en auraient pas la chaige
GHAMTABLES. SqQ
des mœurs ne serait pas asses puissante; et quand il scs^ait vrai que les tours détourneraient quelques mères de Tinfisintieide, en multipliant dé* mesurément les occasions, peut-être, en résultat, le m«dti{dientp-ils aussi ^ ; toujours est--il qu'à
piremière , ni solfidlnâe. M. Ghalmers , dont personne ne peut sonpçovner les lonûèfes ou les intentions, dit positlTenieiH qu'en cessant de s'occuper des Enians troi»vés.... We are s^tisfied that both hiunan crime and buman suffering would be gready abridged ; Christ, and ew. Econ,, Tol. Il, p. ii5.
' n est bien difficile d'établir l'espèce d'action que les hospices d'Ebfiins troarës exercent sur le nombre des infcnticides ; leur influence n'est point isolée, on doit prendre en considéradon une fotile de données impossibles à obtenir d'une manière mathématique. Si l'on pense que l'inianticide est produit par la misère , la somme du capital social, le taux des salaires et les faci* lités du travail ne peuvent être négligés ; si c'est au sentiment de la honte qu'on l'attribue , il faudra connaître les rapports de la moralité des époques et des pays divers : autrement, on imputerait à la législation ce qui appartient aux moeurs et aux circonstances. On est obligé aussi de &ire attention aux facilités de découvrir le crime , que donnent la distribution et la puissance de la force publique , aux formes de l'instruction criminelle , qui déterminent la conviction du juge, et, enfin à là sévérité delà loi, qu'il répugne souvent à appliquer. Nou»
4oO DÉPENSES
ceux qui sont commis leur influence n'était point restée étrangère ; il n'y a rien de nouveau, rien de certain au moins que Timmoralité de l'État.
Eût^il même empêché tous les infanticides, ce n'est pas là sa tache exclusive ; il lui faudrait la concilier avec ses autres devoirs , la faire entrer dans son but de moralisation individuelle et de progrès général : or les établissemens d'Enfans trouvés ne moralisent point les mères y quand un intérêt les pousse au crime ils ne neutralisent point la tentation , ils ne fortifient point le sentiment moral, leur tendance est tout autre; en déchargeant la débauche de ses suites , ils en rendent l'habitude plus facile y l'exemple plus séduisant, et les dépenses
ne savons donc sur quels faits s'appuie la nécessité des tours, la statistique criminelle est une science d'hier, et ce ne serait point sur des données d'un jour que l'on pourrait déduire des résultats généraux ( les pays où elle a déjà plusieurs années d'existence sont placés à peu près dans les mênies circonstances de civilisation et de législation : la Pensylvanie, le canton de Yaud, celui de Genève , la France et l'Angleterre). Nous aurons , ailleurs , l'occasion de donner plus de dével(^pement à ces idées.
CHARITABLBS. 4^1
qn'ik lui épargnent , elle en emploie l'argelit à se propager par ses plaisirs.
S'appuyer de l'iatéret matériel des .enfons pour légitimer rinterreation deTÉiat, ce serait mie dérision barbare; jamais le couteau des mères n'aurait fauché tant de victimes que la mort moins sanglante de ses hôpitaux ; malgré la solidité de sa foi, la philanthropie mystique elle-même est effrayée des résultats statistiques de cette bienfaisance meurtrière \ Sans doute
' n nous semble à peu près impossible d'établir des tables de mortalité pour les premières années de la vie ; elle dépend de trop de drconstances extérieures à Tenfrnt , du bien-être de ses parens , de sa nourriture, de sa résidence ; la différence des résultats aurait dû tenir les statisticiens en défiance (suivant Haller, un tiers delà race humaine meurt dans la jeunesse; Com. in Boerh,, §4i6> p. 63o ; M. Benoiston deChâteauneuf a cru prouver que la mortalité est de 38,3 sur loo , jusqu'à Fâge de dix ans , et Sùssmilch , Gottliche Ord. > u. , s. w. 4 Auf. 1 1 , SS. 3i 3-1 5, pense que, sur i,ooo enfans, il en meurt, les cinq premières années , dans les campagnes, 382, et 464 dans les grandes villes) ; mais ib n'en continuaient pas moins à conclure , en général , d'observations faites dans une localité soumise à des influences particulières ; quelquefois même à compter^ parmi les décès de la première année , les enfans morts-nés. En France . les états
Philosophie du Budget. 1 . s6
4oa oéPHNSBS
de Bouv^ux fttiifactioniiement rëdttiron* eaeoTB
defiopiilatioii «e* dktiitgueiit point les décès par âge; un OB est rMilit ai«x tabkt ds^tiëBs > poitr Paris, par , M« de Chabrol, et ta mortidité doit y être plus ibrtt qu'ailleurs , puisque^, dans le pren^iei? 4ga^ la vie est exposée à plus de daiigers dans les grandes 'villes. Pour les^qpt années i8i 7-1823, nous y trouvons 176, 142 naissances et 60,195 décès de o à 12 ans ; le nombre des eiifâns môrts-nés s'est élevé à 9^')o4 ? ce qui donne rC0,4^^ ^ ^Â9^ 9 ^^ P^ conséquent 3o,4^ niorts sur 100 naissances (lechifFre serait encore moins fort, si^l'on ôtait des naissances le nombre des enfema déposés aox ' hospices ,. et des décès celui des enjhns qui y sont morts ;
i mais les renseignemens nous manquent). Yoici mainte*
nant la mortalité de» £nfans trouvés dans la première année de leur existence : En France , 60 sur i<oo (en 182 1 I elle ne fut que de 57,63) ; à Bruxelles, en i833 » 6494
[ (Modifications à introduire dans la législat. fles\Enf, irour
l t'es en Belgique , par M. £. Ducpétiaux) ; àAhdiid, ea
[ 1817, 67 ; à Turin, en 1824, plus de 69. (1^01 en&ns
I et 692 décès) ; à Païenne, la même année ,76 ( 597 ea-
faus et 4^9 décès , Bol. univers, de Scienze , etc. , n^ 5a, 4 juillet 1825); à Barcelonne, en 1820, 78 (323 Esfiuis trouvés et 254 décès, El. Europeo periodico de Çienr cias,' etc. , 1823, n? 12); à Rome, 80; à Vienne, du i*' décembre 181 1 au 3o novembre 1812, 88 (2,847 cn^Bi^s^t 2,519, décès); en 1810, elle avait été de 92 (sur 2,789. eiWCems, 2,583 moururent) ; à Paris, de
les chaneeB <le mortoUté \ mim U eo est que le meillfiiir système d'administratioanep&nrîaddra jamais à détruire* Le froid fra[^ les. ^£ui» qu'on j transporte, il les saisit pendant la yî^ite nécessaire à laquelle ils sont soumis à kur anv vde \ et son action même indirecte est 4i^a toutepuissante sur leur vie '; de la chambre de leur mère, ils passent dans Tair vif de la rue, danfc la lourde atmosphère de l'hôpkal, et chacun de ces changeméns subits suffit pour briser leur frêle existence *. Leurs organes digestifs, si fa-
1786 à 1989 9 elle s'éleva àgo , et parvînt ^ en l'an lY , jusqu'à plus de g3 ; 3, 1 2a euikus et 2^907 décè^»
' A MontpeUier, en x83o, sur SgJ £Q&Oi tcQUvës, il n'en est mort qve 198; la découverte d'un nouveiMi Uait^ineut du sclérôme a diminué considéndrfement la mortalité de l'hôpital de Santa Gattarina alla Ruota de Mibuiy etc.
* Pour constater leur santé et lai» signes qui pourraient servir à 1^ fme recQi^tire.
' Trev^saiM {Annt^U. wiUf* di Med.) va jusqu'à pr^ tendre que, sur 100 enfuis, nés en décembre, janviei: et février, 8t meurent dans l'anaée, at 17 seulement, s'ils soot nés eu juin ,. juillet et août.
* Dans l'année, fiuisaant le a*' déc^wabre 1827, on afeçu, à l'hospice de Madiid, i,ogi EaCuisti;ouvés, dont 817 «euloment ont vécu asBes .long-t^mps pour être
4o4 • l)ÉPEÏ*9fiS
tiguës de tout lràv£iil nouveau /s'épuisent d'efforts à chaque variation de nourriture , et se refusent bientôt à leurs fonctions "j réconomie, moins.encore que la nécessité, oblige d'en réunir plusieurs chez la même nourrice *, et une alimentation pauvre % avare \ malsisiitie, les
baptisés {Ft>r. Quart. ReQ.j n^ n^ p. loi); soi* ks di^gSi •enfans qui^ eatrèrent dans l'hôpital de Paris, de 1771 à 17 77, il en périt le premier mob 21,985 {Ret^. Méd. t. 10, p. 460), et sur les 49803 qu'on y reçut en i833y il en est mort i ,25o, même ayant qu'on pût les envoyer en nourrice ; ZVariona/ du 29 juin i834-
' M. B. de Ghâteauneuf a trouvé dans les faits nombreux qu'il a recueillis que , sur too enfims nourris par leur mère, il en périt 18 la première année^ et 29 quand ils sont mis en nourrice; M. Tourtelle, dans ses Èltmens d' Hygiène ^dM 3o et 5o, c'est une différence encore plus forte.
* L'Administration des Hospices de Paris en donne quatre à la même nourrice.
^ Sur les 9,727 nourrices des Enfisuis trouvés die Paris, il n'en est que 6,'>.74 qui aient une vache ou une chèvre.
^ Le maximum de la pension ne peut dépasser la valeur de dix myriagrammes de grain par trimestre , et elle y atteint bien rarement ; la dépense moyenne de toute l'année ne se monte qu'à 74 fr. 45 c. par tête (nous ne savons sur quelle base le Temps du i3 jan-
CHARiTABLE(S. ^^^
tue ' par im dépérissement sans remède^. Une organisation parfaite eût*elle tout prévenu, pûtelle échapper aux conditions inséparables de <;ef( établissemens , soq application est confiée à de nombreux employés, livrés, sans autre coi;itr6» poids qn'un chétif salaire, à toutes les mai^v^es passions de l'humai^iié* Les nourrices so^ éloignées de l'administration, nul regard ne les surveille, nul intérêt ne les arrête ^ chassé de la théorie A le désordre rentrerait aussitôt dans la pratique ; il n'a rien à craindre, pas seulement les cris de ses victimes. L'importance^ marne matérielle de la vie, ne ressortirait pourtant pas encore du fait physiologique de Texistence;
TÎer i8So l'évalue à loo francs); dans le département du Rhône , elle s'arrête à 53 fr. 44 ^* > ^ encore £Mi.t>il en défiilqner les primes de 18 fr. accordées ans nonrp rices pour les neuf premiers mois de la vie de l'enfiml , et de 5o fr. , lorsqu'il parvient à l'âge de douze ans.
' M. Schubert {Reise nach, Schweden u. s. w. 1824 9 1 1} attribue la grande mortalité des en&ns, dans les parties septentrionales de la Suède , à l'usage du lait de vaehe. .
' Puisqu'on parie tant d'humanité ^ on devrait bien KNigec- aussi que ces enfans, souvent nés de la dëhau'^ che-9 infectent le sein de leur noiunce , et inoculent leur virus à tous leurs compagnons d'hôpital.
4o6 oémNses
cê n'est point 6ââs doute un bienPsât pour I^omttie qfue là vîe de iVimmal ou de la plante; 3 fetrt t}«'il sotte de sa conscieMe^ q«*i1 s'empare du mo&de extérieur, et les tolotttés des Enfans trouvés sont brisées sous la rude ifiscîpliue des hospices, teurs pensées sont ëiouftëcs dans leur cerveau, leurs désirs sont partout réponse dumonde^ta terre fuit'soûs leurs pieds, l'air manque à leur poitrine; le bonheur, c'est la puissance de sentir qui se donne le spectade et la joufe^nce de son développemctol, et leur sensibilité est partout refoulée, déchirée partout; ils ne trouvent dans la vie que des privations, dans la société, que dé Tisolement et de la froideur; îl fut même un temps où l'État ne semblait las élever à si grand» frais (fue pour aamiser la tourbe du peof^ à leur fêter des m^ris aristocratiques sur la tète.
Ce sont, d'ailleurs, les intérêts généraux qu'îl exprime, les progrés universels qu^il assure; toute vue exclusive est en contradiction avec sa mission sociale, et la civilisation n'est pas si fortement compromise par <|Qelque6 inSmliddeft t|u'il laiUe SKrifier à un r^ttède «uss» mdiTÎdoei i^venîr de la moralité elle-même. L'inffonticîde n'a pas l'importance sociale qu'on lui attribue ;
. CHilRfTA&EBS. 4<>7
H JMie 4ni¥d0ppë ée mfsléie ^et d'hiMrtilttde ^ Ml intënftt ne ivà donne ievtt/tntàÊ^eakM de m pbmte; ia mort fàtHeHeflagraBte^ k cruiMDaii^ se cacherait enoore éam Tombre; il faut uM enquftie adeatifiqwe pourdélermnier ai iemewtne a frappé plus qu'un cadavre; et ne serait-ce pas une imprudence, un mouvement ct)nvùtsif , un malheur déchirant? L'eût-on constaté dans toute sa crudité^, il répugne horriblem^ent à la natun^ et ise» occasions sont trop rares» ses .conditions tiqp t^taleaet trop XK>n^>reu«es popur effimyer de son eseaplei; k poaîtioii m, ttsoepCîoiineHede.la vicdme Tasmre les demiâres alomes de l'égoisme, Éty à moins de circonstances extraordinaires» Tépuisement de la mère, sa prostration sous k douleur, ce désespoir que supposent toujoursles préjugés de k honte., désarment l'indigoaitîon publique.
Ces institutions, créées en défiance des devoiiis tes jilM sacrés delà nature, provoquetit inces» sannnentà leur violation. A voir aitïsi l'État en délTrayer la famille, on s'habitue à les. regarder comme des charges publiques ' ; ses hôpitaux
"P^tis a eu, lile iSigà 1823; i5,i^7EttCBiïistràixvés, tandis que, flans le même période, on a exposé; à'Lohdres , seulement i5i enfans, et que les 44 niaisbiiâ de
4o8 DélHî(«»i&
parlent plus haut quelaconscîenee; chaque an-» née^ sou&rdeau devie&t plqs IcHird, plus menarçaat pour l'aveiur ^ Les économistes sollicitent des mesures répressires; tous les jours , les administrateurs en e$sai^:it de nouvelles ; ils ont
travail n*en ont reçu qaç ifi^7 <loi:|t le çiaquième est entretenu par le père.
' En 1822, malgré une subvention départementale de 400,000 fr. , rhospice de Paris se trouva en déficit de 747,243 fr. f les dépenses arrivèrent à 1,4019959 fr., et en 1826, elles, atteignirent jusqu'à f,6i7,icai; il en est de même dans toute la France , quoique les Cooséib Généraux eussent voté, pour 1825 , des allocations moiif tant à 5,915,744 ff • 9 le déficit était ,, à la fin de l'année, de 23o,4i8 ( M. Duchàtely p« 398). De i8i5 à i83f , les dépenses s'élevèrent , dans la Charente, de 45,232 fr. 1 c. à 92,454 fr. o4 c. ; dans les Landes, de 33,B8i fr. à 74,553 fr. 09 c; dans le Lot-et-Garonne, de 66,579 fr. 29 c. à 1 16,986 fr. 43 c. ; de 1819 à i83i , dai^s laLoire, de 50,079 ^ ^^'49^ 9 d^ ■Si4 à 1^1 9 dans le Gers , de 59,630 à 122,347 fr. 40 c. En i83i , la dépense totale des mois de nourrke et de pensiona été de 8,725,845 fr. 62 c. , non compris ce que les étabUssemens divers ont dû prendre sur leurs propres revenus pour subvenir aux frais intérieurs , et à ceux de layette et de vêture , que, sans rester au dessous de la vérité , on ne peut évaluer à moins de 2 millions ; M. E. Gharton» Arf. EncycL, août 1834.
établi des tours pour ôter toute raison à Tinfauiicide en raidant Fabandon plus facile et plus secret , et , pour suffire à toutes leurs conséquences^ ils s'efforcent^ par des obstacles de tout genre, de rééuire les expositions : par une contradiction ridicule , la pratique ▼oudrait rendre impossible ce que la théorie avait déclaré nécessaire.
L'action de l'État ne peut même se borner à solder aveuglément les dépenses de ses hospices; ce serait placer les parens entre une immortalité et un profit ; s'il n^indemnisait les pauvres familles des frais de garde de leurs enfans , la misère deviendrait aisément plus forte que les restes d'un amour paternel incessamment ruiné par les mœurs publiques , et s'en débarrasserait dans quelqu'une de ses crèches; tous les eni&ns ont un di'oit égal à ses secours, et fûtr-il chimérique, son intérêt ne lui permettrait pas de le méconnaiCre.
La société nationale repose encore sur la fa*^ mille domestiqpie, c'est à la fois son élément et sa base ; Jes citoyens qui ne rmtrent dans aucun de ses nœuds , qui ne tiennent à personne par des affections de naissance et des souvenirs de tribu, sont des intiois au milieu des autres: isdiés dans xio ordre de choses qui ne les accueillerait qu'en
4lO Dei^ENSBS
attaquant imi fnrinoipe , pas tm îmérdi nelen y rattache^ pas an espoir ae lcs«ii rapproche; ils softt hostiles à la snerale publique , et la morale forublique les repousse ; ils sentent que le dé qui leur amènerait une chance db fortune nrtMU* venait fias ràfse poser dans le nidli(lç , si «pidque nouveau renumianent ne le bouleverse jua^e dans sa base^ et leurs passions sont ttcnqonrs prêtes à se mettre à ia tâche. La oorminioH de l'homme s'ajoute «noore k oeife du citxyyen ; nid paitrimoine n'a samaé sa moralké' desipervonnoQS de la misère; d'autorité du ioyer paKsmel n'a poût dominé ion wstence; son ééucation ne lui a point confié s» traditions; sans eonseitier fui le retîemie^ dl reste abandonné à toutes les suggestions du vice^ sans f^ ni éspéranse qui l'amèley à tousles^enlraitiemens du crroie. Qu'on ne s'étonne «(Ans des iprognès^de la dépravation sociale, la légidaliaades Enfiitislrouvés dénoue les liens de la ffianilte^ l'exemple gagne l'opinion aux plaisirs du libditinage, et y réoondlie la conaciciioe^; un iadie câibatplongedansdes^biK
' IkBtdddiolm^ mur 5 eitfsns,^7 en a deux naturels; à Opoito, ks aaissancss Ul^gîtiaiaB «ont aaat autres dans la propMlîondc 180 à 170 (M. Schî», iStat.^Bwap.,
bitudes d'égoisme , d'iminoralhé, et^ chaque année 9 les hospices versent dans la société des femmes, sans autre avenir que le pain de la débauche \ et des hammesqui ne trouvent de place qu'à la chaîne des forçats^.
p. 126 9 de la trad. franc.) ; nous ne connaiBsons pas la cause première, mais la plus puissante est certainement Fexemple. Suivant M. TiUermë , dans la période de 181s à 1821 j prës des trois cinquièmes des enCeins illégitimes ont été abandonnés par leur mère (58 sur 100 ; nous n'adoptons pas ce résultat, il a fallu supposer que tous les enfiains abandomiés , qui n'étaient pas déclarés léffùmes^ étaient, naturels, et cette hypothèse est ceitainement contraire à la vérité) , et si le nombre des naissances naturelles augmentait, ce serait parce que la classe ouvrière se dégoûterait du mariage; la misère engagerait encore plus dé mères que tfiaintenant ft exposer leurs enEms.
' Qttoîqti'on soit bien loin devoir oltenu des rcitseignemens authentiques sur la naissance de toutes tes femmes publiques de Paris, on a constaté qu'il y avait au moins une tille naturelle sur sefi^; M. E. Oncpétiaux, ^odijlcatn à îa législ, des Enf. trout^, en Belgique,
* Les hospices de la Màtermté sont exposés à tons les reproches des Maisons d*Enfans trouvés , saiiS même avoir leur prétexte ; apparemment que des femmes , qin vont se faire accoucher dans des hôpitaux pubfics , ne tueraient pas leurs enfans pour gaitler le secret de