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Dans le polythéisme naturel des Indous, les Dieux n'avaient rien de moral qui pût servir de guide et de frein à la vie; anneau mobile de la chaîne des êtres, Thomme ne se croyait pas assez, d^indépendance et de valeur pour atteindre de lui-même à aucun progrès : ses eflforls manquaient à la fois de but, de mobile et de théâtre \.
profitera un joar aa catholicisme. En annonçant un seul Dieu nniversel) et en préchant la sanctification de la vie par les œavres, il se montrait bien supérieur à Tidolàtrie arabe et au judaïsme usé et corrompu, qu'il venait remplacer. Avec son Diea national le mosaîsme était aboli , par le fait, le jour où les Hébreux n'existaient pins comme peuple. Sans doute, cependant, tout n'est pas un progrès dans les nouvelles religions , les réactions dépassent nécessairement leur but , les idées qu'elles viennent combattre ont une valeur que ne doU pas rejeter indéfiniment rhumanité; il est certains points où , malgré leur supériorité , les nouvelles croyances sont moins vraies et moins profondes que celles qui les avaient précédées : ainsi , par exemple , les Indous croyaient que l'élévation de l'âme à Dieu était une seconde vie a laquelle ils pouvaient atteindre , puisque les Brahmanes se faisaient appeler les Deua fois nés, et dans le jadaïsme l'homme restait toujours séparé de Dieu ; le rationalisme où marche fatalement la Réforme en est une preuve pins frappante encore.
^ Notre connaissance de la religion égjpiïenne est trop
43o DEPENSES
Ces forces multiples, qui dominaient Brutalement Thumanité , la religion des Perses les dépouilla de ee qu'elles avaient de plus grossier, et les ramena toutes à deux principes opposés. C'était donner plus* d^élévation à leur idée et plus de puissance à leur attion , c'était reconnaître les deux tendances qui se disputent la direction de rhomme et l'empire du monde ; mais, en plaçant cet antagonisme en dehors de la conscience, elle enlevait au devoir sa légitimité et sa base : quand le bien et le mal sont également imposés par une puissance supérieure , il n^y a rien de rationnel que l'iAcrédulité ou rindifférence. Le mosalsme réalisa donc un inimense firogrès % et cependant
incomplète pour noas permettre de reconnaître les progrès qae lai dot Thumanitë ; nous savons sealement qne la forme y devenait plus symbolique , et qu'elle protestait an nom de l'esprit contre Timportance que le brahmanisme accordait à la chair 5 elle demandait au mysticisme la sainteté que les Indous cherchaient dans des souffrances volontaires.
^ Leur réaction commune contre le polythéisme n'ëtâblissàit pas moins quelque coniiexitë entre la religion dès rtébteux et celle des Perses : TÉcriture appelle Cyrus rOint du Seigneur, et nous voyons les Perses persécuter , la religion égyptienne et rendre au judaïsme sa liberté et* sôii temple.
sa hante abstraction d^un senl Dieu saint restait extérieure à llianiamté; rien de mora] n^était encore introduit dans son idée : elle n^agissait qtie sur les sens , et déniait an devoir tout autre, principe que la tieireur, tonte antre force que le bras dSin bonrreau ^ Ce flit dans le paganisme que , pour là première fois y la conscience sentit' Taction intérieure de la Divinité, et comprit le sens moral de la rie ; mais la pluralité des Dieux, leurs volontés contraires et leurs luttes incessantes , détruisaient la destination humaine dans sa cause. Après avoir trouvé une base an devoir, le' polythéisme grec loi retirait &k raison et son but ; ^ d'ailleurs , abandonnée à tous les caprices du sentiment individuel, la croyance n'avait plus le pouvoir dé réagir sur les passions et de les
t Une telle reKgicni devait ménegi^ le vatâétitimêe s aoâsi ne troove*t-on que daiu lei Machabëes une expression claire de rimmortalité de l'âme. Le judaïsme n'en ent pas moins toute la perfection que pouvaient supporter les Hébreux : tombes dans là derrière classe du peuple égyptien, leur grossièreté n'aurait point compris une religion qui ne les aurait pas saisis par les sens; pour se relever de leur abaissement , il leur fallait un Dieu à eux qui en Rt un peuple d'élite ; ce n'était qu'en leur inspirant de l'orgueil que Moïse leur pouvait donner du courage et de la force.
43â DISPENSE»
contenir. Il &llait Favénement du christianisme pour résumer les autres religions, en posant Dieu en dehors de Thomme et dans sa raison ^ ; seul il pouvait armer la morale d^une force légitime , et la fonder sur la loi d^ane autorité extérieure promulguée par la conscience. Quelles que soient les révolutions ou se développe l'avenir , elles s^agiteront dans . le christianisme sans pouvoir franchir les limites de son dogme : Thumanité n^en sortirait que pour marcher à sa décadence* Tour à tour on abusera de l'autorité jusqu^à méconnaître Pintelligence ^ de Texamen jusqu'à nier la certitude; mais cette lutte intestine n^âboutira qu^à une conciliation plus profonde desdeux idées de Dieu : elle se conclura dans une r^ovation du catholicisme par le développement de son principe.
Au milieu de la mobilité des symboles où se formulent les religions , le culte demeure immuable dans son essence el dans son but ; il manifeste à Fhomme l'espèce actuelle de ses rapports avec Dieu y et lui apprend à les réaliser
» UHomme-Dieu, tout le christianisme est là : le livre le plus essentiellement chrétien est l'Imitation de Jésus^ Christ.
tous. C'est toujours rinitiation à une vie plus haute , toujours la mortification des sens par le sacrifice, et Télé vat ion de la raison par la prière ; mais les révélations du dogme , Fidée qu'il enseigne de la Divinité , n'en exercent pas moins une influence toute-puissante sur les forines du respect et de Tadoration que lui doit rhumanité. Chaque religion innove donc nécessairement dans ]es dehors du culte ; il tend au même but par un mode différent, et, quel qu'il soit, FÈtat ne peut prétendre aucune autorité sur FÉglise : tous deux n'ont que des devoirs réciproques de protection et d'assistance , tous deux ils ont également le progrès du peuple pour fin et la raison du temps pour mobile et pour base.
Quand le péché a dégradé Thomme et interrompu .ses rapports avec Dieu , c'est au culte de le régénérer et de l'absoudre : l'Église n'accomplit son œuvre que par le pouvoir de laver les fautes et de revêtir le pécheur dune nouvelle robe d'innocence. Dans les religions où Dieu ne communique point immédiatement avec l'humanité , il faut à l'expiation des médiateurs qui lui offrent le repentir des coupables et les réconci lient avec sa justice : le sacerdoce reste alors in-terdit au commun des croyans, aucune puissance
434 Di^BNSBa
humaine n^en saurait investir} intennédiaires eotre le Ciel et la terre , les prêtres reçoivent leur coBséciratipn d^uue nature supérieure à celle de Phuanauité ; ils ne sont possibles que par une création à part dont les privilèges se perpétuent dans une caste héréditaire ^ En devenant individuelle, la religion abolisisait TÉgliae ; après avoir cré^ le dogme ,. le sentiment devait aussi suffire au culte; si le paganisiqe garda des pontifes , c^est ({ue la Patrie devint un être réel qui avait 6»s croyances et ses Dieux. Dans un tel ordre de choses , il nVppartenait qu^à TÉtat de régler et ^e distribuer 1^ fonctions ecclésiastiques; les prêtres ne pouvaient être que des ageos politi-' ques , soumis comme 1^ autres à Taction du Goi;^vemement , comme les autres nommés et dbstitués suivant s^ con;venAnce. Le principe d^autqrité que vipt rétablir le christianisme Fsq>procha son culte des fermes 4e TOriisnt r de nouveau iji fallut à la réconciliation du pécheur des mif^stres sacrés et des sym^les extérieurs; et ,
' Qaand rhamanitë croit h un Dieu eitërieur, elle ne peut avoir de rapports avec lui que par des désirs mystiques; la contemplation , et par conséquent l'immobilitét forment l'essence du caractère oriental : le mystioisflie e$^ an paa i^trograde 4f^ TOi^îeftt»
MUTiqiIBS. ^&
fovojpaej en apnpnçant à tous les hommes qu'Us étaient frèrfss , rÉvangile avait détrait les supé^ riorités de naissance, il devint nécessaire de cher^ cher les conditions du sacerdoce dans une vie plus pieuse et des sacrifices plus méritoires ^ LTÉtat nVvait plus le droit de s'immiscer dans son investiture : c^était aux chefs du culte de reconnaître la sainteté, et de la consacrer par une 5;érémonie relig^ieuse i son action se bornait: désoT^ mais à pirotéger la mission des prêtres par une dotatÎQp qui donnât de la dignité à leur vie , et les laissât tout entiers à leurs devoirs ecclési^tiques. La réforme croyait ipnqver plutût ^corç dans les formes du culte que dans r^sssence du dogme ; et d^ailleurs , çn ne reconnaissant pas diantre sainteté que la pureté du cœur, elle porr tait la révolution dans l'Église. Devenue une asr piration de la pensée v^s If vie spiritç^le , 1^ prière ne se formula plus dans ujçie dçqo^is^e qi;^ réclamait des intercesseurs plu^ puissans } le re-r pentir nVut plus besoin de médiateurs qui ramenaient â la vertu en imposant des sacrificçs ; les ministres n'avaient désormais aucune fonction
* La chasteté , la pauvreté » la renonciation à tonte puissance temporelle, etc.
hiérarckiqae à remplir : simples indicateut*s de la route de Jésus-Christ , il ne leur fallait plus chercher dans des mortifications volontaires la vaine apparence d^une sainteté extérietire, La part que le protestantisme restituait au sentiment le conduisait, par une conséquence fatale , à un système purement moral et individuel ; il devait en conclure la négation du culte , et disparaître dans une philosophie sceptique : aussi, poiir neutraliser les tendances de son princip&ç l'État qui comprend la nécessité de la religion pour la moralité des individus et les développemens du peuple, doit-il, dans les pays protestans, accorder à rÉglise un établissement et des privilèges politiques. Une théorie abstraite ne saurait ainsi dé* terminer les rapports du Gouvernement avec le culte 'j mais sa neutralité répud-ierait son principe, et son intervention ne peut avoir diantre peu* sée que la puissance de la religion : c^est en donnant du crédit à ses ministres , et en ouvrant le monde à ses vérités , qu^il prépare les progrès de rhumanité.
Fin.
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TABLE DES MATIÈRES